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Full text of "Promenades au Jardin des plantes, comprenant la description 1. de la ménagerie ... par Louis Rousseau et Céran Lemonnier"

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LIVRES NOUVEAUX, 

CHEZ J.-B. BAILLIÈRE. 


HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX SANS VER- 
TÈBRES, présentant les caractères généraux et 
particuliers de ces animaux, leur distribution, 
leurs classes , leurs familles , leurs genres et la ci- 
tation des principales espèces qui s’y rapportent 
par J.-B.-P.-A. deLAMARCK, membre de l’Institut, 
professeur au Muséum d’Histoire Naturelle. 
Deuxième édition , revue et augmentée des faits 
nouveaux dont la science s’est enrichie jusqu’à ce 
jour; par itï.-G.-P. Deshayes et H. Milne 
Edwards. I , , i 835 . — 1837., 9 vol. in-8. Prix 

de chaque 8 f . 

Dans cette deuxième édition, M. Deshayes s’est 
chargé de revoir et de compléter l 'introduction , les 
coquilles et les mollusques , M. Milne Edwards, les 
infusoires , les zoophytes , les polypiers, les radiai- 
res , les vers, les arachnides, les crustacés, et l'orga- 
nisation des insectes. 

Celte édition sera distribuée ainsi : T. I, Introduc- 
tion, Infusoires: T. II. Polypiers ; T. III, Radiaires , 
Tuniciers , Vers , Organisation des insectes; T. IV, 
Insectes; T. V , Arachnides, Crustacés , Annèlides ; , 
T. VI, VII, VIII, IX, Histoire des mollusques. 
DICTIONNAIRE RAISONNÉ , ÉTYMOLOGIQUE , SY- , 

nonymiqüe ET polyglotte des termes usités 
dans les sciences naturelles; comprenant J’anato- 
’ mie, l’histoire naturelle et la physiologie généra- 
les; l’astronomie, la botanique, la chimie, la géo- 
graphie physique, la géologie, la minéralogie, la 
physique , la zoologie , etc. ; par A.-J.-L. Jourdan, 
membre de l’Académie royale de Médecine, a forts, 
vol . in-8 , } à deux colonnes. 1 8 f. 


histoire générale et particulière des ' 
ANOMALIES de 1 ’organisaüon chez l'homme et 
les animaux, ouvrage comprenant des recherches 
sur les caractères, la classification, l’influence 
physiologique et pathologique, les rapports géné- 
raux, les lois et causes des Monstruosités, des 
variétés et vices de conformation, ou Traité de 
tératologie , par Isid. Geoffroy S airit~ Hilaire , D. 
M. P., membre de l’Institut, Paris, i 832 .«— i 836 , 

3 forts vol. in-8 et atlas de 20 planches. 27 fr. 
— Séparément les tomes 2 et 3 . 16 fr. 

PHILOSOPHIE ANATOMIQUE ; par Et. GeûVFROY- 
Saint-Hïtairr, membre de l’Institut, professeur 
de zoologie au Muséum d’histoire naturelle, — 
Tome I er . j Des organes respiratoires. — Tome, II, 
Monstruosités humaines , 2 vol. in-8, 2 atlas 
in- 4 . 22 fr* 

NOUVEAU SYSTÈME DE PHYSIOLOGIE VÉGÉ- 
TALE ET DE botanique , fondé sur les mé- 
thodes d’observations développées dans le nouveau 
système de chimie organique, par F. V. Raspail, 
accompagné d’un atlas de 60 planches contenant 
près de 1000 figures d’analyses dessinées d’après 
nature et gravées avec le plus grand soin , Paris 
i 837, 2 forts vol. in-8., et atlas de 60 plan- 
ches. 3 ° fr, 

NOUVEAU SYSTÈME DE CHIMIE ORGANIQUE, 

fondé sur des méthodes nouvelles d’observations , 
par F. V. Hast ail. Deuxième édition entièrement 
refondue , précédé de considérations sur l’art d’ob- 
server en général et particulièrement sur les obser- 
vations microscopiques, Paris, 1837, 3 vol, iïi -8 
et atlas de 20 planches in- 4 - 


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FLORA GALLiCA, seu Enumeratro plantarum in 
GalKà sponlè nascentium, secundùm Liunæanum 
systema digestarum , addita familiarum nalura- 
liam synopsi ; auctore J. L. A. Loiseleur-Des- 
loïtchamps. Editio secunda, aucta et emendata , 
cum tabulis xxxi. a vol. in-8. 16 f. 

DICTIONNAIRE RAISONNÉ DES TERMES DE BO- 
TANIQUE ET DES FAMILLES NATURELLES, 

contenant l’étymologie et la description détaillée 
de tous les organes, leur synonymie et la défini- 
tion des adjectifs qui servent à les décrire; suivi 
d’un vocabulaire des termes grecs et latins les plus 
généralement employés dans la Glossologie bota- 

j5 nique ; par H. Lecoq , professeur d’Histoire natu- 
relle, et directeur du Jardin botanique de Cler- 
mont-Ferrand, et J. Juillet, D. M. P. 1 fort 
vol. in-S. 9 f. 

ÉLÉMENS DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET DE ME- 
VÉRÉOLOCIE, ou résumé des notions acquises sur 
les grands phénomènes et les grandes lois de la 
nature, servant d’introduction à l’étude de la géo- 
logie par H. Lecoq. Paris', i836, avec fig. 9 f. 

ÉLÉlftENS DE GÉOLOGIE ET D'HYDROGRAPHIE , 

par H. Lecoq, Paris, 1837, ia*8 figares. 

» 

MÉMOIRES POUR SERVIR A L’HISTOIRE ANATO- 
MIQUE ET PHYSIOLOGIQUE DES VÉGÉTAUX 
ET des animaux , par H. Dutrochet, membre 
de l’Institut. Paris, 1837, a vol. in-8, avec uû 
atlas de 3o planches gravées', 14 fr. 

avec cette épigraphe : 

« Je considère comme non avenu tout ce que j’ai publié 
précédemment sur ces matières et qui ne se trouve 
point reproduit dans cette collection.» 


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THAxté général de physiologie, considéré 
comme science d’observation, par J. F. Burdach , 
professeur à l’université de Kœnisberg , avec la 
collaboration des professeurs Baer , Rathke , Meyer, 
Muller , Valentin , Wagner; traduit de l’allemand, 
par A. J. L. Joürdan , Paris , 1 837 , 8 vol. in-6. 

PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE NATURELLE, OU 

Phénomènes de l’organisation des animaux et des 
végétaux; par J. J. Virry, membre de l’ Académie 
royale de Médecine, Paris, 1 8 35 , in-8. [7 f. 

SYSTEMA VEGETABILIUM , auct. C. Lirné, édition 
XVI a . curante C. Sprergel, Gottingue 1824 — 
1828 , 5 forts vol. in-8 82 f. 

GENERA PLANT ARUM, auct. C. LlNNR , edilio 
nona curante C. Sprehgel, Gottingue i 83 o, 
2 vol. in-8. 16 f- 

MONOGRAPHIA GENERUM ALOES ET MESEM' 
bry anthemi , iconibus illustrata, auct. Salm- 
Dycr, Dusseldorf i 835 , et suiv. Cet ouvrage sera 
publié en 12 livraisons. 2 sont en vente , prix de 
chaque. 3 o f. 

HORTUS DYCKENSIS , ou catalogue des plantes cul- 
tivées dans les jardins du prince Salm-Dyck, 
Dusseldorf, 1834, in- 8 . 8 f. 

MYCOLOGIA EUROPÆA, auct. C. H. Persooiï , 
Erlangue, 1823 — 1825, 3 vol. in« 8 ,fig. colo- 
riées. 52 f. 

SYNOPSIS, methodica fungorum, auct. C. H. Persooic, 
Gottingue, 1801, 2 vol. in-ia fig. 10 f- 


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\ 


PROMENADES 

ATT 

JARDIN DES PLANTES. 



a. 


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JOURS ET HEURES 


AUXQUELS ON TEUT VISITEE LES DIVERSES PARTIES 
DE l’ÉTABLISSEMEKT. 


MÉNAGERIE. 


Sans cartes : 


tous les jours 



de ii heures à 6 en etc i 
de x i heures à 3 en hiver. 


CABINET 

D’HISTOIRE 

NATURELLE. 


mardis. . . . . , 
vendredis 


BIBLIOTHEQUE. J do n heures à 3 


de 2 heures à 5 en été. 

de 2 heures jusqu’à la 
nuit en hiver. 

en été, tous les jours, 
sauf le dimanche, 
en hiver , les mardis , 
jeudis, samedis. 


Avec des cartes données à V administration sur la 
présentation d'un passe-port : 


CABINET [ lundis. ) 

D'HISTOIRE ] jeudis. > de n heures à a. 
NATURELLE. ( samedis. J 


CABINET ( 
D’ANATOMIE { 
COMPARÉE. ( 


lundis. \ 
samedis. J 


de ii heures à a. 


.GALERIES DE BOTANIQUE, les jeudis, de a à 4 heures. 

ÉCOLE DE BOTANIQUE, les lundis, jeudis, samedis, de 3 à 
5 heures. 


Nota. Les personnes qui suivent fies cours obtiennent des 
cartes d’étudians , qui donnent le droit d’entrer aux heures 
consacrées à l’élude. 


mr&IttB CHEZ PAUL REICOUAB.D, RUE GARANCIKRE, 5 . ' 


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V) - 

PROMENADES L 

K.j ~ 

AU * 

' • 

JARDIN DES PLANTES 


COMPRENANT I> A DESCRIPTION 


l 8 de la Ménagerie, aree des noliees *ur les moturi des animaux 
qu’elle renferme; s° du Cabinet d’anatomie comparée ; 3» des Ga- 
leries d e Zoologie . de Botanique , de Minéralogie et de Géologie ; 
4* de l’Ecole de Boianique ; 5* des Serres et du Jardin de natu- 
ralisation et des Semis -, 6* de la Bibliothèque , etc. 

P Ai MK. 

rouis ROUSSEAU, 

jlidi-naluratitte au Mutéum d’hitleire nalurtIU . 

EX 

GÉRAN LEMONMIER , 

Prefttnur-adj. d’hitioire natuflt* au co/lige Rottin. 

AVEC UN PLAN ET QUATRE VUES DU JARDIN. 



Le Muséum d’histoire naturelle de 
Paris est le plus Taste établissement 
qui ait jamais été consacré à la 
de la nature. ♦ (G. 


£T CHER rsa CONCIERGES DU JARDIN DES PLANTES. 


1887. 


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PRÉFACE. 

k * -I' * 


En publiant un ouvrage de cette na- 
ture, nous sentons le besoin de récla- 
mer l’indulgence de MM. les professeurs 
qui nous ont honorés de leurs conseils , 
et aux ouvrages desquels nous avons 
souvent fait de larges emprunts; nous 
serions en effet sans excuse si, avec 
de tels secours , nous n’eussions pas con- 
venablement réussi. Nous remercions 
aussi sincèrement MM. les aides -na- 
turalistes et MM. les employés du jar- 
din , qui nous ont fourni des rensei- 
gnemens toujours utiles et souvent 
précieux. Nous n’avons pas la prétention 
de croire à notre livre une valeur scien- 
tifique telle, que nous puissions conve- 
nablement citer aucun nom. (i) 

(i) Nous ne pouvons cependant omettre, que la 


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vj PRÉFACE. 

Nous le destinons aux personnes du 
monde et aux élèves des collèges, sur- 
tout aux nombreux étrangers qui vi- 
sitent rétablissement. Notre but sera 
rempli si nous pouvons aider en quelque 
chose à la tendance générale des esprits 
vers les connaissances d’histoire natu- 
relle, et rendre plus grande encore la 
foule , que la réputation du Muséum et 
des savans qui le dirigent amène tous 
les jours aux portes de ce temple de la 
nature. 

IÜL® promenade entière est due à M. Lemefcier, dont 
les lecteurs de la bibliothèque du Muséum apprécient 
tous les jours les vastes connaissances bibliographiques. 


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TABLE. 

Tableau des jours et des heures auxquels on 
peut visiter l’Établissemeut. ij 

PRÉFACE. v 

Introduction. xiij 

État des Professeurs et des principaux Fonction- 
naires employés du Muséum. xv j 

EXPLICATION DÉTAILLÉE DU PLAN 
DU MUSEUM. 

Porte principale, quai d’Austerlitz. xix 

Porte du Jardin, côté des cabinets. ib. 

Porte, place de la Pitié, côté du labyrinthe. ib. 

Porte, rue de Seine, côté de l’Administration. ib. 
Porte, quai de la Tournelle , côté de la Ména- 
gerie. ib. 

Bureau et salle d’Administration. ib. 

Grand amphithéâtre des cours. ib. 

Amphithéâtres. xx 

Galeries de géologie et de minéralogie . ib 

Galerie de botanique. ib. 

Ifouvellebibliothèque. ib. 

Bibliothèque. ib • 


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TABLE 


• • • 

Yllj 

Galeries d’histoire naturelle. 

Galeries d’anatomie comparée et humaine. 
Serres, courbes et pavillons. 

Serres Buffon, Baudin et Philibert. 

Serres tempérées. 

Réservoirs. 

Logemens des Professeurs. 

Corps-de-garde. 

Rotonde des éléphans et de la girafe. 
Faisanderie. 

Bâtiment des singes. 

Bâtiment des oiseaux de proie. 

Bâtiment des animaux féroces. 4 
Fossés des ours. ( 

Parcs. 

Kiosque du grand labyrinthe. 

Tombeau de Daubenton. 

Cèdre du Liban. 

Petit labyrinthe. / 

Couches et semis. 

École de botanique. 

Carrés Chaptal. 

Pépinière. 

Carrés creux. 

Carrés du fleuriste. 

Carrés des plantes médicinales. 

Carrés des plantes usuelles* 

Semis de la pépinière. 

Carré des arbres verts. 

Carrés d'automne. 


xx 
xxij 
ib. 
ib . 
ib. 
xxiij 
ib. 
ib. 
ib. 
ib. 
ib. 
ib. 
ib. 
ib. 

xxiv 

xxv 
xx vj 

ib. 

xxvij 

ib. 

xxviij 

xxix 

ib. 

ib. 

XXX 

ib. 

ib. 

ib. 

xxxj 

ib. 


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s 


TABLE. 

ix 

PROMENADES. 

PREMIÈRE PROMENADE. 

Ménagerie. 

3 

Loges des animaux féroces. 

4 

Grande rotonde. 

28 

Grande volière. 

4i 

Ancienne singerie. 

5z 

Faisanderie. 

59 

Fossés des ours. 

7 5 

SECONDE PROMENADE. 

Cabinets d’anatomie comparée. 

83 

Première salle. 

ib. 

Deuxième salle. 

85 

Escalier du premier étage. 

8 9 

Première salle du second étage. 

ib. 

Deuxième salle. 

9 r 

Troisième salle. 

94 

Quatrième salle. 

95 

Cinquième salie. 

96 

Sixième salle. 

97 

Septième salle. 

9 8 

Huitième salle. 

99 

Neuvième salle. 

ib. 

Dixième salle. 

100 

Onzième salle ( cabinet du docteur Gall ). 

ib. 

Deuxième escalier. 

i36 

Douzième salle (au rez-de-chaussce.) 

i37 

/ ' 

b 


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X 


TABLE. 


TROISIÈME PROMENADE; 


Cabinets d’histoire naturelle. 

x4n 

Mammifères (second étage); 

Salle des quadrumanes. 

i4'i' 

Salles des carnassiers, des rongeurs, etc. 

iôi 

Salle des ruminans. 

18$ 

Salle du rez-de-chaussée. 

x 97 

Oiseaux (second étage.) 

Oiseaux rapaces. 

I 95> 

Oiseaux grimpeurs. 

207 

Oiseaux passereaux. 

ai 4 

Oiseaux gallinacés. 

a36 

Oiseaux échassiers. 

242. 

Oiseaux palpimèdes. 

i53 

QUATRIÈME PROMENADE. 

. (premier étage). 

ê 

Salle des reptiles. 

26r 

Première salle des poissons. 

\ *9 6 

Troisième salle des poissons. 

3*o 

CINQUIÈME PROMENADE. 
( Second étage*) 

Crustacés. 

332; 

Arachnides. 

334; 

Insectes. 

340 

SIXIÈME PROMENADE* 
(Second étage.) 

Coquilles. 

355 


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TABLE. XJ 

Polypiers.' 370 

SEPTIÈME PROMENADE. 

(Premier étage). 

Petite salle des fossiles. J75 

Grande salle des fossiles. 377 

HUITIÈME PROMENADE. 

(Premier étage.) 

Première salle de minéraux (pierres.) • 408 

Deuxième salle de minéraux (métaux.) 424 

NEUVIÈME PROMENADE. 

Serre tempérée. 433 

Jardin, des semis. 436 

Jardin de naturalisation. Id. 

Serres chaudes anciennes. 437 

Serres chaudes nouvelles. 

DIXIÈME PROMENADE. 

École de botanique. 458 

Galerie de botanique. 462 

ONZIÈME PROMENADE. 

Bibliothèque. 4^3 

Livres d’histoire naturelle générale et topogra- 
phique. 1 476 

Botanique. 477 

Physique. 480 

Chimie. 481 

Minéralogie. 48a 


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TABLE. 


• • 

Géologie. 483 

Paléontologie. 485 

Physiologie humaine et comparée. 486, 

Anatomie humaine. ' [487 

Anatomie et physiologie comparée. 489 

Zoologie. ' 4g5 

Mémoires des sociétés savantes. ” 5oo 

Journaux et recueils scientifiques et littéraires. 5oi 
"Voyages. 5oa 

Collection des peintures sur vélin. 5 04 


\ 


\ 


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Le Muséum d’Histoire naturelle de Pari* 
est le plus vaste établissement qui ait ja- 
mais été consacré à la science de la nature. 
Il peut y avoir ailleurs des collections plus 
complètes pour certaines parties, mais il 
n’en est aucune qui présente le même en- 
semble. 

Un jardin de plus de 90 arpens , des 
serres nombreuses, vastes et dont les der- 
nières sont un véritable chef-d’œuvre , 
offrent plus de i4)0oo espèces de plantes en 
végétation î des terrains particuliers sont 
réservés, aux plantes utiles et aux arbres 
fruitiers ou forestiers. Une ménagerie 
placée auprès du jardin nourrit un grand 
nombre d’animaux vivans, parmi lesquels 
on remarque deux éléphans , une girafe , 
quatre dauws, des zèbres, des lamas , des 
kanguroos, des rennes, etc., une lionne des 
bords de i’Indus, des guépards, un tigre, 

b. 


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xiv 


INTRODUCTION. 


un ours jongleur , un assez grand nombre 
de singes et beaucoup d’oiseaux de tous les 
pays du monde. Ces animaux, après avoir 
été observés vivans par les naturalistes re- 
lativement à leurs habitudes , fournissent 
après leur mort aux anatomistes des obser- 
vations non moins précieuses relativement 
à leur organisation. 

Les cabinets présentent dans le plus bel 
ordre toutes les productions de la nature 
qu’il est possible de conserver. La collec- 
tion de quadrupèdes surpasse infiniment 
toutes celles du même genre qui existent ; 
le cabinet d'anatomie offre la série la plus 
complète que l’on connaisse. Les autres 
collections sont fort riches ; celles de co- 
quilles, de polypiers et d’animaux articulés 
seront bientôt au niveau de celles des ani- 
maux supérieurs; toutes dans peu de temps, 
grâce auxnouvelles galeries, dontM. Thiers 
a doté le Muséum , étaleront aux yeux de 
nombreux échantillons enfermés jusqu’ici 
dans les magasins ou dans les tiroirs des 
meubles. 

Les herbiers contiennent plus de 5o,00o 
espèces et la plus riche collection de végé- 
taux fossiles qui soit en Europe. 


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INTRODUCTION. 


XV 


Tout le Muséum, depuis la mort de 
Cuvier , s’est appliqué à redoubler d’ac- 
tivité comme pour rendre moins doulou- 
reuse la perte faite par la science dans la 
personne du grand naturaliste. 

Le Jardin des plantes date ses faibles 
commencemens durégne de LouisXIII (i). 
L’administration de Buffon (1739 — 1778) 
lui donna le plus grand essor ; la renom- 
mée et l’influence européenne de Cuvier 
l’ont amené à sa splendeur actuelle. 

( 1 ) En i6a5, Louis XIII, à la sollicitation d’Hé- 
rouard son premier médecin et de Guy de La Brosse 
son médecin ordinaire, avait autorisé par lettres-pa- 
tentes la fondation du jardin, et l’acquisition d’une 
maison et d’un terrain de vingt-quatre arpens dans le 
faubourg Saint-Victor, et dans le môme local qui fait 
aujourd’hui partie du Muséum. 11 avait donné la sur- 
intendance de cet établissement à son premier mé- 
decin et à ses successeurs , avec pouvoir de choisir un 
intendant qui résiderait dans le jardin et en aurait la 
direction. Uérouard avait choisi Guy de La Brosse, et 
ce choix avait été approuvé par le roi ; mais la mort 
dHérottard retarda l’exécution des lettres-patentes , 
de sorte que la fondation du jardin ne date rceUement 
que de t635, époque à laquelle un édit fut donné et 
enregistré au Parlement. Par cet édit, Bouvard, pre* 
mier médecin du roi , remplaça Hérounrd , et Guy de 
La Brosse fut confirmé. Le But de l'établissement était 
seulement alors la culture des plantes médicinales et 
l’explication de leurs nropriétés. C’est Buffon qui lui 
donna la direction qu’il a depuis conâertée. 


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INTRODUCTION. 


xvj 

Nulle part l’enseignement n’est plus com- 
plet. Treize professeurs célèbres y font des 
cours publics très suivis, sur toutes les bran- 
ches d’histoire naturelle , en même temps 
qu’ils administrent en commun l’établisse- 
ment. Ils tiennent assemblée au moins une 
fois la semaine et sont présidés par celui 
d’entre eux qu’ils ont élu directeur et qui , 
de même qu’un secrétaire et un trésorier, 
exerce ces fonctions pendant deux ans. 


X.ISTK FAR ORDRE D ANOIZNNETÉ 

DSS 

PROFESSEURS, ADMINISTRATEURS ET DES PRINCIPAUX 
EMPLOYÉS DU MUSEUM. 

(Avril 1837.) 

ZOOLOGIE , MAMMIFERES CT OISEAUX. 

M. Geoffroy-Saint-Hilaire, professeur ; M. Isi- 
dore' Geoffroy-Sautt-Hilaire , aide-naturaliste 
et professeur suppléant. 

oâoxoaic. M. Cordikr, professeur; M. Charles 
d’ORBiGMY , aide-naturaliste. 
minéralogie. M. Brokgrxart (Alexandre) , pro- 
fesseur; M. Delafossh, [maître de conférence à 
l'École normale, aide-naturaliste. 


» 


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INTRODUCTION. 


XV1J 

ZOOLOGIE, REPTILES BT POISSONS. M. Dü- 

KÉaii., professeur; M. Bibrok , aide-naturaliste. 
BOTANIQUE MURALE. M. A. de Jussieu , profes- 
seur; M. Décaissé , aide-naturaliste. 

culture, M. de M irbel, professeur; M. Edouard 
Spach , aide- naturaliste. 

CHIMIE APPLIQUÉE AUX ARTS , M. ChevreüL , 
professeur; M. Pariset, aide-naturaliste. 

ANATOMIE COMPARÉE. M. DuCROTAT de Blaut- 
ville, professeur; M. Emmanuel Rousseau aide- 
naturaliste et chef des tra?aux anatomiques. 

chimie qénéralb, M. Gay-Lussac , professeur ; 

M. Gay-Lussac fils , aide-naturaliste. 
anatomie humaine. M. Floureits , professeur $ 
M. Deschamp , aide-naturaliste. 

ANIMAUX SANS VERTÈBRES ( MOLLUSQUES , 
ANNÉLIDES BT RAYONNÉS.) M. Valenciiknes, 
professeur; M. Louis Rousseau , aide-natura- 
liste. 

ANIMAUX 8 ANS VERTÈBRES ( CRUSTACÉS, 
ARACHNIDES ET INSECTES.) M. AUDOUIK 
professeur ; M. Brullé , aide-naturaliste. 

botanique. M. Brongwiart (Adolphe), profes- 
seur; M. Guillemin, aide-naturaliste. 

COURS D'IGONOORAPHIB POUR LES PLANTES. 

M. Redouté, professeur. 

COURS D 'ICONOGRAPHIE POUR LES ANIMAUX. 

M. Cbazal f professeur. 


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XVlij INTRODUCTION. ‘ 

directeur de la ménagerie. M. Frédéric 
Cuvier 

CONSERVATEUR DU CABINET D'ANATOMIE COM- 
PARÉE. M. Laurillard. 

bibliothécaire. M. Dkswoyer. 

CONSERVATEUR DES GALERIES D’HISTOIRE NA- 
TURELLE. M. Kieker. - 

CONSERVATEUR DE LA GALERIE DE BOTANI- 
QUE , M. Ch. Gaudichaud. 

CHEF DES BUREAUX. M. Hippolyte PRÉVOST. 

CHEF DES TRAVAUX ZOOLOGIQUES. M. Florent 
Prévost. 

chef Des travaux anatomiques. M. Em- 
manuel Rousseau. 

JARDINIER EN CHEF. M. RlCBÉ. 

CHËF DES SERRES. M. NbumaW. 

CHEF DE L’ÉCOLE DE BOTANIQUE. M. PEriN. 



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EXPLICATION DÉTAILLÉE 


DU PLAN. 


T. Porte principale y quai d’Austerlitz y est la plus 
ancienne du jardiu et existe depuis 1784. 

2. Porte rue du Jardin du roi, ouverte en 1808. On 
entrait avant par une porte principale, située plus 
haut, en face l’allée de tilleuls qui borde les serres. 

3. Porte nouvellement ouverte place de la Pitié'. 

4 . Porte rue de Seine , presque aussi ancienne que 
celle du quai d’Austerlitz. 

5. Porte quai de la Tournelle , non construite en- 
core. 

6. Bâtiment du bureau , salle d'administration 
et des laboratoires , acheté par le Muséum en 1795 , 
en conséquence d’un arrêté du comité des finances et 
complètement mis dans l’état où il est aujourd’hui en 
1808. 

7. Grand amphithéâtre des cours , autrefois occupé 
par l’hôtel deMagny, acheté par Bul'fon eu 1787 et 
mis dans l’état où il est maintenant en 179S. Au de- 
vant est un grand ovale destiné à recevoir pendant 
l’été, les plus beaux arbres de la Nouvelle-Hollande, 
du cap de Bonne-Espérance , de l’Asie-Mineure et de 
la Barbarie. Des deux côtés de la porte de l'amphi- 
théâtre sont deux beaux palmiers éventails (chamœ- 


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XX 


EXPLICATION DÉTAILLÉE 


rops humilis ) envoyés à Louis XIV par le margrave 
de Bade Dourlach , au commencement du siècle der- 
nier. 

8 . Amphithéâtres non encore terminés. 

9. Galeries de minéralogie et de géologie , non 
encore entièrement terminées. 

10. Galeries de botanique non encore terminées. 
Le bel édifice qui renfermera les deux amphithéâtres, 
les galeries de minéralogie et de géologie , celles de 
botanique , ainsi que la nouvelle bibliothèque , a été 
élevé sur les plans de l'architecte Rohaut. Il occupe 
l’espace désigné auparavant sous le nom de petit bois. 

1 1 . Nouvelle bibliothèque. 

ia. Bibliothèque. Ce bâtiment est sur l’emplace- 
ment de deux maisons achetées, en 177a, par le 
gouvernement , à la sollicitation de Buffon qui revint 
habiter le jardin et dont il forma le logement nom- 
mé l’intendance, où il mourut le 16 avril 1788. Le 
premier étage seul fut disposé en appartenons ; les 
étages supérieurs furent destinés pour le dépôt des 
objets non encore placés dans les salles du Cabinet. 
Actuellement, la bibliothèque occupe l'appartement 
de Buffon, et les étages supérieurs sont habités par 
MM. les professeurs Flourens et Audouin. 

1 3 . Galeries d'histoire naturelle ou Cabinet d’his- 
toire naturelle. Lorsque Buffon entra au jardin du 
roi , le cabinet consistait en deux petites salles. Une 
autre pièce renfermait des squelettes que l’on ne mon- 
trait pas au public ; les herbiers étaient dans l’appar- 
tement du démonstrateur de botanique. U fit dispo- 
ser les collections dans deux grandes salles du bâti- 
ment des galeries actuelles, qui étaient auparavant le 


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DU PLAIT. 


XXj 

logement de l’intendant , et bientôt l’entrée en fut 
ouverte à des jours déterminés.. En 1749, le local 
devint trop étroit pour contenir les richesses que 
Daubenton mettait en ordre. Buffon qui avait déjà» 
comme nous l’avons vu , abandonné la plus grande 
partie de son logement , crut devoir le sacrifier tout 
entier, et en 1766 il transporta son domicile , rue des 
Fossés-Saint- Victor n. 1 3 . Alors les collections furent 
disposées dans quatre grandes salles qui ont formé 
seules le cabinet jusqu’à la nouvelle organisation en 
1794. Après la nouvelle organisation on arrêta de 
construire au second étage une galerie éclairée par le 
haut. Les travaux commencés en 1794 et Souvent 
interrompus furent terminés en 1801 et le second 
étage se trouva offrir deux fois autant de place que 
le premier , parce qu’il n’y avait pas de croisées et que 
le dessus de la bibliothèque donnait une salle de plus. 
En 1807, on supprima l’escalier et l’entrée principale 
du jardin située au devant de l’allée des tilleuls qui 
longe les serres, pour ajouter, sans interruption, 
trois nouvelles salles à la suite de celles qui existaient 
au premier étage et l’on prolongea la galerie du se- 
cond jusqu’à la terrasse élevée au-dessus de la rue , 
derrière la butte plantée d’arbres verts (labyrinthe). 
La principale porte et le grand escalier de l’édifice 
fuient placés à l’extrémité , et l’entrée du jardin sur 
la rue fut ouverte entre la bibliothèque et la maison, 
anciennement nommée l’intendance. Ces travaux fu- 
rent terminés en 1810. Les dispositions intérieures 
furent faites avec tant de célérité qu’au mois de mars 
*8n , on put arranger les collections. (1) 

(1) Depuis, la Bibliothèque a été transportée dans le 
logement de Buffon, et le Cabinet s’est agrandi de 

C 


/ 


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EXPLICATION DÉTAILLÉE 


xxij 

14. Cabinet d’anatomie comparée élevé sur l’em— - 
placement de l’ancienne régie des fiacres, transformé 
plus tard, sous la république , en magasin à farine et 
concédé au Muséum par une loi , en date du mois 

< d’août 1795., Les plans furent donnés par M. Molinos; 
mais l’édifice , tel qu’on le voit actuellement ne fut 
terminé qu’en 1817. Sous Je gouvernement de 
Louis XVÎII, il fut triplé d’étendue par la jonction 
que l’on y fit de bâtimens voisins et par le moyen de 
l’escalier qui servit à joindre le rez-de-chaussée et 
le premier étage destiné d’abord à n’ètre qu’un gre- 
nier à foin. Dès 1806 cependant , le rez-de-chaussée, 
organisé d’une manière provisoire , avait été ouvert 
au public qui admirait comment M. Cuvier, malgré 
l’insuffisance des moyens et du temps, avait pu dès-lors 
y réunir un nombre déjà considérable de pièces ma- 
gnifiques. M. Laurillard, conservateur des collections, 
avait eu une grande part à ces travaux, (r) 

1 5 . Serres courbes et pavillons. (Voyez io e pro- 
menade page 458 ). 

36. Serres Buffon , Baudin , Philibert, (voyez la g e 
promenade, page 433 ). 

17. Serre tempérée , bâtie sur l’emplacement de 
l’ancienne régie des fiacres. (Voyez 9 e promenade 
page 433 . 

deux salles au rez-dc-chaussée, et l’entrée principale 
donne sur la cour de l’intendance. 

(1) La salle de crànologie du docteur Gall a été 
ouverte sous la direction de M. de Blainville , qui rem- 
place si dignement M. Cuvier et a déjà apporté uu grand 
nombre d’améliorations dans la disposition des pièces 
de la collection. 


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DTI PDAÎf. xxiij 

>8. Réservoirs nouvellement constrnits par M. Ro- 
baut. 

19. Ateliers et remises. 

20. Logemens de MM. les professeurs. Voyez leurs 
nom dans l'introduction , page xvi. 

21. Corps-de-garde.'La police pacifique du jardin 
est confiée 'à une non moins pacifique compagnie de 
vétérans. 

aa . Rotonde des éléphans et de la girafe. Ce bâ- 
timent , commencé en 1804 sur les plans de M. Mo- 
linos et destiné à être le logement des animaux féro- 
ces , fut interrompu deux ans plus tard , puis repris 
en x 8 10 et terminé en 18x2. 

2 3 . Faisanderie. Nouvellement construite , il y 
a une dizaine d’années., sur les plans de M. De- 
touche. 

24. Ancienne singerie. Cette bâtisse a toujours 
été regardée comme provisoire depuis 1802 où elle 
fut disposée aussi bien que le local le permettait pour • 
recevoir les singes. 

2 5 . Bâtiment des oiseaux de proie ou volière du 
nord élevé sur les plans de M. Duflocq et dans le- 
quel sont très convenablement logés les grands oiseaux 
de proie et les perroquets. 

26. Bâtiment des animaux féroces. C’est depuis 
2817 seulement que l’on a construit cet édifice, et 
depuis 1S21, que les animaux y ont été transportés. 
Ils logeaient précédemment, depuis l’année 179$, 
dans un vieux bâtiment situé à l'extrémité de l’allée 
des marronniers et qui existe toujours. Les premiers 
animaux féroces que posséda le Muséum vinrent de 
la ménagerie de Versailles qui fut abandonnée. 


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XXIV 


EXPLICATION DÉTAILLÉE 


M. Couturier, régisseur des domaines du roi en cette 
ville , écrivit à Bernardin de Saint*Pierre , alors in- 
tendant depuis 179a , pour les lui offrir. Ce dernier 
adressa alors au gouvernement un mémoire qui fit 
beaucoup de sensation et qui détermina à prendre 
des mesures pour que les animaux fussent conservés ; 
et bien que ces animaux n’aient été transportés au 
Muséum que dix-huit mois plus tard, 1794 » alors 
que la place d’intendant avait été supprimée; c’est à 
B. de Saint-Pierre que l’on doit la création de la 
Ménagerie. ( t) 

Pour loger cesanimaux, ainsi que d’autres apparte- 
nant à des particuliers qui faisaient métier de les 
montrer au public et qui furent , par un arrêté de la 
commune de Paris, forcés de les céder au Muséum, 
on pratiqua sous les galeries des cabinets, des loges 
pour ceux qui devaient être renfermés: les autres fu- 
rent placés dans des bosquets le long de la rue de 
Buffon ou dans des écuries. Plus tard , après avoir 
passé par des épreuves telles qu’en 1799 on fut obli- 
gé de tuer les animaux les moins utiles pour nourrir 
les autres, la Ménagerie Ci 800) reçut d’Angleterre 
pour une somme de 17,500 francs, huit quadrupè- 
des, savoir : deux tigres, mâle et femelle ; deux lynx 
aussi mâle et femelle; un mandrill , un léopard , une 

(1) Il ne restait alors à la ménagerie de Versailles : 
qu’un lion très apprivoisé, dont Toscan , bibliothécaire 
du Muséum , a donné une histoire fort intéressante 
dans l’ouvrage intitulé Ami de la nature ; un bubale , 
une Corinne, un couagga et un pigeon couronné des 
Indos. Les autres étaient morts faute d’une nourriture 
convenable. 


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DU PLAN 


XXV 


panthère , une hyène el quelques oiseaux; en 18 10, en- 
fin, on reçut 24 animaux de la Ménagerie du roi de 
Hollaude, et la Ménagerie prit l’aspect animé qu’elle a 
toujours conservé depuis. 

27 a 40. L’emplacement de la Ménagerie ne fut 
acquis qu’insensiblement et après la nouvelle organi- 
sation. Il ne consistait d’abord que dans quelques 
parcs d’animaux rujninans élevés sur l’emplacement 
de quelques chantiers (1796). Les deux éléphans, 
mâle el femelle, de la ménagerie du Stathouder que 
l’on avait pris lors de la conquête de la Hollande , 
fi 79$) furent logés, à leur arrivée (1798) , dans 
une écurie et une cour de l’ancienne régie des fiacres. 
Plus lard (1801), le plan de la Ménagerie étant dé- 
finitivement arrêté, on acquit encore quelques chan- 
tiers situés sur la rue de Seine et on fit de nouveaux ' 
parcs et de nouvelles barraques pour les cerfs, les 
daims, les axis, les bouquetins, les mérinos, le gnou, 
les kanguroos, etc. Ce n’est que depuis 1822 qu’elle 
possède l’étendue actuelle , abstraction faite des ter- 
rains nouvellement acquis derrière les loges des ani- 
maux féroces et de la nouvelle singerie. 

4 1 . Kiosque du grand labyrinthe. Le grand labyrin- 
the, nommé d’abord grande butte, faisait originaire- 
ment partie du jardin. Planté d’abord d’arbres et de 
plantes des montagnes, elle le fut ensuite en vignes 
sous Chirac et enfin en arbres toujours verts. Elle fut 
garnie, sous Buffon, d’un belvédère à son sommet. En 
méme^temps l’escalier, qui jusque là conduisait de la 
partie plate du jardin au terrain des buttes , fut rem- 
placé par une pente douce et cette montée fut garnie 
des deux côtés d’un trius planté en ormiile et d’une 
rampe en fer. Cette colline, que U disposition de ses 


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EXPLICATION DÉTAILLÉE 


XXVj 

chemins rentrant les uns dans les autres a fait nom- 
mer labyrinthe, offre d’abord, lorsqu’on y monte , le 
cèdre du Liban entouré d’un banc de pierre. Cet 
arbre , le premier de son espèce qui ait paru en 
France, fut rapporté d’Angleterre par Bernard de 
Jussieu ( 1734) à qui Collinson, médecin fort riche 
et amateur de botanique, fit présent de deux indivi- 
dus qui n’avaient que quelques pouces de haut. Ces 
deux petits cèdres, qui provenaient d’un cône que 
Collinson avait reçu du Liban et dont les graines 
avaient levé , furent élevés avec soin et placés l’un , 
dans l’école de botanique où il est mort, l’autre, dans 
le lieu où on le voit encore. Ce dernier, quoique fort 
élevé, serait encore plus haut , si sa flèche n’avait été 
cassée par un accident Au dessus du cèdre , du côté 
du midi, sont deux pins à pignons dont l’amande se 
mange et qui donne l’idée de l’effet que fout ces ar- 
bres sur les cimes des Apennins. Il y a aussi des pins 
laricio au feuillage vert foncé , des pins du lords, re- 
marquables par la finesse du feuillage qui est d’un 
vert tendre, et introduits en Angleterre en 1705 par 
lord Weimouth qui les avaient rapportés de l’Amé- 
rique du nord et des genévriers de Virginie vulgai- 
rement cèdres rouges. Eu suivant les allées qui mon- 
tent en spirale et fout plusieurs fois le tour de la col- 
line, on trouve au sommet un joli kiosque n. , en- 
touré de colonnes de bronze et d’une balustrade. De 
ce point élevé, la vue embrasse le jardin et une partie 
des environs de Paris. 

v i 

42. A mi-côte de l’exposition dn levant, entre le 
kiosque et lepèdre, on voit une petite enceinte formée 
par un treillage, c’est là qu’est le tombeau de Dauben- 
ton , aussi simple que le fut celui dont il cache lacen- 


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DU PLAN. 


xxvij 

dre. Ce patriache de l’histoire naturelle fut le premier 
quiappliqua la connaissance de l’anatomie comparée à la 
détermination des corps fossiles et ouvrit ainsi la route 
au colossal travail sur les ossemens fossiles (i). C’est de 
lui que Camper a dit : la modestie de Daubenton ne lui 
a pas permis de savoir toutes les découvertes dont il 
était l’auteur. C'est à ses détracteurs que M. Cuvier 
répondait : on ne me prouvera qu’il était possible d'éviter 
ce reproche que lorsqu’on aura fait mieux que lui , 
dans le même temps et avec les mêmes moyens. 

44 • Petit labyrinthe ou petite butte. Celle-ci, qui faisait 
également partie de l’ancien jardin, forme un carré long 
presque en amphithéâtre. Elle est coupée par des al- 
lées sinueuses et plantées d’arbres verts parmi les- 
quels on remarque plusieurs espèces de pins , parti- 
culièrement celui d’Alep au feuillage vert-clair 
moins beau que celui du pin Weimouth , des cèdres 
du Liban, des chênes verts , de beaux individus de 
buis de Mahon et un petit massif d 'aucuba du Japon, 
dont les feuilles épaisses sont parsemées de taches 
jaunes. Le haut offre une esplanade d'où le point de 
vue est fort beau. 

45 . Couches et semis. Jardin des semis f jardin de 
naturalisation. Bu flou venait de reculer les limites 
du jardin au midi et à l est comme nous les voyons 
aujourd'hui ; mais l’établissement ne dépassait pas au 


(1) En 1762 il déclara que l’os ridiculement attribué 
à la jambe d’un géant et que l’on conservait au Garde- 
Meuble sous ce nom, avait appartenu à une girafe et 
devait être le radius; trente ans après, le squelette en- 
voyé par Levaillant justifia sa prévision* 


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XXVÎij EXPLICATION DETAILLEE 

nord-est l’allée de marronniers plantée par lui et les 
terrains occupés par la grande et la petite butte , 
lorsqu’il parvint enfin à obtenir d’une compagnie , 
la cession d’un terrain plus bas que le jardin et où il 
fit transporter les couches en 1786. Eu même temps, 
il fit pratiquer, en dessous de l’allée, un souterrain 
<]ui existe toujours entre cette nouvelle acquisition et 
l’école de botanique afin que l’on pût facilement com- 
muniquer de l’un à l’autre de ces jardins. 

4 * 46. Ecole de botanique. Cette école n’est pas très 
ancienne, et elle n'eût pu être ni aussi riche ni ordon- 
née suivaul le même plan , avant que la science eût 
fait les progrès qu’elle doit aux travaux de Tourne- 
fort , à la nomenclature de Linné , aux familles natu- 
relles de Jussieu. Elle 11e fut d’abord qu’une collection 
de plautes médicinales, la plupart indigènes. Au retour 
des voyages deTournefort, elle s’enrichit de quelques 
plantes étrangères, mais elle n’allait que jusqu’à l’ex- 
trémité du mur de la serre adossée à la petite butte; 
et quoiqu’on en eût écarté les arbres et les arbrisseaux, 
on ne pouvait y placer toutes les plantes. Ce futBuf— 
fon qui, à la sollicitation de Jussieu , en tripla l’é- 
tendue , et l’entoura d’une grille en 1774, et les vé- 
gétaux y furent alors disposés dans un ordre régulier. 
Cependant le local se trouva bientôt trop resserré , 
et elle fut encore augmentée d’un quart en 1788, 
lorsque Buffoneut acquis les terrains qui (abordaient 
du côté de l'est. En 180a, Desfontaines la replanta de 
nouveau, après avoir recherché toutes les espèces 
qui , étant arrivé depuis peu, se trouvaient dispersées 
dans les parterres, les serres et le jardin des semis, 
et s’en être procuré d’autres qu’il savait exister chez 
quelques amateurs. Depuis i 8 a 5 , elle a été de noq- 


t 


DU PLAN 


XXIX 


veau replantée et augmentée aux dépens du carré des 
arbres fruitiers qui a pris la place de celui des plau- 
tes potagères et céréales. Suivant les plans nouveaux, 
«lie va s'accroître, comme on le voit sur notre plan , 
des deux carrés renfermant l’un, l’école des arbres 
fruitiers , l'autre, celles des greffes et des haies, etc. 

47. Carrés Chaptal. Ces carrés, ainsi nommés parce 
qu’ils furent plantés sous le ministère de M. Chaptal, 
qui accorda au Muséum les fonds nécessaires, sont 
entourés d’un treillage et employés à la culture, à 
la multiplication et à la naturalisation des plantes 
étrangères vivaces et de pleine terre. Dans l’intervalle 
qui sépare ces deux parterres se trouve un large bas- 
sin d’une construction singulière ; il a la forme d’une 
coupe portée sur un pied et l’on en fait le tour en 
dessous. 

48. Pépinière. La pépinière, placée à l’est et à 
l’extrémité des carrés Chaptal , est entourée d’une 
grille de fer. C’est là qu'on élève les arbres , arbris- 
seaux et arbustes nécessaires pour garnir les différent 
tes parties du jardin. 

49. Carrés creux. Destinés par Buffon à être un bas- 
sin et dont le fond alimenté par l’infiltration des eaux 
de la Seine aurait nourri des plantes aquatiques. Ces 
plantes n’ayant pu y réussir, on a établi vers le bas des 
plates-bandes où l’on cultive des plantes d’ornement. 
Les côtés sont garnis d’arbrisseaux à quatre exposi- 
tions différentes suivant leur nature. Au printemps et 
à l’été , ce bassin offre de tous les côtés un aspect 
magnifique par la quantité de rosiers , de boules de 
neige, de lilas, de fuslets, de stapbylea, etc., qui le déco- 
rent. Il est séparé de la pépinière par une allée bordée 


J 


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XXX , EXPLICATION DETAILLEE 

d’un seul côté , de mespilus linearis ( i) et de Koel- 
rcuteria. Ces arbres, plaças alternativement sur une 
même ligne , contrastent par leur feuillage , leurs 
fleurs et surtout par leur port, l’un ayant les bran- 
ches étendues horizontal ement et l’autre les ayant réu- 
nies en boule. 

5 0. Carrés du fleuriste. On y voit des doubles 
des plus belles plantes vivaces de l’école et des fleurs 
de plates-bandes. On a soin de varier les especes 
toutes les années et l’on renouvelle les plantations 
deux fois pour que le terrain soit également couvert 
de fleurs depuis le milieu du printemps jusqu’au milieu 
de l’automne. 

51. Carrés des plantes médicinales. Ces plantes, 
dont on fait des distributions gratuites aux pauvres , 
sont disposées par bandes et toutes étiquetées pour 
que les herboristes et même les étudians en médecine 
et en pharmacie puissent les étudier. Deux carrés 
sont destinées aux plantes indigènes , deux aux plan- 
tes exotiques. 

5a. Carrés des plantes usuelles. On y trouve : i° les 
plantes utiles à la nourriture de l’homme; 2 “ celles 
qui sont propres à nourrir les bestiaux; 3° ce'lesqui 
Sont employées dans les arts. 

53. Semis de la pépinière. Ce carré , oomme son 
nom l’indique , est destiné au semis des arbres et ar- 
bustes de pleine terre , qu’on repique ensuite dans 
Ja pépinière et dont on se sert pour garnir le jardin. 


(1) Cet arbre , originaire de rAmérique-Septen- 
trionale, n’était pas connu des botanistes lorsque les 
graines en ont été apportées il y a quarante-un ans. 

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DU PLAN. 


xxxj 

* 

Ce carré est borné par une allée transversale de tuli- 
piers de Virginie plantés il y a 4 1 ans par M. Thoiu, 
qui faisait la limite dej’aucien jardin avant l’adminis- 
tration de Buffon. 

54. Carré des arbres verts. Ce carré renferme de 
très grands eplcca , le pin de Jérusalem (pinus ale - 
pensis), de beau genévriers de Virginie ou cèdres rou- 
ges , un chêne aux glands doux , des houx pana- 
chés etc. 

Carré d’automne. Ce carré, séparé du précé- 
dent par une allée de mélèzes, contient un assortiment 
des arbres dont on fait des bosquets d’automne. Là se 
trouve le noyer pacanier, originaire des marais et du 
bord des rivières de la Louisiane , des gingko biloba , 
originaires du Japon où les fruits, gros comme des 
pommes, contiennent une amande bonne à manger; 
un mûrier rouge de l’Amérique-Septentrionale, dont 
les fruits sont aussi bous que ceux du mûrier noir, et 
qui est surtout remarquable en ce que son feuillage, 
plus touffu que celui d’aucuu autre arbre, se conserve 
jusqu’à la fin de l’aulouine. 


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PROMENADES 

AU 

JARDIN DES PLANTES. 


Le Jardin des plantes a trois entrées 
principales : l’une au levant, en face le 
pont d’Austerlitz , et deux au couchant, voi- 
sines de l’hôpital de la Pitié. De ces deux 
dernières entrées , l’une toute récem- 
ment ouverte , est au coin de la rue Saint- 
Victor et de la rue de Seine, et donne sur 
le carrefour de la Pitié ; l’autre, ancienne, 
fait le coin de la rue du Jardin-des-PJ antes 
et de la rue de Bufïon. Si nous supposons 
que l’on arrive par la grille du pont d’Aus- 
terlitz , on embrasse d’un coup-d’œil l’en-, 

t 


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2 PROMENADES. 

semble de l’établissement. En face et à 
l’autre extrémité, on voit le Cabinet d’his- 
toire naturelle., qui occupe toute la lar- 
geur dtf jardin. A droite et à gauche sont 
deux grandes allées de tilleuls, qui enca- 
drent cet élégant tableau sur les cotés. 
Tournant de suite à droite, on passera 
sous l’allée de tilleuls, et après avoir tra- 
versé , par une allée d’arbres de Judée, une 
large bande de terrain occupée par l’école 
de culture, l’école de botanique et les ser- 
res , on arrive à la porte de la ménagerie, 
qui fera le sujet de la première promenade. 




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MÉNAGERIE* 


3 


|)remtm fJromcmiîïc. 


MÉKTAGERIE. 

(Dirigée par ar. Frédéric cctier.) 


Cette partie de l’établissement, que des 
acquisitions récentes vont encore augmen- 
ter, est située au nord du jardin. Elle a 
pour limites : la rue de Seine, le quai, l’allée 
des marronniers, le jardin des serres, la 
serre tempérée, et l’esplanade devant l'am- 
phithéâtre. Elle est séparée du reste du 
jardin par des fossés et des palissades. Les 
portes , 3 u nombre de trois , deux sut* l’al- 
lée des marronniers, et une près de l’am- 
phithéâtre, sont tous les jours ouvertes au 
public , de onze à six heures dans l’été , 
et seulement jusqu’à trois dans l’hiver. 


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4 , PREMIÈRE PROMENADE. 

Le terrain de la ménagerie est fort iné- 
gal, et sillonné d'un grand nombre de 
chemins qui serpentent et reviennent tous 
vers les mômes points , en formant une e»^ 
pèce de labyrinthe. Dix -sept grands com- 
partimens ou parcs, sans compter les quatre 
nouveaux projetés, entourés et fermés par 
une double clôture en treillage, dans cha- 
cun desquels se trouve un petit bâtiment 
où se retirent les animaux, couvrent toute 
la partie destinée aux animaux paisibles. 
Le reste est occupé, i° par une vaste ro- 
tonde où sont les grands quadrupèdes her- 
bivores j a 0 par deux volières nommées,’ 
l’une , la faisanderie , et l’autre volière du 
nord ou grande volière , et qui renferme les 
oiseaux de proie ; 3° par une galerie demi- 
circulaire , précédée d’une espèce de cour 
destinée à être l’habitation des singes; 4° par 
les loges des animaux féroces; 5° par la 
singerie actuelle , qui , bien que située 
hors des limites de la ménagerie , en est 
une dépendance immédiate. 

De la porte de la ménagerie , où nous 
supposons avoir conduit le lecteur, on 
voit les loges des animaux féroces. Cet édi- 
fice, d’une architecture simple et régu- 


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MÉNAGERIE. 


5 


i 


lière, présente sur une meme ligne , à l’ex- 
position du midi, vingt-et-une loges der- 
rière lesquelles est une galerie éclairée par 
le haut, assez large pour qu’on puisse s’y 
promener en hiver , et voir les animaux 
lorsque les volets extérieurs des loges sont 
fermés. C’est encore par cette galerie que 
se fait le service, soit pour donner aux ani- 
maux leur nourriture , soit pour laver et 
nettoyer leurs loges, en faisant entrer cha- 
cun d’eux de la loge où il a passé la nuit 
dans celle qui est la plus voisine. Deux pa- 
villons placés l’un à chaque bout renfer- 
ment aussi des cages en fer où vivent d’au- 
tres animaux féroces plus petits. 

l re LOGE. - 

Le chacal ou loup dore, est une espèce 
du sous-genre chien proprement dit. 

Il offre dans son organisation intérieure, une simi- 
litude parfaite avec notre chien de berger; aussi, 
beaucoup de naturalistes ont-ils pensé que ce mam- 
mifère était la souche primitive de nos variétés de 
chiens. Ils faisaient remarquer : la sécurité, l’impu- 
dence même avec laquelle les chacals s’approchent 
des caravanes en marche, et des tentes dressées pour 


i. 


6 PREMIÈRE PROMENADE. 

la nuit; la ressemblance de ses manières, en domes- 
ticité , avec le chien qu’il aborde amicalement , et à 
l’imitation duquel il se couche en rond. Ils ajoutaient : 
que la domesticité du chien, dont la date remonte 
aux premiers développcmens de la société, semblait 
autoriser à croire que cet utile compagnon de 1 homme 
provenait d’une race vivant sauvage dans les lieux où 
fut le berceau de l’humanité; or, ces contrées n of- 
frent depuis les temps historiques que trois espèces 
d'animaux sauvages, pouvant avoir quelque ressem- 
blance avec le chien. Ces animaux sont l’hyène, le. 
loup et le renard. La première diifère assez pour 
être rangée dans un genre à part. Le renard et le loup, 
quoique plus rapprochés, présentent des caractères 
anatomiques qui les éloignent sensiblement de notre 
chien domestique. 

Les chacals vivent en troupes nombreuses as- 
sociées pour la chasse, l’attaque ou la défense. Ils 
déterrent les cadavres , et cherchent leur nourriture 
pendant la nuit. On les trouve depuis les Indes et les 
environs de la mer Caspienne jusqu’en Guinée. 


2 e LOGE. 

Cette loge renferme une hyène rayée 
femelle donnée par M. Laurencin , et ori- 
ginaire du Sénégal. 

Cette espèce, la seule connue des anciens, fut 
amenée pour la première fois à Rome sons l’empire 
de Gordien. Sa robe est grise, rayée irrégulièrement 


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MÉNAGERIE. 7 

en travers de brun et de noirâtre. Elle habite depuis 
les Indes jusqu’en Abyssinie et au Sénégal. Elle a, 
ainsi que les suivantes, une allure bizarre, provenant 
de l’habitude de tenir le train de derrière plus bas 
que celui de devant. Elle va la nuit déterrer les ca- 
davres dans les cimetières pour s’en nourrir, et» les 
dévore avec une effrayante gloutonnerie. Il est rare 
qu’elle s’attaque aux animaux vivans , surtout à 
l’homme. On a peut-être exagéré la difficulté d’ap- 
privoiser l’hyène rayée. L’individu femelle du Mu-, 
séum est fort douce avec les personnes qu’elle con- 
naît ; pendant la traversée qui l’amena en France , 
elle était libre sur le navire , et , quatre mois après 
son entrée à la ménagerie, elle reconnut son maître 
qui s’était absenté, et lui témoigna dans sa loge, où 
il s’était introduit, les plus vives et les plus joyeuses 
caresses. M. Frédéric Cuvier, dans son Histoire des 
mammifères y parle d’une hyène de la même espèce 
qui vécut à la ménagerie et qui était si bien appri- 
voisée, que son gardien la laissait libre dans sa cham- 
bre et lui nettoyait lui-même les dents lorsqu'elle 
avait dévoré quelque animal. Le même auteur rap- 
porte l’histoire d’un autre individu qui , pris au piège, 
en Barbarie, se coupa lui-même la jambe pour s’échap- 
per. Quand on la fait combattre avec des chiens, 
l’hyène commence par leur couper les pattes avec les 
dents pour les étrangler ensuite à son aise. Elle 
terrasse les plus vigoureux. Son cri ressemble aux 
sanglots d’une personne qui vomit. Elle répète ce 
cri toutes les fuis qu’on lui montre un morceau de 
viande. 


* 




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8 


PREMIÈRE PROMENADE. 


3 e LOGE. 

• 

Cette loge renferme une autre hyène 
rayée de la côte de Coromandel , donnée 
parM. Dussumier : elle est fort douce. 

4 e LOGE. 

La quatrième loge contient l 'hyène ta- 
chetée du Cap . 

Elle est grise ou roussâtre , avec des taches brunes. 
Cette espèce , qui habite la partie méridionale de 
l’Afrique , est moins féroce que la rayée. On prétend 
qu’il est des pays où on l’emploie à la chasse, et 
qu’elle ne le cède au chien ni pour l’intelligence, ni 
pour la fidélité. Une hyène de cette espèce, qui 
vécut à la ménagerie, s’étant échappée à son arrivée 
à Lorient, courut quelque temps dans les champs 
sans faire de mal à personne. 

5 e LOGE. 

Cette loge renferme un beau tigre femelle. 

Remarquez son riche pelage fauve , vif en dessus 
blanc en dessous , avec des bandes noires transver- 
sales. On a beaucoup exagéré l’instinct sanguinaire 
de cette espèce du genre chat. L’individu que nous 


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MENAGERIE. 


9 

décrivons aime beaucoup à être caressé , et présente 
son dos à la main comme le fait un chat domestique; 
de tous les alimens qu’on lui donne , il préfère le lait 
sucré , et connaît si bien le vase dans lequel on a 
coutume de lui en apporter, que la seule vue de ce 
vase le fait bondir de joie dans sa loge. G. Cuvier, dans 
ses Recherches sur les ossemens Jossiles y cite trois tigres 
aussi doux qu’aucune espèce puisse le devenir. Marc- 
Paul raconte que les empereurs tartares s’en servent 
à la chasse ; et l’histoire romaine rapporte que Hé- 
liogabale, dans une représentation du Triomphe de 
Bacchus , parut sur un char traîné par deux tigres. 
Dans l’état de liberté , le tigre habite le bord des 
fleuves, près desquels il se met en embuscade parmi 
les bambous, les taillis et les hautes herbes, et de là 
s’élance d’un seul bond sur sa proie, puis l’emporte 
en fuyant. Son agilité est telle, que, pressé par la 
faim, il lui est quelquefois arrivé d’enlever un cava- 
lier de dessus son cheval au milieu d’un bataillon , 
et d’entraîner sa victime dans les bois sans pouvoir 
être atteint. L’infortuné Jacquemont raconte, que 
souvent disparaissent ainsi les courriers qui voyagent 
dans l’Inde , patrie presque exclusive de cet animal. 

6 e ET 7 e 10GES. 

Elles renferment des lionnes . 

« L’homme, dit Lacépède, fait plus encore qu’é- 
« carter le lion ou lui donner une mort assurée ; il 
« l’a dompté par la constance , l’a soumis par les 
« soins, l’a réduit par les bienfaits , et, lui inspirant 


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IO 


PREMIÈRE PROMENADE. 


« un attachement aussi vif que durable, a changé un 
«animal si terrible en un ami généreux, en hôte 
« volontaire, en habitant libre de sa demeure. On a 
« vu il n’y a pas long temps, à Constantinople, un 
>« des ministres de l’empereur des Turcs, avoir souvent 
« auprès de lui, un hou qui jouissait dans son palais 
« d’autant de liberté que l’animal domestique le plus 
« pacifique et le plus fidèle, et ce n’est pas seulement 
« à l’homme que le lion, plus aimaut qu’on ne l'a 
« cru , s’attache avec force et avec constance. Nous 
« avons été témoins de 1 amitié touchante qui a lié 
« pendant long-temps un jeune chien et le lion de la 
« ménagerie du Muséum, à l’histoire duquel le ci- 
« toyen Toscan a su donner un grand intérêt. La 
« ionne peut éprouver une alfection aussi profonde. 
« Dans le moment où nous écrivons (4 vendémiaire 
« an x), une des lionnes de la ménagerie, nen-seu- 
« lement souffre sans peine un jeune chien dans sa 
«loge, mais elle paraît l’aimer beaucoup. Elle se 
« plaît à ses jeux, elle s’amuse de ses caprices, et, 
« sensible à ses caresses , attentive à scs besoins , sa» 
« tisfaite quand elle le voit auprès d’elle, triste lors- 
« qu’on le lui ôte pendant quelques rnomens; c’est 
« bien plus au sentiment mutuel que ces deux pri- 
« sonniers se spnt inspiré , qu’à sa douceur particu- 
« lière, qu’elle doit la tranquillité avec laquelle elle 
« supporte la perte de son indépendance. » Le même 
auteur rapporte qu’eu l’an ix, la lionne dn Muséum 
étant près de mettre bas, le gardien Félix Cassai était 
si sûr de l'attachement du lion et de la lionne, qu’il 
entrait dans leur loge pour donner ses soins à celte 
dernière. 


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MÉNAGERIE. 


If 

-4 VI * ' t . X 

9 e ET 10 e LOGES. 

Les neuvième et dixième loges renfer- 
ment des panthères. Dans la première est 
un jeune individu venant de Barbarie et 
donné par M. Sellier; dans la seconde, un 
autre individu donné au roi par l’empe- 
reur de Maroc. 

Cette espece du genre chat , est plus petite que les 
lions, les tigres et les jaguars. Elle est aussi plus 
commune, et particulière à l’ancien continent seule- 
ment. On la rencoutre dans toute l’Afrique, les par- 
ties chaudes de l’Asie et l’Archipel Indien. Elle est 
remarquable par son beau pelage fauve eu dessus , 
blanc eu dessous, et orné sur chaque flanc de six ou 
sept rangées de taches noires en forme de roses, 
c’cst-à-dire composées de l’assemblage de cinq à six 
petites taches simples. La panthère attaque les petits 
mammifères, et grimpe avec beaucoup de légèreté 
sur les arbres pour y poursuivre sa proie, ou pour 
échapper au danger. Elle était autrefois répandue 
dans FAsie-Mineure , comme on en a la preuve dans 
la demande faite par Cœlius à Cicéron, proconsul de 
Cilieie, de lui envoyer un troupeau de ces animaux 
pour ses jeux. D’après Xénophon, il y en aurait eu 
aussi en Europe du temps d’Aristote. 

11 e LOGE. 

La onzième loge renferme deux jeunes 


12 PREMIÈRE PROMENADE. 

lions, mâle et femelle, qui, malgré lëur âge 
peu avancé, sont très féroces. 

i 

, 12 e ET i3 e LOGES. 

Les douzième et treizième loges renfer- 
ment un jaguar mâle et un jaguar femelle 
du Brésil. 

Cette espèce nocturne du genre chat , et propre à 
l’Amérique, égale presque pour la taille le tigre 
de l’Orient, et n’est pas moins dange’féuse; sa robe 
est semée de taches ocellées , au nombre de quatre 
ou cinq par lignes transversales sur chaque flanc. 
Quelquefois ce sont de simples roses; elles n’ont ja- 
mais une régularité parfaite , et la largeur et la teinte 
de leur noir, varient comme le fond , ainsi que pour 
l’éclat de la couleur fauve. Elles sont constamment 
pleines sur la tête, les jambes, les cuisses et le dos. 
Le dessous du corps est d’un beau blanc, semé de 
grandes taches noires irrégulières. Confiné au midi 
du tropique du cancer, le jaguar habite, comme le 
tigre, les bords des fleuves ombragés de vastes forêts, 
nage fort bien , et peut, suivant Âzzara, traverser 
une rivière en emportant un cheval. Il pêche au 
clair de la lune, dans les anses peu profondes, et 
jette le poisson dehors d’un coup de patte. La nuit, 
temps où il chasse, il n’attaque qu’en embuscade, 
ou par une approche faite a l'improviste. Il s’élance 
sur sa proie, qu’il fait même d’un bœuf; lui pose 
une patte sur la tète, de l’autre lui relève le men— 


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MÉNAGERIE. • 


i3 

Ion , et lui brise la nuque en un moment. Il monte 
très bien aux arbres , où il saisit souvent les singes. 
Il n’attaque l’homme que pour se défendre, à moins 
qu’il ne soit très affamé. Ils étaient autrefois si nom- 
breux au Paraguay qu’on en tuait jusqu’à 2000 par 
année. Chassé dans les forêts, il monte sur un 
arbre, où on lui jette le lacet, ou bien on le tue à 
coups de fusil. Quand on le surprend dans les taillis 
des rivages, il n’en sort pas «t s’y tapit; des chas- 
seurs, une peau de mouton sur le bras gauche, et 
une lance de cinq pieds à la main , vont l’y attaquer, 
le chasseur le frappe au moment où , pour s’élancer, 
l’animal se dresse sur ses pieds de derrière. Le jaguar 
ne fuit pas quand ou le couche en joue, il s’élance 
brusquement ; aussi faut-il le tuer dès qu’on l’aperçoit, 
car son premier mouvement est prompt et sûr. IL 
serait dangereux de s’approcher de ceux que possède 
le Muséum, car ils ont conservé une partie de leur 
férocité naturelle. 


l5 e LOGE. 

V 

• 

La lionne que Ton voit ici a été donnée 
par M. Dussumier, et vient de la pres- 
qu’île de l’Inde. Elle appartient à l’espèce à 
crinière crépue, que les anciens ont si sou- 
vent figurée sur leurs monumens , et qui 
était connue d’Aristote , qui rapporte que 
ceux-ci étaient plus timides que ceux à 
crinière flottante. Cette espèce , qu’un 

2 


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l 4 PREMIÈRE PROMENADE. 

grand nombre de naturalistes avaient re- 
gardée comme éteinte, existe donc encore. 

l8 c LOGE. 

La dix -huitième loge renferme un ours 
aux grandes lèvres et sa femelle, donnés par 
M. Dussumier. * 

Cet ours est nommé ours jonglait r par M. Fré- 
déric Cuvier, à cause de l'habitude qu’ont les jon- 
gleurs de l'Inde de le conduire et de le dresser à dif- 
iérens exercices pour amuser le public. Il a le car- 
tilage du nez dilaté, le bout de la lèvre inférieure 
allongé, et l’un et l’autre mobiles, et prend avec l’âge 
des poils très touffus autour de la tète. Il est noir et 
a le bout des pieds et le museau fauves ou blanchâtres. 
Le dessous de son cou présente un collier ou une 
tache en forme d’Y. Cette espèce vit au F.engale , par- 
ticulièrement dans les montagnes du Silhel, aux en- 
virons des lieux habités , où elle passe pour être 
exclusivement frugivore. Elle s’apprivoise très facile- 
ment , et montre assez d’intelligence. La facilité avec 
laquelle ses deuts incisives tombent, l’a fait prendre 
en 1790 pour un énorme édenté du genre bradype, 
et décrire sous le nom de bradyous ursinus. Cette 
singulière méprise ne fut relevée qu’en 1817. 

19 e LOGE. 

La dix-neuvième loge renferme un ours 


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MÉNAGERIE. l5 

noir de V Amérique septentrionale et sa fe- 
melle. 

Cette Æspèce se distingue de l’ouïs brun par de 
plus grandes oreilles, par un front moins bombé au- 
dessus du nez , et presque en ligne droite , et par un 
museau plutôt convexe que concave. Tout ce museau 
est garni d’un poil roux et ras. Au-dessus de chaque 
œil , est une tache fauve. Le reste du pelage est lui- 
sant et sa couleur est brun-noirâtre uniforme.. Sa 
nourriture principale consiste dans toutes sortes de 
fruits sauvages ; il dévaste souvent les cannes à sucre 
et les champs de maïs. Il écrase et arrache dix fois 
plus qu’il ne mange. Il aime beaucoup aussi les 
pommes de terre, qu’il déterre avec adresse au moyen 
de ses griffes, et il en a retourné uu champ plus tôt 
que n’aurait pu le faire un sanglier d’Europe. Il n’est 
pas moins adroit à prendre du poisson ; et au prin- 
temps, lorsque les harengs remontent dans les criques 
et les ruisseaux de la côte, il descend beaucoup 
d’ours qui en dévorent une quantité énorme. Les 
ours suivent toujours les mômes sentiers pour se 
rendre aux rivières , et ils les fraient tellement qu’on 
serait tenté d’y voir les traces d’une grande multitude 
d’hommes. La voix de fours noir d’Amérique est 
assez différente de celle de l’ours brun; elle ressemble 
à des pleurs on à des hurlemens aigus. Celte espèce 
établit sa retraite hibernale dans des troncs d’arbres 
creux, où ils sc laissent tuer sans presque se dé- 
fendre. 


t 


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l6 PREMIÈRE PROMENADE. 

20 e LOGE. 

Cette loge renferme un ours noir de 
Russie. 

Cette espèce ou variété a le front bombé , le pe- 
lage laineux et noirâtre. 

pAYILLON TRÈS DU QUAI SAINT-EERNARD. 

* I 

On y voit : i° un coati brun de l’Amé- 
rique méridionale. 

On doit remarquer son nez, qui dépasse de plus 
d’un pouce la mâchoire supérieure , et lui forme une 
espèce de bouton qu’il emploie pour fouir; il monte 
assez bien aux arbres, malgré les demi-palmures de 
ses doigts, et en descend à l’inverse des autres ani- 
maux, la tête la première. Il enfile ses alimens avec 
ses ongles , pour les porter à la bouche. Dans la co- 
lère, il fait entendre un aboiement très aigu; dans 
le contentement , il pousse un sifflement doux. 

2 ° Un renard de V Amérique du Sud donné 
par M. Douville. 

3° Trois renards blancs d'Islande , pro- 
venant de l’expédition de la Recherche , par 
MM. Gaimard et Robert. 

Ces individus ont le poil très fourni et allongé. 


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MÉNAGERIE. 


r 7 

Ils deviennent pendant l’hiver d’un blanc de neige 
pur, à l'exception d’un seul qui conserve sa teinte 
grisâtre. 

4° Un agouti , mammifère rongeur, voisin 
du cochon d’Inde et du lièvre. 

Timide et défiant comme celui-ci , il se tient caché 
dans des trous, dont il ne sort qu’autaut que le be- 
soin de nourriture l’y contraint. Aussi agile que lui, 
lorsqu’il parcourt une plaine ou une montée légère, 
il est obligé également de ralentir sa course lorsqu’il 
descend une côte. Il est répandu dans les contrées 
méridionales de l’Amérique; sa chair, fort bonne à 
manger, lui attire une chasse active de la part des 
Indiens et des nègres. 

5° Un renard d’ Alger , qui n’a rien de 
bien remarquable, et est plus petit que le 
nôtre. 

6° Le renard bleu ou isatis. 

Indigène de tout le littoral de la mer Glaciale et 
des fleuves qui s’y jettent, partout où le pays est dé- 
boisé et découvert, et au nord du 69° de latitude , 
quoique dans ses émigrations on le voie souvent au 
sud de ce parallèle, jamais il ne s’y arrête et surtout 
n’y creuse de terrier. Il passe rarement plus d’une 
année dans la même contrée. Ses émigrations , né- 
cessitées par l’épuisement du gibier, se règlent en 
général sur celles des lemmings; elles ont générale- 

a. 


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PREMIÈRE PROMENADE. 


18 

ment lieu au solstice d’hiver. Ils sont de retour au 
bout de trois ou quatre ans ; cependant chaque con- 
trée n’en est jamais absolument déserte. 


DEUXIÈME PAVILLON , DU COTE DU JARDIN. 

'Ce pavillon renferme : i° un zibeth à 
queue prenante d’Egypte. 

Cet animal voit mal le jour et n’est actif que la 
nuit. Il se nourrit de substances animales et végétales. 
L’opinion ancienne qui avait indiqué le zibeth comme 
étant africain, était donc fondée; ce qui n’empêche 
pas qu’il 11e se rencontre également des animaux de 
ce genré dans l’archipel Indien. 

2° Le dasyure ours de la Nouvelle-Hol- 
lande , animal fort rare , qui n’avait jamais 
été apporté vivant au Muséum. 

Cette espèce, ainsi que le genre dasyure, de Geoffroy, 
appartient à l’ordre des marsupiaux. L’ensemble de 
l’organisation, et surtout le système dentaire, rap- 
pellent les genettes et les forsanes. Le genre de vie 
est celui des fouines et des renards. Ils se tiennent 
cachés pendant le jour, dans le creux des rochers, 
chassant la nuit les petits animaux et les insectes; 
comme le gibier est tort peu nombreux dans l’Aus- 
tralasie, leur unique patrie, ils doivent se rabattre 
sur les cadavres, principalement sur ceux que leur 
apporte la mer; ce que semblent indiquer les traces 


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MÉNAGERIE. 



de plusieurs espèces le long des côtes. Ils pénètrent 
aussi dans les maisons, où leur voracité est très 
incommode, ce qui leur fait livrer une guerre conti- 
nuelle , qui les rend tons les jours plus rares. 

3° Un paca du Brésil., 

Cef animal a beaucoup de ressemblance avec les v 
cobayes et les porcs-épics. Il est remarquable parla 
grande largeur de la lace et par les cavités creusées 
dans l’intérieur des joues, et dont on ignore l’usage. 

Il aime à fouiller la terre avec le museau, pour y 
chercher sa subsistance, et cette circonstance lui fait 
choisir pour habitation les lieux humides , tels que 
les bords des lacs et des rivières. Le jour, il demeure 
caché dans son terrier, et, de peur d’y être surpris, 
il a soin d’en couvrir l’entrée avec des feuilles et des 
branches qui le rendent presque invisible. Sa chair 
grasse en fait un excellent gibier. 

4° Le serval ou chat-tigre des fourreurs . 

Qui a le pelage fauve-clair, tiraut sur le gris- 
jaunâtre; le tour des lèvres, la gorge, le dessous du 
cou, le haut de Piniérieur des cuisses blanchâtres; 
des mouchetures noires sur le front et les joues; 
quatre raies de la même couleur le long du cou, 
et la queue annelée de noir. Ses peaux arrivent par 
centaines du cap de 'Bonue-Espcrance. Il se trouve 
aussi probablement dans toute l’Afrique. 

5° Le paradoxure. 

Qui ressemble beaucoup aux genettes, avec les- 
quelles on l’a long-temps confondu ; mais ses formes 


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• * 

20 PREMIÈRE PROMENADE. 

* 

sont plus trapues, ses doigts à demi palmés , sa marche 
presque plantigrade, et ce qui le distingue surtout, 
c’est la manière dont sa queue se tourne en spirale , 
quoiqu’elle ne soit pas prenante. La seule espèce bien 
connue est le pougouné ( marte des palmiers des Fran- 
çais de Pondichéry). . 

6° Une espèce de mangouste , nommée 
par les modernes mangouste d'Egypte ou 
rat de Pharaon , et chez les anciens ich- 
neumon. 

Cet animal, d’un caractère fort doux, est d’une 
timidité extrême, il se glisse toujours à l’abri de 
quelque sillon. Il flaire continuellement, remuant 
sans cesse ses naseaux , avec un petit bruit qui imite 
le souffle d’un animal haletant après une longue 
course. Il se nourrit de rats , de reptiles , d’oiseaux 
et d’œufs, surtout d’œufs de crocodile. Il rend ainsi 
des services réels à l’Égypte, qui anciennement lui 
accordait une espèce de culte. Il est presque inutile 
de relever la fausseté de l’ancienne opinion , qui 
voulait que l’ichneumon s’introduisit dans la gueule 
béante du crocodile endormi et lui dévorât les en- 
trailles. On doit remarquer la finesse et l’allonge- 
ment du corps de cet animal, et la touffe de poils 
noirs qui termine sa queue, en formant un éventail. 
L’ouverture de la pupille (vulgairement prunelle de 
l’œil), au lieu de se présenter comme dans le chat 
ordinaire, sous forme d’une feute verticale, offre 
une disposition trausverse et horizontale ; l’individu 
que l’on voit ici est depuis plus de dix ans à la mé- 
nagerie. Son caractère est fort doux. 


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MÉNAGERIE. 


21 


Derrière les loges, on voit quelques ca- 
banes en bois, demeures d’un cfiien des 
Esquimaux , d’un chien-loup , d’une louve 
et de deux métis provenant du croisement 
.de l’espèce loup avec l’espèce chien . 

Le chien des Esquimaux est marqué de grandes 
taches blanches et noires; son poil, fort long, est 
serré et chaud. Tout le monde a entendu parler des 
services qu’il rend aux peuples du nord de l’Amé- 
rique-Septeutrionale , chez lesquels il remplit le 
même usage que le renne chez les Lapons. 

Le chien-loup, de même taille que le chien de 
berger, a la tête, les oreilles, les pieds , dégarnis de 
poils, les formes les plus ramassées, et la queue très 
relevée et touffue. Il est d’un caractère sauvage , ne 
s’attache que faiblement à son maître , mais peut être 
employé comme chien de garde. 

» 

La louve que l’on voit ici en a remplacé 
une fort douce. Atj moindre mot prononcé 
avec douceur, au moindre attouchement 
affectueux , elle se pressait sur vous , se re- 
tournait de toutes les manières, comme 
pour vous toucher encore mieux. Son émo- 
tion était telle , que son urine s’échappait 
en abondance. Ce n'était pas seulement son 
maître qui lui faisait éprouver une si vive 
joie, elle recevait de même les caresses de ' * 


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PREMIÈRE PROMENADE. 


22 

toutes les personnes qui la visitaient. Celle- 
ci témoigne aussi du contentement quand 
on l’approche, mais elle finit par mordre. 

Le lou/j est un des animaux féroces chez lequel 
rattachement peut être porté au plus haut degré, et 
qui nous donne le plus singulier exemple du déve- 
loppement que peut atteindre le besoin des caresses , 
besoin si extraordinaire, qu’on le voit chez cet ani- 
mal l’emporter sur celui de la faim. M. Frédéric 
Cuvier rapporte, dans son Histoire des rnammiferes , 
le fait suivant : « Cet individu, doué sans doute 
d’un heureux naturel , et élevé comme un jeune 
chien, devint familier avec toutes les personnes qu’il 
voyait habituellement. Il stmait en tous lieux son 
maître, dont l’absence le faisait toujours beaucoup 
souffrir,. obéissait à sa voix, montrait la soumission 
la plus entière, et , sous ce rapport , ne différait pres- 
que en rien du chien domestique le plus privé. Ce- 
pendant son maître étant obligé de s’absenter, en lit 
présent au Muséum. Là , enfermé dans une loge, cet 
animal fut plusieurs senlaines sans montrer aucune 
gaîté , mangeant à peine; laissa santé se rétablit. 
Il s’attacha à scs gardiens, et paraissait avoir oublié 
toutes ses affections passées, lorsque après dix-liuit 
mois , son maître revint ; au premier mot que celui- 
ci prononça, le loup qui ne l’apercevait pas dans la 
foule, le reconnut, et il témoigna sa joie par ses 
momemens et ses cris. Mis en liberté, il couvrit 
aussitôt de ses caresses son ancien ami, comme au- 
rait fait le chien le plus attaché après une séparation 
de quelques jours Malheureusement il fallut encore 
se quitter, et celte séparation fut encore la source 


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MÉNAGERIE. 


23 


d’une profonde tristesse; mais le temps amena le 
terme de ce nouveau chagrin. Trois ans s’écoulèrent, 
et notre loup vivait très heureux avec un chien 
qu'on lui avait donné pour compagnon de jeux. Après 
cet espace de temps, qui aurait suffi pour cpie le 
chien de la race la plus fidèle oubliât son maître, 
celui du loup revint. C’était le soir, tout était fermé; 
les yeux de l’animal ne pouvaient le servir; mais la 
voix de ce maître chéri ne s’était pas effacée de sa 
mémoire. Dès qu’il l’entend, il le reconnaît, lui ré- 
pond par ses cris, qui annoncent des désirs impa- 
tiens , et aussitôt que l’obstacle qui les sépare est 
levé, les cris redoublent, l’animal se précipite, pose 
les deux pieds de devant sur les épaules de celui qu’il 
aime si vivement, lui passe sa langue sur toutes les 
parties du visage , et menace de ses dents ses propres 
gardiens qui n’osent s’approcher, et auxquels un 
moment auparavant il donnait des marques d’affec- 
tion. Une telle jouissance n’ayant pas eu le temps 1 
de s’épuiser, devait amener une peine cruelle. Il fut 
nécessaire de se séparer encore ; aussi , après cet 
instant pénible, le loup triste, immobile, refusa 
toute nourriture et maigrit. Ses poils se hérissèrent 
comme ceux de tous les animaux malades. Au bout de 
huit jours il était méconnaissable, et nous eûmes long- 
temps la crainte de le perdre. Sa santé s’est heureu- 
sement rétablie; il a repris-son embonpoint et son 
brillant pelage. Ses gardiens peuvent de nouveau l’ap- 
procher, mais il ne souffre les caresses d’aucuiie autre 
personne. » 

Le loup sauvage ne rappelle presque aucun des 
traits que nous venons de tracer. Entouré d’ennemis, 
vivant toujours dans la crainte et la défiance, il est 


24 PREMIÈRE PROMENADE. 

triste et grossier. C’est au crépuscule du matin et du 
soir, pendant la nuit en été, ou pendant les jours 
sombres en hiver, qu’il se met en quête pour cher- 
cher sa nourriture, rarement abondante dans les pays 
de grandes cultures, où elle ne consiste guère que 
dans les restes d’animaux domestiques morts et jetés 
à la voirie. Souvent même, dans les pays dégarnis de 
bois, il est condamné à se sustenter de grenouilles, 
de mulots et d’autres animaux semblables. Dans les 
pays de grandes forêts plus riches eu gibier et moins 
. peuplés, il est plus hardi, plus fort, et ses formes 
sont plus élancées. Durant Fhivér, il se retire au 
fond des hautes futaies, dans le voisinage des lieux 
i habités. Mais pendant l’été il se tient au milieu des 
champs , caché dans les blés. La gestation dure 
soixante et quelques jours pendant lesquels la mère 
prépare le nid de ses petits dans le lieu qui lui paraît 
le plus propre à les cacher et à les nourrir, et elle le 
garnit de- mousses et de ses poils qu’elle s’arrache 
aisément, la mue d’été commençant à cette époque. 
Elle met au monde de six à neuf petits; jamais moins- 
de trois. Ils naissent les yeux fermés: pendant les 
premiers jours elle ne les quitte pas, et le mâle lui 
apporte à manger. Elle allaite deux mois; mais, dès 
la cinquième ou sixième semaine, elle leur dégorge 
de la viande à demi digérée, et bientôt leur apprend à 
tuer de petits animaux qu’elle leur apporte. Jamais ces 
petits ne restent seuls; le père et la mère se relèvent" 
auprès d’eux. Au bout de deux mois elle les promène, 
et bientôt Jeur apprend à chasser. En novembre ou 
décembre, les jeunes commencent à vaguer seuls ; 
mais pendant cinq ou six mois ils continuent de se 
réunir en famille. 


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MÉNAGERIE. 


ü5 


Les parcs situés devant les loges des ani- 
maux féroces sont occupés : l’un , le plus 
petit , par des moutons d’ Astracan y l’autre, 

plus grand , par des daims variété blanche» 

« 

Ce qui fait le mérite des moutons d’Aslracan, est 
l’heureux mélange des poils noirs et des poils blancs , 
qui constitue la toison de la plupart des agneaux de 
celte variété au moment de leur naissance , et qui 
produit cette teinte d’un gris si doux, propre à la 
fourrure connue dans le commerce sous le num d’«$- 
tracan . 

Les daims forment une espèce du genre cerf, re- 
connaissable à sa taille plus petite que celle du cerf 
ordinaire , à sa queue plus longue que celle de ce 
dernier animal , et noire en dessous , blanche en 
dessus; enfin au bois du mâle, arrondi à sa base, 
avec un andouiller pointu qui se dirige en avant,. • 
et plat dans toute sa partie supérieure. Cet animal, 
originaire de la Barbarie, est maintenant répandu 
dans tous les pays de l’Europe. 

Après avoir jeté un coup -d’œil sur ces 
deux parcs , on se dirigera vers la grande 
rotonde , en suivant une allée ouverte à la 
gauche des loges des animaux féroces. A 
droite on voit un parc renfermant des mou- 
tons d'Islande. 

.Plus loin, toujours du meme côté, sont 

3 


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26 PREMIÈRE PROMENADE. 

la nouvelle singerie, et un parc renfermant 
des cerfs de la Caroline, (i) 

Cette espèce est moindre que la nôtre , plus svelte, 
à museau plus pointu, d’un fauve-clair en été, d’un 
gris roussâtre en hiver, avec le dessous du ventre 
et de la queue blanc en toute saison. Le tiers infé- 
rieur de la queue est noir avec le bout blanc. Le bois 
du mâle, plus court qu’à l’espèce de l’Europe, rond , 
lisse et blanchâtre, s’écarte en dehors pour revenir 
en arc de cercle en dedans et en avant, et porte ses 
ondouillers à sa face postérieure, excepté celui de la 
hase. Cette espèce, qui est nommée daim par les 
Anglo-Américains , remonte ti'ès haut vers le nord, 
et, à l’époque des grands froids, abandonne les ré- 
gions polaires pain’ redescendre vers le midi. 

Deux mâles ont été coupés, et conser- 
vent leur bois pendant toute l’année. ' 

A l’extrémité de cette allée, le lecteur 
trouvera la grande rotonde; avant d'y ar- 
river, il examinera à sa gauche, dans un 
grand parc à-peu-près triangulaire , d’a- 
bord un dromadaire , puis un cerf cochon. 


(i) Derrière le bâtiment de la nouvelle singerie , on 
formera un parc qui, ainsi que celui qui est projeté 
derrière les loges des animaux féroces , aboutira à un 
rond-point. Du côté de la rue de Seine et du quai 
aboutissant au même rond-point, seront aussi deux 
parcs plus petits que les précédens. ' » 


MENAGERIE. 


27 

Les dromadaires ont depuis cinq , jusqu’à sept 
pieds de hauteur au garot. Leur bosse est placée 
sur le milieu du dos, arrondie et jamais tombante. 
Leur museau est moins renfle que celui des cha- 
meaux à deux bosses. Le poil , doux et laineux, est 
fort inégal et plus long qu’ailleurs, sur la nuque, 
sous la gorge et sur la bosse. Leur couleur varie du 
blanc-sale au noir foncé. Il y a, comme dans le cha- 
meau ordinaire, des callosités dénuées de poils au 
coude et au genou des jambes de devant , à la ro- 
tule et au jarret de celles de derrière, et une beau- 
coup plus grande sur la poitrine. Les grands dro- 
madaires portent depuis sept cents, jusqu’à mille et 
douze cents livres pesant, et font, ainsi chargés, dix 
lieues par jour; mais le dromadaire de course, qui 
n’est pas chargé, en fait jusqu’à trente, pourvu que 
ce soit en plaine et dans un terrain sec. L’une et l’au- 
tre variétés marchent aussi pendant huit ou dix jours, 
ne mangeant que des herbes sèches et épineuses qui 
croissent dans le désert. Lorsque la route dure plus 
long-temps , et qu’on veut le conserver en bon état, 
on ajoute à ces herbes des fèves, de l’orge ou des 
dattes en petite quantité; ou enfin quelques onces 
d’une pâte faite avec de la fleur de farine. Si l’on se 
dispense de ce soin , le dromadaire ne laisse pas 
d’aller encore, mais il maigrit et sa bosse diminue 
au point de disparaître presque entièrement. Il peut 
se passer de boire pendant sept ou huit jours. Selon 
tous les voyageurs, après une si longue abstinence, 
il sent l’eau de fort loiu , et s’il s’en rencontre à sa 
portée, il y court rapidement, bien avant qu’il puisse 
la voir. On maintient cette habitude même pendant 
le repos t en ne lui donnant à boire qu’à des époques 


28 


PREMIÈRE PROMENADE. 


éloignées. On leur apprend dès la jeunesse à s’age- 
nouiller pour se laisser charger. Ils ne se relèvent 
point quand ils sentent que le fardeau est trop lourd. 
Il y en a qui se chargent seuls, en passant la tête 
sous l’espèce de bât auquel les ballots sont attachés. 
Ils aiment la musique, et c’est en chantant qu’on 
leur fait faire plus de chemin quand on est pressé. 
Le dromadaire est originaire de l’Arabie, et c’est 
de là qu’il s’est répandu dans le nord de l’Afrique. 
Il y a environ deux siècles que le chameau arabe fut 
introduit en Italie, à Pisç. Il s’y est maintenu, bien 
qu’il ait éprouvé quelques modifications. Une anti- 
pathie très prononcée existe entre ces chameaux ita- 
liens et les chevaux. Dès qu’un cheval étranger se 
trouve en présence d’un chameau , il hérisse sa cri- 
nière, dresse les oreilles, tremble, bat la terre du 
pied et prend le mors-aux-dents. Il n’en est pas de 
même dans l’Orient, où ces deux animaux sont asso- 
ciés pour le service de l’homme. Celte bonne intel- 
ligence semble au reste le fruit de l’habitude. Car on 
se rappelle le passage d’Hérodote, dans lequel Cyrus 
mit en déroute la cavalerie de Crésus, en faisant pré- 
céder ses soldats des chameaux ordinairement chargés 
du bagage. 

Le cerf-cochon est de petite taille , et originaire 
du continent de l’Inde ; mais on ne le rencontre pas 
dans les îles. Il s’apprivoise si aisément, qu’il est 
presque devenu domestique au Bengale , où on l’en- 
graisse pour le manger comme l’axis. 

GRANDE ROTONDE. 

Ce bâtiment est au centre de la ména- 


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MÉNAGERIE. 


2 9 

gerie, il est composé de cinq grands pavil- 
lons et de quatre petits. Chacun d’eux a 
une porte donnant sur un parc. C’est dans 
ces parcs que l’on voit les animaux dont 
nous allons donner la description. Nous 
commençons par le parc qui est à droite de 
la porte d’entrée. On y voit un métis pro- 
venant du croisement de l’espèce âne avec 
l’espèce zèbre. 

Ensuite vient le parc de la girafe qui est 
abrité avec de la paille du côté du nord. 
Cet animal , présent du pacha d’Egypte , 
n’avait jamais été vu en France, et a excité 
il|y a une dizaine d’années l’attention pu- 
blique, non moins vivement que le jeune 
Orang le faisait l’an dernier. 

Originaires du centre de l’Afrique , les girafes sont 
douces et timides. Elles vont par troupes de cinq, 
six ou sept environ. Attaquées, elles préfèrent la 
fuite à la défense, mais si la fuite leur devient im- 
possible, ell#s se défendent en lançant à leur ennemi 
des ruades qui se succèdent en si grand nombre et avec 
une telle rapidité, qu’elles triomphent des efforts du 
lion lui-même. L’allure de cet animal est une sorte 
d’amble , qui consiste à avancer en même temps le 
pied de devant et celui de derrière d’un même côté 
du corps. Celte démarche n’a rien de gauche , et la 
vitesse de la course égaie et surpasse même celle d’un 

3 . 


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3o 


PREMIERE PROMENADE. 


cheval au galop. Sa nourriture consiste dans les feuil- 
les d’une sorte d’acacia. Elle broute aussi quelquefois 
l'herbe, mais assez rarement , parce que, dit Levail- 
lant, le pâturage manque dans la contrée qu’elle ha- 
bite; parce que, disent d’autres voyageurs, elle ne 
peut le faire que difficilement , en écartant les jambes. 
Les Hottentots lui donnent la chasse et la tirent avec 
des flèches empoisonnées. Ils emploient sou cuir à 
faire des vases pour conserver l’eau , mangent sa chair 
et la moelle de ses os. Elle était connue des anciens. 
Les Romains lui donnaient le nom de camelopardalis. 
C’est sous la dictature de César que cet auimal parut à 
Rome pour la première fois. 

Avec la girafe sont des zébus. 

On regarde ces animaux comme formant une sim- 
ple variété de l’espèce bœuf doqiestique. On les re- 
connaît à la bosse graisseuse qu’ils portent entre les 
deux épaules. Ils sont très répandus en Afrique 
sur la côte Orientale, à Madagascar et aux Indes. Le 
zébu lui-mème présente d’innombrables variations, 
quanta la grandeur , à la couleur, à l’existence on 
à la non-existence des cornes. A Surate , il y en a qui 
ont deux bosses : on les emploie dans Elude comme 
bêtes de trait et de somme. On les ferre, on les har- 
nache, et, au moyen d’une corde passée dans la cloi- 
son des narines, on les guide comme des chevaux. Ce 
sont aussi les zébus que les bramines honorent d’un 
culte presque divin. 

Une de ces vaches que l’on voit à la mé- 
nagerie, est originaire d’Afrique. Elle a été 


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MÉNAGERIE. 3l 

amenée avec la girafe et lui fournissait le 
lait dont elle avait besoin en voyage. 

7 

A côté de la girafe , est un éléphant je - 
melle d ’ Afrique qui fut amené fort jeune à 
la ménagerie. Son caractère est très doux, 
ce qui permet de lui faire parcourir tous 
les matins les allées de la ménagerie. La 
personne chargée de le soigner, monte sur 
une simple couverture ou sur un large siège 
en bois que l’on fixe autour du corps de l’a- 
nimal, avec de larges sangles. Sa docilité 
est telle, qu’il suffit de la parole pour le con- 
duire, et qu’il se couche pour que son gar- 
dien puisse descendre ou monter. Il est si 
peu craintif, qu’on le trouve couché pres- 
que chaque matin , et qu’il faut quelquefois 
le frapper pour le faire lever. 11 a plus de 
7 pieds et demi de hauteur. 

On le distingue de celui d’Asie qui est voisin , par 
son front bombé , ses oreilles énormes couvrant toute 
l’épaule , et par scs défenses qui , égales dans les deux 
sexes, sont beaucoup plus grandes que dans l’espèce 
d’Asie; de plus, il n’a que trois ongles au pied de derrière. 
Cet éléphant est aussi un présent du pacha d’Égypte. 

L 'éléphant à! Asie qui est placé auprès de 
celui que nous venons de décrire, a été 


3 a 


PREMIÈRE PROMENADE. 


amené très jeune à la ménagerie, et pour 
garantir ses pieds pendant le voyage , on 
lui fit des espèces de bottes. Il était alors 
fort doux, mais depuis il est devenu fort mé- 
chant, et il serait dangereux d’en approcher 
à toute personne autre que son gardien. 

On connaît, en effet, des exemples de 
personnes saisies par la trompe d’un de ces 
animaux, et étouffées presque subitement, 
tant la force de ce membre est considé- 
rable. Jamais, a quelque heure que l’on 
vienne, on ne le trouve couché. 11 a neuf 
pieds et demi de haut. 

Les caractères distinctifs de son espèce sont : un 
front concave ; des oreilles de médiocre grandeur ; 
des défenses moins longues que dans l’espèce pré- 
cédente , surtout dans les femelles. De plus , il existe 
quatre ongles au pied de derrière. On ne connaît 
bien les mœurs que de celte espèce. C’est à elle 
qu’on attribue cet instinct, dont on a fait tant de 
récits exagérés, et qu’on a transformé en véritable 
intelligence et en sentiment moral. Cette supériorité 
de l’éléphant est en partie fondée sur des avantages 
réels. La trompe est un instrument admirable, qui 
lui donne une adresse et une iiuesse de tact supérieur 
res à celles des singes. La disposition des muscles qui 
la meuvent est telle, qu’ils peuvent lui faire opérer 
toute sorte de mouvemens. Elle est si robuste, qu’elle 
peut arracher des arbres, ébranler des bâtimens , 
•étouffer aisément un homme. A ces qualités il faut 


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MÉNAGERIE. 


33 


joindre la finesse de son ouïe et de son odorat , la 
longueur de sa vie et l’accumulatiou d’expérience 
qui en résulte, enfin sa grandeur et sa force, qui le 
font respecter de ions les animaux : tout cela lui ga- 
rantit un repos et une aisance constante. Cependant 
son cerveau est petit en comparaison de la masse du 
corps et de l’ampleur du crâne, ce qui tient aux vas- 
tes cavités formées entre les deux parois des os fron- 
taux qui servent à augmenter l’amplitude des organes 
de l’olfaction. L’éicpliant, malgré sa grosseur, ne 
manque pas de légèreté dans les mouvemens; il a un 
trot assez prompt, et atteint aisément un homme à 
la course. Mais , comme il ne peut se tourner aisé- 
ment, on lui échappe en se portant de côté. Les chas- 
seurs parviennent aussi à le tuer en l’attaquant par- 
derrière et par les flancs. Il a peine à descendre les 
pentes rapides, et il est alors forcé de ployer ses 
pieds, pour ne pas être emporté par le poids de sa 
tête et de ses défenses. Les Romains ont eu des éîé — 
phans qui dansaient et qui avaient appris à marcher 
rapidement parmi des hommes sans en blesser aucun. 
Ils en ont eu même qui dansaient sur la corde, ce 
qui serait presque incroyable, si des auteurs dignes 
de foi ne s’accordaient à l’alfirmer. Le corps de cet 
animal étant plus léger que i’eau , il traverse aisément 
les rivières à la nage et. n’a pas besoin, comme le di- 
sent les anciens , de marcher sur le fond en élevant 
sa trompe vers la surface pour respirer.il préfère les 
lieux humides et couverts et les bords des fleuves à 
tout autre séjour. Il a un besoin continuel d’humidité 
pour ramollir sa peau dure, ridée etsujelie à se fen- 
dre et à s’excorier. Non-seulement il en prend sans 
cesse dans sa trompe, dont il asperge son dos; son 


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34 PREMIÈRE PROMENADE. 

plus grand plaisir est de s’y plonger, de s’y jouer de 
mille manières. Lorsqu’il en manque, il cherche à v 
suppléer en se rouvrant do poussière fraîche , de 
brins d'herbe et de paille. Sa nourriture ordinaire 
consiste eu herbe, enracines, en jeunes branches ; 
mais il aime par-dessus tout les fruits et les plantes 
sucrés, comme la canne à sucre et le maïs. L’instinct 
naturel des éléphans les porte à la société. lisse tien- 
nent eu grandes troupes dans l’intérieur des forêts, 
dont ils ne sortent que rarement et lorsqu’il s’agit de 
dévaster quelque champ voisin de leurs lisières. Ces 
troupes ou hardes comprennent depuis quarante jus- 
qu’à cent individus de tout âge et de tout sexe. Ils 
marchent sous la conduite d’une des plus grandes et 
des plus vieilles femelles et d’un des plus grands et 
plus vieux mâles. Lorsqu’ils sortent des bois, ou qu’ils 
remarquent quelque apparence de danger, ils obser- 
vent un ordre de marche déterminé. Les plus jeunes 
et les femelles sont placés au milieu. Les vieux mâles 
forment un cercle autour. Les petits viennent se met- 
tre sous la protection des femelles, qui les embrassent 
de leur trompe. On voit aussi quelques éléphans so- 
litaires, les Indiens les nomment grondahs : ce sont 
toujours des mâles chassés des hardes. Ils ont une sorte 
de fureur qui les pousse souvent à sortir de leurs bois 
pour attaquer l’homme, ravager les champs et tuer 
le bétail. Les fermiers sont obligés de faire la garde 
contre eux dans des guérites, qu’ils construisent ex- 
près en bambou, pour n’èlre pas eux-mêmes la proie 
des tigres. Lorsqu’ils aperçoivent un de ces éléphans, 
ils se donnent mutuellement l’alarme et le repoussent 
à force de cris et de coups d’armes à feu. 

Le temps de la gestation est probablement de dix 


K .'*-5 

% 

I 

i Digitizeciby.Ci 


MÉNAGERIE. 


35 


à vingt mois. Le petit a sa naissance à trois pieds de 
long. Il tète avec la bouche et non avec la trompe, 
comme on l’a cru long-temps. Le temps de la lacta- 
tion est de deux ans. Le jeune éléphant atteint près 
de quatre pieds la première année; il en a quatre et 
demi la seconde, et cinq la troisième. Il continue à 
croître, mais de quantité moins grande, chaque an- * 
née', jusqu’à vingt ou vingt-deux ans. Les éléphans 
actuels de l’Inde ont : les femelles desept à huit pieds ; 
les mâles de huit à dix. Mais on en trouve de décrits 
dans les anciennes relations qui avaient quatorze et 
seize pieds de hauteur. Le cabinet de Pétersbourg 
possède un squelette de quatorze pieds. L’individu 
dont il provient avait été donné à Pierre-le-Grand 
par un roi de Perse. Les plus grandes défenses que 
l’on ail vues au Bengale pesaient soixante-douze livres., 
lies éléphans blancs, si célèbres dans l’Inde, sont tels 
par maladie. Us sont vénérés par les habitans, qui 
croient que ces animaux sont animés par les âmes de 
leurs anciens rois. Une véritable cour composée d’un 
grand nombre de domestiques de toute espèce, de 
gardes et d’officiers, est attachée à leur service et sur- 
passe en éclat et en richesse celle de beaucoup de mo- 
narques humains. On prend les éléphans de deux ma- 
nières : en troupes et isolés. Une harde se prend en 
l’entourant d’un grand nombre d’hommes armés , pla- 
cés sur deux cercles, qui l’effraient par le bruit des 
tam-tams, des armes à fouet par l’éclat de la flamme. 
On les force à entrer dans une enceinie pratiquée à 
cet effet et fermée de larges fossés et de palissades 
composées d’arbres plantés profondément. L’entrée 
de cette enceinte est garnie de feuillage et ressemble 
autant qu’il est possible à un sentier ordinaire des- 


36 


PREMIÈRE PROMENADE. 


forêts. Cependant la conductrice de la liarde hésite 
long temps avant de s’y engager. Une fois qu’elle y 
entre, tous les autres éléphans la suivent sans diffi- 
culté. Alors la porte de l’enceinte se referme. On leur 
donne leur nourriture du haut d’un échafaud placé 
près de l’entrée d’un long couloir, dans lequel on les 
attire de cette manière un à un , et qui est assez étroit 
pour qu’ils ue puissent s’y tourner. Sitôt qu’un d’eux 
est entré dans ce couloir, on en ferme la porte, on 
l’arrête devant et derrière par des barres qu’on place 
en travers. On prend ses pieds dans des nœuds cou- 
lans. Un homme va par-derrière lui enlacer les jam- 
bes; d’autres hommes placés sur des échafauds lui 
prennent la tête et le corps dans de grosses cordes , 
et on donne à tenir ces cordes à des femelles appri- 
voisées, qui ne tardent pas à serendre maîtresses de 
l’éléphant captif et à dompter sa fureur. Ilne faut 
pas tant de préparatifs pour prendre les éléphans iso- 
lés. tJomrne ce sont toujours des mâles chassés de leurs 
hardes , on envoie immédiatement des femelles ap- 
privoiaées , dressées pour cet usage, et qui les entou- 
rent en ayant l’air de paître avec eux. Les hommes 
passent entre les jambes de ces femelles pour venir 
lier celles de l’éléphant sauvage, après quoi, ils l’at- 
tachent à un gros arbre. De quelque manière que les 
éléphans aient été pris, leur éducation est la même. 
On les livre chacun à un gardien assisté de valets, qui 
les habituent à l’esclavage par un mélange de caresses 
et de menaces; en les grattant avec de longs bambous ; 
en les aspergeant d’eau pour les rafraîchir, etc. ; en 
leur donnant ou refusant à propos la nourriture. 
Quelquefois aussi ils emploient les châtimens et les 
frappent avec des bâtons garnis d’une pointe de fer. 


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MENAGERIE. 


3 7 

Le maître s’en approche ainsi par degrés , jusqu’à ce 
qu’enfin l’éléphant lui permette de monter sur son 
cou, d’où il parvient bientôt à diriger tousses mou- 
vemens. Il faut environ six mois pour arriver à ce de- 
gré de docilité. 

La force de cet animal est prodigieuse. Il porte 
jusqu’à deux mille livres. Il fait par jour quinze ou 
vingt lieues, et, lorsqu’on le presse, il en fait plus 
de trente. Il consomme environ cent livres de foin 
par jour, et boit vingt à trente seaux d’eau; On n’a 
rien d’assuré sur l’âge auquel l’éléphant peut parve- 
nir ; mais on en a observé en domesticité qui vécurent 
jusqu’à cent vingt et cent trente ans; et, d’après la 
lenteurde son accroissement, il est croyable qu’il peut 
daqs l’étal sauvage atteindre jusqu’à deux cents ans. 

\ 

Dans le parc suivant, était un hison mâle, 
né d’individus envoyés à la ménagerie par 
M. Milbert en 1821 , et mort il y a quel- 
ques semaines ; sa taille, en naissant, était 
celle d’un veau du meme âge. A peine fut- 
il au jour , qu’il se leva sur ses jambes , et 
alla presque en courant sur tous les points 
de son écurie , sans se heurter , et en se con- 
duisant comme s’il eût connu les lieux par 
sa propre expérience. Tous ses sens parais- 
saient fort développés, et il était entière- 
ment revêtu de poils roux très brillans, 
excepté le long du dessous du cou , derrière 
la partie supérieure des jambes de devant, 

4 


38 PREMIERE PROMENADE. 

et au bout de la queue qui était garnie de 
poils noirs. Son pelage était épais et crépu, 
et l’on apercevait par une légère saillie dé- 
pourvue de poils, la place d’où sortiraient 
les cornes. Le père de celui que l’on voj r ait 
ici était tellement farouche, qu’on avait 
été obligé de lui passer un anneau de fer 
dans le nez pour l’amener en France. Celui 
que nous décrivons avait 8 ans et était fort 
doux. 

Cet animal , du genre bœuf, a la tête , le eou et les 
épaules couvertes d’une laine crépue qui devient fort 
longue en hiver. Il se plaît en grandes troupes dans 
les vastes savanes découvertes qui produisent une 
îîerbe longue et épaisse. Il paît le soir et le matin r 
se retire, pendant les grandes chaleurs, dans les 
lieux marécageux. Il est très agile ; quelque profonde 
que soit la neige, et malgré les sillons qu’y trace sa 
poitrine, il la franchit plus vite que le plus agile In* 
dien avec ses raquettes. Il habite depuis la Louisiane 
jusqu’au cercle polaire. Il est plus petit du côté de 
la baie d’Hudson que dans l’intérieur du continent. 
On le réduit à l’état domestique dans les fermes du 
Kentuckey et de l’Ohio. 

Cet individu déjà presque entièrement 
empaillé, sera, sous peu de temps, trans- 
porté dans le Cabinet d’histoire naturelle. 

Vient ensuite le parc d’une nouvelle es» 


l 


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MÉNAGERIE. 



pèce de cheval nommée hémionc de deux 
mots grecs qui signifient demi-âne. 


En effet, cette espèce tient lu milieu entre ces 
deux animaux. Ses oreilles sont plus grandes que 
dans le cheval, pointues et redressées avec grâce; 
une crinière brune et douce comme celle d'uu poulain 
est étendue de la nuque au garrot ; la queue nue 
comme à la vache est terminée par un flocon de crins 
noirs ; la couleur générale du pelage est isabelle. Sa 
taille est celle du mulet , mais les formes sont plus 
agréables et plus fines. Cette espèce, si rapide que 
les Mongols en ont fait le coursier du soleil, est au- 
jourd’hui cantonnée dans les grandes steppes de l’A- 
sie centrale, surtout dans le désert de Cobi. Elle ne 
pénètre ni dans les forêts, ni daus les montagnes, 
soit rocheuses , soit à cimes couronnées de neiges, et 
.fait jusqu’à soixante lieues sans boire. Ils vivent en 
troupes. 


La rotonde contient encore quatre dauws 
dont deux sont nés à la ménagerie. 

Cette espèce de cheval est originaire d’Afrique, 
d’une taille inférieure à celle de l’âne , mais d’une 
forme plus agréable. Le fond du pelage est isabelle , 
avec des raies noires alternativement plus larges et 
plus étroites sur la tête, le cou et le tronc. Celles de 
l’arrière se portent obliquement en avant. Ses jambes 
et sa queue sont blanches. 

Ces animaux sont placés pendant la jour' 
née dans les parcs situés vis-à-vis Feutrée 


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40 PREMIÈRE PROMENADE. 

de la rotonde. On devra aussi remarquer 
un pécari à collier. \ 

Cet animal ressemble beaucoup au sanglier et au 
cochon par la forme générale du corps et la nature 
du pelage. Son caractère principal est une cavité 
glanduleuse située sur le dos , où se sécrète une hu- 
meur odorante que le vulgaire prend souvent pour 
l’urine , ce qui lui fait appeler les pécaris des cochons 
qui urinent par le dos. L’odorat est comme dans les 
cochons , le plus actif de leurs sens. Dans la peur, ils 
poussent un cri fort aigu. Ils témoignent leur conten- 
tement par un grognement léger. Buffon, trompé par 
le mot monte que les Espagnols emploient pour dési- 
gner les forêts, leur a faussement indiqué pour pa- 
trie les montagnes. 

Une fois revenu à la porte d'entrée , on 
suivra l’allée qui s’ouvre presque en face , 
seulement un peu vers la droite , pour aller 
visiter la grande volière. Tout en se diri- 
geant vers cette partie du jardin , on re- 
marquera à droite un parc de forme ellip- 
tique , occupé par des cerfs et biches de la 
Louisiane, dont nous avons déjà parlé. 

A gauche , on voit le parc des dauws. Au 
bout de cette allée , qui se termine à l’ex- 
trémité du parc des cerfs et biches de la 
Louisiane, on aperçoit la volière du nord 
élevée sur les plans de Duflocq. 


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MÉNAGERIE. 4 1 

Nous allons maintenant, passer en revue 
les différentes cages , en commençant par 
celles situées à la gauche du lecteur. 

l re ET 2 e CAGES. 

On voit d’abord les buses qui ont l'intervalle en- 
re l’œil et le bec dépourvu déplumés , le bec courbé 
dès la base , et les pieds vigoureux. Elles habitent les 
pays de plaines, se tiennent sur les arbres élevés, 
dans les bois peu écartés des habitations , faisant sou- 
vent la chasse aux oiseaux domestiques et aux petits 
animaux de basse-cour. Elles signalent assez volon- 
tiers leur voisinage par un cri aigref peu prolongé et 
aigu. 


3 e CAGE. 

Des oiseaux renfermés dans celte cage, 
le blanc est un vautour de Malte ou percnop - 
tère d’Egypte ; l’autre est un aigle batteleur 
du Sénégal* 

Le perenoptèrs d’Égypte 'ainsi que les espèces du 
même genre, se distinguent des autres vautours par 
’ un bec grêle et le cou emplumé, une taille médiocre. 
De plus, ils vivent en grandes troupes dans le voisi- 
nage des lieux habités. Le perenoptère d’Egypte a ete 
ain^i nommé par les Grecs, à cause de la couleur noire 
de l’extrémité des ailes du mâle, thndis que tout Je 
reste de son plumage est blanc. (Le mot perenoptère 

4 - 


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42 


PREMIÈRE PROMENADE. 


vient de deux mots grecs , dont le premier signifie 
noir elle second aile. ) Il est de la grosseur d’un din- 
don de moyenne taille , et les Européens établis en 
Orient le connaissent sons le nom de poule de Pha- 
raon. Les anciens Égyptiens le respectaient à cause 
des services qu’il rend au pays eu dévorant les cha- 
rognes et les autres immondices qui, en se corrom- 
pant, rendraient l’air insalubre. De nos jours on ne 
lui fait aucun mal, et on le voit parcourir sans crainte 
les mes des villes les plus peuplées de l’Egypte. On 
assure même que quelquefois , des Musulmans dévots 
lèguent de quoi en entretenir un certain nombre. 

4 e CAGE. 

* 

Le milan fauve , avec les pennes des ailes noires , 
est répandu en Europe et en Asie. Ses grandes ailes 
et sa longue queue fourchue, le soutiennent plus long- 
temps et plus tranquillement que tout autre oiseau. 
Il semble nager, pour ainsi dire, dans l’atmosphère 
en décrivant des cercles spiralés. C’est le plus lâche 
de tous les rapaces. Il se laisse chasser même par le 
corbeau. Sa nourriture ordinaire cousiste en petits 
reptiles, en gros insectes, en mulots et en taupes. 
Lorsque la fauconnerie était en vogue , on se servait 
pour l’attirer, d’un grand-duc , auquel on attachait 
une queue de renard. Le milan voyant celui-ci voler 
à fleur de terre, s'en approchait pour l’examiner, et 
donnait ainsi au chasseur le temps de le tirer ou de 
lancer à sa poursuite quelque oiseau de proie. 

L’individu que l’on voit ici a été donné 
pair M. le docteur Chanlouveh 




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MÉNAGERIE. 


43 


5 e CAGE. 

Le grand-duc est un rapace nocturne, c’est-à-dire , 
•qu’il cherche sa nourriture pendant le crépuscule, à 
la fin et à la naissance du jour et pendant les nuits 
éclairées par la lune. Comme tous les oiseaux rapaces 
qui ont ce genre de vie , ses yeux sont énormes , ronds 
et entourés d’un cercle de fines plumes. Ce grand dé- 
veloppement de l’organe de la vision est destiné , à 
laisser arriver sur la rétine le plus de lumière qu’elle 
peut en recevoir daus les circonstances où la nature 
l'appelle à agir. La lumière du jour est trop vive pour 
un tel œil, et l’éblouit. Aussi tous ces oiseaux restent- 
ils alors cachés dans des trous de murailles ou d’ar- 
bres , d’où ils ne sortent que le soir. Le cou est à peine 
sensible, d’autant plus que le plumage finemeht du- 
veté le fait paraître plus gros. Le vol est silencieux 
et permet d’arriver jusque sur la proie. Celle du 
grand-duc consiste en taupes et en petits mammifères 
rongeurs. Mais on assure qu’il attaque même les jeu- 
nes chevreuils. Sa taille de deux pieds de long et ses 
belles et longues aigrettes le font distinguer des au- 
tres oiseaux de proie nocturnes. Comme les autres 
rapaces nocturnes , il avale non-seulement la chair , 
mais encore les plumes , la peau , les poils et les os , 
et rejette ces parties sous forme de pelottes, quand la 
digestion est achevée. 

Les aigles se distinguent de tous les autres oiseaux 
de proie par leur sourcil saillant , leur tête et leur 
cou emplumés, leur bec droit à la base, courbé seu- 
lement à l’extrémité , leurs serres vigoureuses , leur 
courage et leur vigueur extraordinaires et l’habitude 


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44 PREMIÈRE PROMENADE. 

de se nourrir de proie vivante. Sombres et farouches, 
ils vivent par paires au milieu des rochers, et ne 
souffrent le voisinage d’aucun autre oiseau de proie. 
Le nombre des œufs est de de u * ou trois par ponte, 
mais souvent un ou deux avortent ; la durée de l’in- 
cubation est de trente jours, et, lorsque les jeunes 
sont nés, leurs parens leur portent en abondance de 
la chair encore palpitante, ou même des animaux 
entiers. . - . 


6 e CAGE. 

* On trouve dans cette cage un aigle va- 
riable du Valparaiso. 

* ^ 7 e CAGE. 

Ici sont deux aigles à télé blanche , pro- 
, venant de l’expédition à la recherche de la 
Lilloise par MM. Gaimard et Robert. 

Cette espèce, dont le nom fait bien connaître le 
caractère distinctif , appartient à la division des aigles 
pécheurs. La partie inférieure de son tarse qui est nue 
lui permet de saisir, sans se mouiller les plumes, les 
poissons à la recherche desquels il est occupé une 
partie du jour et de la nuit. 

8 e CAGE. 

L 'aigle commun se distingue par un plumage d’urr 
brun obscur, qui devient de plus en plus noir avec 


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MÉNAGERIE. 


l’âge. Cet oiseau, dont la femelle atteint jusqu’à trois 
pieds et demi de longueur, et huit à neuf pieds d’en- 
vergure , abonde dans les grandes forêts des contrées 
montagneuses de l’Europe. Il se montre même assez 
fréquemment dans la forêt de Fontainebleau. Il se 
nourrit de gros oiseaux, de lièvres, d’agneaux et 
même de jeunes cerfs. Les habitans des campagnes 
assurent que lorsque la femelle et le mâle chassent 
ensemble, l’un d’eux bat les buissons, tandis que 
l’autre se tient sur quelque endroit élevé pour saisir 
le gibier au passage. 

L’individu que l’on voit ici est des mon- 
tagnes du Piémont. 

\ 4 

9 e CAGE. 

Le pygargue a la partie inférieure du tarse dé- 
pourvue de plumes , comme l’aigle à tête blanche. 
On le trouve dans tout le nord du globe, dont il ha- , 
bitel es forêts voisines des lacs ou de la mer. Il saisit 
les poissons en fondant dessus quand ils sont à fleur 
d’eau, ou même en plongeant. Il se nourrit aussi de 
jeunes phoques , de mammifères terrestres et de ca- 
davres. 

L’individu que l’on voit ici a été donné 
du Muséum par le prince de Joinville. 

i * 

10 e ET 41 e CAGES. 

Les gypaètes ou griffons ont les yeux à fleur de tête 
et les serres faibles, comme les vautours; mais la tête 


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46 PREMIÈRE PROMENADE. 

et le fou sont emplumés comme chez les aigles. On 
ne connaît bien qu’une seule espèce de cette division.; 
c’est le vautour des agneaux ou lœmmer geyer des 
Allemands, qui habite l’ancien continent et qui dé- 
passe par sa taille tous nos oiseaux de proie. Il est 
presque aussi grand que le condor. Son plumage est 
d’un brun fauve tirant sur le noir; ses narines sont 
couvertes en dessus de soies raides; il porte sous le 
bec un pinceau de longs poils pareils; ses tarses sont 
emplumés jusqu’aux doigts; ses ailes, comme dans 
les vautours, sont trop longues pour être reployées 
complètement dans le repos. Il attaque les animaux 
vivans et dédaigne ordinairement les cadavres. Les 
agneaux , les chèvres , les cliamois et les veaux de- 
viennent souvent sa proie , et , pour s’eu rendre maî- 
tre , le gypaète épie le moment où l’un de ces animaux 
se trouve sur les bords d’un rocher escarpé pour fon- 
dre dessus du haut des airs et l’en précipiter. Lors- 
que sa victime s’est brisée dans sa chute, il l’achève 
sur place et se repaît sans rien emporter dans ses ser- 
res qui ne sont pas propres à saisir. Il parait que c’est 
à tort qu’on lui attribue l'habitude d’enlever dans ses 
serres et de porter dans son nid des agneaux et d’au- 
tres animaux de graude taille. 

Des deux individus que possède le Mu- 
séum, celui de la cage n° 10 est jeune, et 
a été donné par M. Edwards : celui de la 
cage n° 1 1 est vieux, et depuis 25 ans à la 
ménagerie. C’est un présent de M. Jullien 
lieutenant de vaisseau. 

Les vautours se reconnaissent au premier coup* 


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MÉNAGERIE. 


47 

d'œil, par la nudité de leur petite tête, et en général 
de leur long cou, qui est presque toujours entouré 
à la base d’une espèce de collier formé de duvet ou 
de longues plumes. Leurs ailes sont si longues, qu’ils 
sont obligés en marchant, de les tenir à demi éten- 
dues. Leur vol est lent, mais ils s’élèvent à des hau- 
teurs prodigieuses, et c’est en tournoyant qu’ils mon- 
tent et qu’ils descendent dans l’air. Leurs serres sont 
proportionnellement faibles; leur bec est fort, et leur 
sert à dépecer sur place la proie souvent putréfiée sur 
laquelle ils s’abattent ordinairement en troupes, car 
leur odorat paraît être affecté à des distances fort 
considérables par les exhalaisons des cadavres. Ils 
mangent avec tant de gloutonnerie, qu’ils ne peu- 
vent s’envoler qu’avec la plus grande difficulté, et 
tombent dans une sorte de stupeur pendant laquelle 
il découle de leurs narines une humeur fétide. Leur 
jabot gonflé fait à la base du cou une espèce de grosse 
vessie charnue. Ils vivent ordinairement par troupes, 
et établissent leur aire sur les rochers battus par la 
mer ou par les eaux d’un torrent. Ils ne pondent en 
général que deux œufs. Lorsque les petits sont éclos, les 
parens les nourrissent en dégorgeant devant eux les 
charognes à demi digérées, qu’ils ont amassées dans 
leur jabot, et en les invitant par un cri parti- 
culier à s’en rassasier. Ces oiseaux se montrent dans 
toutes les contrées, mais principalement dans les ré- 
gions équatoriales et tempérées. 

12 e CAGE. 

"Le 'vautour fauve d’un gris brun tirant sur le 
fauve; le collier blanc , quelquefois mêlé de brun ; les 


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48 PREMIÈRE PROMENADE. 

grandes plumes des ailes et de la queue brunes et le 
ventre blanc, est l’espece la plus répandue. Elle se 
trouve sur les montagnes de tout l’ancien continent. 
Son corps dépasse en grosseur celui du cygne. 

Cet individu a été donné à la ménagerie 
par l’ambassadeur français à Constanti- 
nople. 

i3 e , i4% i5 e cages. ' 

Les cages suivantes renferment d’autres 
vautours de la même espèce, venant de pays 
différens. Celui de la treizième vient de 
Bone; celui de la quatorzième de l’Atlas j 
enfin celui de la quinzième des Pyrénées. 

16 e CAGE. 

On voit ici un vautour que l’on croit être 
une nouvelle espèce ; il a été rapporté par 
le Luxor , et donné par MM. Joannis et 
Jores, Heutenans de vaisseau. 

17 e CAGE. 

Cette cage renferme un vautour brun , 
très ancien à la ménagerie. 


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MÉNAGERIE. 
l8 e CAGE. 


49 


Cette cage renferme un condor , donné 
par M. Billard , capitaine de vaisseau. 

Cet oiseau, qui appartient à la tribu des vautours, 
a les parties supérieures de son corps d’un noir tiraut 
sur le grisâtre. La tête et le cou sont dépourvus de 
plumes. L’excroissance charnue que l’on remarque 
à la base du bec lui a fait donner, aiusi qu’à d’autres 
vautours qui possèdent aussi cette particularité, le 
nom de sarcoramphés , tiré de deux mots grecs qui 
veulent dire chair et bec. La femelle manque de 
cette excroissance de chair, et est tout entière d’un 
gris brun. Le collier du mâle est d’un blanc soyeux, 
sou aile offre une grande plaque de la même couleur. 
Dans les deux sexes, les pieds sont noirs, les doigts 
fort longs ainsi que les ongles qui sont peu crochus. 
Cette espèce qui, dans lesrécits merveilleux de certains 
voyageurs, a été confondue avec le prétendu rocli de 
Madagascar, dont il est tant parlé dans les Mille- el-une 
nuits , jouit parmi le vulgaire d’une effrayante réputa- 
tion de force et de grandeur. On a dit , en effet, qu’il 
enlevait les bœufs comme un aigle enlève une souris, 
qu’il fallait une hache pour couper ses œufs. En réa- 
lité le condor est l’un des plus grands oiseaux qui 
existent et celui dont le vol est le plus élevé. Les in- ' 
dividus mesurés par M. de Humboldt avaient jusqu’à 
3 pieds de longueur totale, et 8 à 9 pieds d’enver- 
gure. Il habile ordinairement les pics les plus élevés 
de la Cordillière des Andes, près de la limite des neiges 
perpétuelles, et ne descend guère dans la plaine que 
pour y chercher sa proie, il oe fait pas de nid, et 
dépose ses œufs sur la surface nue des rochers. 

5 


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50 PREMIÈRE PROJÏENADE. 

Au centre de la volière des oiseaux de 
proie existe un pavillon où sont des perro- 
quets ; il y a entre autres trois cacatoès dont 
le plumage est d’un beau blanc et la tète 
ornée d’une huppe de longues plumes que . 
l’animal relève à volonté. L’un de ces trois 
individus est au Muséum depuis la con- 
quête de la Hollande par les Français , lors- 
que le Cabinet d’histoire naturelle de ce 
pays fut transporté à Paris. 

De là on se dirigera vers le bâtiment pro- 
visoire, où sont placés les singes. Pour cela, 
on prendra l’allée qui s’ouvre à gauche delà 
grande volière. Après avoir passé devant 
quelques bâti mens à droite, on parviendra 
en face d’une porte rustique pratiquée dans 
une barrière élevée qui sépare le terrain de la 
ménagerie d’un chemin pavé qui mène aux 
ateliers du Muséum. La petite cour, située 
au-delà de cette rue , est l’emplacement 
d’où on peut voir les diverses espèces de 
singes que l’on nourrit à la ménagerie. 
Avant d’arriver à cette porte,' on jettera un 
coup -d’œil sur le parc situé à gauche etcom? 
muniquant, avec l’allée où on se trouver, 
par une porte grillée. Ce parc est une dé- 
pendance de lc^ faisanderie. Il est planté 


MENAGERIE. 


5 s 

d’arbrisseaux et destiné à la propagation 
des oiseaux rares ou sauvages. On remar- 
que entre autres , une variété de paons 
dont le plumage est tout entier d’une 
belle couleur blanche; de nombreuses pin- 
tades ordinaires , et de belles pintades blan- 
ches ; des variétés assez singulières du coq 
et de la poule domestiques. Au milieu est un 
bassin où l’on a vu successivement trois 
phoques vivans. Le dernier, fort doux, con- 
naissait bien son gardien auquel il donnait 
même des baisers. Av ec lui , nageait une tortue 
de mer nommée caret ou tuiUée , espèce qui 
fournit l’écaille employée dans les arts. Ar- 
rivé dans la cour des singes, on remarquera, 
au premier, un grand balcon grillé. C’est de 
ce balcon que le jeune orang-outan g donnait 
l’été dernier audience , de 1 1 heures à 4 
heures, au public parisien et aux étrangers. 
On trouvera son histoire à la description de 
la salie des singes , des galeries de zoologie 
où il va être placé. 

ANCIENNE SINGERIE. 

J rC CAGE. 

. M 

Le callilriche est une espèce de singes du genre 


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52 PREMIÈRE PROMENADE. 

guenon; son pelage est vert-jaunâtre en dessus el 
blanc-jaunâtre en dessous du corps. Les poils des sour- 
cils et des favoris sont d’un beau jaune. La face, les 
oreilles et les mains, sont tout-à fait noires. Adanson' 
les a vus dans les forêts du Sénégal vivre par troupes 
nombreuses. Ils sont tellement silencieux qu’ils ne 
crient même pas quand iis sont blessés. Ils n’entpas 
peur du feu, attaquent toujours les premiers, et ne 
fuyent qu’après avoir perdu beaucoup des leurs. 

2 e , 3 e ET 4 e CAGES. 

Les loges suivantes renferment 6 papions mâles ou 
femelles. Celte espèce connue sous le nom de papion 
ordinaire est d’un jaune tirant plus ou moins sur le 
brun. Les touffes des joues sont jaunes, le visage est 
noir. Originaire de Guinée, il jouit d’une réputation 
méritée de férocité et d’effrayante lubricité. 

5 e CAGE. . 

Après les papions sont deux individus, un mâle 
et une femelle, de l’espèce ouanderou t rangée parmi 
les macaques ; le pelage est généralement noir , avec 
la poitrine et l’abdomen blancs. Cuvier lui donnait 
le nom de macaque a crinière , parcè que sa, tête est 
entourée d une longue barbe blanchâtre et d’une cri- 
nière cendrée. On l’a aussi appelé singe à queue de 
lion , à cause de la mèche de longs poils qui forme 
une espèce de renflement à l’extrémité de la queue. 
Son visage et ses mains sont noires. Sa longueur est 
de dix-huit pouces, sans compter la queue qui en 
a dix. * 


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MENAGERIE. 


53 

Cette espèce habite les Indes-Orientales, 
et c’est de la côte de Malabar que les deux 
individus que l’on voit ici ont été rappor- 
tés par M. Dussumier. 

6 e CAGE. 


Vient ensuite un sajou mâle de Cayenne, 
donné par M. Zeni. 

Cet animal , comme les autres espèces du même 
genre particulier à l’Amérique, et fort répandu dans 
îa Guyane el le Brésil, a la queue entièrement velue 
quoique prenante. Facilement édûcable, plein d’a- 
dresse et d’intelligence, il vit en troupes dans l’état 
de nature, et se nourrit principalement de fruit; 
mais il mange aussi des insectes et des mollusques. 
Le ton plaintif de la voix des sajous leur a aussi fait 
donner le nom de singes pleureurs . 

7 e CAGE. 


On remarque après, un bonnet chinois mâle; cette 
espèce de macaques, originaire de l’Inde, se distingue 
par son pelage d’un fauve brillant en dessus, avec la 
queue brune, les favoris, le dessous du corps et le 
dedans des membres, blancs. Les mains, les pieds, 
les oreilles , sont noirs. 


L’individu que l’on voit ici vient du 
Bengale. 


5 . 


# 


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54 


PREMIERE PROMENADE. 


8 e CAGE. 

On voit ensuite deux magots mâles , dont 
l’un est originaire d’Afrique , et a été donné 
au Muséum par M. Roger. 

Celle espèce , qui forme à elle seule un petit 
genre , se distingue par la brièveté excessive de sa 
queue. Son pelage est généralement gris- noirâtre 
en dessus , blanchâtre en dessous. La face est couleur 
de chair livide. Le magot est le fameux pithèque des 
anciens, le singe dont Galien a donné l'anatomie. Il 
est aujourd’hui amené très fréquemment dans les di- 
verses contrées def Europe où les bateleurs le dressent 
à divers exercices. Ces animaux sont les seuls sin- 
ges naturalisés en Europe. Encore leur demeure est 
limitée aux parties les plus inaccessibles durocherde 
Gibraltar. Us s’y nourrissent de bourgeons de pal- 
mier nain et de jeunes pousses. Le gouverneur anglais 
les protège contre la chasse qu’on serait tenté de leur 
faire. U est expressément défendu dé leur tendre des 
pièges et même de les apprivoiser. Un paysan avait 
cru se mettre dans les bonnes grâces du gouverneur, 
eu s’emparant d’uu de oes animaux, dont il s’em- 
pressa de lui faire hommage. Mais grande fut la sur- 
prise du rustre, lorsque le gouverneur, loin de le fé- 
liciter, lui ordonna de reporter sa capture au lieu 
même où il l'avait prise. L’entreprise était d’autant 
moins du goût du paysan, qu’il savait par la première» 
qu’il y avait grand risque de se rompre le cou. Le 
but que se propose le gouvernement anglais par la 
prohibition de cette chasse, est de s’opposer à ce qufi 


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MENAGERIE. 


55 

la fréquentation de cette partie de la montagne, four- 
nisse des renseignemeus sur les moyens de la gravir 
plus facilement ; ce qui ôterait ainsi à la ville, la sé- 
curité dont cette fortification natur elle la fait jouir de 
ce côté. , ' 

Derrière les cages des singes, est un fort 
beau maki de Madagascar. 

Une fois la visite aux singes terminée, 
on rentrera dans la ménagerie, et tournant 
de suite par la première allée qui s’ouvre à 
gauche , on arrivera devant la volière cir- 
culaire nommée faisanderie. En se dirigeant 
vers ce charmant édifice, on a à examiner, 
à droite, une autruche femelle de V ancien 
continent , deux autruches d’Amérique et 
une cigogne à poche ou marabout , vivant 
tous en bonne intelligence, dans une des 
divisions du grand parc où s’élève la ro- 
tonde couverte en chaume , destinée à re- 
cevoir un grand nombre d’oiseaux, pendant 
ia nuit et la mauvaise saison. 

L 'autruche, dit Buffon, est un être de nature 
équivoque, et faisant la nuance entre le quadrupède 
et l’oiseau. En effet, son squelette préseute de grands 
rapports avec les mammifères» L’autruche a surtout 
avec le chameau des points de ressemblance si frap- 
pons, que (es Grecs modernes, les Turcs, les Per- 
sans, d'accord eu ccUavee l’antiquité, l’ont nommée 


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PREMIÈRE PROMENADE. 



56 

chacun dans leur langue V oiseau-chameau. Gomme 
lui elle a le pied composé de deux doigts, et sur la 
plus grande partie du corps elle a du poil plutôt que 
des plumes. Son corps , haut de sept à huit pieds et 
pesant communément soixante ou quatre-vingt livres, 
quoique surmonté d’une tète fort petite, aurait be- 
soin , pour s’élever dans les airs , d’un appareil mus- 
culaire au-dessus des forces dont la natnre semble 
disposer. Cet oiseau, à vrai dire, n’a point d’ailes, 
puisque les plumes qui devraient servir au vol sont 
sans corps et sans consistance. Sauvage et inoffensive , 
l’autruche s’enfonce dans les vastes solitudes de l’A- 
frique et deJ’Arabie. Chaque femelle pond une quin- 
zaine d’œufs qu’elle dépose dans le sable , où la cha- 
leur du soleil, entre les tropiques, .suffit pour les 
couver pendant le jour. On prétend qu’elle en dépose 
quinze autres qui ne sont point couvés, mais destinés 
à nourrir les petits : ce fait , avancé par Élien , répété 
par M. Bory de Saint-Vincent, a drpuis été vérifié. 
La durée de l’incubation est de trente-six à quarante 
jours, suivant la saison. Hors les tropiques , les fe- 
melles ordinairement au nombre de deux , quelque- 
fois de six, qui ont toutes pondu dans le même nid , 
couvent tour-à-tour pendant le jour; le mâle les 
remplace pendant la nuit , pour défendre sa progé- 
niture contre les chacals et autres carnassiers rôdeurs. 
On estime qu’un œuf d’autruche équivaut à un quar- 
teron d’œufs de poule. Lorsqu’ils sont frais, c’est un 
mets que les gourmets ne dédaignent pas. Les indi- 
gènes du Cap les préparent par un procédé fort in- 
génieux : ils les mettent par le gros bout sur des 
cendres chaudes, font un petit trou à l’autre bout et 
y passant un petit bâton, battent et cuisent à-la-fois 

* * 


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MENAGERIE. 


' 57 

une omelette. Quand les jeunes autruches sont con- 
venablement traitées, on petit arriver à les apprivoiser 
au point de se laisser monter plus tard comme des 
chevaux. On a réussi à en élever des troupeaux sur 
les côtes d’Afrique, et, il y a peu d’années, on a 
parlé d’un troupeau qui devait être envoyé d’Alger 
en France. L’autruche avale les substances les plus 
dures , les pierres , le fer, etc., et le vulgaire a de là 
conclu qu’elle digérait les métaux. 

Un individu mort il y a quelques an- 
nées à la ménagerie, avait avalé des frag- 
mens de vitre qui avaient déchiré ses intes- 
tins. On fît de sa chair un pâté dont tous 
les employés du jardin eurent leur part. 

Celte chair, dont se nourrissaient plusieurs peu- 
ples appelés pour cette raison struüophages (de deux 
mots grecs qui signifient autruche et manger ) , est 
dure et sèche quand l’animal a vieilli. Ce que l’on re- 
cherche surtout dans l’autruche, ce sont les longues 
plumes blanches de la queue et des ailes qui servent 
pour les chapeaux, etc.; celles des mâles sont plus 
estimées. On préfère celles qui ont été arrachées à 
l’animal vivant. Comme ces plumes repoussent , on 
conçoit l’avantage que l’on trouve à élever des trou- 
peaux de ces auimaux. L’espèce de fourrure appelé 
j>etit-gris , n’est autre chose que le duvet du ventre 
de cet oiseau. Le duvet qui est sous la poitrine s’em- 
ploie pour les chapeaux dits caudebecs. la richesse 
de son plumage fait faire à cet oiseau une chasse fort 
active ; des cavaliers , montés sur des chevaux rapides , 
environnent un grand espace, se renvoient l’un à 



PREMIÈRE PROMENADE. 


5 $ 

l'autre les pauvres oiseaux qu’ils pourchassent; et, 
lorsqu'ils les ont fait tomber de lassitude, ils s’en 
approchent et les assomment à coup de bâton. Le fusil 
est bauni de ces expéditions de peur de souiller ou 
de briser les plumes. 

La ménagerie ne possède que deux fe- 
melles ; on verra le mâle empaillé dans les 
galeries de zoologie ; il est noir partout où 
la femelle est grise. 

Le nandou ou autruche d' Amérique est près de 
moitié plus petit que la précédente. La teinte géné- 
rale de son plumage est un gris uniforme. Ses pieds 
ont trois doigts. Dans sa marche paisible, son allure 
est grave et majestueuse; la tête élevée, le dos ar- 
rondi. Il peut être amené à l’état domestique, mais 
le peu de saveur de sa chair, et son esprit de domi- 
nation sur les autres habitans des basses-cours , l’a 
lait jusqu’ici dédaigner. Les femelles commencent 
leur poule à la fin d’août. Elles déposent à trois jours 
d’intervalle un u uf dans un grand trou large et peu 
profond pratiqué dans la terre ou le sable. Le nom- 
bre des pontes peut être porté à seize ou dix-sept. 
Plusieurs placent leurs œufs dans le même nid , et 
un seul mâle se charge de l’incubation qui dure 
soixante-dix jours. Ces œufs sont d'un blanc mêlé de 
jaune, et fort recherchés des habitans du Brésil, du 
Chili et de la république Argentine, pays dans les- 
quels les nandous ue sont pas rnoius abondans que 
l’autruche ordinaire en Afrique. Les plumes ne sont 
employées que pour faire des balais. 

Le marabou 9 ou cigogne à sac , est caractérisé 


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MÉKAGERIE. 


5 9 

comme lés autres cigognes , par la grosseur d'un bee 
long et pointu, des yeux entourés d’un espace nu , 
enfin la hauteur des jambes qui la place dans l’ordre 
des échassiers. Quant au cou, Phèdre et Lafontaine 
ont rendu sa longueur proverbiale. Eile a de parti- 
culier, l’appeudice charnu placé au milieu du cou , et 
qui ressemble à un saucisson , et les plumes légères 
nommées marabous qu’elle possède sous l’aile et sous 
la queue. 

) 

A droite sont de petites tortues d’eau 
douce et une gazelle. 

La tortue d'eau douce d’Europe , dont on voit ici 
plusieurs individus ; est fort répandue dans l’orient et 
le midi de l’Europe. On mange sa chair, et on l’élève 
pour cela avec du pain , de jeunes herbes , etc.; elle 
se nourrit aussi d’iusectes, de limaces, de petits pois- 
sons , etc. 

La gazelle, ruminant du genre antilope, a la forme 
et la taille élégante d’un chevreuil, le pelage est 
fauve-clair dessus , blanc en dessous , une bande 
brune règne le long de chaque flanc. Elle vit dans 
tout le nord de l’Afrique , en troupes innombrables 
qui se mettent en rond quand on les attaque, et 
présentent les cornes de toutes parts. C’est la pâture 
ordinaire du lion et de la panthère. La douceur de 
son regard fournit des images nombreuses à la poésie 
des Arabes. 


FAISANDERIE. 

La faisanderie possède. : des faisans ordi - 


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6û PREMIÈRE PROMENADE. 

naires ; des faisans dorés ; des faisans argen- 
tés ; des pintades ( varié té blanche J } des 
paons blancs ; de jeunes paons couvés par 
une poule; un coq sans queue rapporté de 
l’Inde par M. Dussumier , et un hocco. 

Les faisans ordinaires se trouvent en grande 
abondance à l’état sauvage dans le Caucase et dans 
les plaines couvertes de jonc qui avoisinent la mer 
Caspienne. Un croit généralement que son introduc- 
tion en Grèce date de l’expédition des Argonautes 
aux bords du Phase. Aujourd’hui on l’élève dans 
2es pays tempérés de l’Europe, mais il exige beau- 
coup de soin. Le mâle a la tête et le cou d’un beau 
vert doré , le reste du corps d’un brun tirant sur le , 
pourpre. La femelle est plus petite , et son plumage 
est plus gris. 

Le faisan argenté est blanc, avec des lignes noi- 
râtres très fines sur chaque plume , le ventre est tout 
noir. 

Le faisan doré est remarquable par son beau plu- 
mage, son ventre est rouge de feu, une belle huppe 
couleur d’or pend de la tête. Le cou est revêtu d’une 
belle collerette orangée, maillée de noir. Le haut du 
dos est vert, le bas et le croupion sont jaunes. Les 
ailes rousses ont une belle tache bleue. Enfin, la 
queue très longue est brune , tachetée de gris. La 
femelle a la queue plus courte et le plumage plus gri- 
sâtre. M. Cuvier pensait que la description du phénix , 
par Pline, a été faite sur le faisan doré. 

Le hocco ou mitou paranga a beaucoup d’analogie 
avec le dindon; on l’élève de même eu^Amévique, 


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MENAGERIE. 6l 

dont il est originaire. Sur sa tête est une huppe de 
plumes redressées , longues et recoquillées. Le corps 
est noir , les pieds et le bec sont jaunes. 

En face la faisanderie, on aura à droite, 
les parcs des hérons, du mcndjack nouvelle- 
ment rapporté par M. Dussumier , et des 
kanguroos. Ces derniers animaux seront 
vus plus commodément un peu plus loin , 
après la visite aux casoars. 

Arrivé devant la grande rotonde du côté 
du parc de la girafe, on tournera à droite, 
pour examiner les animaux contenus dans 
les compartimens du parc de la rotonde 
couverte en chaume. De ce côté , on voit 
deux casoars; l’un de la Nouvelle Hol- 
lande; l’autre de l’archipel Indien. Ces 
deux oieaux sont récemment arrivés d’An- 
gleterre à la ménagerie. 

Les casoars ont les ailes encore plus courtes que 
les autruches, leurs plumes ont des barbes si peu 
garnies de barbules , que de loin elles ressemblent à 
du poil ou à des crins toœbans. 

Casoar a casque ou de l’archipel Indien. Cet oi- 
seau, apporté pour la première fois en Europe en 
1 507, est presque aussi gros que F Autruche de l’Amé- 
rique. Il se distingue par une proéminence osseuse 
partant de la base du bec , et s’étendant en forme 
de casque sur le sommet de la tête. Son plumage noir 

6 ' 


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Ô2 PREMIÈRE PROMENADE. 

et crépu a l’aspect dn crin. Cinq tuyaux en forme de 
baguettes pointues, et sans barbes, lui tiennent lieu 
d’ailes. La femelle pond trois ou quatre œufs , qu’elle 
laisse éclore dans le sable, à la chaleur du soleil. Cet 
oiseau, malgré ses formes lourdes, peut défier à la 
course le cavalier qui le poursuit. Attaqué, il sait se 
défendre avec le pied dont il frappe vigoureusement 
son ennemi. Il a pour patrie l’ai'ehipel Indien. 

Casoar de la Nouvelle- Hollande. Cette espèce, 
sans casque sur la tète, a le plumage plus fourni , les 
plumes plus barbues et pas de piquans à l’aile. Sa 
chair ressemble à celle du bœuf. Ou sait qu’elle est 
aussi fort rapide à la course, que son caractère est 
sauvage, et qu’elle se nourrit de graines et de jeunes 
plantes. 

Les kanguroos sont du petit nombre d’animaux 
dont les femelles portent au-devant de l’abdomen une 
poche dans laquelle les petits sont déposés à un état 
de développement si peu avancé, qu’on aperçoit à 
peine les membres. Ces petits êtres gélatineux se 
greffent à la tétine de la nière et achèvent leur dé- 
veloppement dans cette poche nommée marsupiale 
du nom de marsupiaux donné aux mammifères qui 
présentent cette particularité. Long - temps après 
qu’ils sont couverts de poils, que leurs yeux sont 
ouverts à la lumière et qu’ils ne tètent plus, on les 
voit au moindre danger rentrer dans la retraite vi - 
vante qui leur a servi de berceau. La Nouvelle-Hol- 
lande et les îles voisines sont uniquement la patrie 
des kanguroos. Iis sont frugivores, mais cependant 
mangent sans répugnance tout ce qu’on leur donne, 
ils boivent également du vin et de l’eau-de-vie. Dans 


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MENAGERIE. 


63 

l’état Je liberté, ils habitent les lieux boisés et vont 
en troupes peu nombreuses. Ils se tiennent habituel- 
lement dans la position verticale , posant sur toute la 
longueur de leurs pieds de derrière, et sur leur 
queue, qui fait véritablement l’office' d’un troisième 
membre. Ils peuvent, dit-on, franchir d’un saut une 
distance de près de trente pieds : ce qui ne paraîtra 
pas incroyable, si l’on examine la force prodigieuse 
de leurs pieds de derrière et de leur queue. Ils em- 
ploient souvent aussi pour la progression , leurs mem- 
bres antérieurs, et même avec assez d’avantage, 
parce qu’alors une succession plus rapide des mou- 
vemens , compense leur peu d’étendue. Quoy et Gai- 
mard, qui ont assisté à plusieurs chasses aux kan- 
guroos, ont même remarqué que lorsqu’ils étaient vi- 
vement poursuivis par les chiens, ils couraient tou- 
jours sur leurs quatre pieds, et n’exécutaient de 
grands sauts, que quand ils rencontraient des obstacles 
à franchir. Au reste, pour la course comme pour le 
saut,, ils se servent de leur queue, qu’ils emploient 
tour-à-tour comme ressort et comme balancier. Dans 
la course , ils l’appuient sur le sol , et enlevant avec 
force leurs membres postérieurs , ils les rapprochent 
avec rapidité de ceux de devant , d’où résulte un 
mode de progression analogue à quelques égards à 
celui d’un homme qui marche sur des béquilles. Leur 
queue ne leur est pas moius utile dans les combats 
qu’ils se livrent entre eux. Soutenus sur elle et s’ap- 
puyant par leurs membres antérieurs sur leur adver- 
saire lui-même , ils lui lancent de viq^ens coups de 
pieds, et lui font, au moyen des ongles de leurs 
grands doigts , de profondes et dangereuses bles- 
sures, v . ■ • 


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64 PREMIÈRE PROMENADE. 

On a vu môme quelquefois à la ménage- 
rie du Muséum , de grands kanguroos at- 
taquer, de cetle manière , leurs gardiens 
eux -mêmes. L’espèce kanguroo géant que 
l’on voit ici, a été découverte par Cook en 
1770 ; sa chair est bonne à manger; il s’ac- 
climate très bien en Europe et s’y reproduit. 

Plus loin est le sentier qui mène à la ro- 
tonde , puis ensuite un autre compartiment 
où est un petit bassin et où l’on voit des oi- 
seaux aquatiques, qui voltigent et qui 
courent à l’ombre des grands arbres et des 
nombreux arbrisseaux qui protègent leur 
habitation. On y remarque aussi le dindon 
sauvage. » 

La grue couronnée , remarquable comme les au- 
tres grues par ses hautes jambes et son long cou re- 
vêtu seulement de duvet, a une taille svelte de cinq 
pieds de haut ; le ventre noir ; le croupion fauve ; les 
ailes blanches; le dos cendré; les joues nues, colo- 
rées de blanc et de rose vif; l’occiput couronné d'une 
gerbe de plumes effilées jaunes, mobiles à la volonté 
de l’animal. Ce bel oiseau, dont la voix ressemble au 
son éclataut d’une trompette, nous vient de la cote 
occidentale d’Afrique, où il est souvent élevé dans 
les cases , et s’ÿ nourrit de grains. Dans l’état sauvage 
il fréquente les lieux inondés et y prend de petits 
poissons. 

Les mœurs des grues communes sont fort curieuses. 


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MÉNAGERIE. 


65 


De tous les oiseaux voyageurs elles paraissent être 
ceux qui apportent le plus de prévoyance dans leurs 
transports rapides des régions boréales aux contrées 
équatoriales, et dans les retours périodiques de ces con- 
trées vers celles que précédemment les dangers d’une 
disette leur avaient fait quitter. Elles n’entreprennent 
point isolément leurs voyages. Elles se témoignent 
mutuellement et dans un rayon de plusieurs lieues 
l’intention de se mettre en route, et, plusieurs jours 
avant le départ, elles s’appellent par un cri particu- 
lier, se rassemblent vers un point central , et, l’in- 
stant favorable étant arrivé, toutes les voyageuses 
prennent l’essor et se rangent à la file sur deux lignes 
parallèles qui se réunissent angulairemeut vers un 
sommet que fait le chef auquel la troupe semble s’ê- 
tre engagée d’obéir. Ce chef, qui déjà supporte le far- 
deau bien plus grand qu’on ne le peut penser de 
frayer le chemin dans le domaine aérien, est chargé 
de veiller à la sûreté commune, de prévenir ou plutôt 
d’éviter l’attaque improviste des aigles, de faire res- 
serrer circulairement, dans le cas de tempête, les 
deux lignes parallèles , afin de résister plus efficace- 
ment aux tourbillons et d’éviter la dispersion, enfin 
de ne pas trop s’éloigner des côtes et d’indiquer à la 
troupe, après les fatigues du vol , un lieu d’étape sûr 
et qui puisse offrir abondamment de quoi pourvoir 
aux besoins de tous. Il parait que les fonctions de 
chef ne sont que momentanées et que leur durée est 
proportionnée à ses forces et à ses moyens. Car on a 
observé que ce chef, lorsqu’il se sentait trop fatigué , 
cédait la place à celui qui le suivait et venait modes- 
tement prendre le dernier rang à l’extrémité delà file. 
Les voyages s’exécutent pendant la nuit , et c’est en- 

6 . 


PREMIÈRE PROMENADE. 


66 

«tare, «&8urel*oti, par un effet de prévoyance de la 
part de ces oiseaux auxquels il «'a pas été départi des 
armes assez fortes pour opposer de la résistance k 
toutes les attaques que leur attire leur grande stature. 
Pendant la nuit , leurs courses sont assez bruyantes: 
la voix éclatante qu'ils font entendre est sans doute 
l’indication de la marché de la part du chef, et le 
réclame des autres est pour lui l’assurance que ch** 
cun est à son poste. L’instinct singulier qui porte 
les grues à se soumettre à cette espèce de discipline 
est un des faits les plus remarquables de l'ornitholo- 
gie. Le nid des grues est placé par elles dans des 
touffes de joncs , au milieu des marais , rarement 
sur les toits ou les plates-formes des cdiûces a ban— 
donnés. La ponte consiste en deux œufs verdâtres, 
ordinairement tachetés de brun. Elles vivent d’her- 
bes , de grenouilles, de lézards, de vers et d’in- 
sectes. 

On donne le nom de mouettes , vulgairement de 
meuves , à des oiseaux nageurs qui habitent les côtes 
de presque toutes les mers , principalement vers le 
nord. A l'apparente douceur qu'exprime l’ensemble 
du corps de ces oiseaux ; à la blancheur et à la pro» 
prêté de leur robe; à la gracieuse légèreté de leur 
vol, on se ferait difficilement une idée des mœurs dé- 
goûtantes qui les caractérisent. Munies des appareils 
de vol les plus infatigables , elles poussent leurs ex- 
cursions très avant dans l’océan, et peuvent parcou- 
rir en assez çeu de temps des étendues de pays fart 
considérables. Leur voracité est telle, qu’on les voit, 
d’habitude , se disputer un lambeau de charogne in- 
fecte repoussé par les flots. L’acharnement qu’ils met- 
tent à le déchirer et à le défendre cause entre eux 




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MÉffACE&IK. 

les combats les plus rudes. le Taincu, blessé souvent 
mortellement, devient même ensuite une nouvelle 
curée, origine de nouvelles luttes. Ils mandent in- 
distinctement tous les débris d’animaux qu’ils aper- 
çoivent, soit à la surface des flots, soit sur le sable, 
soit eufiu dans les bourbiers marécageux. Quand les 
matières dures et osseuses qu’ils ne sauraient digérer 
sont accumulées dans leur estomac, au point de n’y 
plus laisser accès aux véritables alimens, ils les re- 
jettent et se livrent sur-le-champ à de nouveaux ac- 
tes de gloutonnerie. Il est possible que cette habitude 
de se gorger outre mesure d’aliweus, soit un acte de 
prévoyance pour ces oiseaux, souvent exposés à des 
jeunes prolongés. Les mouettes courent sur le sable 
avec assez de vitesse et dé légèreté. Ils nagent peu 
et s’abandonnent plutôt au balaucement des flots 
poui se reposer des latigues d’une longue course aé- 
rienne. 

Les dindons sont originaires de l’Amérique , mais 
à cause de la bonté de leur chair, de leur grosseur et 
de leur fécondité, on les a naturalisés eu Europe. 
Les premiers furent apportés au seizième siècle en 
Espague par les missionnaires ■ en i55a, ils fureut 
introduits en Angleterre, et on assure qu’il u’aia 
paru en France qu’eo i5?o, aux noces de ChariesIX; 
mais aujourd’hui ils y sont devenus l’un de nos m- 
. seaux de basse-cour les plus communs. Le dindon 
commun se trouve à l’état sauvage dans diverses par* 
ties de i Amérique septentriouale. Il abonde surtout 
autour de l’Ohio, du Mississipi et du Missouri, 
dans 1 immense étendue de pays que la «ilbure n’a 
pû8 encore envahie. Son plumage est, comme on le 


68 PREMIÈRE PROMENADE. 

voit ici , d’un brun verdâtre , glacé de teintes cui- 
vrées. 

Les dindons sauvages se nourrissent des baies et 
des fruits des arbres forestiers, et ils émigrent d’une 
contrée à une autre, suivant qu’ils y trouvent ces ali- 
mens en plus grande abondance. Vers le commence- 
ment d’octobre, lorsque les fruits et les graines sont 
tombés, ils s’assemblent en troupes etse dirigent peu- 
à-peu vers les riches plaines de l’Ohio et du Missjs- 
sipi. Les mâles se réunissent en petites bandes, com - 
( posées de io à ioo individus , et cherchent leur nour- 
riture séparés des femelles. Celles-ci s’avancent seules 
avec leur jeune famille ou réunies à d’autres, et évi- 
tent avec soin les mâles, qui attaquent les petits et 
souvent les tuent. Tous suivent cependant la même 
direction et font leur voyage à pied. Lorsqu’une ri- 
vière les arrête, on les voit se porter sur les points 
les plus élevés de ses bords, et y rester un jour ou 
deux, comme s’ils étaient en délibération. Enfin , 
lorsque tout est calme autour d’eux , ils montent sur 
le sommet des arbres et, à un signal donné par ce- 
lui qui paraît être le chef de la troupe, tous prennent 
leur vol vers la rive opposée. Les vieux y parviennent 
facilement, même lorsque la rivière a un mille de 
large; mais les jeunes tombent souvent dans l'eau, et 
achèvent leur traversée à la nage. Arrivés dans un 
canton où les fruits des arbres forestiers abondent ÿ 
ils se divisent en petites troupes, sans distinction 
de sexe ni d’âge, et dévorent tout ce qu’ils rencon- 
trent. Us passent ainsi l’automne et une partie de 
l’hiver; mais, vers le milieu de février, les femelles 
se séparent du reste de la troupe, et sont suivies par 
les mâles, qui se livrent alors des combats acharnés. 


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MENAGERIE. 69 

Ils s’apparient bientôt , et les deux époux perchent 
dans le voisinage l’un de l’autre , jusqu’à ce que la 
femelle commence à pondre. Car alors elle se sépare 
du mâle pour lui dérober ses œufs, que, sans cela, 
il ne tarderait pas à casser. C’est vers le milieu d’a- 
vril qu’elle dépose ainsi, dans un nid construit à 
terre avec quelques feuilles desséchées, 10 à i 5 œufs. 
Il paraît que quelquefois plusieurs femelles se réu- 
nissent pour placer leurs œufs dans un même nid 
et élever leurs petits en commun. L’une des mères 
est toujours alors en sentinelle près de la couvée 
pour en défendre l’approche contre les corbeaux , et 
même les chats sauvages. 

A gauche est un grand parc dont le ter- 
rain va en descendant vers le raidi et l’est, 
et qui possède dans son milieu un grand 
bassin. La partie de ce parc qui regarde la 
grande rotonde, est occupée ordinairement 
par diverses espèces de cerfs. 

L'autre partie plus élevée , est le séjour 
d’un axis , des paons et des grands oiseaux 
d'eau, tels que des oies et d’une cigogne 
Hanche. 

L 'axis , ou cerf tacheté de l’Inde , est en tout 
temps fauve , tacheté de blanc pur. Le dessous de la 
gorge et de la queue est blanc; les bois sont ronds, 
ne portent jamais qu’un andouillcr vers la base, et 
leur pointe est fourchue. Originaire du Bengale, et 
se propageant très bien dans nos pays, il a été connu 
des Romains. 


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PREMIÈRE PROMENADE 


70 

nCigogne blanche. - Cette espèce, la pl«s com- 
mune en France, aies ailes noines et le bec ronge. 
Les services que rendent les cigognes eu détruisant 
Los reptiles, ont été reconnus pur beaucoup de na- 
tions , chez lesquelles ou leur accorde non-seulement 
uue protection assurée, mais encore où on le* en- 
toure quelquefois d’un respect religieux. Ces ani- 
maux, rendus confians par cet accueil, sont devenus 
dans certains pays les familiers de la demeure de 
l'homme. En Hollande, où leur utilité est surtout 
appréciée, ou construit des bâtisses sur les chemi- 
nées et vers le sommet des édifices, pour inviter les 
femelles à s’y établir. Là, dans les villes comme au 
milieu des campagnes, on rencontre communément 
de ces nids préparés par l’homme, et dans lesquels, de 
temps immémorial, des couples viennent passer l’été 
chaque année, et qu’ils n’abandonnent que dans la 
saison froide, quand les reptiles engourdis ne se mon- 
trent plus. 

Oies sauvages. — L'oie ordinaire sauvage a le 
plumage d’un gris cendré, le manteau brunâtre ondé 
de gris. Originaire des contrées orientales de FEu- 
rope, elle se répand pendant l’hiver dans les parties 
centrales et méridionales de ce continent, elle dépasse 
rarement le cinquante-troisième parallèle nord, et 
se tient sur les bords de la mer ou des marais. La fe- 
melle niche dans les bruyères ou les marais, sur de 
petits tas déjoues coupés et d’herbes sèches, et pond 
ordinairement de cinq à huit œufs verdâtres. Cette 
espèce est la souche de nos oies domestiques. Dans 
leurs migrations, qui s'effectuent en troupes, elles se 
placent sur une on deux lignes suivant leur nombre; 
lorsque celle qui est en tète est fatiguée, eUe cède sa 


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* M&HACE&JS. JM 

t 

place à une autre. Pendant qu’elles mangent ou 
cju’elles dorment, il y en a toujours une qui, le cou 
tendu et l’œil au guet, veille sur ses compagnes et 
les avertit du danger. 

Le luxe éblouissant répandu avec profusion sur le 
plumage du paon, suffit déjà pour faire naître l ? idée 
que ce bel oiseau ne peut être originaire que d’an 
climat où le soleil, an milieu du ciel le plus pur, 
semble tout changer en or. Le paon n’est sauvage que 
dans l’Inde; la conquête de cet oiseau est reportée à 
l’expédition d’Alexandre;, dans nos basses-cours où H 
est aujourd'hui assez répandu, on ne lui donne qu'une 
seule femelle pour laquelle il montre une ardente 
passion et semble étaler exclusivement toutes ses 
beautés. Celle^i, vers le mois de mai, choisit un en- 
droit écarté où elle pond quatre ou cinq œufs blancs 
et tachetés de rougeâtre ; elle les couve assidûment 
pendant trente jours. Les petits naissent couverts 
d’un duvet jaunâtre ; ils sont très délicats d’abord, etau 
bout d’un mois, l’aigrette commence déjà à paraître, 
bientôt après, les mâles se font distinguer par une 
teinte jaunâtre au bout de l’aile, les ergots se mani- 
festent, la queue s’allonge, mais ce n’est qu’à la troi- 
sième année qu’elle a acquis toute son étendue. La 
mère conduit ses paneaux ou paonneaux avec une 
sollicitude particulière , elle les recueille sons ses 
ailes, leur montre la nourrilnre, et les aide à se per- 
cher. Elle exprime, par des cris douloureux, la peine 
que lui cause la perte d’un de ses petits, et ces cita- 
dins cuisaus se renouvellent à chaque couvée : car 
les paonneaux offrant à l’homme un mets délicat, on 
ne laisse pas que de les rechercher pour le service de 


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PREMIÈRE PROMENADE. 


?2 

On assure que dans l’état sauvage, la paonne est 
plus féconde qu’en domesticité, qu’elle pond jusqu’à 
a5 ou 3o œufs déposés par elle sans apprêts sur le 
sol et dans un trou le plus caché possible. Elle ap- 
porte le plus grand soin à dérober sa couvée à tous 
les regards, et surtout à la mettre hors d’atteinte 
des mammifères carnassiers qui en sont très friands. 
Dans les forêts où ils ont reçu la vie , ces oiseaux se 
tiennent constamment dans les fourrées les plus 
épaisses et les plus élevées. Dans nos basses-cours, 
dès qu'ils ont trouvé de quoi satisfaire leur appétit, 
ils s’élèvent assez pesamment sur le faîte des bâti— 
mens, sur de longues perches qu’ordinaire on dresse 
exprès pour eux, et ils y demeurent une partie de la 
journée et faisant entendre par intervalles un cri 
tout à-la-fois rauque et perçant, dans lequel les villa- 
geois observateurs trouvent des indices certains de 
quelque phénomène météorique, ou du moins d’une 
variation quelconque dans l’atmosphère. 


Nous supposons actuellement, que le lec- 
teur est placé devant la partie du parc de 
la rotonde couverte en chaume qui renferme 
les oiseaux d’eau. De là il prendra à gauche 
en suivant l’allée qui longe la clôture de la 
ménagerie ; à droite il verra un grand bâ- 
timent , composé d’un rez-de-chaussée et 
d’un premier, qui renferme les galeries d’a- 
natomie comparée, sujet d’une promenade 
suivante. A gauche, dans les parcs . sont 


/ 


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MENAGERIE. 



des boucs et des chèvres ordinaires et des 
mouflons de Cône. 


Les mouflons de Corse, dont la taille surpasse celle 
de nos moutons domestiques, ont des cornes triangu- 
laires à la hase, s’aplatissant peu-à-peu, et se chan- 
geant vers la pointe en de véritables lames. Leur 
grande largeur à la base fait qu’elles couvrent pres- 
que tout le dessus de la tête et ne sont séparées en 
avant que par une petite bande de poils, qui n’a 
pas plus de 3 à 4 lignes de largeur. Ces cornes sont 
ridées et annelées, comme chez les moutons. Le 
corps est couvert de poils de deux sortes : les uns 
laineux, très fins, très doux au toucher, assez 
courts et arrangés en manière de tire-bouchons , com- 
me les laines de nos moutons ; et les soyeux grossiers 
et rudes. Les laineux sont grisâtres; les soyeux , seuls 
visibles à l’extérieur, sont de différentes couleurs , 
les uns étant fauves , d’autres étant noirs , et d’autres 
enfin se trouvant annelés de noir et de fauve. Du 
mélange de ces trois sortes de poils résulte, pour l’a- 
nimal , un pelage dont la nuance générale est le 
fauve brunâtre , mais tantôt plus clair et tantôt plus 
foncé , suivant que le nombre proportionnel des 
poils noirs vient à diminuer ou à augmenter. La fe- 
melle n’a que rarement des cornes, encore sont-elles 
fort petites. Ces animaux vivent en troupes assez 
nombreuses dans les montagnes de la Corse, de la 
Sardaigne , de l'Espagne et de la Grèce. Ils sont re- 
marquables par le peu de développement de leurs 
facultés intellectuelles. M. Frédéric Cuvier rapporte 
le fait suivant , comme preuve de leur stupidité : 
« Ces animaux, dit-il , aimaient le pain , et lorsqu’on 

7 


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j4 , PREMIÈRE PROMENADE. 

s’approchait de leurs barrières , ils venaient pour le 
prendre. On se servait de ce moyen pour les attacher 
avec un collier , aGa de pouvoir , sans accident , 
entrer daus leur parc. Eh bien ! quoiqu’ils fussent 
tourmentés ou dernier point lorsqu’ils élaient ainsi 
retenus , quoiqu’ils vissent le collier qui les attendait, 
jamais ils ne se sont déGés du piège dans lequel ou 
les attirait en leur offrant ainsi à manger. Ils sont 
constamment venus se faire prendre sans aucune hé- 
sitation , sans montrer qu’il se fût formé la moindre 
liaison dans leur esprit entre l’appât qui leur était 
présenté et l’esclavage qui en était la suite. « Sous 
le rapport de l’intelligence, ajoute ce savant, ils 
justiGcraient bien l’opinion de Buffon , qui les regar- 
dait comme l’origine de nos diverses races de moutons. 

En suivant toujours l’allée de clôture , on 
arrivera à une porte qui donne sur l’espla- 
nade située au devant du bâtiment de 
l’amphithéâtre; de cette porte on conti- 
nuera à gauche en ’ongeant toujours le 
parc précédent. A droite est un parc qui 
contient des animaux destinés aux expé- 
riences de M. Coste, chargé de suppléer M. 
de Blainville cette année pour le cours d’a- 
natomie comparée. 

Au bout de ce parc, on voit un petit sen- 
tier montueux, qui conduit à l’extrémité 
du bâtiment de la serre tempérée. Après 
avoir passé devant le jardin de naluralisa- 


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MÉNAGERIE. 


tion placé dans les fossés qui de ce côté ser- 
ventde clôture à la ménagerie, on parvient 
à un endroit des fossés plus, resserré, et qui 
sert d’habitation à des ours bruns ordi- 
naires, qui tous à leur arrivée au Muséum 
reçoivent du public le nom de Martin , ce 
qui fait croire aux gens simples , qu’ils ont 
toujours devant les yeux cet ours cruel qui, 
suivant la version populaire, saisit en 1822 
un enfant dans les bras de sa bonne et le 
dévora. Ce récit mensonger qui fait le 
cauchemar des nourrices et des mamans, 
n’est cependant rien en comparaison de la 
vérité; car ce n’est pas un enfant qui est 
tombé dans les griffes de Martin, mais deux 
hommes dont aucun ne put échapper. 
L’un était un vétéran , qui montant sa 
garde pendant la nuit, prit un morceau de 
fer-blanc pour une pièce de cinq francs et 
alla chercher une échelle pour descendre 
dans la fosse aux ours. Une fois descendu, 
il reconnut sa méprise et se hâta de rega- 
gner son échelle ; mais l’ours Martin courut 
"après lui, et ayant saisi l’échelle, fît tom- 
ber avec elle le malheureux soldat qu’il 
mutila de la manière la plus affreuse. 
L’autre était un Anglais dont la tete n’était 


JÔ PREMIÈRE PROMENADE. 

pas saine , et qui se lança dans la cour de 
Martin, dans le dessein de le combattre de- 
vant le public. Martin l’eut bientôt ter- 
rassé et jouait avec sa tête qu’il ballottait 
. dans ses griffes ; ensuite il se plaça sur la 
poitrine du malheureux insulaire, et l’é- 
touffa sous son poids. Les secours arrivèrent 
trop tard ; l’insensé combattant avait ren- 
du le dernier soupir. 

A droite sont des parcs occupés par de 
nombreux individus de diverses espèces de - 
cerfs. On se retrouve ensuite près de la ro- 
tonde. 

De là on aperçoit un parc de forme demi- 
circulaire qui renferme les rennes. 

Les régions voisines du cercle polaire arctique 
ïiouriisent en même temps et le renne sauvage et le 
renne domestique. Le premier ne diffère de l’espèce 
réduite que par plus de force et de fierté. Il se 
trouve également dans le nord de l’Europe, de l’A- 
sie et de l’Amérique, et il est un objet important de 
chasse pour les diverses tribus de Samoïèdes , de 
Finlandais, d’Esquimaux, etc. Le renne domestique 
ne se trouve guère que chez les Lapons, pour les- 
quels il remplace le cheval , le bœuf et la brebis. Et • 
il a sur ces trois espèces l'immense avantage de s’ac- 
commoder de la chétive nourriture que peut offrir 
un pays aussi pauvre. Durant l’hiver, lorsque le 
sol est couvert d’une couche épaisse de neige , le 


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MENAGERIE. 


?7 

renne , guidé par l’odorat , reconnaît les ilieux où 
croit le lichen qui forme sa presque unique nourri- 
ture , et creuse du pied pour le trouver. Il est même 
remarquable que c’est dans cette saison qu’il est le « 
plus gras. On avait pensé que le renne pourrait se 
naturaliser dans les parties élevées des montagnes 
d’Ecosse , et l’on en a amené , à diverses reprises , des 
troupeaux considérables que l’on a lâchés dans les 
lieux qui semblaient leur convenir le mieux. Tous y 
sont morts en peu de temps , quoique ces lieux leur 
■ offrissent eu abondance un lichen semblable à celui 
dont ils se nourrissent de préférence dans leuï pays 
natal. Les naturalistes du siècle passé croyaient que 
le renne avait autrefois habité les Alpes et les Py- 
rénées. Cette opinion provenait de ce que , dans 
les deux éditions imprimées des Déduicts de la 
Chasse de Gaston de Foix , on lisait que cet auteur 
avait vu le rangier( nom que portait alors le renne) . 
en Maurienne (vallée du Mont-Cenis) et en Puen- 
dève ( localité des Pyrénées). Georges Cuvier fit 
remarquer d’abord l’incompatibilité qui existait en- 
tre ce fait et les lois de la distribution géographique 
des animaux, et ayant eu recours ensuite au manus- 
crit original , au lieu de ces deux noms de Puendève 
et Maurienne, il lut fort distinctement Suède et Nor- 
wcge. Les naturalistes grecs ne paraissent pas avoir 
eu connaissance du renne ; et , parmi les Romains, 
Pline est le premier qui en fasse mention sous le 
nom de îarandus. Pline raconte que le tarandus 
changeait de couleur à volonté. Ce fait est vrai ; 
seulement if ne s’opère pas à la volonté de l’animal, 
mais sous l’influence des saisons. Les rennes , en 
effet , comme presque tous les animaux des régions 

7 - 


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I 

PREMIERE PROMENADE. 


polaires , changent de pelage à l’approche de l’hiver, 
et prennent une robe d’une teinte plus claire et plus 
chaude par conséquent. Elle est en outre formée de 
poils plus longs et plus épais. Aussi c’est à cette 
époque que l’on tue les rennes dont la peau est des- 
tinée à faire des robes fourrées connues sous le nom 
de lapmudes. Les rennes sai/vages , qui, pendant 
l’hiver, habitent les bois et les marécages , émigrent 
dans l’été sur les montagnes voisines de la côte , où 
ils trouvent un air plus frais. Il faut , pour que les 
renn.es domestiques se conservent en bon état , qu’ils 
fessent un voyage semblable. Aussi les Lapons , dans 
l’été, vont-ils avec leurs troupeaux s’établir sur les 
hauteurs. Ils y passent les mois de juin , juillet 
et août , et ce n’est que vers le mois de septembre 
qu’ils retournent vers leurs quartiers d’hiver. Dans 
ces deux voyages , les rennes servent comme bêtes 
de somme. (Je n’est que lorsque la terre est cou- 
verte de neige qu’on les attèle aux traîneaux. Le 
pied du renne est conformé de la manière la plus 
convenable pour courir sur un sol mobile sans s’y 
enfoncer. Non-seulement, il est beaucoup plus large 
que celui d’un cerf de même taille , mais il est fen- 
du plus profondément, et ses deux parties, lorsqu’il 
presse, s’ouvrent en fourche, de manière à trouver 
un point d’appui suffisant, même sur la neige ré- 
cemment tombée. Lorsque le pied se relève , les deux 
sabots , en revenant l’un vers l’autre , produisent 
un claquement en se choquant. Dans les circonstan- 
ces ordinaires , un renne attelé au traîneau fait eu 
trottant de 3 à 4 lieues à l’heure , et il peut soute- 
nir ce pas tant que dure le jour , ne mangeant > 
rien, et prenant d« temps en temps , et sans s’ar- 


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MÉNAGERIE. 


79 

rêter , un peu de neige pour se rafraîchir. La chair des 
rennes est excellente à manger. Les femelles , qui, 
dans cette espèce de cerfs , portent des cornes com- 
me les mâles#- fournissent du lait dont on convertit 
la pins grande partie en fromage. On ne l«s trait 
qu’une fois le jour , vers les deux heures après midi. 
Une famille lapone aisée possède de 3oo à 5oo ren- 
nes; 200 peuvent suffire à une famille peu nom- 
breuse; ioo ne mettent pas à l’abri du besoin. En- 
fin , avec 5o seulement , on est obligé de réunir ses 
bêtes à celles d’un troupeau plus nombreux, appar- 
tenant à une famille aisée, dont on devient serviteur. 

Les rennes que possède le Muséum sont 
nourris avec du lichen que l’ou recueille 
du côté de Pontoise, et du pain. Le gar- 
dien de ces animaux nous a assuré qu’ils 
mangeaient plus en été qu’en hiver, ce qui 
contredit l’opinion que nous avons- émise 
plus haut sur les habitudes des rennes dans 
leur pays natal. 

Arrivé à l’extrémité du parc des rennes, 
on suivra les parcs qui forment la bordure 
de l’enceinte de la ménagerie vers la droite, 
et qui ordinairement renferment des boucs . 
A gauche est un parc de forme ovalaire où 
l’on voit des lamas, un alpaca et dès mou- 
tons d’ Abyssinie. 

Les premiers sont deux variétés du guanaco , 


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8o 


PREMIÈRE PROMENADE. 


du Non veau- Monde, qui forme, avec la vigogne , 
le sous-genre lama, delà tribu des ruminans sans 
cornes. Placé près des chameaux , le lama a beau- 
coup de ressemblance avec ces animaux ; il en dif- 
fère oependant par la séparation des deux doigts 
des pieds , qui lui permet de gravir les monta- 
gnes , et l’absence de bosses sur le dos. Il est ori- 
ginaire des parties équatoriales de la Cordilière des 
Andes. Grégoire de Bolivar dit que , de son temps, 
ils étaient si nombreux, qu’on en mangeait 4,000,000 
par an, et qu’il y en avait 3 oo,ooo employés aux 
mines de Potosi. Aujourd’hui que les communica- 
tions avec l’Europe les ont remplacés par le mulet , 
on n’élève plus de lamas dans la Nouvelle-Grenade 
que pour la bouchei’ie. Le guanaco ou lama sau- 
vage diffère de celui qui est réduit en domesticité 
par une taille plus élevée et la couleur fauve de son 
pelage. Ils descendent souvent dans les vallées par 
troupes de 100 à 200, et, quand on les poursuit, 
leur fuite est rompue par des haltes, comme pour 
narguer le chasseur , après quoi ils reprennent leur 
course avec plus de vitesse qu’au par avant. 

L 'alpaca que nous allons décrire et qui 
est une femelle , sans montrer une très 
grande confiance, témoigne une très grande 
douceur ; lorsqu’on pénètre dans son parc , 
elle ne s’effraie pas , et regarde sans inquié- 
tude , mais elle s’éloigne si l’on approche. 
Son gardien peut l’aborder, la toucher sans 
qu’elle se retire ; elle reçoit même ses soins 
avec confiance , et se laisse conduire en 


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MÉNAGERIE. 


8l 


laisse sans résister. Mais si des personnes 
étrangères s’en approchent, et la touchent , 
elle souffle violemment, ce qui fait sortir 
de sa bouche avec force la salive qui s ’y 
trouve. Elle donne aussi des coups de pied 
de derrière , comme la plupart des autres 
ruminans. En général elle galope pour cou- 
rir, et lorsqu’elle veut se coucher , elle 
s’appuie d’abord sur ses genoux. De temps 
en temps et sans motif apparent , elle fait 
entendre un petit cri faible et doux qui 
ressemble au bêlement d’une jeune brebis. 
Les couleurs douces de sa robe, répandues 
d’une manière harmonieuse, résultent d’un 
pelage très remarquable par son épaisseur, 
sa finesse et sa distribution. Toute la face 
jusqu’à la partie postérieure des mâchoires, 
est revêtue d’un poil ras très lisse, qui per- 
met aux formes de la tête de se dessiner 
nettement. A partir du front, les poils s’al- 
longent beaucoup sur le cou, les épaules, 
le dos , les flancs , la croupe , les cuisses , la 
queue, tombent de chaque côté du corps en 
longues mèches et cachent toutes les formes 
de cet animal et une partie de ses jambes, 
lui donnent une apparence épaisse et lourde, 
qui n’est pas dans ses proportions réelles. 


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8a 


PREMIÈRE PROMENADE. 


Plus loin on voit des moutons d’Abys- 
sinie , rapportés par M. Dussumier. Cette 
variété est remarquable par l’état tout-à - 
fait rudimentaire de la queue j elle l’est 
aussi par son poil soyeux , court et rude , 
ainsi que par la couleur blanche de tout 
le corps à l’exception de la tête qui est 
noire. 

Enfin passant derrière le parc des daims, 
on regagne la porte de la ménagerie par 
laquelle on était entré. 


/ 


ï 


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AMPIIITHKATRK . 




CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. 83 



i y) ;, t 


Srunrtnr IJi'amntaîrf. 


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^ •• , 

CABINET D’ANATOMIE COMPARÉE. 

* • i . . « ¥ 

(Piofessear M. de Bla.i»ville ; Conservateur M.T-AtiBii.i.iKD.) : 

; . ... 

l re SALLE. 

On voit au milieu les squelettes d’une 
grande , d’une moyenne et d’une petite ba- 
leines , rapportés du Cap par M. Dela- 
lande. On remarque dans ces squelettes : 

Les fanons qui garnissent Ja mâchoire supérieure : 
ce sont des lames cornées, composées de soies, qui 
sont adhérentes dans leur longueur et qui s’effilent 
«.sur les bords, de manière qu’elles servent à l’ani- 
mal pour saisir et pour retenir, comme dans un filet, 
les petits poissons et les mollusques, dont il se nour- 
rit. Cette substance employée dans les arts sous lp 
nom de baleine, 'e$t principalement fournie par l’es- 
pèce à laquelle appartiennent le plus grand et le 
plus petit des trois squelettes. 


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84 . DEUXIÈME PROMENADE. 

A droite sont des squelettes de dauphins , 
dont le plus rare est le dauphin du Gange, 
envoyé de Calcutta par M. Wallich, direc- 
teur du jardin de la compagnie des Indes. 
On remarquera aussi le delpkinus globiceps, 
échoué en grand nombre , il y a quelques 
années, sur la côte de Bretagne, et en- 
voyé par M. Lcmaout. Viennent ensuite le 
squelette du lamantin et celui du dugong. 
Ce dernier a été récemment envoyé de Su - 
matra par MM. Diard et Duvaucel. 

A gauche sont des squelettes de cerfs , et 
de divers carnassiers , tels que lions, tigres, 
panthères, hyènes , ours, etc. 

On a placé dans le fond de cette même 
salle de chaque côté de la fenêtre , une tête 
de haleine et une tête de cachalot , qui ont 
l’une et l’autre i 4 pieds de longueur. Le 
squelette du cachalot n’ayant pu être placé 
dans la salle , parce qu’il a plus de 60 pieds 
de longueur , on l’a mis dans la cour , près 
de l’entrée du cabinet. C’est dans la ca- 
vité supérieure de la tête de cet animal, 
qu’on trouve le blanc de baleine ou sper - 
ma-ceti , que l’on emploie à divers usages 
dans l’industrie. 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. 85 

C’est là que l’on voit aussi , porté sur un 
piédestal , le buste moulé de Georges Cu- 
vier : 

Professeur au muséum et au collège de France; 
président de !a section du comité de l’intérieur au 
conseil d’état ; grand maître adjoint des facultés de 
théologie protestantes; secrétaire perpétuel de l'aca- 
démie des sciences; directeur de l’académie française; 
baron et pair de France; né en 1769 à Montbéliard, 
mort au muséum le 14 mai i 83 a, d’une paralysie, 
qui , du bras droit, fit des progrès continuels, con- 
tre lesquels les secours de la médecine furent im- 
puissans. (Voyez, pour plus de détails, l’article Cu- 
Tier, fait par l’un de nous , dans le septième volume de 
Y Encyclopédie des gens du mondé). 


2 e SALLE. 

Celte salle renferme dans son milieu des 
tcles d'éléphans d'Asie. Sur les côtés on voit 
des squelettes humains de divers âges et de 
diverses nations; les plus remarquables 
sont : celui d’un Italien qui a une vertèbre 
lombaire de plus que les autres ; le sque- 
lette d’un ancien Egyptien , tiré d’une mo- 
mie. Ce dernier mérite une attention par- 
ticulière à cause du grand nombre de frac- 
tures que l’individu avait éprouvée^, et 


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86 DEUXIÈME PROMENADE. 

qui toutes avaient été guéries. Vient après 
celui de Solyman el Hhaleby. 

Jeune Syrien instruit, mais très fanatique , qui 
assassina Kléber, général en chef de l’armée française 
en Egypte. Arrêté , il fut condamné à être empalé , 
après avoir eu la main brûlée. Il survécut six heures 
à son supplice , et ne poussa pas une plainte au mi- 
lieu des souffrances horribles auxquelles il était en 
proie : la brûlure de la main s’est portée jusqu’aux 
os , et le pal, après avoir dilacéré les viscères du bas- 
ventre, les nerfs et les vaisseaux, a fracturé l’os sa- 
crum, deux vertèbres lombaires, et s’est implanté 
dans le canal vertébral. 

Remarquez aussi : le squelette du nain 
Bébé qui appartenait au roi de Pologne Sta- 
nislas, et dont on voit la représentation dans 
le muséum de l’École de médecine ; celui 
d’une femme bochismane , qui a été connue 
à Paris sous le nom de Vénus Hottentote , 
et dont la tête, autrefois dérobée, a été 
rapportée en 1827 par une personne qui 
n’a pas voulu se faire connaître ; le moule 
en piâtre d’un squelette que l’on présume 
être celui d’une jeune Romaine, trouvé en 
1828 dans les fouilles faites à Aventsburg, 
commune de Wooburg, près la Haye, sur 
l’emplacement du Forum Adriani : on doit 
cette pièce à M. Reuvens , directeur du 
Mu$ée_ des antiquités de l’université de 


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CABINET D’ANATOMIE COMPARÉE. 87 

Leyde ; une collection de fœtus , depuis 
2 mois jusqu’à terme ; divers cas patholo- 
giques de maladies des os (têtes seulement) j 
le modèle en cire de la femme Supiot , 
donné à l’académie des sciences par Morand 
en 1 JÔ 3 , et qui se trouve aujourd’hui 
dans le Musée anatomique de la Faculté 
de médecine. Cette pièce est un exemple 
peut-être unique dans la science, d’un ra- 
mollissement des os aussi rapide et aussi 
étendu. Voici l’extrait de l’histoire de cette 
maladie, qui a été publiée en 1752 et 
1753 par Morand père et fils. 

Anne-Elisabeth Querian , femme Supiot , âgée de 
33 ans, d’un tempérament faible et délicat, était bien 
conformée et appartenait à une famille saine. Au 
mois de septembre 1747» elle eut une couche à la 
suite de laquelle elle resta boiteuse des deux côtés. 
Une chute qu’elle fit plus tard lui occasiona une 
douleur aiguë à la jambe gauche , sur laquelle elle 
tomba ; ainsi qu’une enflure considérable qui s’éten- 
dait jusqu’à la hanche. Six mois après, mois de 
séptembrc 1749, les memes accidens parurent de 
l’autre côté, et les douleurs se répandirent dans tous 
les membres. Dès-lors , la malade fut obligée de gar- 
der le lit. Elle resta valétudinaire jusqu’à une qua- 
trième couche, qui fut très heureuse, puisque l’en- 
flure des extrémités inférieures se dissipa. Environ six 
mois après , les douleurs que la malade éprouvait 


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88 DEUXIÈME PROMENADE. 

dans lous le corps devinrent plus vives que jamais , 
et on commença à remarquer dans ses urines un sé- 
diment blanc, qui leur communiquait une couleur 
blanche laiteuse : ce phénomène continua jusqu’à 
la tin de la maladie. C’est alors que la malade s’aper- 
çut que ses jambes éprouvaient une contraction in- 
volontaire de la part des muscles, qui les ployaient 
peu-à-peu de dedans en dehors, ainsi que les cuisses ; 
recourbèrent insensiblement les deux extrémités in- 
férieures en arrière et vers le haut des bras, de sorte 
que le pied gauche devint à la malade une sorte de 
coussin pour appuyer sa tète. Cette incurvature était 
telie , qu’on aurait dit au premier abord que la ma- 
lade n’avait ni jambes ni cuisses. Eu même temps, 
la poitrine se déforma d’une manière très sensible ; 
les membres supérieurs se plièrent , se tordirent en 
divers sens. Lorsque le ramollissement faisait des 
progrès plus marqués, la partie qui en était le siège 
devenait le point de départ de douleurs très vives 9 
que la malade désignait eu disant : Cette partie tra- 
vaille, Plus tard , les angles de la mâchoire s’af-^ 
faissèrent; la colonne vertébrale se dévia; le tronc 
tout entier perdit une grande partie de ses dimen- 
sions; enfin la femme Supiot succomba le 9 novembre 
aux progrès de cette maladie. À l’ouverture du ca- 
davre, on trouva les os du crâne rougeâtres, spon- 
gieux et pliant avec une grande facilité, et privés de 
toute consistance solide. La déformation et le raccour- 
cissement du tronc en avaient réduit les dimensions à 
21 pouces. Les os du tronc étaient aussi mous que 
ceux du crâne, à l’exception de quelques côtes qui 
conservaient encore quelque dureté dans certains en- 
droits. Les membres étaient mous, courbés et con- 


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CABINET DANATOMIE COMPARÉE. 89 

tournés en zigzag , entièrement raccourcis. Les extré- 
mités inférieures étaient portées en arrière et placées 
sur les côtés derrière le tronc. . 

ESCALIER QUI CONDUIT AU 1 er ETAGE. 

Cet escalier contient à la base , des têtes 
de différentes variétés de bœufs , de che- 
vaux , de cerfs , de dauphins et d'hippopo- 
tames , etc. 

l rc SALLE DU 1 er ÉTAGE. 

Cette salle est destinée à la série des te tes 
entières de différentes espèces d'animaux 
vertébrés. On y voit : i° un grand nombre 
de têtes d'Européens , de T art arc s , de Chi- 
nois, d 'habituas de la Nouvelle-Zélande, de 
Nègres y de Hottentots , et de plusieurs na- 
tions de l'Amérique. O11 peut remarquer ' 
sur line cage vitrée , une tête humaine en- 
châssée dans une idole que les Papous con- 
servent dans l’intérieur de leurs maisons j 
2 0 une série de têtes de singes , parmi les- 
quelles se trouvent celles de deux orangs- 
outangs , l’un jeune , et l’autre plus âgé , 
dont l’examen a fait penser que le fameux 

8 . 


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DEUXIÈME PROMENADE. 


9 ° 

pongo de l’île de Bornéo est du même genre 
et peut-être de la même espèce que l’orang- 
outang. On y voit aussi celles de diffé- 
rentes espèces de gibbons envoyées de 
l’Inde par MM. Diard et Duvaucei ; 3° les 
têtes en très grand nombre de tous les ani- 
maux carnassiers ; 4° beaucoup de têtes de 
rongeurs et celles de tous les édentés connus; 
5° les têtes des pachydermes , parmi lesquel- 
les on remarque celle du sanglier d’Ethiopie 
digne d’attention , à cause de la largeur du 
grouin et de l’absence de dents incisives 
(dents de devant) ; deux têtes d’ éléphans , 
dont une sciée pour en montrer l’inté- 
rieur. C’est ici l’occasion de s’assurer que la 
cavité du crâne de cet animal n’a point la 
capacité qu’on serait tenté de lui supposer , 
quand on la voit à l'extérieur, et que le 
cerveau qui la remplit , n’a point non plus 
le volume énorme qui avait fait prêter à 
l’éléphant chez les anciens une intelligence 
voisine de celle de l’homme. Viennent en- 
suite quatre têtes de rhinocéros ; 6° les têtes 
des différens genres , et d’un très grand 
nombre d’espèces de ruminans. Les plus di- 
gnes d’attention sont : celles de Z girafes , 
dont une fort jeune et celle de plusieurs 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. 91 

buffles.- A côté se trouve un crâne du bœuf 
Apis , retiré d’une momie égyptienne. 

7 0 Enfin 1 es tôles des cétacés , parmi les- 
quelles on distinguera : celle du lamantin , 
celle du dugong et celle du narval ; ce der- 
nier animal porte au bout du museau une 
défense longue et cannelée , arme terrible 
avec laquelle il perce, dit-on, les plus 
grandes baleines. 

Au milieu de cette salle on voit , dans 
des cages, des os séparés pour servir à la 
détermination des os fossiles. 

2 e SALLE. 

On y voit la continuation de la série des 
têtes : celles des oiseaux , des reptiles et des 
poissons. On remarque parmi les rept'les, 
trois têtes du crocodile du Gange données 
par M. Wallich. 

On y voit aussi quelques cas de mons- 
truosités chez les animaux. On remarque 
surtout le squelette du bicéphale ou monstre 
à deux têtes , nommé Ritta- Christian, qui a 
vécu pendant 8 mois et demi. Cette pièce 
est la monstruosité la plus curieuse que 
l ? pn ait encore observée. v 


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DEUXIEME PROMENADE. 


9 2 

Ce monstre est né le 12 mars 1829, à Sassari en 
Sardaigne. Chacune des têtes fut baptisée séparément, 
par le vicaire de la paroisse de Sainte Appolliuaire , 
qui leur donna les noms sous lesquels on lés connaît. 
La mère de l’enfant était bien constituée, et avait 
déjà mis au monde sept autres enfans bien conformés. 
Ce monstre était simple par la moitié inférieure du 
corps , et double par la moitié supérieure. En haut il 
avait deux poitrines; tandis que, inférieurement , on 
n’observait qu’une seule région abdominale , deux 
jambes et deux pieds : ces parties inférieures étaient 
très maigres. Ce bicéphale fut envoyé par Rolando, 
premier médecin du roi de Sardaigne, à M. Geoffroy 
Saint-Hilaire. Il arriva à Paris le 26 octobre, et fut 
présenté à la Faculté de médecine et aux Académies 
des sciences et de médecine. Le buste de droite (Ritta) 
était maladif et un peu moins développé que celui de 
gauche (Chris tina). Attendu l’âge de ces deux petits 
enfans , on ne pouvait faire d’observations bien im- 
portantes sur leurs sensations et leurs facultés. Quant 
à l’existence de deux êtres , elle 11e peut être révo- 
quée en doute. Deux tètes animées ne sauraient ap- 
partenir à un seul sujet. D’ailleurs les deux volontés 
- étaient bien manifestes. Souvent, il est vrai, les deux 
têtes pleuraient en même temps , mais il n'était pas 
rare de les voir, l’une téter et l’autre dormir ; Christina 
sourire, et Ritla conserver une sorte d’immobilité. 
Depuis sa naissance , Ritta était beaucoup plus faible 
que sa sœur. Elle était souffrante, et sa sauté fut no- 
tablement altérée par le voyage , sans que celle de sa 
sœur en éprouvât la plus légère atteinte. Leur séjour 
à Lyon fut très favorable à son rétablissement. Peu 
de temps après leur arrivée à Paris ; soit les fatigues 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. 93 

du voyage , soit le refroidissement qui a dû nécessai- 
rement résulter pour ces enfans, d’ètre sans cesse dé- 
couverts pour être montrés aux curieux, Rilta est 
tombée gravement malade , et a succombé après plu- 
sieurs jours d’agonie. Pendant que sa sœur était mou- 
rante, Chris tina jouissait d’une santé excellente; elle 
jouait même sur le sein de sa, mère. Mais au moment 
où Ritta rendait le dernier soupir, Christiua a poussé 
un cri , et a expiré. Le cadavre fut transporté à la Pi- 
tié, et son ouverture fut faite le 25 novembre, par 
MM. Serres et Mauec, en présence de MM. E. et Isid. 
Geoffroy Saint-Hilaire, G. Cuvier, A. etP. Dubois, 
Portai, Breschet, Duméril, Lisfranc, Ilard, et d’un 
nombre d’autres médecins. 

L’autopsie a fait connaître : que Ritla-Christina 
avait deux cœurs isolés et libres dans une seule enve- 
loppe ou péricarde. Ces cœurs se touchaient par leur 
pointe; leurs bases étaient parfaitement libres. Cet 
adossement des deux cœurs existait dans une étendue 
de six à huit lignes, de telle sorte que la pointe de cet 
organe chez Ritta était située à gauche, comme dans 
l’état ordinaire; tandis que celle du cœur de Chrislina 
était à droite; dans cette position le ventricule droit 
du coèur de Rilta se trouvait aplati et comprimé : ce 
qui rend raison de la gêne de la circulation du sang 
noir, et du commencement de la maladie bleue dont 
était atteinte Ritta. On n’a trouvé qu’un seul foie; 
mais résultant évidemment de la réunion du foie de 
chacun des enfans sur la ligne médiane; ce qui le 
prouve, c’est qu’il y avait deux vésicules du fiel dis- 
tinctes. Il y avait également deux estomacs et deux 
intestins grêles, lesquels se réunissaient avant d’arri- 
ver à un gros intestin unique, qui paraissait apparte- 


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DEUXIÈME PROMENADE. 


9 4 

nir plus spécialement à Christina. La cavité de la 
poitrine était cloisonnée inférieurement par un seul 
diaphragme, lequel comme le foie résultait de la jonc- 
tion sur la ligne médiane du diaphragme des deux 
sujets. Cette circonstance intéressante par elle-même, 
le devient surtout pour donner l’explication de la 
presque instantanéité de la mort des deux enfans. 
Puisque la moitié de ce diaphragme était paralysé, 
il est aisé de voir commeot cette paralysie a pu en- 
traîner la cessation presque subite des contractions 
de l’autre moitié. 

Les deux sternums sont réunis par leurs 
bases de manière à former une espèce de 
croix qui couronne le double thorax; Le 
côté gauche , ainsi que le côté droit , n’ont 
que 1 1 côtes, c’est-à-dire une de moins que 
dans l’état ordinaire. Les deux colonnes 
vertébrales sont parfaitement distinctes jus- 
qu’à la pointe du coccix sans autre ano- 
malie. 

3 e SALLE. 

Cette salle renferme les squelettes des 
quadrupèdes de petite taille ; les singes , 
presque tous les carnassiers , les kanguroos 
et presque tous les didclphcs ; ceux des ron- 
geurs (castors, gerboises , etc.) ; tous les genres 
connus d'édentés ; enfin les squelettes des 
échidnés et de Yornithorinque. On remarque 


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CABINET D ANATOMIE COMPARÉE. 95 

parmi les squelettes de singes , celui du 
grand singe de Bornéo pris au Cabinet de 
Hollande lors de l’occupation par les Fran- 
çais; parmi ceux des marsupiaux , ceux des 
kanguroos , à cause de la disproportion des 
membres postérieurs avec les antérieurs , 
et de la vigueur de la partie caudale de la 
colonne vertébrale qui agit dans l’action du 
saut ; enfin parmi ceux des édentés , celui 
de Vornithorinque, dont la tête offre un bec 
de canard, et dont la structure du bassin 
a donné matière à tant de controverses 
parmi les sa vans.. 

Au dessus des armoires sont les bois et les 
cornes de divers ruminans ; de plus, cinq 
défenses de narval et deux cornes de rhino- 
céros. 

Au milieu sont des tables en forme de 
pupitres , présentant les dents de l’homme 
et des animaux dans leurs divers degrés de 

développement. 

/ 

4 C SALLE. 

Les armoires qui entourent cette salle 
contiennent les squelettes cf oiseaux. Nous 
citerons comme les plus remarquables : 
ceux des autruches A' Afrique et d’ Amérique / 


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DEUXIÈME PROMENADE. 


9 6 

du casoar de X Archipel indien et de la Nou- 
veVe~HoUandc . 

On observera combien peu est développée la par- 
tie du squelette qui , dans les autres oiseaux , est 
destinée au vol; et combien au contraire ont de force 
les os des membres inférieurs destinés à la course. 

On verra le squelette d’un ibis d’Egypte 
retiré d’une momie, et rapporté par M. 
Geoffroy Saint-Hilaire. Les os de cette mo- 
mie étaient en assez mauvais état. 

M. Rousseau (i) parvint, à force de patience, d’a- 
dresse et de procédés ingénieux, à en refaire un sque- 
lette entier, en dépouillant tous les os, et en les rat- 
tachant avec du fil d’archal très fin. Cette pièce est 
une des plus précieuses du cabinet. 

Au-dessus des armoires sont quatre sque- 
lettes de crocodiles et deux de gavials. A 
côté d’un des crocodiles (crocodile à deux 
arêtes), envoyé de Calcutta par M. Wal- 
lich, ona suspendu des bracelets de femme 
indienne qu’on avait trouvés dans son es- 
tomac. 

/ 

5 e SALLE. 

Les squelettes des lézards, des serpens, des 
crapauds, des grenouilles ; ceux de tous les 

(i) Chef des travaux anatomiques, père de M. Em- 
manuel Rousseau, qui lui a succédé. 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE, QJ 

genres et d’un grand nombre d 'espèces de 
poissons t remplissent les armoires de celle 
salle. Sur lescorniches, on voit un squelette 
d’espadon de la Méditerranée , remarquable 
par l’espèce de broche qui termine sa mâ- 
choire supérieure; celui d’un requin , celui 
d’un caïman à lunette de V Amérique du Sud , 
enfin celui d’un serpent python de près de 
dix-huit pieds de longueur, des îies de la 
Sonde,envoyépar M. Diard. Au-dessus des 
armoires de ce côté, sont plusieurs becs de 
poissons-scies , des mâchoires de raies et de 
chiens de mer. 

Les tables de cette pièce présentent sous 
verre, les os hyoïdes de beaucoup d’animaux 
et les larynx desséchés des quadrupèdes. 
On peut y remarquer entre autres , les os 
hyoïdes des singes alouaîtes , qui sont ren- 
flés en forme de tambours. La cavité de cet 
os, communiquant avec le larynx, donne à 
la voix des alouaîtes, ce volume énorme et 
ce son extraordinaire, qui les fait nommer . 
singes hurleurs . 

6 e SALLE. 

Cette salle est consacrée à la myologie : on 
y voit la statue en plâtre d’un homme écorché, 

9 


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g8 DEUXIÈME PBOMENADE. 

peinte de couleurs naturelles ; dans les ar- 
moires sont : de petits écorchés en cire, ainsi 
que des imitations en cire de bras et de 
jambes d' homme de grandeur naturelle; deux 
petites statues de cheval écorché sculptées 
en plâtre et peintes; et des modèles égale- 
ment en plâtre et peints, des membres de 
divers quadrupèdes moulés sur nature par 
M. Brunot. Le reste des armoires est rempli 
par des animaux dont les muscles sont dis- 
séqués, et conservés dans l'esprit-de-vin. 
On peut y étudier la myologie de tous les 
genres de mammifères et celle de plusieurs 
oiseaux , reptiles et poissons. 

f SALLE. 

Cette salle est destinée aux organes de la 
sensibilité : autour de la salle sont les cer- 
veaux et les yeux d’un très grand nombre 
d’animaux, conservés dans l’esprit-de-vin 
et en partie disséqués et développés; des 
préparations des parties osseuses de V oreille 
depuis l’homme jusqu’aux reptiles et aux 
poissons. On voit aussi des exemples dç. 
peau , de poils, de plumes, à' écailles, déon- 
gles, de sabots , ainsi que des langues , des 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. 99 

narines , et plusieurs têtes de chefs de la 
Nouvelle-Zélande recouvertes de leur péau 
desséchée et tatouée. 

Au milieu sont sur des tables et sous 
verre, des trachées-artères d’oiseaux . 

8 e SALLE. 

C’est là que se trouvent les viscères en gé- 
néral et plus particulièrement ceux qui ser^ 
vent aux fonctions digestives. Sous une 
grande cage vitrée, on voit la figure en cire 
d’un enfant d’environ douze ans, qui pré- 
sente la poitrine et l ’ abdomen ouverts pour 
montrer, en situation, les viscères qui y 
sont renfermés. De l’autre côté, se trouve 
Y anatomie de la poule aussi exécutée en cire . 

9 * SALLE. 

La neuvième salle est consacrée aux or- 
ganes de la circulation , et à ceux des diffé- 
rentes sécrétions. On y voit une série de 
cœurs de mammifères , de reptiles et de pois- 
sons; quelques injections; un très grand^ 
nombre de préparations, de langues et de 
larynx; des glandes de diverses parties du 


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ÏOO DEUXIÈME PROMENADE. 

corps , des vessies natatoires ; enfin sur des 
tables , des visc'ères injectés et desséchés , 
qui montrent à quel degré de finesse attei- 
gnent les vaisseaux qui font circuler les 
fluides. 

10 e SALLE. 

Cette salle contient une série de mons- 
tres et de fœtus. On pourra observer ici 
que les monstruosités sont aussi fréquentes 
chez les animaux que chez l’homme ; ce 
qui combat l’erreur populaire, qu’elles 
sont produites par l’imagination des mères. 
Car on ne saurait supposer une imagina- 
tion bien active à des animaux tels que le 
lapin et le cochon, chez qui les monstres ne 
sont pas rares. 

t 

11 e SALLE. 

Cette salle renferme la collection crano- 
logique du docteur Gall, acquise par le 
Muséum. Elle offre un grand nombre de 
pièces naturelles et artificielles du plus 
grand intérêt. L’attrait que les personnes 
du monde et qu’un grand nombre de per- 
sonnes instruites témoignent pour cefte 
science récente j les discussions nombreuses 


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CABINET D’ANATOMIE COMPARÉE. 10 1 

auxquelles plusieurs têtes remarquables 
ont, dans ces derniers temps, donné nais- 
sance parmi les adversaires et les défen- 
seurs de la phrénologie; tout cela nous a 
engagé à traiter, avec quelques détails, 
cette partie du Cabinet d’Anatomie com- 
parée. Les principales pièces sont énumé- 
rées dans notre livre d’après la méthode de 
Gall, et décrites suivant sa manière, le plus 
souvent meme avec ses propres expressions ; 
c'est presque toujours lui qui parle , et qui doit, 
par conséquent, porter la plus grande par- 
tie de la responsabilité de celte portion 
bien ou mal traitée de notre petit ouvrage. 
La disposition et les quelques renseigne- 
rions. qui précèdent la description des 
exemples les plus saillans des instincts, 
sentimens et facultés, pour guider le lec- 
teur sur les parties du crâne où il doit cher- 
cher tel ou tel organe, sont la seule partie 
du travail que nous acceptions comme 
notre ; encore ne voulons-nous être regar- 
dés ici que comme simples historiens. (1) 

(i) On peut consulter, pour J’étude de la phrénolo- 
gie, l’ouvrage du docteur Gall, Sur les fonctions du 
cerveau et le Cours de Phrénologie , par M. Broussais, 
Paris, r836, in-8 n . 

9* 


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102 


DEUXIÈME PROMENADE. 


Instinct de la propagation . 

Le cervelet est, suivant M. Gall, l’or- 
gane de cetinsiinct; on reconnaît son dé- 
veloppement à l’extérieur, par la largeur et 
le renflement de la nuque. 

Le crâne inscrit sous le n° 168 est celui d’un 
maître de langues d’un tempérament très lubrique. 
Gall le montrait comme offrant un beau développe- 
ment de l’organe de l 'amour physique. 

Le u° ii )3 présente la base du crâne d’une mar- 
chande de modes fort galante. 

Amour de la progéniture et des enjans. 

L’organe qui préside à ce sentiment* 
est placé immédiatement au-dessus du pré- 
cédent, de chaque côté de la ligne* mé- 
diane. Lorsqu’il est très développé, il en 
résulte un avancement qui fait saillie situ 
les bosses occipitales. 

Le crâne qui porte le n° 166 est celui d’une jeune 
fille. Gall faisait voir cette tête, en la comparant à 
celles des jeunes garçons du même âge , pour montrer 
combien, dès cette époque de la vie, l’organe de 
V amour de la progéniture est plus développé chez les 
filles que chez les individus de l’autre sexe. La petite 
fille dont c’est ici le crâne aimait passionnément les 
poupées, et était très tendre et très soigneuse pour 
son frère qui était encore au berceau. Les lobes au- 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. Io 5 

térieurs du cerveau étaient ici, comme cela a lieu 
ordinairement, moins développés qu’ils ne le sont 
communément chez les garçons du même âge. 

Voyez aussi le crâne de Y abbé Gauthier pour le 
développement de cet organe (page 117). 

Sens de rattachement et de t amitié. 

Le siège de cet organe se trouve à la 
hauteur et en dehors de celui de la phiio- 
géniture. Comme lui, et comme celui de 
la propation, il est double, et forme une 
protubérance de chaque côté delà tête. 

Le crâne n° 64 est celui d 'Héluin , supplicié pour 
avoir commis un assassinat suivi de vol. Les débats 
ont prouvé qu’il n’a pas conçu le crime , mais qu’il a 
été sollicité à le commettre par son complice Le Pelley. 
Parmi les organes les plus développes , ou remarque 
ceux de V instinct carnassier , de lu propriété et de la 
rixe. L’organe de V attachement amical est beaucoup 
plus fort qu’on ne le rencontre habituellement; 
Méluin s’était fait remarquer par cette qualité. , 

Le crâne n° 239 du général Wurmscr présente 
aussi un beau développement de Y organe de l’amitié 
(voyez plus bas). ( • 

Instinct de la défense de soi-même ; de . 
la rixe. 

» 

Selon Gall, tous les querelleurs, tous 
ceux qui recherchent le danger, ont la 


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t 

104 DEUXIÈME PROMENADE. • 

tête, immédiatement derrière et au niveau 
des oreilles, beaucoup plus bombée et plus 
large que les poltrons. 

Le n° 2 3g offre le crâne du général Wurmscr ; né en 
Alsace, il était au service de l’Autriche, où il est par- 
venu au grade de feld-maréchal. C’est lui qui com- 
mandait les armées autrichiennes qui furent défaites 
eu Italie par l’armée du général Bonaparte. Wurmser 
était doué d’un courage prodigieux, c’était sa qualité 
par excellence ; aussi l’organe d’où elle dérive est- il 
très remarquable. C’est sous ce rapport que Gall 
montrait la tête de ce militaire distingué, en faisant 
observer que s’il fut vaincu si souvent par le général 
français, c’est que celui-ci l'emportait de beaucoup 
en intelligence. La même tête offre encore à remar- 
quer le développement de Y organe de V attachement. 
On sait que ce général fut un modèle sous le rapport 
de ce sentiment. 

Le n° X 77 présente le crâne d’un maître d’escrime 
d’un caractère difficile et violent. Il a tué plusieurs 
personnes en duel. Les parties antérieures du cer- 
veau sont ici peu développées : Y organe de la bonté 
surtout est très faible; au contraire, la région de 
l 'instinct carnassier et du courage ont un grand dé- 
veloppement. 

Voyez par opposition le crâne n° i58 , c’est celui 
du poète allemand Alxinger ; cet organe est notable- 
ment déprimé. 

Instinct carnassier ; penchant aumcurlie. 

t 

La proéminence de cet organe est dans 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. Io5 


la région temporo-pariétale, immédiate- 
ment au-dessus et derrière le trou auditif. 

Le crâne du n° a36 est celui de Vouin, supplicié 
pour avoir assassiné un de ses pareils. Il a été prouvé 
aux débals, devant les assises, qu’il s’etait plaint 
souvent de se sentir poussé à commettre un meurtre , 
et qu'il avait manifesté l’intention de se détruire pour 
échapper à ce funeste penchant. Il a avoué qu’il n’a- 
vait jamais eu aucun motif raisonnable de haine 
contre celui qu’il avait immolé, et que c’était sa mal- 
heureuse idée qui l’avait entraîné à ce crime. L’or- 
gane du meurtre a ici un grand développement. Celui 
de la compassion est nul , et les organes des facultés 
intellectuelles sont très faibles. C’était en effet un 
homme de très peu d’intelligence, comme l’avaient 
remarqué les ouvriers chapeliers avec lesquels il 
travaillait habituellement. Dès qu’il avait la tète un 
peu échauffée par la boisson, il devenait dangereux, 
niais il avertissait ses camarades de l’instinct de des- 
truction qui le tourmentait, et ceux-ci s’attachaient 
à le calmer, pour l’empêcher de commettre des actes 
criminels. C’était alors qu’il voulait attenter à sa 
propre vie; et plusieurs fois on lui avait arraché des 
mains un couteau dont il voulait se frapper. Lorsque 
Gall montrait cette tête à ses auditeurs, il avait soin 
de leur faire remarquer le grand développement des 
parties postérieures qui comprennent les organes des 
penchons les plus forts. 

Sous le n° 32 est rangé le buste moulé sur nature 
de Papavoine. , supplicié à Paris pour avoir commis 
le meurtre de deux en fa ns qui lui étaient .inconnus, 
et qu’il rencontra accompagnés de leur mère dans une 
avenue du bois de Viucenues. L’examen de cette tète 


J 


jlel 


i 


IO 6 DEUXIÈME PROMENADE. 


fait reconnaître que Y instinct carnassier d’où dérive 
le penchant au meurtre est fort développé ; niais les 
organes des sentimcns moraux et ceux des j acuités 
intellectuelles ont une proportion trop favorable, 
pour que Papavoine ait été nécessairement entraîné 
à commettre le crime pour lequel on IV condamné. 
Ce n’est que dans un état de dérangement mental 
qu’un homme , organisé comme l’ctait celui-ci , peut 
se rendre coupable d’un crime aussi odieux, surtout 
lorsque cet homme a reçu une éducation conve- 
nable. 

Les débats du procès de Papavoine ont prouvé que 
son père avait été sujet à des aberrations mentales,, 
à des accès de fureur pendant lesquels il cassait et 
brisait tout; que Papavoine fils, s’était fait connaître 
comme un homme dont les mœurs étaient peu socia- 
bles : fuyant avec affectation ses camarades, il pa- 
raissait toujours sombre et mélancolique. On le voyait 
souvent se promener seul , et il choisissait les lieux 
solitaires. Jamais on ne lui a connu de liaison intime ; 
jamais il ne communiquait ses pensées à autrui. 

En i8a3, Papavoine apprend la ruine entière de 
son père; son caractère en devient plus sombre et 
plus irritable; il éprouve même un accès d’aliénation 
mentale, qui dura environ dix jours. Toici comment 
deux témoins déposèrent de cette circonstance : il 
était, dit un employé de la marine à Brest, dans un 
état de fièvre; il disait qu’un homme lui en voulait; 
qu i! le voyait, qu il voudrait avoir un pistolet pour 
se défendre. « Je n’ai jamais fait de mal à personne, » 
disait Papavoine dans son délire, « cet homme me' 
« poursuit dans mon sommeil; quand je m’éveille je 
« ne vois personne. » Un officier de sauté qui a donné 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. IOJ 

des soins à Papavoiue, rapporte : qu’il était naturel- 
lement sombre , soupçonneux , croyant toujours qu’on 
s’occupait de lui , fuyant la société des femmes et sou- 
vent celle des hommes ; que pendant sa maladie , son 
caractère s’clait exaspéré, qu’il voyait, disait-il, un 
cnuemi secret qui se montrait dans l’ombre, et en 
voulait à ses jours. Il aurait voulu le voir à découvert 
pour lui en demander raison ; ce fantôme paraissait 
beaucoup le tourmenter. A cette même époque , il 
donna deux fois sa démission dosa place de commis de 
première classe qu’il occupait à Brest; tandis que les 
désastres qu’éprouvait sa famille devaient l’attacher à 
•cetle place. 

Sou père mourut quelques mois après; il vint alors 
aider sa mère dans la gestion de ses affaires. Mais de 
nouveaux malheurs détruisirent jusqu’à ses dernières 
espérances, et le contraignirent de solliciter un nouvel 
emploi. N’ayant pu rien obtenir, les dispositions mé- 
lancoliques augmentent; il perd le sommeil, sa raison 
s’égare parfois au point qu’un jour il se présente à sa 
mère, d’un air sinistre, un papier à la main, et lui 
dit : mon père n’est point mort, j’en ai la preuve dans 
ce papier; on enterre quelquefois des hommes qui ne 
sont pas morts. Le 2 octobre, sa mère le décide à aller 
passer quelques jours chez uu de ses amis. Cet ami a 
fait la déposition suivante : Papavoine lui a paru vi- 
siblement change au physique et au moral. En se pro- 
menant ensemble au jardin , Papavoine s’écrie tout-à- 
coup, avec l’accent du désespoir : « quoi ! pas un in- 
stant de bonheur, je crois parfois que je suis fou. » Un 
papier lui tomba sous la main , il y remarque les lettres 
O, A 7 . « Qu’est-ce que cela veut dire? demande-t-il à son» 
liôte, de l’air le plus inquiet. — Mais vraiment je n'eu 


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IOB DEUXIEME PROMENADE. 


sais rien, répondit celui-ci, cela ne signifie rien: 
cela veut dire on noie ici, » reprend Papavoine. 

Le 0 octobre, il quitta cet ami pour se rendre à 
Paris, où des affaires urgentes l’appelaient. Il était 
1res agité en parlant. Le 7 il voit à Paris un banquier 
qui doit approuver des marchés; mais il faut plusieurs 
jours pour les examiner. Le 8 et le 9 il fait quelques 
promenades solitaires. Le 10 il se dirige vers le bois 
de Vicennes. Là il aperçoit une dame qui promenait 
deux jeunes enfans. Il retourne au village et y achète 
un couteau. Il revient aussitôt près de cette dame ; il 
avait la figure pâle , dit l’acte d’accusation, ta xoix 
était troublée : «votre promenade a été bientôt faite, » 
dit-il à cette dame, et se baissant comme pour em- 
brasser un de ses enfans, il lui plongea son cputeau 
dans le cœur. Pendant que la malheureuse mère s’oc- 
cupait de cette première victime, Papavoine tua de la 
même manière l’autre enfaut, puis il s’enfuit à pas 
précipités et s’enfonça dans le taillis. 

Le concierge de la force, prison dans laquelle est 
reste Papavoine avant sa condamnation, a rapporté 
qu’il était quelquefois dans un état épouvantable : 
«il avait, dit-il, des momens de fureur; ses cheveux 
se hérissaient : c’est la seule fois qu’il ait vu des 
cheveux se dresser ainsi ; sa figure devenait alors 
d’un rouge très vif; il épouvantait jusqu’aux soldats 
qui le gardaient. » 

• Toutes les pièces que l’on vient de lire sont ex- 
traites du procès de Papavoine. Elles suffisent pour 
prouver à toutes personnes non prévenues que Papa— 
voine était un véritable aliéné, et qu’il est devenu 
meurtrier pendant un accès de folie. 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. IO<) 

**.) 

Instinct de la ruse et du savoir-faire . 

L’organe de la ruse est un peu en avant 
et au-dessus de celui de la destruction ; il 
est de forme allongée, et rend la tête plus 
large au-dessus des tempes. 

Le crâne inscrit sous le n° 221, est celui d’un 
Hongrois, qui vivait à Yieune, où Gall l’a connu 
presque dans l’intimité. IL passait parmi ses amis 
pour le meilleur homme du monde. Après sa mort 
ils découvrirent qu’il était fort rusé ; qu’il les avait 
tous trompés par des récits mensongers sur ses res- 
sources pécuniaires, sur les biens de sa famille, 
dans le but de se faire prêter de l’argent, et de les 
faire répondre pour lui dans ses affaires de com- 
merce. Il avait mis de la sorte à contribution la 
bourse de toutes les personnes qu’il connaissait. 
Gall montrait cette tête comme le modèle de l’orga- 
nisation des fourbes et des fripons, par le développe- 
ment de l’organe de la ruse combiné à l’organe du 
vol. De tels hommes, disait-il, font des dupes sans 
grands frais d’intelligence; ils réussissent par instinct, 
et toujours. 

Sentiment de la propriété. 1 Instinct du voL 

L’apparence extérieure de l’organe du 
vol, lorsqu’il est très développé, est, sui- 
vant Gall, une proéminence bombée et 
allongée, s'étendant depuis l’organe de la 

19 


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I 10 


DEUXIÈME PROMENADE. 


ruse, jusqu’au bord externe de l’arcade su- 
périeur de l’orbite. 

Le crâne n° too est celui d’un voleur de quinze 
ans, qui est mort dans une prison de Prusse, où il 
devait rester à perpétuité. Ce jeune homme avait 
subi plusieurs condamnations pour des vols qu’il avait 
commis. Ses récidives furent si nombreuses que les 
autorités du pays où il vivait se décidèrent à le faire 
enfermer pour le reste de scs jours. Dans la prison 
où il était détenu, il avait continué à voler ses ca- 
marades, et ou lui avait attaché des billots aux mem- 
bres supérieurs, afin de le rendre inhabile à com- 
mettre ses larcins. Il était presque dépourvu d’iutei- 
iigence, et les remontrances les plus douces, comme 
les chàtimens les plus sévères n’avaient jamais pu 
triompher de son mauvais penchant; il avouait 
lui même qu’il lui était impossible d’y résister. Gall, 
qui avait eu occasion de le voir avant la dernière con- 
damnation qui ordonnait sa réclusion perpétuelle , 
l’avait jugé incurable à cause de sa défectueuse orga- 
nisation; on trouva alors ce jugement odieux, eu 
egard à l’âge du criminel ; mais les vols nombreux 
qu’il commit plus tard, justifièrent suffisamment le 
pronostic du philosophe. Les organes du vol et de la 
ruse ont un développement extraordinaire, et la 
forme générale de la tête est petite et défectueuse : 
ce qui annonce un développement imparfait du cer- 
veau. C’est surtout de cette circonstance que Gall 
avait conclu l’incurabilité du criminel. 

Sous le n° 75 est rangé un masque eu plâtre 
d 'Henri IV, qu’on croit avoir été moulé surnature. 
Que ce soit une imitation ou la représentation exacte 




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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. III 

de la figure de ce grand roi, les formes de la tête 
confirment ce que l’histoire rapporte de son esprit 
plein de saillies et de son caractère débonnaire. Le 
front est élevé, large et bombe, ce qui atieste un 
grand développement des facultés intellectuelles. 
L’organe de la bonté est bien exprimé; il en est de 
même pour l’organe de Y esprit de saillies. L’organe 
du sentiment de propriété est remarquablement fort. 
On assure, d’après les chroniques du temps, que 
Henri IY fit plusieurs fois l’aveu d’un penchant na- 
turel à dérober, et qu’il disait assez plaisamment: 
« J’aurais été pendu , si je n’eusse pas été roi de 
« France ». Ces actes , si toutefois ils ont eu lieu , ne 
prouveraient qu’une mauvaise habitude ; mais il est 
facile de comprendre que le sentiment dont nous par- 
lons ici a dû être une grande cause excitante dans la 
guerre soutenue par Henri IY pour conquérir la cou- 
ronne. 

Sous le n° if >5 est rangé le crâne d’un Kalmouck. 
Aucun renseignement n’a été fourni sur les qualités 
de cet individu. Gall montrait cette tête en faisant 
remarquer le grand développement des organes du 
vol et de la Mécanique, ce qui est conforme aux ré- 
cits des voyageurs, qui rapportent que les Katmoucks 
sont adroits et voleurs. Ils sont, dit-on, assez fidèles 
en amitié. La conformation du crâne que nous exami- 
nons est favorable à cette opinion. 

Par opposition à ces exemples, on peut remarquer, 
n° 12, le buste moulé sur naturq de Schîabendorff, 
homme fort connu par sa philantropie et son désin- 
téressement. Il a beaucoup contribué à introduire en 
France, où il s’était réfugié, l’enseignement mutuel 
e’t l’usage des stéréotypes. Il a pris toujours une part 


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112 DEUXIÈME PROMENADE. 

plus ou moins grande dans toutes les entreprises qui 
avaient pour but le bien public. La partie de la tête, 
où est le siège du sens de propriété , est fort peu dé- 
veloppée. 

Orgueil, élévation , amour de l'autorité, 

’ Gall place l’organe de ce sentiment, dans 
la ligne médiane, immédiatement derrière 
et au-dessous du sommet de la tête. Cette 
partie du cerveau se manifeste au-dehors 
sous la forme d’une protubérance allongée 
et unique, quoiqu’elle existe dans chacun 
des hémisphères. 

Le crâne inscrit sous le numéro 23 1 est celui de 
Cerachi, statuaire, né à Rome et supplicié à Paris 
pour crime politique. Il a été convaincu d’avoir fait 
une tentative d’assassinat contre Napoléon. C'était 
un républicain très exalté, qui prit une part très 
active à la révolution de 1799, qui avait pour objet 
Je rétablissement de la république romaine. Plus 
tard , il vint s’associer à la conspiration d’Aréna pour 
assassiner Napoléon, alors premier consul, qu’il 
pressentait vouloir marcher au pouvoir suprême et 
détruire la liberté. Cerachi n’avait aucun ressenti- 
ment personnel à venger, et il était même admira- 
teur des talens militaires du grand capitaine. Gall 
montrait cette tête dans ses cours, en faisant remar- 
quer le développement de l’organe de Y orgueil, cir- 
constance qu’il a observée constamment chez les indi- 
vidus qui conspirent contre l’autorité. 


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CABINET DANATOMIE COMPAREE. Il3 

L’organe de Y instinct carnassier est également 
très développé. Quant à l’organe de la mécanique , il 
est assez remarquable pour expliquer les talensqua- 
vait montrés ce statuaire dans l’exercice de son art. 
On rapporte qu’il était d’un caractère très noble et 
fort estimé de tous les artistes qui le connaissaient, à 
cause de ses vertus et de sa passion pour la liberté. 
C’est là une tête-modèle de toutes les organisations 
que le despotisme révolte. 

Au numéro 161 est rangé le crâne de Péterson, 
chef d’une bande de voleurs de grands chemins. Il a 
avoué, aux débats, que c’était moins par goût pour 
la rapine qu’afin de vivre indépendant, et surtout de 
pouvoir satisfaire à son besoin de commander aux 
autres, qu’il s’était livré au brigandage. L’organisation 
qui constitue le caractère ambitieux a ici un déve- 
loppement remarquable. Sous tous les autres rap- 
ports , c’est une tête fort ordinaire. 

• Amour de V approbation. 

L’organe de ce sentiment se manifeste à 
l'extérieur du crâne, par deux proémi- 
nences saillantes en segment de sphère, 
placées sur les côtés de la proéminence 
ovale allongée de l’organe précédent. 

Le crâne inscrit sous le numéro 227 est celui de 
l’abbé Lacloture, Français réfugié à Tienne pendant 
les troubles de la révolution française; il était très 
répandu dans la société des femmes de la bonne 
compagnie. Il en était fort aimé , seulement à cause 

so. 


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Il 4 DEUXIÈME PROMENADE. 

des petits soins ? des attentions polies qu’il avait pour 
elles et de son talent naturel pour les ouvrages de 
femme. Il ne poussait pas la galanterie très loin , 
mais alors il s’éloignait d’elles et semblait les redou- 
ter. Il avouait n’avoir jamais éprouvé le trait de l’a- 
mour. Cependant il avait à çœur de plaire au beau 
sexe, et il aimait à se parer môme avec recherche, 
toutefois avec goût. On disait de lui qu’il n’était d’au- 
cun sexe, ce qui ne l’offensait pas et le faisait rire. 
Gall montrait cette tète sous le rapport du dévelop- 
pement de la vatiilé et de la petitesse du cervelet. 
Quant à la bienveillance de cet abbé et à ses petits 
soins, il les attribuait au développement de l’organe 
de la bonté en combinaison avec le désir de plaire. 
Le développement de l’organe de la mécanique ex- 
plique son adresse et ses succès dans les petits ou- 
vrages de femme. L’organe de V attachement amical 
est très fort : c'est à ce seit liment et à la vanité qu’il 
faut rapporter le besoin qu’il avait de société. 

Sous le numéro 24 1 est rangé un crAne d’aliénée. 
La rnonomanie de cette femme était la vanité. Elle 
se parait de tous les chiffons qu’elle pouvait ramasser; 
elle abordait les personnes qui visitaient l’hospice, 
et leur promettait sa protection dès qu’elle serait 
établie sur le trône de France, pays dont elle se pré- 
tendait la reine. Elle distribuait des dignités à tous 
ceux qui lui témoignaient quelque bienveillance. 
L’organe de la vanité est excessivement développé. 

Sous le numéro 1 r est rangé le buste moulé sur 
nature de Defasfaut Goswin, né à Namur. C’est un 
bel exemple de l’organisation qui constitue le carac- 
tère ambitieux sans amour du lucre. Les organes les 
plus développés sont pour les senthnens , l’organe de 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. Il5 


la vanité qui donne le goût des distinctions, des hon- 
neurs -, celui de la fierté, celui du courage et de la 
fermeté. Sous le rapport des facultés intellectuelles } 
l’organe des faits (sens de la perfectibilité) a un 
grand développement. "Voici sous quels rapports 
M. Deftasfaul s’est fait connaître. Enlant, il a déjà 
manifesté un goût décidé pour les distinctions. Jeune 
homme et sans fortune , il a su se tirer de. l’élude ob- 
scure d’un procureur et se faire admettre au conseil 
d’état de Napoléon. Chargé par ce souverain de mis- 
sions importantes et difficiles , dans des pays conquis, 
il a mon tré constamment un zèle 'extrême à les rem- 
plir ; nne grande fermeté et beaucoup de désintéres- 
sement, mais, eu même temps, un amour immodéré 
de renommée. I! eut pour mission, en 1807, de ré- 
partir et faire recouvrer des impositions frappées sur 
la grande province de la monarchie prussienne. Il 
s’acquitta de ce devoir pénible, à la satisfaction gé- 
nérale, et, lorsque la ville de Kœnisberg vint lui of- 
frir, au nom de la province, un cadeau de cent mille * 
écus , comme témoignage de sa reconnaissance , il le 
refusa , malgré le besoin d’argent qu’il éprouvait alors, 
et préféra à ce magnifique présent une simple men- 
tion honorable sur les procès-verbaux des états. Ce 
sont de semblables actions répétées plusieurs fois 
pendant le cours de sa carrière administrative, qui 
autorisent à conclure qu’il avait réellement le senti- 
ment de l’honneur, à un degré cminent. On peut 
remarquer aussi sur cette tète le faible développe- 
ment du sens de propriété. 


Circonspection. 

L’organe dont émane ce sentiment élève 


% 


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Il6 DEUXIÈME PROMENADE. 

en proéminence latérale les parties supé- 
rieures, postérieures et extérieures des pa- 
riétaux ; de manière que la tête présente à 
l’œil, ou au tact, une surface très large 
dans sa région supérieure, postérieure et 
latérale. 

Le crâne numéro 206 est celui d’un médecin, 
nommé Hclt. Gall le connut particulièrement. Il 
avait une répugnance très prononcée pour la société 
des femmes , dans laquelle il ne concevait pas qu’un 
homme sensé pût se plaire. Celte antipathie était 
telle , que Gall l’a vu changer de couleur et comme 
affecté de maux de nerfs , parce qu’une femme avait 
voulu l’embrasser. Il était aussi d’une circonspection 
extrême, vivait habituellement daus des maisons 
habitées par des vieillards. Il parlait toujours bas ; 
le ton ordinaire de la voix le fatiguait ; aussi ses amis 
étaient obligés de diminuer le volume de la leur dans 
leurs communications avec lui. Gall présentait cette 
tête pour opposition à celle du maître de langue in- 
scrite au numéro 168. Il attribuait au trop faible dé- 
veloppement du cervelet l’antipathie que Helt mani- 
festait pour les femmes. On peut remarquer sur ce 
crâne le grand développement des organes de la c/r- 
conspection, de la ruse et delà vanité, sentimens 
qui servent à bien expliquer certaines bizarreries de 
caractère de ce médecin. 

Le crâne numéro 183 est celui d’un homme dont 
le caractère était très soupçonneux. S’inquiétant pour 
la moindre chose , il est devenu mélancolique et ta- 
citurne , et s’esl suicidé , sans qu’on ait pu en décou- 


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CABINET DANATOMIE COMPAREE, llj 

\rir le motif. Aucune des circonstances connues de 
sa position sociale n’a pu justifier le parti qu’il a pris 
de se détruire. Galî pensait que cet acte a été le ré- 
sultat d’une maladie du cerveau. L’organe de la cir- 
conspection a un développement extraordinaire , ce 
qui se rencontre fréquemment chez les mélancoliques 
avec penchant au suicide. 

Mémoire des choses ; éducabilité. 

Cet organe se montre à l’extérieur sous 
la forme d’une proéminence qui, en par- 
tant de la racine du nez, s’allonge jusque 
vers le milieu du front, et va en s’élargis- 
sant de chaque côté de la ligne médiane 
entre les sourcils. 

Le crâne numéro i 57 est celui de Y abbé Gaultier , 
qui s’est adonné, par goût, à l’éducation des jeunes 
enfans. Il a composé un grand nombre de petits trai- 
tés sur l’enseignement primaire, dans le but de leur 
rendre plus faciles les élémens des connaissances qui 
sont enseignées dans les écoles. Il était plein de bonté 
cl aimait passionnément les enfans, dans la société 
desquels il se plaisait plus que dans toute autre. Les 
organes les plus remarquables , dont son crâne offre 
le développement , sont ceux de Y éducabilité } de la 
bonté et de Y amour des enfans. 

Le numéro 82 présente la copie en plâtre d’un 
crâne déposé au Muséum du Jardin du roi, et qu’on 
croit être celui de Descartes. Les organes les plus 


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Ïl8 DEUXIÈME PROMENADE. 

développés sont ceux de Yéducabilitè } du rapport de 
V espace, du calcul et de la fierté. 

Voyez aussi le crâne de Buffon , décrit plus bas. 

Mémoire des lieux ; sens du rapport de 
l’espace. 

Le développement de l'organe qui pré- 
side à cette faculté, détermine deux gran- 
des proéminences qui commencent au côté 
externe de la racine du nez, et s’élèvent 
obliquement en s’écartant jusqu’au milieu 
du front. 

Le masque en plâtre n° ioo est de M. Parts , qui 
s’est occupé de mnémotechnie avec pas-ion. Les or- 
ganes du sens du rapport de l'espace et de Yé ducabi- 
litè sont très prononcés. Ceux qui connaissent la mé- 
thode de M. Paris pour fortifier artificiellement la 
mémoire s’expliquent facilement par cette organisa- 
tion le choix des moyens qu’il propose à cet effet. 

Le n 8 19 présente le buste de Buffon , copié sur 
une statue. Les formes de la tète, telles qu’elles ont 
été reproduites par l’artiste, auteur de la statue , 
montrent combien ce savant naturaliste était heu- 
reusement organisé pour être un éloquent écrivain 
dans le genre descriptif. L’organe de Yéducabilitè, de 
la mémoire verbale ont un grand développement. 
Les organes du rapport des espaces , du coloris et de 
la poésie sont , surtout le premier, remarquables par 
leur volume; mais les parties antérieures supérieures 
qui constituent les penseurs profonds u’ont que des 
proportions ordinaires. 


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' CABINET D ANATOMIE COMPAREE. I I 

Le n° 83 nous offre le masque en plâtre de 
JM. Gaymard , médecin, naturaliste de l’expédition 
du capitaine Freycinet, etc. C’est un bel exemple de 
1 organisation qui donne le goût de former des col- 
lections d’objets d'histoire naturelle et d’entreprendre 
de longs voyages. 

Voyez aussi celui de Descartes n° 82 à la page r : 7. 

Et le masque en plâtre de Newton n° g 3 , p. ia 3 . 

Celui de Raphaël n° 128 , page 125. 

Mémoire des mots. 


L’organe de la mémoire des mots pousse 
en avant, quand il est très développé, le 
bulbe oculaire, de manière à produire des 

yeux saillans, et à fleur de tète du côté ex- 
terne. 

Unterberger fils, n° x 4 4 t avait une mémoire ver- 
bale prodigieuse et un penchant très fort pour le beau 
sexe. Ce sont les trop nombreuses concessions qu’il a 
faites à ce penchant qui l’ont conduit au tombeau de 
bonne heure. Gail montrait cette tète sous ce double 
rapport. 

Le masque en plâtre n° 102 est celui de Cartouche , 
célèbre voleur du commencement du xvia® siècle. 
Malheureusement ceux qui ont pris l’original du 
masque ne s'étaient proposés que de causer ver les 
traits du voleur extraordinaire, et les parties les plus 
intéressantes de sa tète out été tout-à-fait négligées. 
Cette pièce, en effet, ne représente que !a partie an- 
térieure du front. On voit , d’après ce masque } que 


.( 


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120 DEUXIÈME PROMENADE. 

Cartouche n’était pas défectueux sous le rapport des 
organes de V intelligence : Y èducabilité et la sagacité 
comparative , surtout , ont leurs organes respectifs as- 
sez développés. Mais c’est sous le rapport de Y ambi- 
tion et de la mémoire 'verbale que l’organisation est 
favorable. Il est remarquable que ceux qui ont écrit 
sa biographie ont noté qu’il avait de l’esprit, de la 
pénétration et qu'il montrait, dans les écoles qu’il a 
fréquentées, une aptitude au-dessus de celle des éco- 
liers ordinaires. L’histoire de sa vie atteste encore 
qu’il avait un goût déterminé pour les travestissemens, 
et que ce fut un moyen qu’il employa souvent pour 
exécuter un grand nombre de vols ou pour échapper 
aux recherches de la police. L’original de ce plâtre 
existe entre les mains de M. Fragonard, sculpteur à 
Paris. 

Le buste moulé sur nature n° 26 est celui de Jean 
de Muller , historien allemand , l’un des hommes les 
plus érudits de son époque. Gall montrait cette pièce 
comme un modèle parfait des formes qui indiquent 
un grand développement de l’organisation qui dispose 
aux études philologiques : la mémoire de Jean de 
Muller était immense. 

Sens du coloris . 

L’organe de ce talent est situé dans la 
partie frontale qui correspond immédiate- 
ment au-dessus du milieu de l’œiK Alors la 
partie extérieure du sourcil est ordinaire- 
ment fort saillante, 
s Voyez le crâne de Buffon , page u8. 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. 12 1 

Le masque en plâtre n° 73 est celui d’un mathé- 
maticien , qui confondait toutes les nuances du rouge, 
nu point de ne pouvoir distinguer le rose de l’écar- 
late. Il ne pouvait non plus comprendre qu’on trou- 
vât de l’harmonie entre certaines couleurs, dans un 
costume ou dans un tableau. C’est sous le rapport de 
la défectuosité du coloris que Gall avait l’habitude de 
montrer cette tète à ses auditeurs , parce qu’elle cor- 
respond à la dépression de l’organe de ce sens par- 
cul ier. 

Sens du rapport des tons ; talens pour la 
musique. 

Cet organe est situé immédiatement au- 
dessus de l’angle externe de l’œil, et pro- 
duit en quelque sorte, lorsqu’il est très dé- 
veloppé, des fronls carrés et fort renflés 
dans la partie latérale de la tête. 

On voit cet organe fort développé dans le moule 
de la tète de Gluck n° 10. Les organes des facultés 
intellectuelles , ceux de la poésie et de Y imitation sont 
également bien marqués, et l’on peut dire, eu géné- 
ral, que les formes de cette tète rendent raison des 
talens du grand compositeur. 

Le buste en plâtre n° 108, qui n’est qu’une imi- 
tation imparfaite de la tète du célèbre Grétry, offre 
également les organes de la musique et de la poésie; 
mais les proportions ne sont pas exactes , et l’organe 
Je la musique était plus développé sur la nature. 

is 


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122 DEUXIÈME PROMENADE. 

Le n° 28 nous présente le buste moulé sur nature 
du compositeur Neukomm qui a fait avec prédilection 
de la musique religieuse. Cette tète est remarquable 
sous le l'apport de l’organe de la musique et de l’or- 
ganisation qui constitue les caractères religieux. 

Le manque en plâtre moulé sur nature du musicien 
Lilz se voit n° 65 . Cet artiste a manifesté de très 
bonne heure un goût très déterminé pour l’art musi- 
cal. I! cultivait cet art avec passion dans un âge où 
les euf: n; ne sont encore capables d’aucune applica- 
tion. L’organe de la musique est développé à un de- 
gré fort remarquable, et les organes de {'imitation } 
de la poésie et de \' éducahilité sont aussi bien expri- 
més. C’est au concours de ces différons organes qu’il 
faut attribuer l’extrême rapidité des progrès qu’a faits 
le jeune Lilz dans les études auxquelles il s’est livré. 

Le buste de madame Jiarilli, n° 327, artiste dis- 
tinguée du théâtre italien de Paris, n’est qu’une imi- 
tation imparfaite des formes naturelles. Mais l’artiste 
a su rendre les formes du crâne qui expliquent le 
double talent de cette femme comme actrice e“t mu- 
sicienne. , 

Sous le no 68 est rangé le masque moulé sur na- 
ture de M. Lafond, le virtuose distingué dont toute 
l’Europe apprécie le prodigieux talent sur le violon. 
Les organes de la musique , de l 'imitation et de l’ev- 
prit de saillie sont ici bien développés et correspon— ■ 
dent aux facultés particulières Je cet artiste. 

Sens des jap port s et des propriétés des 
nombres . Calcul . 

L’organe de cette faculté se montre au. 


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1 


CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. 123 

dehors par une dépression de la partie ex- 
terne du plancher de l’orbite; de sorte que 
l’arcade orbitaire supérieure n’est plus ré- 
gulière que dans sa moitié interne, et que 
sa moitié externe représente une ligne 
droite qui descend obliquement. 

Le n° 41 est le buste en plâtre moulé sur nature 
d’uu savant mathématicien nommé David, que Gall 
a connu. Ce religieux avait cultivé les mathémati- 
ques par goût, et cette étude avait pour lui l’attrait 
d’un plaisir vif. C’est sur cette tète et sur le crâne 
(102) que Gall moalraità ses auditeurs le siège de 
l’organe du calcul. 

Le n° 76 montre le masque en plâtre du jeune 
Américain Colborn , qui a montré dès l’âge de huit à 
neuf ans une sptilude extraordinaire pour résoudre 
de tête, et avant de savoir faire des chiffres, des pro- 
blèmes d’arithmétique très compliqués. On peut voir 
dans l’ouvrage de Gall tout ce que les journaux du 
temps ont rapporté des expériences qui furent faites 
pour éprouver le talent naturel de ce jeune garçon. 
Gall a consigné le portrait de ce petit prodige dans 
l’atlas de son grand ouvrage, et on peut lire ce qu’il 
en dit dans le chapitre où il traite de l’organe du 
calcul. 

Le n° 9 3 présente le masque en plâtre moulé pro- 
bablement d’après une statue de Newton. Mais l'au- 
tiste a su bien saisir les formes qui indiquent les 
grands lalensde cet homme célèbre comme géomètre 
et mathématicien. Les organes du calcul et du rap- 
port de l’espace sont très développés. 


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124 DEUXIÈME PROMENADE. 

Sens des mécaniques . 

L’organe de ce sens est, dans l’homme, 
une circonvolution cérébrale roulée eu 
spirale qui, par son développement, déter- 
mine à l’extérieur du crâne, dans la région 
temporale, à la hauteur ou un peu au-des- 
sus de l’œil, une grande protubérance ar- 
rondie. 

Le n. ar présente le buste moulé sur nature de 
Chapotely pâtissier à Paris. Il a appris seul, sans 
maître et poussé par une impulsion intérieure, 
toutes les parties de l’art de la peinture. Il fait des 
statues, et construit des machines ingénieuses; ce 
sont ses moyens ordinaires de distraction, ce qui ne 
l’empêche pas de se livrer avec assiduité à ses travaux 
de pâtissier. Il est parvenu, dans la peinture du décor, 
à un degré de perfection tel, qu’il s’est fait remarquer 
parmi les artistes qui excellent dans ce genre. La 
seule inspection d’une machine suffit, le plus souvent, 
pour lui en faire comprendre la construction. Il se 
sert adroitement de tous les outils de menuiserie, 
sans avoir appris ce métier. Il est vraiment né pein- 
tre et mécanicien. Sous le rapport du caractère, il 
est d’une persévérance remarquable , et il a lï«— 
stinct de domination. On peut voir, par l’examen de 
sa tête, qu’il a bien les organes corresponda 11s aux fa- 
cultés et aux qualités que nous venons d’énu- 
mérer. 

Au n. 5 a est le masque moulé sur nature du ba • 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. I&5 

ron de Draïs. Cet homme, que sa fortune et sa posi- 
tion sociale semblaient éloigner des occupations ma- 
nuelles, s’est adonné avec passion à des constructions 
mécaniques; et il a fait dans ce genre des construc- 
tions ingénieuses. Il est l’auteur des petites voitures 
connues sous le nom de Draisiennes. 

Au n. 67 est le masque moulé sur nature de 
M. JVeilamann, directeur de l’entreprise du gaz hy- 
drogène portatif. Les organes de la mécanique et du 
calcuhont très développés ; et sous ces deux rapports, 
c’est un homme d’un talent distingué. 

Le n. 2 35 offre le crâne d’une modiste qui était 
fort habile dans sou art. Gall faisait observer, en 
montrant ce crâne à ses auditeurs, que l’organe de 
la mécanique y est bien développé; que c’est à cette 
faculté qu'ou doit rapporter le modeste talent qui a 
fait la réputation de celle femme ; et qu’il avait tou- 
jours rencontré la même organisation aux habiles 
marchandes de modes. Les organes qui constituent 
Je caractère ambitieux sont également très dévelop- 
pés, et ils doivent être considérés comme la cause ex- 
citante de l’organe qui faisait la base du talent de la 
modiste. 

Le n. ia 8 est la copie en plâtre du crâne de Ra- 
phaël , qui est déposé à Rome. Ce crâne est remar- 
quable par le grand développement des organes de 
Y ambition, de la mécanique d’où ressort le talent du 
dessin ; et de Y amour physique : c’est sous ce triple 
rapport, que Gall montrait cette pièce dans sescours. 

Au n. 3a5 ou voit le buste en plâtre de Brèguet , 
célèbre horloger. C’est une imitation qui représente 
bien les formes de la tète de ce savant mécanicien 
dans leurs proportions naturelles. L’organe de la cour 

IX. 


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126 DEUXIÈME PROMENADE. 

struction et celui du sens du rapport des nombres , sont 
bien exprimés. Les organes des facultés supérieures de 
l’intelligence ont egalement un développement re- 
marquable. Bréguet était d’un caractère fort circon- 
spect, et les formes de la tète indiquent les sourcesde 
cette disposition. 

Sagacité comparative. 

Une protubérance qui commence à la 
partie supérieure du Iront, au-dessus de 
l’organe du sens moral, et qui descend en 
se rétrécissant, en forme de cône renversé, 
jusqu’à l’organe de l’éducabilité, annonce la 
faculté dont il est ici question. 

Le crâne inscrit sous le n. 198 est celui d’un jé- 
suite, prédicateur fort distingué. Gall montrait cette 
tête comme le modèle de celle des hommes qui joi- 
gnent à une intelligence distinguée, un caractère très 
noble ; les sermons de ce prédicateur étaient fort cou- 
rus par des personnes de toutes les classes de la so- ~ 
ciété; l’église où il prêchait, était constamment pleine. 
Les jours où il devait monter en chaire, quelque 
élevé que fût le sujet qu’il traitait, il savait le ren- 
dre intelligible à tous ses auditeurs, par des compa- 
raisons et des analogies prises dans les actes et les 
choses ordinaires de la vie de ceux devant lesquels il 
parlait. Son langage était simple et noble; son ex- 
pression, toujours pittoresque, faisait image; et il pa- 
raissait éviter avec soin toutes les idées abstraites. Gall 
faisait observer en montrant cette lêle, qu’elle offre 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. I27 

les formes de celtes des hommes qui exercent facile- 
ment, par la parole, une grande influence sur le peu- 
ple. Les organes de Y éducabilité et de la sagacité 
comparative sont tiès développés. L’organe de la 
fierté a aussi un développement remarquable. 

Le buste en plâtre n. 5 , est celui de Goethe. Les 
formes indiquent un beau développement des orga- 
nes qui constituent les intelligences supérieures, et 
qui sont la causedes talens extraordinaires que Goe- 
the a manifestés dans la carrière des lettres et de la 
philosophie. Le sens des comparaisons est surtout re- 
marquable; les organes du bel esprit (éducabilité), 
de la poésie , de la mémoire verbale, sont aussi très 
faciles à saisir sur cette tète; la région des organes 
de la fierté et de la vanité a une proportion beau- 
coup plus forte que dans la nature, quoiqu’elle soit 
déjà considérable sur la tête vivante de ce célèbre lit- 
térateur. 

Voyez aussi le crâne de Cartouche n. ioa ,p. 119.' 
Meta p hys ique. 

Cet organe est formé de deux proémi- 
nences placées sur une môme ligne hori- 
zontale, une de chaque côté de l’organe 
précédent, et qui, quelquefois, n’en pa- 
raissent dire qu’une continuité. 

Le n° 66 présente un masque en plâtre moulé sur 
nature, de Burdach. C’est un bel exemple de l’orga- 
nisation qui constitue les profonds penseurs, les es- 
prits méditatifs, de laquelle résultent les facultés su- 
périeures de l’entendement humain, les organes du 


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128 DEUXIEME PROMENADE. 

calcul et de la métaphysique sont à-la-fois très déve- 
loppés. Burdach est auteur d’un livre rempli de chif- 
fres et d’idées de philosophie Iran scendante, et d’un 
Traité de physiologie très important. 

Esprit caustique. 

Cette disposition est indiquée au dehors, 
par une double proéminence, placée une 
de chaque côté en dehors de celles de la 
profondeur d’esprit. 

Voyez la tète d’Heuri IV (n° ç5, page no). 

Le n° 1 15 présente une copie authentique du crâne 
de Gresset , le poète auteur de la comédie du Méchant 
et du charmant poème de Vert -Vert. Il a été moulé 
à Amiens, sous les yeux du docteur Rigollot. L 'esprit 
caustique , Véducabilitè , la poésie, la fierté , ont leurs 
organes respectifs très développés. La circonspection 
et la bonté sont nuis. Si on fait attention que Gresset 
était ecclésiastique, on s’étonnera que, revêtu d’un 
caractère aussi grave , il ait pu composer les ouvrages 
que nous venons de rappeler; mais son organisation 
explique suffisamment son goût pour la satire , et 
l’absence de la circonspection rend raison de sa lé- 
gèreté et de l’inconvenance de ses ouvrages, eu égard 
à sa profession. 

Voyez la tète d 'Horace Vernet , n° 43 , p a g e 1 3 3 5 
celle de Lafond } n° 68 , page 122 . 

Tête philosophique. 

Cette faculté, suivant Gall, dépend 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. I29 

d’un organe collectif qui résulte d’un 
heureux concours des facultés supérieures. 

Le plus beau type en ce genre esl la tète de Bacon, 
chancelier d’Angleterre, n° 8g. Ce n’est ici qu’un 
Imsle moulé sur une statue de ce grand homme, 
et les formes sont plus grandes que nature ; mais elles 
indiquent les sources du génie extraordinaire de ce 
•philosophe, qui a sorti toutes les sciences de l'or- 
nière où elles étaient enfoncées , en proclamant les 
avantages des méthodes expérimentales et d’observa- 
tion , sur les données subtiles du simple raisonnement. 

Près de cette tête , on peut placer celle de Vol- 
taire , n° 60. C’est ici également un masque en plâtre 
moulé sur une statue de ce grand homme. Le beau 
développement du cerveau dans toute la région fron - 
taie, explique suffisamment le génie presque universel 
de cet homme extraordinaire , qui s’est fait distinguer 
autant par la variété que par la profondeur et la fa- 
cilité de ses compositions dans tous les genres de 
littérature. 

Poésie. 

• ; 

L’organe de cette faculté est placé dans 
la partie supérieure et latérale de la tête, 
un peu au-dessus des tempes, au-dessus et 
en dedans des organes du sens de la pro- 
priété et du rapport des sons. 

- Sous le n° 3 13 est rangé la copie en plâtre moulée 
sur nature de l’hémisphère droit du cerveau de 
Yabbé Delille . Il est remarquable que la circonvo- 
lution du cerveau , que Gall désigne comme l’organe 


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l3o DEUXIEME PROMENADE. 

qui constitue essentiellement le poète, est la plus dé- 
veloppée de cet hémisphère. 

Le n u 55 nous présente le buste de François , cor- 
donnier-poète. Cet homme vint à Paris à l’âge de dix- 
huit ou dix-neuf ans, n’ayant vécu qr.e dans un petit 
village où ses parens se bornèrent à lui faire appren- 
dre à lire. Il racontait qu’étant encore simple ap- 
prenti cordonnier , il s’arrêtait aux étalages des bou- 
quinistes, et que là il parcourait les livres qui y 
étaient exposés en vente. Ce fui ainsi qu’il fit con- 
naissance avec les tragédies de Corneille et les histo- 
riens latins, dont il trouva les traductions. Bientôt il 
conçut le désir de composer lui-même en vers des 
discours semblables à ceux qu’il avait lus , et c’est en 
s’exerçant autant que les travaux de sa profession 
pouvaient le lui permettre, qu’il devint auteur de la 
tragédie de Palmrre, qu’on lui a entendue réciter 
dans plusieurs salons de la capitale. Il a compose en 
outre plusieurs pièces de vers fort remarquables , 
surtout sous le rapport des pensées fortes, élevées, et de 
l’intérêt dramatique. François est mort peu de temps 
après avoir fait une pevte d’argent assez considérable 
pour l’état de sa fortune. Ses amis ont remarqué qu’il 
en avait conçu un chagrin profond; depuis lors son 
caractère s’est altéré; il parlait sans cesse du malheur 
qui lui était arrivé, et sa santé s’est affaiblie con- 
tinuellement. Les organes les plus développés sont 
ceux de la poésie, de la mimique , de la propriété , 
de la circonspection , de la fermeté , de ï amour de 
V approbation et du calcul. Celte organisation expli- 
que fort bien les talens naturels par lesquels il s’est 
distingué, ses goûts d’économie, et pourquoi une 
perte d’argent lui a causé un graud chagrin. 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. l3l 


Au n° 47 est le buste en plâtre moulé sur na- 
ture de Sestini , poète improvisateur, dont tout Paris 
a pu apprécier le talent extraordinaire. Il était en 
outre musicien et dessinateur à un degré assez re- 
marquable : les organes de la poésie et de la musique 
ont un très grand développement. 

Sous le n° 278 est la calotte du crâne du poète 
Legouvé. L’épaississement de la boîte osseuse est une 
preuve de l’atrophie du cerveau causée par la maladie 
qui l’a rendu aliéné. L’organe de la poésie est bien 
exprimé. Les organes qui constituent le caractère 
ambitieux sont développés aussi d’une manière re- 
marquable. 

Bienveillance ; sens moral. 

Ce sentiment est dû à un organe qui 
rend la partie supérieure moyenne du front 

proéminente en une protubérance allongée- 

✓ 

Le n° 27 offre un masque moulé sur une statue 
de Joseph II , empereur d’Autriche. Quelle que soit 
l’opinion qu’on puisse se former sur la nature des 
réformes politiques que ce souverain a tenté d’opérer 
dans ses états , on ne peut guère contester la bien- 
veillance de son caractère, et sa sympathie pour 
les classes laborieuses et utiles de la société. Celte 
heureuse disposition de ce souverain s’explique na- 
turellement par le développement remarquable des 
organes qui constituent les caractères généreux et 
bienvcillans. L’organe de la musique est également 
bien développé , et ceux qui ont écrit la biographie 


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l32 DEUXIÈME PROMENADE. 

de Joseph II, s’accordent à dire qu’il avait un goût 
déterminé pour cet art , et qu’il en faisait sa distrac- 
tion favorite. Aussi tout le monde sait que son maître 
de violon a toujours eu une grande part dans son 
amitié. Gall montrait cette pièce sous le rapport des 
deux organisations qui viennent d'être signalées. 

Mimique ; faculté d’imiter les actions des 
autres. 

Une proéminence quelquefois arrondie, 
quelquefois allongée et placée un peu en 
arrière et à côté de l’organe de la bonté, 
est l’indice extérieur de cette disposition. 

Sous le n° 17 5 est rangé le crâne de frère Prosper , 
prédicateur distingué. Il réunissait les qualités prin- 
cipales des grands orateurs : une élocution facile , 
une expression vive et forte, une imitation parfaite 
de tous les sentimem humains . avec une tendance 
marquée à la satire des mœurs. Mais ses composi- 
tions oratoires étaient un peu trop abstraites et exer- 
çaient peu d’influence sur ses auditeurs. Les organes 
de la région frontale sont en général bien dévelop- 
pés; mais ceux qui le sont plus particulièrement sont : 
l’organe de la mimique , celui du bel esprit et l’or- 
gane de la poésie. 

Le n° 63 présente le masque moulé sur nature 
du statuaire Lemot , l’un des artistes les plus distin- 
gués de notre époque. Ses ouvrages sont trop connus 
pour qu'il soit besoin de les rappeler. Les formes 
de sa tète montrent un grand développement des 


» 


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CABINET D’ANATOMIE COMPARÉE. l33 


organes de Yimitation , de la construction et de la 
configuration. 

Le n° 43 offre le moule en plâtre d 'Horace Vernet. 
Le grand développement des organes de Y imitation 
et du dessin , le développement des organes de Yédu- 
cabilitê , de l 'esprit de saillie , combinés aux organes 
qui sont la source de Yémulation dont le siège ré- 
pond à la partie supérieure de la tête, et qui ont ici 
un développement bien remarquable, montrent quelle 
part a cette organisation dans les travaux de cet ar- 
tiste. Les défauts que la critique a signalés dans ses 
ouvrages , pourraient être aussi facilement expliqués 
que ses succès. Ses habitudes et son caractère, non 
moins connus que ses œuvres, sont conformes à cette 
même organisation. 

Penchant pour le merveilleux et les choses 
surnaturelles . 

■ Une proéminence placée sur la ligne 
médiane, et qui va de la partie moyenne 
du frontal au sommet de la tête, est le si- 
gne extérieur du développement de cet or- 
gane. 

Le n° 1 3 nous montre un buste copié sur la statue 
antique de Socrate. La haute intelligence qu’il a 
montrée, le caractère sublime de sa morale sont faci- 
lement expliqués par cette belle organisation; le mo- 
dèle d’un parfait développement des organes qui dis- 
posent aux croyances et aux sentimens religieux 
combinés à ceux d’une vaste capacité intellectuelle ; 
1 organe de la fermeté est également bien développé. 

ia 


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l34 DEUXIÈME PROMENADE. 

Au n. 24 on voit un buste moulé sur une statue 
du Tasse. Les proportions sont ici plus grandes que 
nature; mais l'artiste parait avoir bien observé les 
formes de la tète de ce grand poète ; car celles qu’il a 
reproduites expliquent cette fécondité d’imagination, 
cette vaste intelligence , ce goût pour le merveilleux, 
qui distinguent la composition principale du Tasse, et 
qui en fait un des plus beaux chefs-d’œuvre de la lit- 
térature. Gall montrait cette tête sous le rapport du 
développement de l’organe de \n poésie et teV organi- 
sation qui dispose aux visions. 

Sous le n. 188 est rangé le crâne d 'Evà-Cattel, 
tireuse decartes qui fut long-temps fameuse à Vienne 
et qui avait dans cette ville une célébrité comparable 
à celle de mademoiselle Lenormanî, à Paris. Elle 
était très courue par toutes les femmes de la bonne 
compagnie, qui allaient chez elle se faire dire la bonne 
aventure. Cette devineresse croyait sincèrement à la 
vérité de ses oracles. Gall montrait cette tète comme 
le modèle parfait des formes qui indiquent le carac- 
tère crédule de la superstition . 

Sous len. i 4 est rangé le masque moulé surnature 
de Dcshayes, l’ingénieur qui a donné le plan des di- 
gues construites dans le port de Cherbourg. Il s’est 
adonné par goût aux spéculations mystiques, quoi- 
qu’il fût fort habile mathématicien, et il s’est occupé 
avec prédilection à chercher dans des combinaisons 
mystico-mathématiques, des moyens de gagner à la 
loterie. Il y a la plus grande analogie entre cette tête 
et celle des individus n. 4 et 9. Chez toutes on trouve 
l’organe du penchant au merveilleux fort développé. 

Voyez aussi le crâne d’un Papou ( i 63 ); l’organe 
de la théosophie y est très développé. 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. l35 
Fermeté. 

Lorsque les circonvolutions qui prési- 
dent à cette faculté sont bien développées, 
elles bombent le sommet de la tête en une 
protubérance formantun segment de sphère. 

Ces circonvolutions sont placées sous les 
deux angles supérieurs antérieurs des os 
pariétaux, à l’endroit où ceux-ci rencon- 
trent les bords supérieurs postérieurs du 
frontal. 

Le crâne n. 2a5 estcçlui du peintre Unterberger. 

La peinture n’était pas le goût favori d’Unlerberger, 
quoiqu’il y fût assez habile. Il aimait davantage les. 
constructions mécaniques, et était toujours occupé 
d’inventions dans ce genre. Il avait une persévérance 
rare pour poursuivre ses idées. Les choses faciles et 
promptes à faire n’avaient aucun attrait pour lui; il 
avaitbesoin de s’exercer sur celles qui étaient diffi— , 
ciles et qui exigeaient une longue application; la 
mort est venue le surprendre au milieu d’entreprises 
qui auraient eu besoin, pour être achevées, d’une 
existence double de celle sur laquelle il pouvait rai- 
sonnablement compter. Gall expliquait cette disposi- 
tion d’esprit par le grand développement de l’organe 
de la fermeté ; l’organe de la mécanique est assez 
développé. 

Sous le n. 169 est rangé un crâne d’Egyptien, que 
Gall montrait à ses auditeurs en le comparant à des 
têtes de momies pour leur faire voir que les formes 


r. 


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l36 DEUXIÈME PROMENADE. 

des têtes des Egyptiens d’aujourd’hui ne diffèrent 
pas de celles des individus de la même nation qui vi- 
vaient il y a plus de deux mille ans. Il est surtout 
remarquable, parce que Gall a écrit de sa main, et 
dans les derniers mois de sa vie, les noms des or- 
ganes les plus développés : fermeté , propagation , phi- 
lologie } meurtre. 


2® ESCALIER. 

En descendant, on voit dans l’escalier 
plusieurs dessins de têtes d ’ éléphant et de 
rhinocéros fossiles. Au bas de l’escalier, on 
remarque deux squelettes presque entiers 
de plésiosaure , dont nous allons donner 
une courte description , bien que ces ani- 
maux fassent partie des générations anté- 
diluviennes, dont il sera parlé en décrivant 
la salle des ossemens fossiles du Cabinet 
d’Histoire Naturelle. 

Les plcsiosaurei étaient presque de monstrueux 
serpens par la longueur démesurée de leur cou com- 
posé de plus de vertèbres qu’aucun autre animal et 
par la petitesse de leur tête. Le corps différait peu de 
celui d’un crocodile ordinaire; les pattes étaient à-peu- 
près semblables à celles des tortues ; les poumons 
étaient probablement fort étendus et même peut-être, 
à moins qu’ils n’aient eu des écailles fort épaisses, ces 
animaux changeaient de couleur, comme les camé- 
léons et les anolis , selon qu’ils faisaient des inspira- 


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CABINET D’ANATOMIE COMPAREE. iZj 

lions plus ou moins fortes. Les dents étaient très 
grêles et poiutues, inégales, un peu arquées et can- 
nelées longitudinalement. Le nombre des inférieures 
s’élevait à vingt-sept de chaque côté. On ne connaît 
pas précisément celui des supérieures. Ils pouvaient 
avoir neuf mètres de longueur. Ces animaux, dont il 
existait probablement plusieurs espèces, vivaient dans 
la mer et sur ses bords. Ils appartiennent à la couche 
des terrains secondaires , nommés jurassique , et s’y 
rencontrent avec les débris d’autresimmenses reptiles. 

On voit aussi un plâtre peint de diverses 
portions d’un squelette restitué d’un mé- 
gathérium. 

Animal fossile trouvé presque entier à cent pieds 
de profondeur au milieu du terrain d’alluvion des 
bords de la rivière de Luian, non loin de Buenos- Ay- 
res. Ce mammifère, dont le seul cabinet de Madrid 
possède deux squelettes, avait des formes intermé- 
diaires à celles des paresseux , des tatous et des four- 
miliers. Sa taille pouvait être supérieure à celle du 
bœuf. On pense qu'il avait à chaque membre cinq 
doigts forts et armés d’ongles arqués et crochus. 

1 2° SALLE. 

Cette salle est destinée à contenir les 
squelettes des grands mammifères (pachy- 
dermes ruminans). On y voit des Eléphans 
d 'Asie qui ont vécu autrefois à la Ménage- 
rie, et des Eléphans d’Afrique dont un fe- 

12 . 


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1 38 DEUXIÈME PROMENADE. 

rneîîe a été atftrefois disséqué par Du- 
vernéy.. 

Ces squelettes prouvent que les éléplians ont les 
jambes articulées comme tous les autres mammifères 
et que l’opinion contraire soutenue par plusieurs 
voyageurs est dénuée de fondement. 

On pourra aussi se rendre compte, en examinant 
certaines parties de ces squelettes, telles que les deux 
premières vertèbres cervicales et toutes celles du dos, 
de la facilité avec laquelle des anatomistes prévenus 
ont pris des ossemens d’clcphans fossiles pour des os- 
semens humains. En effet, ces os ont plus d’analogie 
avec ceux de l’homme qu’avec les vertèbres de tout 
autre mammifère; et , pour ce qui est des autres por- 
tions, la figure des os des membres, depuis les pha- 
langes jusqu’aux épaules et au bassin , peut en impo- 
ser à des observateurs superûciels qui ne connaîtraient 
que le squelette humain. 

Voilà les matériaux sur lesquels on échafaudait 
l’existence des ^éans , et cette opinion , qui semble 
prendre plus de place dans l’imagination des hommes, 
à mesure que l’on descend le cours des siècles, et qui 
paraît même avoir sa source dans toutes les théogo- 
nies, était sans doute soutenue par la découverte d’os- 
semens d’éléphans fossiles nécessairement plus fré- 
quente qu’anjourd’hui dans 1# commencement de l’état 
actuel du globe. 

On peut aussi remarquer la structure singulière 
des dents molaires composées d’un certain nombre 
de lames de substance osseuse enveloppée d’émail et, 
liées ensemble par une espèce de ciment nommé sub- 
stance corticale. Ces dents , à me-;ure que la mastica- 


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CABINET D’ANATOMIE COMPARÉE. . 1 3g 

tion les use par leur partie antérieure, s’avancent 
vers le devant de la mâchoire en faisant place au déve- 
loppement d’un nouveau germe qui donnera naissance 
à une dent composée d’un plus grand nombre de la- 
mes. OLn a vu le changement de dents s’opérer jus- ' 
qu’à neuf fois dans l’espèce de l’Inde. 

On voit aussi deux squelettes d'hippopo- 
tames : l’un i apporté par M. Deîalande ; 
l’autre envoyé par M. Roger, gouverneur 
de cette colonie ; neuf de rhinocéros , dont 
un du Cap, rapporté par M. Delaîande ; 
un autre des Indes, disséqué par Mertrud, 
en 1793, et reconnaissable à ce qu’il n’a 
qu’une seule corne; enfin trois de Java, dé- 
couverts et envoyés par MM. Diard et Du- 
vancel, et deux de Sumatra, envoyés par 
les mêmes naturalistes. De ces deux der- 
nières espèces, plus petites que les précé- 
dentes , celle de Java est unicorne , et celle 
de Sumatra bicorne. On voit aussi trois 
squelettes de girafes , dont un envoyé en 
Europe par le colonel Gordon. Enfin des 
squelettes de tapirs , de chevaux , de cha- 
meaux et d 'antilopes. 

C’est ici l’occasion de s’assurer que les bosses des 
chameaux ne sont eu rien constituées par des os ou 
des prolongemens des vertèbres , comme on le eroit 
généralement. 


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l40 DEUXIÈME PROMENADE. 

Cinq meubles dans cette même salle contiennent 
des squelettes de tortues. On peut remarquer que les 
épaules et les hanches sont situées en dedans du 
grand bouclier ou carapace formé par les côtes , ce 
qui, joint à d’autres particularités, les faisait appeler 
par M. Cuvier des animaux retournés. Si on examine 
avec un peu de soin la carapace des tortues, on 
•verra qu’elle est formée par un élargissement consi- 
dérable des côtes qui constituent des espèces de ban- 
des osseuses , dont les bords engrènent par des poin- 
tes , d’une manière fort solide. La ressemblance qui 
existe entre le mode de réunion de ces pièces chez les 
tortues et des os du crâne chez l’homme en fait pren- 
dre, dans quelques circonstances, des débris de ca- 
rapace pour des parties de crânes Immains d’une di- 
mension énorme. 

En sortant, on voit des mâchoires de ha- 
leines, placées contre les murs, et dans la 
cour, le cachalot dont nous avons parlé. 


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GALERIES D'HISTOIRE NATURELLE. 



CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 


îroisiriuf |)rommaîïf. 


CABINET D’HISTOIRE NATURE1IE. 

> COLLECTIONS DE MAMMIFÈRES 

ET D’OISEAUX. 

( Professeur M. Geoffbo* Saint-IIilaibe ; Gardien M. Kicner). 

La. collection de mammifères occupe 
quatre salies du second étage du Cabinet 
d’Histoire naturelle. De ces salles deux sont 
à l’extrémité nord du bâtiment (à la droite 
d’une personne qui se dirigerait du pont 
d’Austerlitz vers cet édifice), une autre est 
à 1 extrémité méridionale. Enfin quelques 
grands pachydermes (<) sont placés dans la 
salle du rez-de-chaussée par laquelle on 
arrive les jouis d’entrée publique. Pour 
exaipiner la collection dans un ordre con- 

(i) Mammifères dont la peau est épaisse et dont les 
duigtssont enveloppes desabots :tels sont les éléphaus, 
les tapirs, les sangliers, etc. 


ï42 TROISIÈME PROMENADE. 

venable, on se rendra de suite, quelle que 
soit la porte par laquelle le lecteur entrera, 
dans la salle des singes , située, comme nous 
l'avons dit plus haut, à l’extrémité nord du 
second étage. 

PREMIÈRE SALLE DU SECOND ÉTAGE. 

Armoire 1. 

On doit remarquer dans cette armoire, 
les orangs et les gibbons , qui de tous les 
singes sont ceux qui ressemblent Je plus à 
l’homme , par leur absence de queue , la 
brièveté de leur museau, et une attitude 
qui se rapproche, jusqu’à un certain point; 
de la position verticale. 

L’un des orangs roux empaillés quel’on voit ici, est 
le premier qui ait été amené vivant en France. Il ap- 
partenait à l’impératrice Joséphine, et se faisait re- 
marquer par beaucoup de gentillesse et de douceur. 
Il aimait à être caressé, donnait de véritables baisers , 
et paraissait trouver un fort grand plaisir à téter les 
doigts des personnes qui, l’approchaient. Son cri était 
guttural et aigu; il ne le faisait enteudre que quand 
il desirait vivement quelque chose. Alors tous ses 
signes étaient expressifs ; secouant sa tête pour mon- 
trer sa désapprobation , il boudait quand on ne lui 
obéissait pas; et lorsqu’il était fâché tout de bon, il 
criait très fort en se roulant par terre : son cou s’en- 
flait alors beaucoup. Il arriva à Paris dans le courant 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE, ifô 

du mois de mars 1808; il avait passé par l'Ile de 
Fraoee et on le débarqua en Espagne. Transporté 
par terre à Paris , pendant la mauvaise saison , il eut 
plusieurs doigts gelés au passage des Pyrénées. Les 
soins les plus assidiu ne purent lui rendre la santé • 
il mourut après avoir langui pendant cinq mois : il 
n’était âgé que d’un an et demi seulement. Parmi 
Jes traits d’intelligence rapportés de cet animal par 
son illustre historien M. Frédéric Cuvier, nous cite- 
rons les deux suivans : « Aimant à jouer avec un petit 
chat qu’on lui avait donné, il en fut égratigné; aus- 
sitôt il regarda fort attentivement le dessous des 
pattes, et y ayant trouvé les griffes, il examina com- 
ment elles étaient faites et essaya de les arracher 
avec ses doigts. Se servant assez maladroitement de 
fourchette et de cuiller, lorsque les choses qu’il vou- 
lait saisir avec ces instrumens semblaient s’y refuser, 
il présentait la fourchette et la cuiller aux personnes 
qui l'environnaient, pour qu’on l’aidât dans ce qu’il 
n’avait su faire. » 

Près de l’oraug roux de l’impératrice, on en voit 
un autre plus grand rapporté de Sumatra par M. Du- 
vaucel. Dans la même armoire est le pongo ou 
o rang noir , originaire du Congo et de la Gui- 
née. L’individu que l’on voit ici, assis sur une 
planche, avait été amené vivant à Paris chez de 
Ëuffou , où il s’élait fait remarquer par sa douceur 
son adresse à marcher sur deux pieds, à servir à table 
à manger à notre manière et à plier très proprement sa 
serviette. Il est facile au premier coup-d’œit de voir 
qu’il diffère du précédent par un front moins bombé , 
des bras plus courts qui ne tombent guère qu’aux 
genoux , et la couleur noire du pelage. 


x 


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l44 ’ TROISIÈME PROMENADE. 

Dans cette même armoire, sera bientôt 
placé le jeune orang-roux , que le Muséum 
possédait vivant, il y a quelques mois; ce 
jeune orang-roux, du nom de Jack, était 
fort doux avec tout le monde, mais surtout 
avec les enfans et avec son gardien qu’il 
affectionnait beaucoup. Parmi les nom- 
breux traits de sociabilité qui signalèrent 
sa courte existence, on a remarqué que, 
voulant un jour boire le vin sucré que te- 
nait dans son verre lin des enfans du gar- 
dien, et déjà maître du vase, il le lâcha en 
voyant pleurer l’enfant. Plusieurs fois on 
l'a vu mettre des morceaux de bois dans les 
serrures, et les agiter comme s’il eût voulu 
les ouvrir. Tous les jours de grand malin, 
il allait frapper à la porte du gardien et si 
on ne lui ouvrait pas, il se frappait la tête 
contre les murs. Il mangeait à table avec 
le gardien et ses enfans et était de mau- 
vaise humeur, quand on ne lui donnait pas 
tout ce dont mangeait ces derniers. Il se 
servait bien d’une cuiller, mais point de 
fourchette. Quant on le visitait, il était 
fort joyeux, et jouait avec ceux qui l’en- 
touraient, prenait le chapeau des assistans 
et le mettait sur sa tête. Pour marcher il 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 1^5 

1 

était obligé de s’appuyer sur les membres 
antérieurs et n’avançait que fort lente- 
ment. Quand on fuyait son approche, il 
avait recours à un mode de locomotion 
plus rapide; il saisissait la corde qui pen- 
dait au milieu de sa chambre, et s y cram* 
ponnant avec un pied et une main, il se 
lançait d’une extrémité à l’autre de l’ap- 
partement. Quelque temps avant d’èlre 
malade, il mordait quelquefois, mais légè- 
rement et comme le font les jeunes ani- 
maux qui, comme lui alors, poussent des 
dents. Au moindre signe de mécontente- 
ment il lâchait aussitôt. Malgré les soins 
nombreux dont il fut l’objet, il périt le 3 
janvier 1837, d’une affection de poitrine: 
il était à la ménagerie depuis le 10 mai 
4836. Le Muséum l’avait acheté à M. van 
Ysegheni, capitaine au long cours, venant 
de Sumatra; c’est dans cette île qu’il avait 
été pris ainsi que sa mère, qui ne put sur- 
vivre à la perte d’un bras, qu’un coup de 
hache lui avait enlevé dans la chasse dont 
elle et son petit avaient été l’objet. Cette fe- 
melle était aussi fort douce. M.vanYseghem 
a promis de rapporter d’autres individus de 
la même espèce et d’un âge plus avancé, 

i3 



146 troisième promenade. 

Les gibbons^ outre une taille moins con- 
sidérable, se distinguent encore des orangs 
par une portion des fesses qui est nue et 
calleuse. De plus, leurs bras sont encore 
plus longs que dans l’orang-outang. Au 
moyen de ces immenses membres anté- 
rieurs, ils peuvent marcher à quatre pattes 
sans cesser d’être debout, et balançant leur 
corps comme une fronde sur ces longues 
béquilles, se lancer d’un arbre à l’autre 
avec la rapidité de l’oiseau. Cantonnés 
dans les parties les plus fourrées des forêts 
orientales de l’Asie, ils ont pour habi- 
tude de rester assis en nombreuses so- 
ciétés sur les grosses branches des arbres. 
Parmi les espèces les plus dignes d’atten- 
tion , nous devons remarquer : le siamang 
découvert à Sumatra par Alfred Duvau- 
cel. Toujours dans la meme armoire , nous 
remarquerons : le douc } habillé de couleurs 
tranchantes et variées, comme un suisse de 
cathédrale. C’est à lui que commencent ces 
singes à queue longue et relevée en trom- 
pette, à train de derrière plus haut que ce- 
lui de devant, auxquels on donne le nom 
générique de guenons. Les uns appartien- 
nent comme le doue au continent asia- 

r 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE, ifcj 

tique; on les reconnaît à leur tête d’une 
couleur plus foncée que le reste du corps , et 
dans l’état de vie à un caractère doux et pai- 
sible. Tels sont dans les armoires sui van tes : 

Armoires 2, 3 et A. 

La guenon nasique ou hahau, ainsi nom- 
mée de son cri qui se compose des deux 
syllabes ka-hau et de la monstrueuse dispo- 
sition de son nez en forme de cuiller fen- 
due, et du singulier cri qu’elle jette sur les 
bords des rivières de la Cochinchine sa 
patrie ; Xentclle est encore une autre espèce 
de guenon asiatique , ou semnopithèque , 
singulièrement révérée des adorateurs de 
Brama, qui regardent comme une précieuse 
faveur du ciel, d’être saccagés et pillés par 
une troupe de ces animaux. Dans la même 
armoire nous voyons des guenons d’ Afrique. 

Reconnaissables à leuv tète d’une couleur claire, 
et dans l’état de vie à la pétulance et à la malicieuse 
méchanceté , qui font , avec l’instinct le plus indus- 
trieux et le plus effréné pour le pillage, le fond de 
leur caractère. Occupés à la maraude, ils placent 
pour les avertir des sentinelles sur les lieux les plus 
élevés , se dispersent sur un ou plusieurs rangs , se 
jettent de main en main les fruits cueillis par les chefs 
placés à la tête de chaque chaîne, et en un instant 
le champ est entièrement ravagé. Ils sont encore aidés 


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148 troisième promenade. 

dans ces rapides évolutions par de larges poches (aba- 
joues) placées dans l’épaisseur de leurs joues, et qui 
leur servent de magasin , jusqu’à ce que, rentrés dans 
leurs forêts, ils puissent dévorer à leur aise le pro- 
duit de leurs rapines. A cette division des guenons 
appartient le patas, facile à reconnaître à son dos 
fauve , son ventre blanc et le bandeau noir qui en- 
toure ses yeux. 

Armoires 4 et SU 

Ici se voient les singes les plus brutaux 
et les plus féroces : tels que les payions; 
leur tête terminé;par un museau allongé et 
comme tronqué au bout, les fait ressem- 
bler à des chiens; ce qui leur a mérité le 
nom de cynocéphales ou singes à tête de 
chien . Presque tous habitent l’intérieut de 
l’Afrique , leur force et leur caractère bru- 
tal les rendent dangereux même pour les 
hommes. Ils vivent en troupes plutôt sur 
les rochers que dans les forêts. Chaque so- 
ciété s’établit dans un canton particulier, 
qu’elle n’abandonne qu’à la dernière extré- 
mité, et dont elle défend l’entrée, même aux 
plus gros animaux. On assure qu’on en a 
vu enlever des négresses et des enfans , et 
les retenir pendant plusieurs années pri- 
sonniers dans leurs cavernes, où ils les nour- 
rissaient avec soin. Le plus grand et le plus 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. I 

redoutable d’entre eux est le baboin che- 
velu , qui habite en troupe les montagnes 
boisées du Cap. Le Muséum possède les 
deux sexes et les différens âges de cette 
espèce depuis le voyage au Cap de M. De- 
lalande. On voit aussi le mandril indigène 
de la Guinée ; ce singe féroce et si redouté 
des peuplades nègres est un des animaux 
les plus hideux et les plus extraordinaires 
parles couleurs rouges et bleues pourprées 
dont sa figure et sescallositéssont colorées. 

On remarque aussi le singe noir sans 
queue des îles Soloo , donné au Muséum par 
M. Dussumier. 

« L’armoire située entre les deux fenêtres, 
renferme des ouanderous et des magots 
(voyez à la Ménagerie pages 62 et 54). 

La grande armoire placée à gauche en 
entrant, contient les singes du nouveau con- 
tinent ; iis se distinguent de ceux de l’ancien 
par leurs fesses entièrement couvertes de 
poils, leurs narines ouvertes sur les côtés 
du nez, et en ce qu’un grand nombre ont 
une queue préhensile qui leur sert en 
quelque sorte de cinquième main. Nous / 
remarquerons d’abord en haut les alouattes 
ou hurleurs des contrées équatoriales de 

i3. 


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ï5o TROISIÈME PROMENADE. 

l’Amérique, et qu’un larynx monstrueux 
rend difformes dans la partie du cou qui 
correspond à cet organe. Au dessous sont 
les sajous , parmi lesquels nous ferons re- 
marquer le sajou à face blanche et le sajou 
cornu qui a de chaque coté du front une 
touffe de poils noirs. 

Enfin les atèles : 

Caractérisés par leurs membres longs et grêles, 
et dont la main a le pouce, en tout ou en partie, ca- 
ché sous ia peau. A voir la lenteur habituelle de ces 
animaux, on les croirait malades, mais lorsqu’ils ont 
besoin de leur agilité, ils franchissent en sautant d’é- 
normes distances. Ils vivent en troupes sur les bran- 
ches élevées des arbres , et paraissent avoir beaucoup 
d’intelligence et d’adresse. On assura qu’ils se nour- 
rissent aussi bien d’insectes, de mollusques et de pois- 
sons, que de fruits, et, qu'à marée basse, ils vont 
à ia pêche des huîtres, dont ils savent briser la co- 
quille entré deux pierres. Il paraît que lorsqu’ils 
veulent passer une rivière ou se transporter sans 
toucher la terre, d’un arbre à un autre arbre trop 
éloigné pour qu’il puisse être atteint d’un bond , ils 
s’attachent les uns aux autres au moyen de leurs lon- 
gues queues, et forment ainsi une chaîne qu’ils font 
osciller jusqu’à ce que l’extrémité libre arrive assez 
près du but, pour que le dernier individu puisse s’y 
accrocher et tirer à lui ensuite ses camarades. 

Ensuite viennent les singes de nuit y 
u queue nue , préhensile , et que l’on con- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. l5* 

naît vulgairement sous le nom de sakis : 
parmi eux on remarque surtout, le capucin 
de rOrénoque , ainsi nommé à cause de sa 
longue barbe. M. de Humboldt, qui le pre- 
mier l’a décrit , rapporte que lorsqu’il veut 
boire il prend de l’eau dans le creux de sa 
main et la verse dans sa bouche en ayant 
soindene pas mouiller sa barbe. L’individu 
que l’on voit ici, est celui que M. de Hum- 
boldt avait observé pendant son voyage à 
l’Orénoque. 

On voit enfin des ouistitis, très petits 
singes d’une forme agréable, la tête ronde, 
le visage plat, et dont la queue touffue n’est 
pas prenante; tous leurs doigts, à l’excep- 
tion du pouce des membres antérieurs, sont 
armés de griffes, qui leur servent à grimper 
sur les arbres à la manière des écureuils. 

SECONDE SALLE DU SECOND ÉTAGE, (l) 

Remarquons les makis dont les différen- 

(i) L’ordre écologique suivi dans îa collection , de- 
mandant que l’on passe de la seconde salle dans la 
troisième, pour revenir ensuite dans la seconde, nous 
avons cru ne pas devoir eu indiquer la séparation. II 
faut faire le tour de ces deux salles en commençant 
par la gauche. 


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l5a TROISIÈME PROMENADE. 

tes espèces se rapprochent des singes; par 
la présence de mains aux quatre membres; 
par leurs mouvemens et leurs habitudes ; 
et s’en éloignent par leur museau allongé 
comme celui des renards. Tous sont origi- 
naires de Madagascar et des îles voisines. 
Les espèces les plus remarquables sont le 
mococo gris-cendré et le maki rouge , roux— 
maron vif, la tète, les quatre mains, la 
queue et le ventre noirs. A côté est l’indri, 
découvert par Sonnerat , et que les Madé- 
casses dressent comme un chien à la chasse ; 
il se fait remarquer par son absence de 
queue. Viennent ensuite les tarsiers , ori- 
ginaires des Moluques et remarquables 
ainsi que les suivans par la lenteur exces- 
sive de leurs mouvemens. Les galagos , 
dont les pieds de derrière, beaucoup plus 
longs que ceux de devant, et munis de 
mains comme les antérieurs, rappellent 
l’organisation de la gerboise transportée 
sur les arbres : on doit remarquer l’allon- 
gement filiforme du second doigt des pieds 
de derrière , ainsi que l’effilement en alêne, 
et le redressement de l’ongle qui garnit ce 
même doigt. 

Toujours dans la môme armoire , on 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. l53 

voit : des hérissons , dont un est roulé en 
boule pour se défendre de ses ennemis; 
des musaraignes , petits animaux couverts 
de poils, vivant dans des trous qu’ils se 
creusent en terre, et ne sortant que le soir, 
pour chercher des vers et des insectes, leur 
nourriture habituelle; des tenrecs , qui sont 
hérissés de piquans, comme les hérissons, 
et qui vivent dans l’île de Madagascar. On 
prétend qu’à l’opposé des autres animaux, 
ils tombent en léthargie pendant les plus 
grandes chaleurs. Derrière ces petits mam- 
mifères, est en partie caché le corps d’un 
ours blanc de la mer Glaciale ; il se recon- 
naît à la couleur de son poil , à sa tête apla- 
tie, à un corps allongé qui décèle ses habi- 
tudes aquatiques. Il se nourrit de poissons, 
de morses, de phoques et de petits balei- 
neaux. Il quitte rarement les rivages de la 
mer, et souvent même habite en pleine eau 
sur des glaçons flottans. Emportés au prin- 
temps avec les glaces du pôle, ils échouent 
quelquefois sur les côtes de l’Islande et de 
, la Norwège. Ils sont alors tellement affa- 
més, qu’ils se jettent sur tout ce qu’ils ren- 
contrent, même sur l’homme, ce qui n’ar- 
rive jamais aux autres espèces. On voit 


s 


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l5 4 TROISIÈME PROMENADE. 

aussi des ours noirs de V Amérique septentrio- 
nale, et des ours bruns d’Europe.- Le pre- 
mier habile le Canada et la Louisiane, et y 
construit sa bauge à 3o et 4« pieds de hau- 
teur, sur de vieux arbres morts que l’on 
incendie pour le prendre ainsi que ses 
petits ; Y ours brun se construit des cabanes 
garnies de mousse à l’intérieur, où il passe 
l’hiver en léthargie. On. remarque aussi 
Yours jongleur , ainsi nommé, de l’habitude 
qu’ont les bateleurs de l’Inde, de le dresser 
à faire différens tours. Il a les cartilages du 
nez dilatés, le bout de la lèvre inférieure 
allongé, et l’un et l’autre mobiles. La faci- 
lité avec laquelle il perd ses incisives, l’a 
fait prendre autrefois pour un paresseux. 
Celte espèce a été rapportée par M. Lesche- 
nault, des montagnes des Gates (voyez 
page i4 ). On aperçoit aussi Xaye-aye de 
Madagascar, ainsi appelé de son cri. Cet 
animal singulier et unique dans les collec- 
tions de l’Europe , présente à son membre 
antérieur, un doigt médian fort grêle, 
avec lequel il prend sa nourriture comme 
le font i es Chinois avec un stylet d’i- 
voire. 

Vient ensuite le galcopithèque, à la peau 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. l55 

des flancs élargie en parachute , et qui 
saute de branche en branche dans les fo- 
rets de l’Archipel Indien, pour attraper 
les petits oiseaux et les insectes dont il se 
nourrit. Puis le desinan , dont les doigts 
réunis par une membrane en forme de na- 
geoire, la queue aplatie en gouvernail , et 
la tête prolongée en une petite trompe 
propre à saisir des insectes, indiquent assez 
la manière de vivre. Remarquez aussi la 
taupe , véritable type des animaux fouis- 
seurs. Voyez, et sa main transformée en une 
véritable pelle tranchante et qui regarde 
en dehors pour rejeter dans ses fouilles la 
terre de côté, et ce museau soutenu et ter- 
miné par un boutoir qui lui sert à relever 
la terre, et cet œil si petit qui jamais ne voit 
la lumière. 

Au dessous on voit : les ratons , dont les 
formes, à l’exception de la queue qui est 
longue, rappellent les ours. Celui que l’on 
appelle laveur, a mérité cette dénomina- 
tion, de son habitude de ne manger rien, 
sans l’avoir plongé dans l’eau; les coatis au 
long nez , des parties chaudes de l’A- 
mérique (voyez page i6); le blaireau 
solitaire; le glouton du nordj qui se rend 


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l56 . TROISIÈME PROMENADE. 

maître des plus grands animaux, en sau- 
tant sur eux du haut d’un arbre ; le ra- 
tel du cap de Bonne-Espérance, qui creuse 
la terre avec ses longues griffes de devant y 
pour découvrir les rayons de miel des 
abeilles sauvages. Puis, viennent les mam- 
mifères carnassiers digitigrades dont le 
corps est si allongé, et les membres si courts, 
qu’on les nomme vermiformes . Ce sont : les 
loutres , dont la tête plate, la queue dépri- 
mée, les pieds courts et palmés, font des 
animaux aquatiques qui établissent leurs 
terriers sur le bord des rivières ou sur les 
rivages de la mer, avec lesquelles elles les 
font communiquer par un long boyau. On 
doit surtout remarquer la loutre de mer , 
dont le pelage noirâtre a l’éclat du velours. 
Les Anglais et les Russes vont chercher cet 
animal au nord de la mer Pacifique, pour 
vendre sa peau à la Chine et au Japon , 
on voit aussi les martes , communes à l’Eu- 
rope, à l’Asie septentrionale, et au Nou- 
veau-Monde. On distingue : la marte com- 
mune de l’Europe, dont le pelage est géné- 
ralement d’un brun lustré avec une tache 
d’un jaune clair sous la gorge, et dont la 
nourriture consiste en petits oiseaux et en 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. l5j 

oeufs, qu’elle va dénicher sur les branches 
les plus élevées des forêts ; la fouine , un 
peu moins grande, avec une tache plutôt 
blanche que jaune, et qui fait de grands 
ravages dans nos basses-cours à la portée 
desquelles elle a l’habitude de se tenir. 
L’espèce la plus remarquable, est la zibé- 
îine , célèbre par sa magnifique fourrure, 
elle habite les montagnes glacées de l’Asie. 
On entreprend de pénibles et dangereux 
voyages, pour en faire la chasse pendant 
l’hiver au milieu des neiges. L’individu 
que l’on voit ici, est un présent fait à Buffon 
par l’impératrice de Russie. 

Viennent ensuite : les putois , qui ont le 
museau un peu plus court que les martes, 
et sont les plus carnivores de tout l’or- 
dre, les chats exceptés. Les différentes es- 
pèces sont réparties dans toutes les parties 
du monde. On distingue le putois commun , 
long d’environ un pied j son pelage est 
brun en dessus, jaune sur les côtés, jau- 
nâtre sous le ventre ; le museau est blanc. 
Cet animal vit près de nos habitations, se 
glisse dans les basses-cours, y met tout à 
mort, et après avoir apaisé sa faim, em- 
porte peu-à-pcu ce qu’il a tué. Son nom 

14 


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l58 TROISIÈME PROMENADE. 

vient de l’odeur infecte qu'il répand, sa 
fourrure douce et chaude est assez recher- 
chée. Nous remarquerons aussi I e furet, au 
pelage varié et originaire d’Afrique ; la 
gentille belette , au dessus du corps couleur 
marron- clair, avec, le venlre blanc ; Yhcr- 
mine , rousse en été et blanche en hiver, 
avec le bout de la queue noir en toutes 
saisons. Enfin les zori'les infectes de l’A- 
mérique du nord. 

L’armoiie suivante renferme le genre 
des chats , caractérisés par des ongles ré- 
tractiles, la force, la brièveté des mâ- 
choires, et la souplesse des mouvemens : 
c’est là que sont rangés les mammifères les 
plus carnivores et les plus puissans. Nous 
remarquerons : le chat sauvage ordinaire , 
originaire des* forêts de l’Europe , son pe- 
lage est gris-brun en dessus, avec des ondes 
transverses plus foncées , le dessous du 
corpsetle dedans des cuisses sont jaunâtres; 
le lynx d’Europe ou loup-cervier des four- 
reurs, dont le queue est courte et le pelage 
roux tacheté de brun, et qui n’habite plus 
guère que les Pyrénées et les montagnes 
du royaume de Naples ; le chat-cervier des 
Etats-Unis, grisâtre, moucheté de brun 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. l5p 

avec la queue annelée; enfin des jaguars y 
des servals j des panthères et des tigres , dé- 
crits dans la Ménagerie payes 1 2, 19,8 et 11. 

L’armoire suivante présente : l’ ocelot , le 
couguar , vulgairement lion d’ Amérique , 
d’une teinte fauve-roux uniforme et d’une 
taille assez considérable; enfin, les lions 
décrits page 9. 

Vient maintenant le genre civette , com- 
prenant : les mangoustes, dont une espèce, 
Vichne amon , décrite page 20, est due aux 
recherches de M. Geoffroy Saint-Hilaire; 
les paradoxuresy dont la seule espèce, le 
pougounéy qui se voit ici , est appelée par 
les Français de Pondichéry, martre de pal- 
mier y parce qu’elle se tient ordinairement 
sur ces arbres ; les civettes , dont l’espèce la 
plus grande, originaire des parties les plus 
chaudes de l’Afrique, a le corps cendré, 
irrégulièrement barré et tacheté de noir, 
et fournit le parfum qui porte son nom. 
Cette matière odorante est sécrétée par 
deux glandes situées au fond d’une poche, 
entre l’anus et i’origine de la queue. On 
voit ensuite : des hyènes , des chacals, des 
loups et des chiens. Parmi les hyènes dont 
nous avons décrit les deux principales es- 


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l6o TROISIÈME PROMENADE. 

pèces dans la Ménagerie, on doit remar- 
quer, le chien hyénoïde ( hiena picla ) con- 
nu depuis peu d’années, et indiqué par les 
vo) T ageurs sous le nom de chien chasseur 
des Hottentots. 

Sa taille est celle de l’hyène, mais il est plus haut 
sur jambes et plus élancé ; ses oreilles larges et ar- 
rondies, sont velues; quant au pelage, il est varié 
et comme marbré de blanc, de noirâtre et de jaune ; 
la couleur noirâtre s’étend principalement sur le mi- 
lieu du crâne , la gorge et les deux tiers de la queue ; 
le blanc domine sur les quatre extrémités et le reste 
de la queue. Les mœurs sont celles des chiens sau- 
vages. Ils vivent en troupes nombreuses, chassant 
en plein jour et avec une sorte d’ensemble et d’ac- 
cord , s’approchant ainsi jusque auprès des villes. Ui> 
voyageur digne de foi a assuré à M. Isidore Geoffroy 
que cet animal tenait dans un état habituel de flexion, 
non pas seulement, comme les hyènes, le membre 
postérieur , mais aussi , ce qu’on n’observe chez au- 
cune autre espèce, le membre antérieur. 

Le loup noir d’Europe, que l’on voit ici, 
se trouve rarement en France , son pelage 
est d’un noir profond avec un peu de blanc 
au bout du museau, et une petite tache de 
même couleur sous la poitrine (voyez poul- 
ie loup commun, la Ménagerie, page 23). 

On remarque aussi le Jfennec , sujet de 
tant de contestations, de doutes et d’erreurs 

t. 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. l6l 

parmi les naturalistes , et reconnaissable à 
ses immenses oreilles et à la couleur fauve- 
blanchâtre cle son poil ; cette espèce de re- 
nard se creuse des terriers dans les sables 
de la Nubie. 

Plus loin sont les phoques, dont les diffé- 
rentes espèces ont été vulgairement nom- 
mées : veau marin , lion marin , éléphant 
marinj etc. 

Conformés pour vivre dans la mer , les phoques 
se trouvent par nombreuses légions vers les glaces 
éternelles des pôles. On les rencontre aussi sur les 
rivages équatoriaux,' mais ils vivent isolés et soli- 
taires. Leur nourriture consiste en poissons et en 
crustacés; ils mangent aussi des oiseaux et des plantes 
marines. C’est au milieu des dangers des plages po- 
laires, que les Anglais et les Américains envoient 
leurs navires à la chasse des phoques pour rapporter 
les fourrures de differentes espèces qu’ils vendent à 
la Chine, et de l’huile que l’on consomme en Europe 
et aux États-Unis. Les Kamtschadales leur font aussi 
une guerre active; ils en mangent la chair, et leur 
graisse parait être pour eux un mets délicieux. La 
peau leur sert à faire des pirogues et des vètemens. 
Le phoque commun offre jusqu’à trois et quatre pieds 
de longueur; sa couleur, d’un gris-jaunâtre, est 
nuancée on tachetée de brun. Le phoque à trompe , 
le plus grand de tous, vit dans la mer Pacifique, 
il acquiert d’énormes dimensions , atteint jusqu’à 
trente pieds de longueur et pèse plus de de 1,000 liv; 

* 4 . 


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1Ô2 TROISIÈME PROMENADE. 

U ours marin , dont Pérou a fait le genre otarie , a 
les oreilles saillantes. 

Sur la corniche, on remarque le morse, 
vulgairement vache marine ou h etc à la 
grande dent , 

Il n’en existe qu’une seule espèce qui se trouve par 
troupeaux vers les rivages du pôle septentrional, où 
ces animaux promènent leurs sauvages familles sur 
les amas de glaces qui encombrent la mer. Le morse 
acquiert une taille considérable; ou en a pris qui pe- 
saient jusqu’à 3,000 livres. Il vit d’algues, de matières 
animales , surtout de coquillages que son système 
dentaire, qui semble plutôt fait pour briser des corps 
durs que pour broyer' des végétaux ou couper des 
chairs, le met à portée de pouvoir réduire facilement 
en bouillie à l’aide des enfoncemens et des saillies 
des molaires , qui out la disposition d’un mortier; les 
deux défenses servent peut-être à détacher les mollus- 
ques des rochers. Ou tue les morses pour en extraire 
la graisse; leur peau et leurs défenses sont aussi des 
objets de commerce. L’abondance de ces mammifères 
est quelquefois telle, que daus une seule chasse on^eQ 
détruit jusqu’à 12 ou i, 5 oo. 

Viennent ensuite les mammifères marsu- 
piaux : 

Dont les femelles présentent un phénomène bien 
remarquable, c’est que leurs petits naissent à l’état 
de fœtus et lorsqu’ils n’ont encore que le germe des 
membres et des organes extérieurs. Ils sont reçus 
alors dans une poche que la mère a sous le ventre » 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. l63 

et qui est formée par la peau de l’abdomen repliée 
autour des mamelles; ces petits y saisissent la ma- 
melle par iuslinct, ils y sont préservés d’accideus et 
s’y retirent même lorsqu’ils commencent à marcher. 
Quand ils sont devenus trop grands pour que la 
poche puisse les contenir, ils se placent sur le dos 
de leur mère et s’y tiennent pendant qu’elle court, 
en roulant leur queue autour de la sienne , comme 
ou peut le voir dans le marrnose et le crabier. 

On remarquera d’abord le sarigue à 
oreilles bicolores f oppossum des Anglo- Amé- 
ricains J , à-peu-près de la taille d’un chat, 
à pelage mêlé de blanc et de noirâtre, les 
oreilles mi-parties de noir et de blanc, la 
tête presque toute blanche, venant la nuit 
dans les lieux habités dévorer les œufs, etc. 
Ses petits, quelquefois au nombre de i6, 
ne pèsent qu’un grain en naissant. 

Après sont les kanguroos, les plus grands 
de tous les marsupiaux, et facilement re- 
connaissables à l’immense disproportion 
qui existe entre la longueur des pieds de 
derrière et la brièveté de ceux de devant. 
Voyez pour les mœurs page 62. 

On remarquera : le kanguroo , à poils 
rougese t laineux, qui vient des Montagnes- 
Bleues, et nous a été apporté par MM. Quoy 
et Gaymard, chirurgiens et naturalistes 


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l64 TROISIÈME PROMENADE. 

de l’expédition du capitaine Freycinet. 
Près d’eux on voit : les dasyures de la Nou- 
velle-Hollande, qui remplacent dans ce 
continent , les loups de l’ancien mondé 
et de l’Amérique ; comme eux , en effet, ils 
vivent de cadavres et pénètrent dans les 
maisons où leur voracité est très incom- 
mode ; Jes péramèles , dont le nom signifie 
blaireaux à bourse et est en rapport avec 
leurs formes lourdes, leurs ongles fouis- 
seurs et leurs jambes courtes; les phalan- 
gersy dont le nom vient de ce qu'aux pieds 
postérieurs les doigt indicateur et médius 
sont réunis ensemble jusqu'à la troisième 
phalange. Les uns appelé phalangers pro- 
prement ditSy ont la queue préhensile et 
la peau des flancs non étendue en para- 
chute, ils habitent les Moluques ; d’au- 
tres nommés phalangers volans ou pétau- 
rislesj n’ont pas la queue prenante, et Ja 
peau de leurs flancs est étendue entre leurs 
jambes comme aux polatouches parmi les 
rongeurs. Ils ne se trouvent qu’à la Nou- 
velle-Hollande. lien est une espèce, 1 epha- 
langer volant à longue queue , qui est gros 
comme un surmulot. 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. l65 

Les trois armoires suivantes sont occu- 
pées par l’ordre des rongeurs. 

Ces animaux , généralement de petite taille , sont 
remarquables surtout par la présence de deux grandes 
dents incisives, qui, constituées de manière à s’user 
plus rapidement dans leur partie postérieure que dans 
leur antérieure , restent naturellement taillées en bi- 
seau et fort tranchantes , ce qui leur permet d’at- 
taquer les substances dures, telles que le cuir, le 
bois , etc.; les portions de ces corps durs une fois en- 
levées, sont soumises à l’action de leurs mâchelicres 
qui , au moyen de leurs stries transversales d’émaii , 
et du mouvement d'avant et arrière et d’arrière en 
avant des mâchoires, agissent comme le feraient une 
lime. Un semblable appareil de mastication devait 
, nécessairement exclure les dents canines destinées à 
déchirer de la chair : aussi les rongeurs manquent-ils 
tous sans exception de cette sorte de dents. 

Nous verrons d’abord les écureuils ordi- 
naires et les écureuils volans. 

On remarquera la queue des premiers , dont les 
poils dirigés de côté, simulent une sorte de plume. 
Ces petits animaux , communs aux deux continens, 
vivent sur les arbres, y grimpent avec une facilité 
extrême et s’y construisent une sorte de bauge pour 
s’y reposer et pour y loger leurs petits, ce sont de 
petites cabanes ouvertes par le haut et formées avec 
de frêles bûchettes. Linné rapporte que lorsqu’ils 
voyagent et qu’un fleuve s’oppose à leur course, on 
voit leurs troupes s’embarquer sur des morceaux de 
bois ou d’écorce, s’en servir comme de radeaux et. 


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1 66 TROISIÈME PROMENADE. 


en élendaut leur queue au vent, naviguer rapidement 
vers la rive qu’ils veulent atteindre. Ce fait est éga- 
lement rapporté par le poète Regnard, qui en fut té- 
moin pendant son séjour en Laponie. Les écureuils ne 
s’engourdissent pas pendant l’hiver et ont l’instinct 
d’amasser pendant l’été les provisions nécessaires à 
leur subsistance pendant la saison froide; il se nour- 
rissent de noisettes, de glands, d’amandes, etc., et 
ont une grande propension à cacher en tout temps 
les aiimens qui leur restent. Le tronc d’un arbre, 
creux devient ordinairement leur magasin; ils font 
plusieurs réserves dans des cachettes différentes , et 
iis savent très bien les reconnaître, même sous la 
neige qu’ils écartent avec leurs pattes. C’est dans la 
Sibérie et la Laponie qu’ils fournissent la plus belle 
fourrure, car dans ces pays ils prennent pendant 
l’hiver un pelage d’un beau gris -bleuâtre, vulgaire- 
ment petit-gris. 

Les écureuils volans , ou polatouch.es , se 
distinguent des précédons, par la disposi- 
tion de la peau des flancs, qui s’étend entre 
les quatre membres, de manière à former 
une sorte de parachute qui soutient l’ani- 
mal quelque temps en l’air. Une espèce 
circonscrit pour ainsi dire les régions po- 
laires dans l’ancien continent. D’autres es- 
pèces habitent le nord de l’Amérique et 
l’Archipel indien. 

Viennent ensuite ; les marmottes , à la 
tête large et aplatie ; aux jambes et à la 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 1 6 J 

queue courtes, vivant en société dans les 
Alpes, à une hauteur considérable, et se 
Creusant immédiatement au dessous des 
neiges perpétuelles, un terrier, où, éten- 
dues sur lo foin elles s’engourdissent pen- 
dant l’hiver ; les loirs , dont la chair a le 
goût de celle du cochon de lait, et fai- - 
sait les délices des gourmets de l’an- 
cienne Rome, qui les élevaient comme 
nous le faisons des lapins ; les gerboises, au 
train cl e derrière si allongé, que l'espèce 
commune qui habite les solitudes sablon- 
neuses de l’Afrique, fait des sauts de huit 
pieds de longueur; les hamsters , dont l’es- 
pèce commune, vulgairement marmotte 
d! Allemagne, se construit dans la terre des 
galeries assez compliquées et à plusieurs 
issues, et y dépose une grande quantité de 
grain qu’il transporte au moyen de ses 
abajoues qui peuvent contenir chacune 
une once et demie de blé. 

Remarquons aussi Jes campagnols , re- 
connaissables à leur grosse tète, à leurs 
proportions épaisses, dont deux espèces 
sont assez dignes de fixer l’attention. 

La première est le campagnol ordinaire ou petit 
rat des champs, que dans quelques provinces on 


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l68 TROISIÈME PROMENADE. 


nomme aussi, mais improprement, mulot . Sa taille 
est celle d’une souris, son pelage jaune-brun en des- 
sus , est blanc-sale en dessous. Cet animal , trop bien 
connu dans les campagnes par les nombreux ravages 
qu’il y cause, habite toutes les parties de l’Europe, 
et choisit de préférence les jardins et les champs oit 
il peut facilement trouver des graines. Il n’entre pas 
daus les maisons ni dans les granges, mais se creuse 
une demeure souterraine peu profonde, composée 
de plusieurs cellules en communication entre elles et 
ayant diverses issues. En hiver il se retire dans les 
bois. Leur voracité est extrême, ils détruisent la se- 
mence que l’on met en terre et celle qui vient de 
mûrir. Aussitôt que le blé est près d’être recueilli , 
ils le coupent par la racine, vident l’épi , mangent 
une partie du grain , emportent le reste , et continuent 
ainsi jusqu’à ce qu’ils aient tout moisonné. 

La seconde est nommée campagnol économe, et 
habite toute la Sibérie, peut-être la Suisse et quelques 
parties du midi de la France. Les excursions non pé- 
riodiques de ces animaux sont aussi célèbres dans le 
nord-est de l’Asie, que celles des lemmings dans le 
nord de l’Europe. Au Kamtschalka , quand ils doivent 
émigrer, ils se rassemblent de toutes parts en grandes 
troupes au printemps; dirigés sur le couchant d’hiver, 
rien ne les arrête , ni lacs , ni rivières , ni bras de mer. - 
Beaucoup se noieut; d’au 1res deviennent la proie des 
plongeons et des grandes espèces de saumons; ceux 
qui sont trop fatigués restent couchés sur la rive pour 
se sécher, se reposer et pouvoir ensuite continuer 
leur roule. Heureux quand ils rencontrent des 
Xamtschadales qui les réchauffent et les protègent 
autant qu’ils peuvent. Quand ils ont passé le Penshiiia 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 169 

qui se jette à l'extrémité nord du golfe d’Ochotsk, 
ils côtoient la mer vers le sud, et au milieu de juillet 
arrivent sur les bords de l’Ochotsk et du Joudoma , 
après une course de 23 degrés en longitude. Il y en 
a des colonnes si nombreuses, qu’il leur faut au moins 
deux heures pour défiler. Au mois d’octobre de la 
même année ils reviennent au Kamtschatka. Leur 
retour est une fête pour le pays : outre l’escorte de 
carnassiers à fourrures dont ils ramènent une chasse 
abondante, ils présagent une année heureuse pour 
la pêche et les récoltes, On sait au contraire par expé- 
rience , que la prolongation de leur absence est un 
présage de pluies et de tempêtes. Le domicile du 
campagnol économe est une chambre de trois ou 
quatre pouces de hauteur et d’un pied de diamètre , 
garnie d’un fit de mousse, plafonnée par le gazon 
même, et qui, dans les fieux humides, est voûtée 
dans une motte de terre, au-dessus du sol environ- 
nant. Tout autour s’étendent des boyaux , quelque- 
fois au nombre de trente, ouverts latéralement de 
distance en distance , par des trous du diamètre du 
doigt. D’autres boyaux plus profonds, conduisent 
de la chambre d’habitation à deux ou trois magasins 
plus vastes que celle-ci, et où, dès le printemps, 
l’économe apporte des morceaux de racines taillées 
convenablement pour le transport et l’empilage. Tant 
de travail est l’œuvre de deux petits quadrupèdes de 
trois pouces de long, et quelquefois d’un seul individu 
qui vit solitaire. Souvent à l’automne plusieurs se 
rassemblent, creusent une chambre plus vaste, et 
minent autour jusqu’à huit ou dix magasins qu’ils 
remplissent de racines. La provision d’un seul couple 
pèse quelquefois jusqu’à trente livres. Elle se compose 

r 5 


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I^O TROISIEME PROMENADE. 

principalement de bulbes de liliacées. Les Kamtscha- 
dales sont souvent fort heureux de trouver de sem- 
blables magasins; mais ils ne prennent jamais toute 
la provision, de peur que le campagnol ne se tue de 
désespoir, et même ils indemnisent presque toujours 
l'animal par un morceau de caviar sec. 

Les Icmmings , que l’on voit ensuite, sont 
les plus agréablement peints de tous les 
campagnols. 

Leur taille est celle d’un rat, et leur pelage est 
varié de jaune et de noir sur le dos ; le ventre et les 
flancs sont blanchâtres. Ils vivent en troupes immen- 
ses, chacun dans un trou particulier, sur les Alpes 
de la Laponie. Ils émigrent à des époques irrégulières, 
au plus une fois en dix ans , vers l’Océan et le golfe 
de Bothnie. Ces excursions précèdent les hivers ri- 
goureux. Les lemmings doivent en avoir le pressen- 
timent , car «à l’approche de l’hiver de 1742. qui fut 
extrêmement rigoureux daus le cercle d’Umea et 
beaucoup plus doux dans celui de Lula, pourtant 
plus boréal , ils émigrèrent du premier et non de 
l’autre. Quelle que soit la cause de ces expéditions, 
elles se fout par un merveilleux accord de toute la 
population d’une contrée. Formés en colonnes paral- 
lèles, aucun obstacle ne peut suspendre ni détourner 
leur marche toujours rectiligne. La halte dure tout 
le jour, l’endroit en est rasé, comme si le feu y avait 
passé. Il n’en reste pas la centième partie pour re- 
tourner au pays, car l’objet du voyage n’était pas 
l’expatriation , sans cela l’espèce se serait propagée 
fort loin , puisqu’ils traversent aisément les plus 
grands fleuves et même des bras de mer. Or, le lem- 


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CABINET » HISTOIRE NATURELLE. I^I 

ming des Alpes de la Scandinavie ne se retrouve plus 
dans !a Laponie-Russe. 

Ensuite viennent les ondatras , espèce de 
campagnols à queue aplatie, à tôle ex- 
cessivement comprimée, et à pieds palmés, 
qui bâtissent avec de la terre et des joncs 
sur le bord des lacs et des rivières. Ces 
animaux sont suivis des castors , à la queue 
aplatie, large, ovale et couverte d’écailles 
imbriquées comme celles des poissons. 

Leurs habitudes aquatiques sont facilitées par leurs 
doigts des pieds postérieurs, qui sont palmés, par 
leurs oreilles courtes, disposées de façon à s’abaisser 
contre la tête et à fermer le conduit auditif, et enfin 
par leurs narines mobiles et susceptibles d'empêcher 
l’eau d’entrer dans les fosses nasales. Le castor du 
Canada , dont l'intelligence a été célébrée par nos 
plus grands écrivains , vit solitaire pendant l’été dans 
des terriers qu’il se creuse sur le bord des lacs et des 
fleuves; mais lorsque la saison des neiges approche, 
il quitte cette retraite et se réunit à ses semblables 
pour construire en commun avec eux sa demeure- 
d’hiver. C’est dans les lieux les plus solitaires de l’A- 
mérique Septentrionale , que les castors, souvent au 
nombre de deux ou trois cents par troupe, déploient 
tout leur instinct architectural. Pour construire leurs 
nouvelles demeures , ils choisissent un lac ou une ri- 
vière assez profonde, pour ne jamais geler jusqu'au 
fond, et préfèrent en général des eaux cornantes, 
afin de s’eu servir pour le transport des matériaux 


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1^2 TROISIÈME PROMENADE. 

nécessaires à leurs constructions. Pour soutenir l’eau 
à une égale hauteur, ils commencent alors par for- 
mer une digue en talus. Ils lui donnent toujours une 
forme courbe, dont la convexité est dirigée contre 
le courant , et la construisent de branches entrelacées 
les unes dans les autres, dont les intervalles sont rem- 
plis de pierres et de limon , et la crépissent extérieu- 
rement d’un enduit épais et solide. Cette digue, qui 
a pour l’ordinaire onze à douze pieds de large à sa 
base , et qui est renforcée tous les ans par de nou- 
veaux travaux, se couvre souvent d’une végétation 
vigoureuse et finit par se transformer en une sorte 
de haie. Lorsque la digue est achevée, ou lorsque 
l’eau étant stagnante cette barrière n’est pas néces- 
saire, les castors se séparent en un certain nombre 
de familles, et s’occupent à construire les huttes 
qu’ils doivent habiter, ou à réparer celles qui leur 
ont déjà servi l’année précédente. Ces cabanes sont 
élevées contre la digue, ou sur le bord de l’eau , et 
sont de forme à-peu-près ovalaire. Leur diamètre in- 
térieur est de six à sept pieds , et leurs parois , con- 
struites comme la digue avec des branches d’arbres, 
sont couvertes des deux côtés d’un enduit limoneux qui 
prend avec le temps une grande dureté, surtout en 
hiver. 

Ordinairement, deux familles sont logées sous le 
même toit, et forment une réunion d’une douzaine 
d’individus. Dans celte habitation , où il est à l’abri 
des attaques des animaux . carnassiers , le castor se 
livre pendant l’hiver aux douceurs du repos. La porte 
de là cabane est toujours opposée à la rive la plus 
proche. Cette ouverture unique est prolongée jus- 
qu’au sol qui supporte la maçonnerie, en sorte qu’une 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 1^3 

partie de sa hauteur est constamment dans l’eau. Les 
magasins sont vis-à-vis; ce sont des troncs de saules, 
de peupliers et d’autres bois tendres , que le bûcheron 
peut abattre avec ses dents incisives. Comme l’écorce 
de ces arbres mis en magasin est la seule partie qui 
serve d’aliment , il faut des abattis considérables pour 
alimenter la population d’un étaug. Mais d’autres 
substances augmentent la provision de vivres : ce sont 
principalement les grosses et longues racines du né- 
nuphar jaune. 

Les inslrumens de travail du castor sont : ses dents,* 
ses pieds de devant et sa queue. Ses dents lui tiennent 
lieu de hache et de scie ; ses pieds de devant font 
l’office de mains et sa queue sert de masse pour battre 
le mortier , l’appliquer contre le tism des bran- 
chages entrelacés et le faire pénétrer dans les in- 
terstices. 

Leur pelage, qui ne se mouille pas et qui se feutre 
fort bien , leur attire de la part des hommes une 
chasse fort active. On les prend, soit à force ouverte, 
soit dans des pièges. Il faut , dans ce dernier cas , ce 
servir de stratagèmes, car le castor est méfiant, et 
son odorat et si développé qu’il reconnaît, après plu- 
sieurs mois, ce que l’homme a louché et il l’évite. 
Pour faire disparaître cette odeur dénonciatrice, on 
frotte les pièges avec la matière nommée en médecine 
castoréum, sorte de pommade qui provient de deux 
grosses glandes placées sous la queue, dans les mâles. 
La chasse aux pièges est pratiquée principalement, 
dans le bassin du Missouri , autour de la baie d’Hud- 
son. On continue encore L’ancien usage de la chasse à 
force ouverte, à laquelle toute la population de celte 
contrée se livre pendant l’hiver. Cette chasse fut au- 

1 5 . 


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174 TROISIÈME PROMENADE. 

trefois très fructueuse : la seule compagnie de com- 
merce delà baie d’Hudson vendit, en 1820, 60,000 
peaux de castors. 

Viennent dans l’armoire suivante : les 
hclamys , vulgairement lièvres sauteurs , qui 
ressemblent beaucoup aux gerboises par 
la forme et les proportions de leur corps, 
et habitent la cap de Bonne-Espérance; 
les lièvres ; les lapins; et les porcs épies 
divisés en porcs-cpics proprement dits, dont 
le dessus du corps est armé de longs pi- 
quans que l’animal a la faculté de redresser; 
en arsons , dont les piquans sont courts et à 
demi cachés dans le poil; enfin en coen- 
dousj reconnaissables à leur longue queue 
nue et préhensile vers le bout. 

Cette armoire renferme les cabiais des 
bords des rivières de ia Guyane et de l’A- 
mazone ; V agouti , espèce de lièvre de l’A- 
mérique méridionale, dont la chair et la 
peau sont employées (voyez les mœurs 
page 17); les viscaches , qui vivent par 
bandes dans des terriers, dans les plaines 
de la république Argentine; les chinchil - 
las , un peu plus petits que notre lapin de 
garèue, les oreilles grandes, le pelage d’un 
beau gris ondé de blanc, et d’une finesse 


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CàBJNET D’HISTOIRE NATURELLE. 1^5 

extrême, avec la queue noirâtre. Cet ani- 
mal , des montagnes du Pérou et du Chili , 
vit. dans des terriers, et se nourrit de ra- 
cines de plantes bulbeuses. On les chasse 
avec des chiens dressés à les prendre, sans 
salir ni déchirer la robe. La destruction 
en a été si rapide, que leur poursuite est 
momentanément prohibée. 

Viennènt maintenant les mammifères on - 
guiculés , nommés édentés à cause de l’ab- 
sence constante de leurs dents de devant 
f incisives J . L’armoire contient les bra - 
dypes. 

ïlunati et l’cï sont les deux espèces connues dans 
ce genre extraordinaire. Ces animaux de l’Ainérique- 
JMéridionale ont les membres de devant beaucoup 
plus longs que les postérieurs, en sorte que pour 
marcher ils sont obligés de se traîner sur les coudes. 
Leurs poils son t gros et cassans, et ceux de l’aï ressem- 
blent bien aux touffes d’herbes que l’hiver a flétries. 
Ils vivent sur les arbres, où leur organisation leur 
offre beaucoup d’avantages, tels que de pouvoir dor- 
mir le corps suspeudu sous une forte branche, par le 
moyen des gros ongles qui terminent leurs doigts et 
qui , par le poids de l’animal, se fléchissent sans l'in- 
fluence de la volonté. Ils sont aussi favorisés par la 
mobilité extrême résultant de la rotation de leurs bras 
qui leur servent à saisir les feuilles des arbres, leur 
nourriture ordinaire; enfin par leurs dents, quires- 


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1^6 TROISIÈME PROMENADE. 

semblent à des emporte-pièces et en font office. On a 
dit que lorsqu’ils voulaient se rendre d’un arbre sur 
un autre , ils se laissaient tomber : on ne comprend 
pas trop pourquoi, puisqu’ils jouissent, comme des 
expériences récentes l’ont démontré , d’une rapidité 
étonnante pour grimper. 

Puis, ce sont les tatous de l’Amérique du 
sud, dont la peau est garnie de petits pavés 
osseux, qui la font ressembler à une espèce 
de marqueterie, et qui forment des bou- 
cliers et des bandes sur le corps de l’ani- 
mal; enfin les pangolins , non moins remar- 
quables par les écailles, ou, plutôt les 
ongles qui couvrent toutes les parties su- 
périeures du corps, et sont disposés à la 
manière des tuiles d’un toit. 

Là se voient les fourmiliers , qui rem- 
placent dans le Nouveau-Monde, les pan- 
golins de l’Afrique et de l’Asie. Ces ani- 
maux, entièrement privés de dents, ont un 
museau allongé, d’où sort une langue 
filiforme très protractile, ils introduisent 
cette langue dans les nids de fourmis et 
de termites, et ils l’en retirent couverte de 
ces insectes qui s’y sont attachés, à cause 
de la viscosité dont elle est enduite. La 
plus grande espèce de ce genre est le ta- 
manoir , long de plus de quatre pieds, à 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. IJ J 

pelage gris-brun , avec une bande oblique 
noire bordée de blanc sur chaque épaule. 

L’armoire suivante , contient Y ornitho- 
rynque des rivières et des marais de la Nou- 
velle-Hollande, près du port Jackson. 

Ce singulier être , intermédiaire aux mammifères , 
aux oiseaux et aux reptiles , est ovovipare , a un vé- 
ritable bec de canard et présente encore une infinité 
de particularités notables. Il vit de petits insectes 
qu’il relire de l’eau, dont il tamise la vase à la ma- 
nière des canards. Yï échut né, son voisin , originaire 
du même pays , n’a pas les pieds palmés et fouille 
au moyen de ses ongles. Sa bouche, fort petite, con- 
tient une langue fort extensible; son palais est garni 
de plusieurs rangées de petites épines dirigées en ar- 
rière. 

On verra ensuite les animaux mammi- 
fères dont le pied est muni de sabots au 
lieu d’ongles ou de griffes, et qui ne ru- 
minent pas. L’épaisseur de la peau dans 
presque tous leur a fait donner le nom de 
pachydermes. Ce sont d’abord de jeunes 
éléplians et de jeunes hippopotames ; des 
sangliers; des tapirs , dont le port rappelle 
celui du cochon , mais dont les pieds n’ont 
pas l’apparence fourchue, et dont le mu- 
seau offre une espèce de petite trompe 
charnue qui est susceptible de s’allonger $ 


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1^8 TROISIÈME PROMENADE. 

le babiroussa ou cochon-cerf dont les dé- 
fenses remontent jusque sous les yeux, et 
qu’on ne trouve que dans la Malaisie. En- 
fin on remarque des zèbres , un cheval 
arabe , et un jeune dauw. (Voyez page 3<y). 

Cette armoire nous offre les pécaris , sorte 
de cochons d’Amérique, qui ont sur le dos 
une ouverture glanduleuse d’où suinte une 
humeur fétide (voyez page 4 o); les da- 
mans , petits animaux assez communs dans 
les rochers de l’Afrique, et long-temps 
confondus avec les rongeurs ; le cheval 
blanc baskir dont le poil est blanc et laineux. 

A ces animaux il faut joindre ceux que 
l’on trouve dans la salle du rez-de-chaus- 
sée. Ce sont deux éléphans , un d’Afrique 
et l’autre de l’Inde (voyez la Ménagerie , 
page 3i ); puis trois hippopotames et qua- 
tre rhinocéros . 

Les deux hippopotames du Muséum sont 
du Cap. L’ancien, celui préparé en Hol- 
lande par Klocner, est d’un beau noir; 
l’autre, apporté et préparé par Delatande, 
est d’une couleur tannée passant au roux. 
Malgré la grande différence de ces cou- 
leurs on peut les attribuer au mode de pré- 
paration ; d’un autre côté, le savant et 


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CABINET D HISTOIRE NATURELLE. I79 

intrépide voyageur Cailliaud , assure avoir 
observé dans le Nil ou dans le fleuve 
Blanc, cette même différence de couleur 
sur des hippopotames vivans. 

Le peu que l'un sait sur l'hippopotame du Cap est 
dû au navigateur anglais Roger ; il en observa un 
grand nombre duraut une relâche à la baie de Natal 
sur la côte de Cafrevie. L’hippopotame, dit-il, est 
ordinairement gras et bon à manger; il paît sur les 
bords des étangs et des rivières, dans les endroits 
humides et marécageux, et se jette à l’eau dès qu’on 
l’attaque. Lorsqu’il est dans l’eau il plonge jusqu’au 
foud et y marche comme il le ferait sur un terrain 
sec, meme avec plus de vitesse; il court presque 
aussi vite qu’un homme, niais si on le poursuit il se 
retourne pour se défendre. I! se nourrit de cannes à 
sucre, de joncs, dei’iz, de millet; on dit aussi qu’il 
se nourrit de poissons , mais il est plus que douteux 
qu’il tue des animaux ou des hommes pour les man- 
ger, car le capitaine Covent , cité par Dampierre, et 
qui en avait observé un assez grand nombre à la 
côte de Loango, en vit un soulever avec son dos la 
chaloupe du vaisseau, la renverser avec six hommes 
qui étaient dedans et auxquels il ne fit aucun mal. 
L’hippopotame plonge long-temps ; quand il est en 
sécurité il nage la tête à fleur d’eau, n’élevant au- 
dessus de la surface que les narines , les yeux et les 
oreilles. Quand il dort , il ne tient également que les 
sommités de la tête hors de l’eau. 

Des deux grands rhinocéros y celui qui a 
deux cornes est du Cap et a été rapporté 


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l8o TROISIÈME PROMENADE. 

par M. Delalande, celui qui n’en a qu’une 
est de l’Inde , et a vécu à la ménagerie de 
Versailles. Des deux petits , l’unicorne est 
de Java , le bicorne de Sumatra ; tous les 
deux sont dus aux recherches de MM. Diard 
et Duvaucel. 

L’histoire de la première espèce est encore mal 
connue, on sait seulement qu’elle habite les vastes 
plaines avides de l’intérieur du Cap , aime à se vau- 
trer dans la boue et ne mange que l’herbe la plus 
tendre. 

Le rhinocéros de l’Inde est mieux connu, sa peau 
est marquée de sillons profonds en arrière des épaules 
et des cuisses, les poils en petit nombre sont raides, 
grossiers et lisses , et revêtent la queue et les oreilles ; 
le reste de la peau est à-peu-près nu et de couleur 
gris foncé violâtre. Bien que grossier , cet animal 
peut s’apprivoiser et devenir familier. Ceux que l’on 
a vus en Europe , quoique en petit nombre , étaient 
généralement doux lorsqu’on les avait pris jeunes, 
mais d’une sauvagerie intraitable et sans espérance de 
changement , quand ils avaient été amenés dans un 
âge plus avancé. En captivité il mange avec plaisir 
du sucre , du riz , du pain , tandis que dans l’état de 
liberté il ne recherche guère que les herbes, les ra- 
cines qu’il déterre , dit-on , avec sa corne et les pousses 
des jeunes arbrisseaux. 

Le rhinocéros de Java se reconnaît aussi à des 
plis assez nombreux et dont un de ceux de la nuque 
est fort large, la peau est en outre couverte de 
petits tubercules anguleux. 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. l8r 

V espèce Je Sumatra n’a presque point de plis a 
la peau, qui de plus est assez velue. 

Les autres mammifères à sabots nommés 
ruminans , se voient à l’extrémité de cette 
galerie, la collection n’a plus à nous offrir 
que quelques mammifères cétacés , dont la 
forme du corps est celle des poissons. La 
dernière armoire nous présente des laman- 
tins , des dauphins , des marsouins et un £a- 
leinon. Les lamantins n’ont pas d’appareil 
pour souffler l’eau. Leur nom vient de 
ce que leurs pieds présentent des vestiges 
d’ongles, et ont avec des mains une res- 
semblance grossière qui paraît leur avoir 
valu le nom de manates , dont on aurait fait 
par corruption lamantins . Ils habitent les 
parties chaudes de l’Océan atlantique, dans 
le voisinage des côtes. 

Tous les autres cétacés dont nous allons 
parler ont un appareil particulier qui 
leur permet de respirer sans sortir la tète 
hors de l’eau, et de chasser le liquide qui 
entre continuellement dans leur bouche, 
par une ou deux ouvertures nommées 
évents et situées à la partie la plus élevéo 
de la tête. 

Les dauphins , dont l’antiquité nous a laissé tant 

16 




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! 


182 TROISIEME PROMENADE. 

/ 

de représentai ions et auxquels elle prêtait des sentimens 
si élevés, ne ressemblent en rien , pour la forme ni 
pour les habitudes, aux données dont nous avons hé- 
rité de la Grèce et de Rome. Leur corps est com- 
primé, leur tète terminée par une espèce de bec 
armé d’une infinité de petites dents, et leurs habi- 
tudes les rendent les plus voraces des cétacés. Ils 
nagent avec une rapidité excessive, et suivent souvent 
par troupes les bâtimens, non point par amour de 
l’homme, ni même pour se repaître des débris qu’on 
lance hors du bord , mais pour faire leur proie des 
poissons qui viennent s’en nourrir. La taille de quel- 
, ques espèces atteint jusqu’à trente pieds de longueur. 
Une espèce, le dauphin géant, remonte quelquefois 
la Seine jusqu’à Rouen. Les marsouins , qui 11’ont pas 
de bec et dont toute la tète est d’une venue, tirent 
leur nom de deux mots allemands qui signifient co- 
chons de mer } dénomination que leur mérite la quan- 
tité de graisse qu’on trouve sous leur peau. 

On donne le nom de baleinons ou balei- 
neaux aux jeunes baleines. Ils sont, de la 
part de la mère qui les nourrit de son lait 
que le petit reçoit en tétant, le sujet d’une 
sollicitude vraiment remarquable. 

Elle les suit constamment des yeux, et, si la 
crainte du danger se présente, se rapproche de lui , 
le couvre de son corps , et si le danger devient réel , 
elle le force à précipiter sa marche. Quelquefois le 
jeune baleineau est blessé par le harpon , alors la mère 
ne connaît pas de dangers pour elle , et malheur à 
ceux qui ne savent pas se soustraire aux effets de 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. l83 

sa foreur; mais malheur aussi à elle, car quel ani- 
mal peut ne pas succomber sous les efforts de l’in- 
telligence h u marne ! Daus sa colère elle s’expose 
sans ménagemenTOÏx coups de ses ennemis, et ordi- 
nairement elle succombe frappée mortellement par 
eux. L’affection qui unit si étroitement ces animaux, 
bien connue des baleiniers , est devenue pour eux un 
moyen de succès * dès qu’ils aperçoivent une jeune 
baleine ordinairement assez imprudente, ils s’em- 
pessent de l’attaquer , bien sûrs que sa mère ne tar- 
dera pas à se présenter. / 

Après avoir examiné les deux salles dont 
on vient de lire la description, on traver- 
sera les salies d’oiseaux en se dirigeant vers 
l’extrémité opposée du cabinet, 

SALLE DES RUMINANS. 

Commencez à gauche , derrière la porte. 


Ici sont les chcvrotains , faciles à distin- 
guer, à leur absence de cornes, à la confor- 
mation de leur pied qui représente le pied 
fourchu particulier aux mammifères rumi- 
nans, et, enfin, aux longues canines qui ar- 
ment seulement leur mâchoire supérieure,' 
et qui, dans les maies, s’allongent et forment 
comme deux longues et grêles défenses. La 
forme générale de leur corps, leur élégance 


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; x84 TROISIÈME PROMENADE* 

et leur légèreté, les font ressembler aux bi- 
ches de nos bois; ils habitent. les montagnes 
du midi de l’Asie et des jnjly^oisines. Une 
espèce mérite surtout dé nrar l’attention : 
c’est celle qui produit le musc, sa taille est 
celle du chevreuil, son poil est cassant, et 
sous le ventre du mâle est .une poche ou 
s’amasse une espèce de pommade connue 
en médecine et dans la parfumerie sous le 
nom de musc. Le meilleur nous vient du 
Tliibet et du Tonquin. Après le musc, on 
voit le chevrotain pygmée, le plus élégant 
et le plus petit de tous les ruminans. 

Viennent ensuite les lamas , également 
sans cornes, mais privés de longues canines 
dans les mâles, et du pied fourchu ordinaire. 
On distingue : le lama ordinaire ou guanaco , 
grand comme un cerf, à pelage châtain qui 
varie en domesticité ; Yalpaca, qui en est 
une variété à grands poils très fins ; enfin la 
vigogne , grande comme une brebis et à pe- 
lage d’une finesse extrême; elle a été donnée 
par M. Larrey. Voyez pour les mœurs la 
description de ces animaux vivans page 79 
Après est un petit chameau né à la Ména- 
gerie , où il n’a vécu que trois jours , et 
une très jeune girafe. L’armoire suivante 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. l85 

renferme : le cerf commun , et une espèce 
d’un tiers plus grande, originaire du Ca- 
nada ; les différens âges du muntjac de Java 
et de Sumatra, rapportés par MM. Diard 
et Duvaucel. Cette espèce , plus petite 
que la nôtre, vit en petites troupes, et est 
remarquable par son bois porté sur un long 
pédicule enveloppé, qui a l’air de partir de 
la base même du nez, et par ses poils qui, 
blancs à la base et bruns à la pointe, lui 
donnent une teinte grisâtre. On doit aux 
mêmes voyageurs le cer( hippelaphe qui n’é- 
tait connu que par la description d’Aris- 
tote. On y voit encore le cerf tacheté de 
l’Inde ou axis ( voyez page 69 ) ; le cerf 
de la Louisiane , moindre que le nôtre, 
plus svelte, à museau plus pointu , d’un 
fauve clair en été, d’un gris roussâtre en 
hiver, le dessous de la gorge et de la 
queue blanc en tout temps , le tiers infé- 
rieur de la queue noir et le bout blanc , le 
bois rond, lisse, s’écartant en dehors pour re- 
venir en arc de cercle en devant et en de- 
dans. Remarquons aussi le cerf blanc de 
Cayenne, que l’on doit à M.Poiteau. Vien- 
nent ensuite les daims variétés blanche . 
et noire (voyez page a5); puis un renne 

16. 


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l86 TROISIÈME PROMENADE. 

mâle et sa femelle; celle-ci a été donnée au 
Muséum par le maréchal Mortier qui l’avait 
reçue vivante de Stockholm ( voyez les 
mœurs page 79) ; au-devant est le chevreuil 
dont la tête n’est surmontée que d’un bois 
à deux andouillers. 

Puis ce sont les espèces de cerfs d’Amé- 
rique, connus sous le nomd e cerfs à dagues r 
à cause de la brièveté de leurs bois; tels sont 
le guazoupita qui vient des pampas de la 
république Argentine, et qui a été donné 
au Muséum par M. Bâillon; et le cerf rouge 
de Cayenne , dont le corps est d’un roux 
doré vif, excepté le ventre, le dessous de la 
queue et le tour des cornes qui sont blancs, 
et dont les dagues sont recourbées en avant. 
Ces deux espèces sont si susceptibles de do- 
mesticité, que leur familiarité dans les mai- 
sons est meme insupportable, elles aiment 
à lécher les mains et la figure, souvent pen- 
dant un quart d’heure. 

Ici commencent les ruminans nommés 
n 7 o/)e^/ilssedistinguent des cerfs, en ce que 
leurs cornes sont recouvertes de substance 
cornée, ne se ramifient plus à la manière des 
branches d’un arbre, et se contournent d’une 
infinité de manières différentes ; du reste ces 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 187 

animaux ressemblent aux cerfs par leurs for- 
mes sveltes, lagentillesse de leurs mouvemens 
la rapidité de leur course et la hardiesse de 
leurs bonds. Le nombre de leurs espèces 
s’élève à quatre-vingts suivant un, auteur 
moderne; le Muséum en possède vingt-deux* 
Elles sont malheureusement mal étudiées, 
ce qui tient à leur séjour dans des pays peu 
habités, et à leursmœurs vagabondes. Nous 
allons les grouper ici d’après la forme de 
leurs cornes, en lâchant de ne pas nous éloi- 
gner de la place qu’elles occupent dans les 
armoires. 

Deux cornes annelées , à double courbure, la 
• pointe en arrière. 

A celte division appartient le bubale 
vulgairement vache de Barbarie , ainsi nom- 
mé de ses formes lourdes et de sa tête de 
vache. Cet animal naturellement farouche 
se sert avec habileté, pour l’attaque ou pour 
la défense, de ses cornes puissantes et ai- 
guës. On assurequ’il s’apprivoise cependant, 
et d’anciens bas-reliefs hiéroglyphiques 
donnent à penser qu’il fut autrefois employé 
comme nos bœufs dans l’agriculture. Le caa - 


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i88 troisième promenade. 

ma ou élan du Cap ressemble beaucoup au 
bubale avec lequel on l’a long-temps con- 
f ondu. 

Deux cornes droites. 

Ici se trouve le : guevei ou roi des ckcvro- 
tai'ns , joli petit animal qui n’a que neuf 
pouces de hauteur, et que l’on dit si agile, 
qu'il s’élèverait à une hauteur de douze 
pieds; il vient du Congo et des environs du 
Cap j Y antilope de Sait est une espèce con- 
nue depuis peu de temps ; Yantilope gries - 
bock y dont la couleur est d’un rouge ardent 
semée d’une foule de poils blancs partout 
le corps sans aucune tache; Yourebi qui at- 
teint presque la taille du chevreuil, est d’un 
fauve uniforme en dessus , d’un beau blanc 
de neige en dessous, et vit par troupes aux 
environs du Cap ; et Yantilope laineuse un 
peu moindre qu'un daim, à poil laineux, gris 
dessus, blanc dessous, et rapportée du Cap 
par M. Delalande ; enfin le duikcr-boch ou 
antilope plongeante y ainsi nommée parce 
qu’elle s’élance la tête baissée dans les four- 
rés. Elle est brun clair avec du blanc sous 
la mâchoire et une ligne noire à la face 
externe des membres. 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 189 

Deux cornes en lyre, annelées , sans arêtes. 

. A cette division appartient la gazelle 
(voyez pour les mœurs, page 59); \espring- 
bock ou antilope à bourse , reconnaissable à . 
une ligne blanche qui s’étend en s’élargis- 
sant depuis les reins jusqu’à la croupe. 

Ces animaux se réunissent, dit-on, à l’époque de 
la grande sécheresse, et viennent par troupes de 
10,000 à 5o,ooo chercher aux environs du Cap une 
température plus douce et un climat moins desséché. 
Poursuivies par les lions et les panthères , elles op- 
posent leur nombre à la force, marchent en colonnes 
serrées , se forment en cercle et offrent à leuvs as- 
saillans un rempart de cornes aiguës. Les auteurs 
ajoutent : que la végétation disparaît sous les pas de 
cette immense tribu errante, et que l’arrière-garde 
souffre beaucoup; mais au retour elle ouvre la marche 
et s’engraisse à son tour en traversant de gras pâtu- 
rages. 

Quatre cornes. 

Le tclùcarra est la seule espèce de cette 
division , il porte entre les deux yeux deux 
petites cornes droites, courtes, coniques et 
un peu comprimées; en arrière sont les deux 
cornes ordinaires droites, plus longues que 
les autres , aiguës et lisses ; sa taille est 
celle du chevreuil, il habite l’Inde. 


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V 

Ipo TROISIÈME PROMENADE. 

Deux cornes longues, très grêles , annelêes , 

droites ou peu courbées . 

• - \ 

Uojyx, chamois du Cap ou antilope à cornes 
droites , le même que Buffon a décrit sous 
le nom de pasan , est plus grand que le cerf; - 
ses cornes verticales et très rapprochées at- 
teignent jusqu’à trois pieds de longueur; sa 
teinte générale est un brun cendré bleuâtre; 
c’est probablement cette espèce qui adonné 
naissance à la fable de la licorne, soit que 
quelques individus aient été observés avec 
une seule corne, comme cela arrive fré- 
quemment; soit qu’on en ait tiré l’idée des 
monumens de l’Egypte où l’oryx est figuré 
avec beaucoup d’exactitude, mais où, en 
même temps, on apercevait les deux cornes 
dans le même plan, ce qui a pu faire croire 
qu’il n’en existait qu’une. Ualgazel ne 
diffère de l’espèce précédente que parce que 
ses cornes sont arquées au lieu d’être droi- 
tes; elle habite la zone centrale de l’Afri- 
que, depuis la Nubie jusqu’au Sénégal; elle 
est souvent représentée sur les fnonumens 
de l’Egypte, et G. Cuvier pense que M. Li- 
chtenslien a eu raison de regarder cette 
espèce comme le véritable oryxdes anciens. 


* 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 191 

Deux cornes à arrête spirale . 

Le coudouSy nommé mal-à-propos condo- 
ma par BufFon , est grand comme un cerf, 
gris brun, rayé en travers de blanc; les 
cornes sont grandes, lisses à triple cour- 
bure avec une seule arrête longitudinale 
légèrement spirale ; une petite barbe pend 
sous le menton ; une crinière règne le long 
du dos. Il vit isolé au nord du Cap. Uad- 
dax est une espèce nouvellement connue 
des modernes ; l’individu que l’on voit ici 
a été amené en France avec la girafe, et est 
mort à la ménagerie. Ses cornes grêles un 
peu comprimées sont annelées , contour- 
nées en spirale et beaucoup plus renver- 
sées en arrière que celles du coudous. L’a- 
nimal les aiguisait sans cesse et s’essayait à 
en percer les objets qui étaient à sa portée. 
Son pelage est blanchâtre, la tête porte 
une calotte brune. Il habite l’intérieur de 
l’Afrique. 

Deux cornes annelées, à courbure simple; 
la pointe en arrière. 

Uosanne, ou antilope chevaline , est de la 
grandeur d’un petit cheval et remarquable 


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I<)2 TROISIÈME PROMENADE. 

par la longueur de ses oreilles. Son pelage 
est long, de couleur grise ou brune; la 
tête est brune, et un pinceau de poils 
blancs se dirige de l’œil vers l’angle des 
lèvres. Son cou est couvert d’une crinière 
qui se prolonge sur le dos, et dont les poils 
se dirigent vers la tête. Les cornes sont 
grandes et sillonnées de gros anneaux. Elle 
habile l’Afrique. L 'antilope bleue est un peu 
plus grande que le cerf et d’un cendré 

bleuâtre. 

/ 

Deux cornes lisses , non spirales. 

Le nylgau, taureau-cerf des Indes , tau- 
reau par son cou , ses cornes et sa queue ; 
cerf par sa tête, son corps et ses jambes. Le 
train de derrière plus court que celui de 
devant, lui donne une démarche lourde et 
pesante. Ses pieds offrent de doubles an- 
neaux noirs au dessus des sabots. Sa taille 
est celle d’un grand cerf. Le mot nylgau 
est formé de deux mots persans, nyl qui 
signifie bleu et gau qui indique une bête 
à cornes. Le chamois est le seul ruminant 
de l’occident de l’Europe que l’on puisse 
comparer aux antilopes. Sa taille est celle 
d’une grande chèvre, son pelage est brun 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 198 . 

foncé avec une ligne noire qui descend de 
l’œil au museau. Ses cornes petites, rondes 
ont leur pointe subitement courbée en ar- 
rière comme un hameçon. 

Faible et sans armes, cet animal trouve dans la 
légèreté prodigieuse de sa fuite, dans la hardiesse 
de ses bonds, d’une pointe de rocher à l’autre, le 
moyen d’échapper à l’attaque des animaux carnivores. 
Son œil mesure admirablement bien la distance ; aussi 
le voit-on s’élancer d’une hauteur de douze à vingt 
mètres , et s’arrêter immobile sur une surface à peine 
capable de rassembler ses pieds. Son ouïe, habituée 
au silence éternel des régions escarpées qu’il habite , 
entend les pas du chasseur que son regard perçant 
ne découvre pas encore; aussitôt est poussé le cri 
d’alarme : c’est un sifflement aigu produit par les na- 
rines. La troupe, ordinairement composée de quinze 
à vingt de ces animaux, prend ators la fuite. La 
chair du chamois 11’est pas mauvaise à manger, quoi 
que en ait dit Gaston de Foix dans ses Déduits de la 
chasse : 

* 

Près des antilopes, on place le^-now , ou, 
niou, espèce très singulière par sa forme 
qui semble composée de parties emprun- 
tées à différens animaux. Le corps, la 
croupe et la queue, sont ceux d’un cheval j 
le cou est surmonté d’une crinière redres- 
sée ; ses cornes rapprochées, ressemblent à 
celles d’un buffle de la Cafreriej son mufle 

r 7 


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194 TROISIÈME PROMENADE. 

aplati est entouré de poils saillans; une se- 
conde crinière rïoire descend sur sa gorge 
et sous son fanon ; ses pieds ont la légèreté 
de ceux du cerf. 11 habite les montagnes au 
nord du Cap, où il parait assez rare. L’in- 
dividu que l’on voit ici a vécu à la ména- 
gerie. 

Viennent ensuite les différentes variétés 
de chèvies ; parmi elles on remarque : la 
variété qui donne la laine avec laquelle 
on fabrique les châles de cachemire. On 
trouve encore Véga grc, aux cornes tran- 
chantes en avant et qui habite les mon- 
tagnes depuis le Caucase jusqu’à l’Hima- 
laya ; le bouquetin , aux cornes grandes, 
plates en avant et marquées en travers de 
nœuds saillans. Il vit sur les sommets 
les plus élevés des hautes chaînes de mon*- 
tagnes de l’Europe et de l’Asie. 

Viennent ensuite les diverses races de 
moutons : le mouflon de Corse et de Sar- 
daigne , aux grandes cornes triangu- 
laires à la base et aplaties vers la pointe 
dans les mâles , petites ou manquant tout- 
à-fait chez les femelles, aux poils longs et 
soyeux cachant une toison laineuse gri- 
sâtre j 1 ejnoujlon d’Afrique, à poil rous- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. ï<)5 

sâtre avec une longue crinière pendante 
sous le cou et une autre à chaque poignet, 
la queue courte, et indigène de la Barbarie 
et de l’Egypte ; enfin , un mouton origi- 
naire de la Perse et de la Tartarie, dont la 
queue est élargie et transformée en un 
double lobe de graisse du poids de i5 à 
20 livres. Des voyageurs dignes de foi 
assurent que dans certaines contrées de la 
partie orientale de l’Afrique, il n’est pas 
rare de rencontrer de ces moutons attelés 
à une sorte de brouette destinée unique- 
ment à supporter le poids do leur queue. 

Enfin, la collection des mammifères se 
termine par des zébus , dont nous avons 
parlé page 3o et par une tête de buffle du 
Cap , dont les grosses cornes recouvrent 
comme un casque tout le sommet du crâne 
et ne laissent entre elles qu’un espace 
triangulaire. Cet animal vit en troupes 
dans les forêts du Cap, et se pratique dans 
les fourrés les plus, épais, des sentiers dont 
il ne s’écarte pas. C’est un adversaire ter- 
rible par sa force prodigieuse et la rapidité 
de sa course." 

Au milieu de cette même salle, on voit 
en entrant deux girafes ; la peau du mâle 


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I g6 TROISIÈME PROMENADE. 

est au Muséum depuis le voyage de Le- 
vaillant, celle de la femelle a été rapportée 
par M. Delalande (voyez pour les^mœurs 
page 2g). Derrière à droite est un bison 
femelle, et plus loin le buffle originaire des 
Indes d’où il a été amené en Égypte, puis 
en Grèce et en Italie durant le moyen 
âge. 

Un chameau à deux bosses, originaire 
de la Bactriane, et un chameau à une seule 
bosse indigène de l’Arabie (voyez pour les 
mœurs page 26). 

En tournant à l’extrémité de la salle, on 
trouve à gauche Y élan y qui vit en petite 
troupe dans les forets marécageuses du 
nord des deux continens. Grand comme 
un cheval et quelquefois davantage , à* 
jambes élevées, à museau cartilagineux et 
renflé, à bois dans les mâles seulement, 
d’une forme triangulaire, dentelé au bord 
externe et porté sur un pédicule : ce bois 
qui croît avec l’âge finit par peser jusqu’à 
Co ou 80 livres. Ensuite vient l 'aurochs, 
animal farouche et terrible, réfugié au- 
jourd’hui dans les grandes forêts maréca- 
geuses de la Lithuanie, de la Pologne et 
du Caucase, mais qui vivait autrefois dans 


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CABINET D HISTOIRE NATURELLE. I97 

toute l’Europe tempérée, et que l’on a re- 
gardé à tort comme la souche de nos races 
de bœufs domestiques. 

Il s’en distingue par son front bombé, plus large 
que haut , par ses cornes naissant plus bas , la hau- 
teur des jambes et la laine crépue qui couvre la tête 
et le cou du mâle , et lui forme une barbe courte sous 
la gorge. C’est, après l’éléphant, le rhinocéros et la' 
girafe, le plus grand des quadrupèdes, il a jusqu'à 
six pieds de haut mesuré su garrot. 

On voit ensuite une vache sans cornes 
d* Afrique et un taureau de la race à demi 
sauvage qui vit en liberté dans les plaines 

de la Camargue. 

’ * ! 

GALERIES D'ORNITHOLOGIE. 

(Professeur M. Geopfaoï' Saibt-IIiuiire; Conservateur 

>1. KlEMSE.) 

I,a salle des oiseaux précède celle des ru- 
minajis ; elle est placée au milieu du second 
étage du cabinet. Toutes les armoires sont 
numérotées, et les oiseaux qui y sont conte- 
nus sont rangés suivant leurs rapports na- 
- turels. Pour faciliter l’étude, on a placé sur 
des quilles noiresdes étiquettes, pour chaque 
genre et sous-genre, et sur le pied de cha- 
que oiseau une seconde étiquette indiquant 

x 7*- 


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ig8 TROISIÈME PROMENADE. 

le nom de l’espèce et le lieu où elle se trouve.' 

La collection d’oiseaux du Muséum con- 
tient aujourd’hui près de huit mille oiseaux, 
appartenant à près de trois mille espèces. 
Nulle part il n’existe une aussi belle collec- 
tion. A la mort de Buffon on ne comptait 
que huit cents espèces. Cet accroissement 
considérable est dû aux soins que messieurs 
les professeurs mettent à se procurer les ob- 
jets qui n’existent pas dans les collections. 
Ainsi la suite des oiseaux que Levail- 
lant avait faite au cap de Bonne-Espérance 
a été achetée par le Musée. Le cabinet du 
Stathouder a fourni aussi un bon nombre 
d’espèces. Plusieurs voyageurs du Muséum 
ont fait des envois considérables de toutes 
les parties du monde. En premier est l’ex- 
pédition que le capitaine Baudin a faiteaux 
terres Australes. Les voyages de M. Dela- 
lande, soit au Brésil, soit au cap de Bonne- 
Espérance ; ceux de M. Milbert en Améri- 
que; de MM. Diard et Duvaueel dans 
l’Inde; enfin, les expéditions autour du 
monde faites par MM. Freycinet, Dumont 
Durville et Duperrey ont aussi beaucoup 
enrichi la collection. 

Nous allons indiquer, le plus clairement 


i 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. I gg 

possible, ce que chaque armoire offre de plus 
remarquable. On commencera à gauche en 
sortant de ia salle des ruminans. 

Armoires 1 et 2. 

Ces deux premières armoires contien- 
nent les genres : faucon , crcsserelle , ger - 
fault, épervier. Ces oiseaux sont répandus 
sur presque toute la surface du globe. Ceux 
qui habitent l’Europe étaient autrefois 
dressés pour la chasse. Parmi eux le fau- 
con était celui qu’on employait le plus, 
parce que son intelligence est très dé- 
veloppée. On donnait le nom de fauconne- 
rie à l’art d’élever ces oiseaux à saisir et à 
rapporter le gibier. 

La vue est chez eux tellement dévelop- . ■ 
pée qu’ils aperçoivent, à de très grandes 
distances, les plus petits oiseaux ou mammi- 
fères sur lesquels ils se précipitent avec une 
telle impétuosité que ces malheureuses vic- 
times ne peuvent se soustraire par la fuite 
au sort qui les menace. Les gerfaults étaient 
employés pour chasser le grand gibier ; les 
faucons , pour chasser le petit. La couleur 
dii plumage des oiseaux de proie change 
tellement avec l’âge, qu’on a souvent pris 


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200 TROISIÈME PROMENADE. 

pour des espèces nouvelles de jeunes indivi- 
dus. Le gerfault en donne un exemple frap- 
pant. Cet oiseau est dans le jeune âge vert 
avecdes lignes longitudinales, elil estblanc 
dans l’âge adulte. Nous citerons beaucoup 
d’autres exemples. La taille chez les oiseaux 
de proie est très variable, et on peut le re- 
marquerdansle faucon : le mâle esjt d’un tiers 
plus petit que la femelle. Il est connu sous 
le nom de tiercelet . Après ces oiseaux il en 
est un que nous devons citer pour sa peti- 
tesse, c’est le hobereau-moineau. Eu effet cet 
oiseau ne dépasse pas la grosseur d’un moi- 
neau, maisilestarmé de griffes crochues, qui 
le rendent redoutable pour lespetitsoiseaux. 

Après lui est l 'êpervier chanteur. On lui 
donne ce nom parce qu’il a uue voix très 
douce qu’on entend à d’assez grandes dis- 
tances. C’est parmi ces oiseaux le seul qui 
n'ait pas un cri désagréable. 

' Armoire 3. 

Cette armoire et la suivante renferment 
les aigles : on les a nommés les cruels do- 
minateurs des airs. Cruels et farouches 
ils n’habitent que les rochers les plus es- 
carpés. Leur force est très grande, leur 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 201 

vol très rapide, et on prétend avec juste 
raison qu’aucun oiseau ne s’élève plus 
liaut dans les airs. Ils se repaissent tou- 
jours dé proie vivante. Si du haut des airs, 
ils aperçoivent un animal dont ils veulent 
faire leur nourriture, ils fondent .sur lui 
comme un trait , l’emportent sur le haut 
d’un Tocher et le mettent sur-le-champ en 
pièces. On croit que la durée de leur vie 
est très longue. 

On peut voir dans cette armoire- 1 ''aigle 
criard , mâle et femelle; l 'aigle des Ma- 
lais, dont le plumage est noir, avec la 
queue rayée en dessous ; et X aigle bonnelli , 
espèce qui habite l’Europe. 

Armoire 4. 

Après eux, dans cette armoire, on voit 
Xaigle commun qui habite l’Europe. C’est 
le plus grand et le plus courageux de tous 
ces oiseaux. Il chasse dans les montagnes , 
les chèvres, les chevreuils et d’autres qua- 
drupèdes de cette taille. 

Armoire 5. 

Après lui sont les pygargues , les vocifères 
et le balbusatd. Ce dernier est très nuisible, 
parce qu’il dépeuple les viviers. 



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202 TROISIÈME PROMENADE. 

• r 1 

Armoire o. 

L’aigle jean-le-blanc , qui est sur les pre- 
mières tablettes de cette armoire est un oi- 
seau qui vit en Allemagne. Il fait sou nid 
sur les pins les plus élevés. Il est placé avant 
la grande harpie d’ Amérique, oiseau dont 
la taille atteint celle de l’aigle commun, 
et qui de son bec fend le crâne d’un homme. 
Il fait sa nourriture habituelle de quadru- 
pèdes nommés paresseux ; quelquefois aussi 
il enlève des faons; après lui, sont Y aigle 
couronné et Y aigle bateleur . 

' Armoire 7. 

Cette armoire renferme, en premier, les 
aigles autours. L’une des espèces de ce genre; 
Vautour rieur , a reçu son nom de ce que son 
cri ressemble au rire. Son dos est noir; il 
a sur la tête une huppe blanche, et le reste 
du corps est de cette couleur. Le milan de 
la Caroline qui vient après, n’a pas le corps 
plus gros qu’un pigeon. Son dos est noir 
et son ventre blanc. Il se nourrit habituel- 
lement de petits mammifères, d’œufs et de 
petits oiseaux qu’il prend dans les nids. Le 
milan commun , qui vient ensuite, est le plus 
lâcheparmi les oiseaux de proie. L’épervier 



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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 203 

l’attaque souvent et le force à prendre la 
, fuite. 

Cette armoire est terminée par les bon - 
drées , oiseaux qui diffèrent très peu des 
buses, dont nous allons parler. 

• f 

4 Armoire 8. 

Les buses qui garnissent les tablettes de 
cette armoire sont des oiseaux répandus 
dans presque tous les pays. L’espèce qui vit 
en Europe, la buse commune, n’est pas 
rare dans nos forêts. Elle varie beaucoup 
pour le plumage. Elle est quelquefois d’un 
brun plus ou moins tacheté de blanc, et 
souvent même tout-à-fait blanche, souvent 
aussi d’un brun tirant sur le noir. Le vol 
chez ces oiseaux est très lourd. Ils se nour- 
rissent d’insectes, d’oiseaux et de souris 
qu’ils attendent avec une patience à toute 
épreuve. Au bas de. cette armoire’ est le 
messager ou secrétaire du Cap. C’est un des 
oiseaux de proie les plus remarquables par 
la longueur et la force de ses jambes. II 
courlaprèslesserpens, qu’il étourdit à coups 
d’ailes j ensuite il les saisit avec ses pattes 
pour les enlever hors de terre et les laisser 
retomber, et lorsqu’il est parvenu à les 


i . 


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204 troisième promenade. 

tuer, il en fait sa nourriture. A défaut de 
sçrpens, il se nourrit de grenouilles, de 
lézards et quelquefois môme de sauterelles. 
Un individu de cette espèce a vécu à la 
ménagerie; et, souvent pour le distraire, ou 
lui donnait des couleuvres , qu’il tuait 
comme nous venons de l'indiquer. 

Armoire 9. 

Dans cette armoire sont, sur les premières 
tablettes, la fin des buses. Les sous-buses et 
les busards viennent après. 

La sous -buse ou oiseau St. -Martin était 
en grande vénération chez les Egyptiens, 
qui l’adoraient et l’embaumaient après sa 
mort. On voit sur la tablette à côté de cet 
oiseau des plumes parfaitement conservées, 
qui ont été retirées d’une momie que 
M. Geoffroy Saint -Hilaire a rapportée 
d’Egypte. Cette momie provient des cata- 
combes de Thèbes, où elle était conservée 
depuis quatre mille ans. 

On a placé au bas de cette armoire le 
condor , qu'on range parmi les vautours. 

Cet oiseau ne peut , comme on l’a dit , enlever des 
cerfs et des veaux; non-seu!eman! il n’est pas armé 
de griffes ni d’un bec propres à cet usage, mais il 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 205 

est tellement* lâche, qu’il n’attaque un animal que 
lorsqu’il le voit dans l’impossibilité de ,se défendre , 
encore cherche-t-il à lui crever les yeux d’abord. 
Souvent ces oiseaux sont condamnés à des jeûnes très 
longs; aussi, lorsqu'ils rencontrent une proie , ils 
s’en gorgent tellement , qu’après il leur est très diffi- 
cile de voler. Ces oiseaux ont la vie si dure, que 
M. de Humboldt rapporte qu’il fut impossible d’é- 
trangler un d’eux qui avait été pris. On fut obligé 
de lui tirer plusieurs coups de fusil , et il ne fallut 
pas moins de cinq balles pour l’abattre entièrement. 
Leur vol est quelquefois si élevé qu’ils disparaissent 
à nos yeux. Souvent on les trouve dans les plaines de 
la Patagonie , où ils vivent en troupes très nom- 
breuses. Ils font un nid si volumineux qu’un homme 
peut y tenir; ils n’y pondent que deux œufs. 

Armoire 10. 

Dans cette armoire commence la suite 
des vautours , oiseaux lâches, qui n’atta- 
quent jamais comme le font les aigles, pour 
pourvoir à leurs besoins, mais qui vivent 
pour la plupart de charognes infectes ou 
de cadavres en putréfaction. 

Leur odorat est tellement développé, qu’ils dé- 
couvrent les corps infects qui leur sont cachés. Ces 
oiseaux vivent en troupes et rendent de grands ser- 
vices aux contrées qu’ils habitent , en purgeant le sol 
de corps qu’on n’a pas soustraits à une putréfaction 
pernicieuse. Au Pérou et en Égypte , il est certaines 
espèces qui vivent dans les villes et se nourrissent de 

18 

* 


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2 o6 troisième promenade. 

restes d’animaux qu’on a l’habitude d y jeter. Leur 
gloutonnerie est telle que , lorsqu’ils ont mange leur 
jabot est si rempli qu’ils ne peuvent plus voler et 
qu’on peut même les tuer à coups de bâton. 

On peut remarquer parmi ces oiseaux le 
vautour fauve , si commun en Egypte. Il 
vit toujours en troupes considérables et 
fait des expéditions lointaines. Le vautour 
royal ainsi nommé de ce que les urubus lui 
cèdent la place quand il saute sur un ca- 
davre qu’ils ont commencé à dévorer. Il 
doit ces égards à sa force et à son courage. 
Il est particulier aux régions chaudes de 
l’Amérique. 

A l’extrémité des meubles placés en 
face des oiseaux de proie sont, d’un côté, 
un vautour fauve , dont nous avons parle , 
et de l’autre le gypaète. Le nom de cet 
oiseau signifie vautour aigle , parce qu’il 
tient par la forme au vautour, et par le 
courage à l’aigle (t). Il habite les hautes 
montagnes d’Europe et d’Afrique. Il est très 
courageux, attaque les mammifères, sou- 
vent meme les bouquetins ; mais pour ces 

(i) Comme le vautonr îl a les serres faibles et les 
yeux à fleur de têtes, mais le cou est emplumé comme 
dans les aigles. On voit cet oiseau vivant à la ménagerie- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 2 O 7 

derniers il ne les attaque que lorsqu’ils sont 
placés sur le bord d’un précipice, et qu’ils 
, ne peuvent se défendre. Alors,, s’élevant 
verticalement dans les airs, il se précipite 
lourdement sur eux , les fait rouler au fond 
du précipice, et descend en tournoyant 
pour les saisir. 

Armoires 11 , 12 el 15. 

Les armoires 11, 12 et i 3 , contiennent 
les rapaces nocturnes. Dans la première 
armoire sont les grands-ducs , les hiboux et 
les chouettes , tous oiseaux très communs 
en France. 

Après eux, dans l’armoire suivante, sont 
les effrayes , qui se tiennent ordinairement 
dans les vieilles tours; les chats-huants et les 
harfangSy qui vivent de même. 

Enfin l’armoire i 3 renferme les chevê- 
ches et les petits-ducs , oiseaux très com- 
muns dans notre pays. 

Armoire 14. ' < 

Ici commence l’ordre des oiseaux grim- 
peurs. 

On voit d’abord les perroquets, ces oi- 
seaux n’habitent que les zones les plus 
chaudes. Les genres qui sont dans l’ar- 
moire quatorzième sont les : kakatoès, loris , 


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208 troisième promenade. 

aras , perroquets et perruches. Les ka- 
katoès sont généralement de couleur blan- 
che ; il en est pourtant quelques espèces qui 
sont cî’un noir clair. Leur tête est toujours 
garnie de longues plumes, qui forment une 
huppe. Ils habitent la Nouvelle-Hollande, 
on les voit souvent vivans en Europe. 

Les loris , qui viennent ensuite, diffèrent , 
des premiers en ce qu’ils n’ont pas de 
huppe sur la tête , et qu’ils sont tous d’un 
beau rouge mélangé de bleu. Les espèces 
sont peu nombreuses. Les aras suivent. 
Leur longue queue, la force de leur bec 
et leurs brillantes couleurs, les ont tou- 
jours fait rechercher. Ces oiseaux, sont 
tantôt de couleur jaune mélangée de bleu , 
tantôt tout-à-falt rouges, ou enfin entière- 
ment bleus. On les prive facilement et on 
eri voit toujours un grand nombre à Paris. 

On a quelques exemples d’indiyidus qui 
ont pondu des œufs et élevé des petits. Le 
Muséum a possédé à la ménagerie deux 
individus qui étaient nés en France. Après 
eux sont placés : 

Armoire 15. 

. Les perroquets et les perruches , si com- 
muns et si faciles à priver. Ceux qu’on 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 2O9 

nomme jacots sont d’Afrique; ils ont le 
corps gris et la queue rouge. L’espèce de 
perruche la plus anciennement connue en 
Europe, est celle qu’on nomme perruche 
d Alexandre. Elle a reçu ce nom, parce que 
c’est ce grand conquérant qui l’a apportée 
de l’Inde. 

Tous ces oiseaux grimpent facilement aux arbres 
en s’aidant de leur bec. Us vivent en troupes très nom- 
breuses, font entendre des cris aigus qui préviennent 
heureusement les colons de leur arrivée. On a grand 
soin de les chasser, parce qu’ils font de grands dé- 
gâts. Leur vie est très longue; 011 a un exemple de 
l’un d’eux qui a vécu en cage près de cent ans. Pour 
parvenir à leur faire, faire des petits, on met une 
paire de ces oiseaux dans un touneau où il n’y a au- 
cune lumière; on a soin de leur donner une nourri- 
ture échauffante. Ainsi placés et nourris, ils pondent, 
couvent avec un grand soin et nourrissent leurs 
petits. 

Sur une des tablettes du milieu de l'ar- 
moire, on doit remarquer une perruche 
très petite, nommée perruche pygmée. Cet 
oiseau habite la Nouvelle-Zélande, et a été 
rapporté par l’expédition de M. Durville 
en 1829. M. Gaymard, l’un des natura- 
listes de cette expédition , tirant un oiseau 
de paradis le manqua, mais tua sans le 
vouloir ce joli oisear^qu’on n’a pu se pro- 

18. 


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210 TROISIEME PROMENADE. 

curer vivant. Sa queue n’est pas comme 
celle des autres perroquets; elle est dégar- 
nie de plumes à l’extrémité, et lui sert à 
grimper. 

Armoire 16. 

Au haut de cette armoire sont rangés 
les toucans , oiseaux très singuliers en ce 
qu’ils ont un bec énorme qui , s’il n’était 
pas d’une substance celluleuse , pèserait 
plus que tout le corps. 

Ils fout leur nourriture habituelle de fruits et 
d’insectes qu’ils sont obligés de iaucer en l’air pour 
avaler plus aisément. Ils habitent les contrées équa- 
toriales de l’Amérique. Leur cou et le devant de ia 
poitrine sont garnis de si belles plumes , que les dames 
du Pérou en font usage comme parure : en Europe 
aussi les dames en garnissent leurs robes. Un de ces 
oiseaux a été apporté vivant à Paris; madame la du- 
chesse de Berry l’avait acheté pour une somme de 
deux mille francs. 

Le scyirops , qui suit ces oiseaux, est 
encore rare dans les collections. On assure 
qu’il peut servir de baromètre, et que cer- 
tains cris, certains mouvemens inquiets 
sont des présages de pluie. Les pics, qui 
viennent ensuite, sont singuliers par leurs 
mœurs. * 


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CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 21 1 

Ils sont constamment occupés à grimper sur les 
troncs des vieux arbres, et à frapper l’écorce avec 
leur bec pour faire sortir de dessous les insectes qui 
s’y trouvent. Lorsqu’ils voient une cavité , ils y in- 
troduisent une langue qui est extrêmement longue, 
gluante et garnie à l’extrémité de pointes recourbées; 
de cette maniéré ils peuvent atteindre les insectes 
hors de la portée de leur bec, et en faire leur nour- • 
riture. A défaut d’insectes, ils ont recours aux four- 
milières , et emploient le moyen que nous venons 
d’indiquer. Ils font leurs petits dans les trous creusés 
par eux dans de vieux troncs d’arbres , et ils ne s’en 
séparent que lorsque ceux-ci peuvent se suffire à eux- 
mêmes. 

Armoire 17. 

Le premier genre qu’on voit ici est le 
genre torcol. Les oiseaux qui le composent 
sont d’un plumage très varié, comme lespics 
ils sont pourvus d’une langue très longue, 
dont ils lont le môme usage. Ils doivent le 
nom qu’ils ont reçu a leur habitude 
de tourner le cou en différens sens. La 
seule espèce connue est commune dans nos 
forêts. Les jacamars et les anis viennent 
ensuite. Ces oibeaux appartiennent aux con- 
trées équatoriales de l’Amérique. Les anis 
vivent ordinairement par troupes de plus 
de vingt. Ils habitent presque toujours les 
-lieux découverts, et viennent souvent sur 


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212 TROISIÈME PROMENADE. 

le dos des bœufs qu’ils débarrassent de la 
vermine qui les ronge. Ces oiseaux, loin 
de se séparer pendant le temps des amours, 
forment un seul nid pour toutes les fe- 
melles. L’étendue augmente selon le be- 
soin. Ce nid contient toutes les couvées de 
la troupe , et les femelles donnent indistinc- 
tement la nourriture aux petits. On en 
connaît seulement deux espèces. 

Après quelques petits genres peu impor- 
tans, sont les coucoîis , dont les espèces gar- 
nissent plusieurs tablettes. Leurs mœurs, 
à en juger par l’espèce commune dans nos 
forêts, sont très singulières. 

Lorsque la femelle pond un œuf, elle va le déposer 
dans le nid d’un autre oiseau. Elle fait ainsi pour 
les trois ou quatre autres qu’elle pond , ayant soin de 
porter dans différens nids chacun d’eux. Lorsque le 
petit est éclos , il jette successivement hors du nid 
tous les autres petits, et en reste ainsi seul possesseur. 
On peut remarquer dans ce genre plusieurs belles 
especes qui viennent soit de Madagascar, soit du cap 
de lionne- Espérance, etc. 


Armoire 18. 

Après les coucous sont les indicateurs ï 
Ces oiseaux , qui font leur nourriture or- 
dinaire de miel, sont constamment à lare§ 




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' CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 21 3 

' cherche des abeilles sauvages. Dès qu’ils v 
en aperçoivent , iis poussent des cris, et se 
dirigent sur les arbres où elles sont placées. 
Lesliabitans, en suivant ces oiseaux, sont 
presque toujours certains de découvrir les 
retraites cachées de ces insectes. Les batba- 
cous , les tamatias et les barbus sont sur les 
tablettes suivantes. Ces oiseaux ont pour 
la plupart de belles couleurs; mais, ceux 
qui sont les plus remarquables par leur 
beau plumage, sont les couroucous. Mal- 
heureusement leur forme n’offre rien de 
gracieux. Ce sont des oiseaux solitaires, 
qui ne volent que pendant le crépuscule. 
On voit placé sur un long pied un oiseau 
de ce genre nommé couroucou _ pavohin , 
dont le dessous du ventre est d’un beau 
rouge, la poitrine et le dos d’une belle cou- . 
leur métallique, et qui a une queue très 
longue et aussi brillante que le corps. Les 
louracos qui suivent, sont de jolis oiseaux" 
originaires de l'Afrique. 

La beauté de leur port et l’éclat de leur plumage 
les font rechercher. C’est dans -les forêts ombragées , 
qui sont traversées par des fleuves, qu’ils habitent - 
toujours , parce que la brièveté de leurs ailes leur 
interdit de longues excursions. Ils font leur nid dans 
les cavités de vieux arbres, couvent avec beaucoup 


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2 1 4 TROISIEME PROMENADE. 

de soins, et les jeunes oiseaux restent souvent avec 
les parens jusqu’à ce qu’ils soient eux-mèmes capables 
de se reproduire. Le plus grand et le plus rare, parmi 
ces oiseaux , est le touraco géant. Il est placé sur un 
long pied, tout- à-fait au bas de l’armoire. 

Ici commence l’ordre des passereaux. 

On remarquera la suite nombreuse des 
martinets et des hirondelles. 

Ces oiseaux volent le matin et le soir, et, lorsque 
] a chaleur est arrivée , ils se retirent dans les trous 
des murailles ou les crevasses des rochers, où on 
croit qu’ils sommeilleut. On sait que les hirondelles 
émigrent l’hiver et qu’elles vont chercher en Afrique 
une température plus douce. Lorsque le départ ap- 
proche , elles se réunissent en groupes , et , à un si- 
gnal donné, elles partent et vont se réunir sur les 
bords de la Méditerranée. Elles y demeurent quel- 
quefois plusieurs jours dans l’attente d’un vent fa- 
vorable. Souvent, pendant leur voyage, ces malheu- 
reux oiseaux sont assaillis par des vents contraires, et 
il en périt un grand nombre. St alors ils ont le 
bonheur de voir un navire , ils s’y jettent et en gar- 
nissent les voiles, les cordages et les mâts. Au prin- 
temps ils reviennent dans nos contrées et y font leurs 
petits; le souvenir gardé par eux est tel, qu’ils re- 
viennent prendre possession du nid de l’année pré- 
cédente, et on a vu ces oiseaux revenir plusieurs an- 
nées de suite au même endroit. Les hirondelles se 
nourrissent d insectes qui sont à la surface des eaux 
et daus l’air. C’est en volant quelles saisissent ces 
insectes. Elles ouvrent leur large bec , et les engouf- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 21 5 

li ent ainsi. Elles ont une très grande tendresse pour 
leurs petits , et font preuve d’un grand courage pour 
les défendre Si un ennemi se présente, le pçre et la 
mère tournoient constamment autour de lui et cher- 
chent à l’étourdir par leurs cris aigus; et, dans un 
besoin pressant, toutes les hirondelles qui se trou- 
vent dans le voisinage viennent au secours de celles 
qni sont menacées. 

Une des espèces les plus communes dans 
notre pays est Yhirondelle de rivage. Elle 
fait son nid dans les berges, le long des 
eaux. Cette espèce n’émigre point; on croit 
quelle s’enfonce dans la vase, et y reste 
tout le temps que dure la mauvaise saisou. 

Une autre espèce remarquable est V hi- 
rondelle salangane. C’est un petit oiseau 
qui habite l’archipel Indien. Son nid est 
fait de substances végétales. On l’emploie 
comme nourriture, et on en fait des en- 
vois très considérables en Chine et au Ja- 
pon , où ‘ils sont estimés comme mets très 
agréable et très restaurant. Les dernières 
tablettes de cette armoire sont remplies par 
les engoulevens , nommés vulgairement 
crapauds volans. Ce n’est que le soir 
qu on les voit ; le jour, ils se cachent. 
Ils se nourrissent d’insectes, et leur bec est 
tellement fendu qu’ils peuvent y engloutir 


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216 troisième promenade. 

# 

les plus gros. Ils vivent toujours solitaires. 
Le mâle n’aide point sa femelle à couver 
ses œufs. Celle-ci les dépose dans des fentes 
de rochers ou à terre , et ne les couve que 
très peu de temps. Plusieurs de ces oiseaux 
atteignent la taille d’un hibou ; d’autres ne 
sont pas plus gros qu’un merle. Celui qui 
vit dans nos forêts est de cette grosseur. 

Armoire ig. 

Ici sont les cassicans , oiseaux qui vivent 
à la Nouvelle-Hollande et à la Nouvelle- 
Guinée. Une espèce de ce genre, le calibé, 
a des couleurs si brillantes qu’on l’avait 
rangé parmi les oiseaux de paradis. Après 
eux sont les podarges , oiseaux peu nom- 
breux en espèces et très sauvages. Us 
sont crépusculaires , et se nourrissent d’in- 
sectes. Les pies-grièches sont après. Le 
nombre des espèces de ce genre est consi- 
dérable : elles vivent toujours en famille , 
et ont un tel attachement pour leurs petits, 
que , lorsque ces' derniers sont menacés , 
elles ne craignent pas de se mesurer avec 
des oiseaux beaucoup plus forts qu’elles. 
Une espèce, la pie-grièche grise , passe l’hi- 
ver en France. Les autres émigrent. Upç 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. ÏIJ 

autre espèce de notre pays , la plus petite 
de toutes, chasse les insectes, et les attache 
aux épines, pour les retrouver selon son 
besoin. 

Les brèves qui sont sur les tablettes du 
milieu, sont originaires de l’Inde. Elles 
sont parées des plus belles couleurs. La 
brève à ventre rouge , et celle à tête noire 
se font remarquer par leur beau plumage. 
Elles viennent des Philippines, et ont été 
données par M. Dussumier. Près de ces 
oiseaux, sont les fourmilliers , qui habitent 
toujours les endroits les plus infestés de 
fourmis. La brièveté de leurs ailes leur in- 
terdit un vol long et soutenu ; mais aussi 
leurs pattes très élevées les rendent très ha- 
biles à la course, exercice auquel ils se li- 
vrent presque constamment. Après euxsont 
1 escincles. C’estsurles bordsdeseaux que se 
plaisent ces oiseaux. Ils font leur nourri- 
ture habituelle de petits insectes aquati- 
ques, qu’ils obtiennent en plongeant. Ils 
vivent solitaires et retirés dans les monta- 
gnes. Leur nid est formé de brins d’herbes 
et de mousses enlacés d’une manière admi- 
rable. Les pardaloles et les troglodiles ter- 
minent cette armoire. Les premiers de ces 

1 9 


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218 troisième promenade. 

oiseaux sont peu connus. Ils vivent à la 
Nouvelle-Hollande et dans l’Inde. Les 
troglodites au contraire sont répandus dans 
tous nos jardins. Ils sont vulgairement 

connus sous le nom de roitelets. 

+ 

Armoire 20. 

* 

Les premières tablettes de cette armoire 
contiennent les merles dont le Muséum 
possède plus de cent soixante espèces. Près 
du merle commun qui est en premier, on 
voit un individu de cette espèce qui est 
tout-à-fait blanc . Cette variété est très rare. 
On n’en possède qu’un seul individu. Près 
de lui est le merle rose qui habite le midi 
de la France , et qui est très utile dans ces 
contrées, parce qu’il détruit un grand nom- 
bre de sauterelles. Le moqueur doit aussi 
être remarqué , parce qu’il a l’étonnante 
facilité d’imiter le ramage des oiseaux , et 
même toutes les voix qu’il entend. Les 
grives viennent après les merles. La plus 
grande espèce de ce genre est la drenne. 
Elle mange les baies du gui , et propage 
cette plante parasite en semant les grains 
sur les branches des arbres. Le mauvis , la 
plus petite espèce de grives, arrive, en 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 219 

troupes très nombreuses , vers le temps de 
la maturité du raisin , et lorsqu’il s’est en- 
graissé dans les vignes , c’est un mets très 
délicat. *. 

Le plus remarquable parmi tous ces oi- 
seaux est le merle azuré de Java. Son ven- 
tre est d’un noir de velours , et le dos d’un 
beau bleu clair. A côté de lui est un autre 
oiseau appelé pie de paradis , qui est aussi 
d’une grande beauté. La queue est trois 
fois plus longue que le corps. Sa tête est 
surmontée d’une double huppe qui, avec 
la gorge et la poitrine, brillent de cou- 
leurs à reflets métalliques. Les marlins sont 
sur les dernières tablettes de cette ar- 
moire. 

Ces oiseaux vivent en troupes plus ou moins nom- 
breuses. Ils sont constamment à la recherche d'in- 
sectes cachés sous les feuilles et détruisent une grande 
quantité de sauterelles , aussi les élève-t-on pour 
s’opposer au fléau destructeur de ces insectes. D’un 
naturel très familier, ils ne craignent pas de se mê- 
ler aux troupeaux et rendent de grands services aux 
animaux qu’ils débarrassent d’insectes qui les incom- 
modent. L’Ile-de-France étant en proie à de grands 
ravages par l’énorme quaulité de sauterelles et d’au- 
tres insectes qui y étaient répandus, on se procura 
des martins qui furent mis en liberté dans l’ile. Ils 
rendirent d’abord de grands services; mais ensuite 


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220 TROISIÈME PROMENADE. 

ils se multiplièrent tellement, qu’on fut obligé d’en 
détruire beaucoup. Depuis on a toujours eu soin 
d’en conserver un certain nombre. 

Au bas de l’armoire , sur deux pieds très 
élevés, sont de chaque côté des oiseaux 
nommés lyres. C’est dans les parties rocail- 
leuses de la Nouvelle - Hollande que se 
trouvent ces oiseaux; la queue du mâle est 
très remarquable par sa forme qui repré- 
sente une lyre : il est de la taille du fai- 
san, son plumage est d’un gris cendré. 

• 

Armoire 21. 


On voit en premier, les philédons , oi- 
seaux dont la langue est toujours terminée 
par un pinceau de poils, l’un d’eux, le 
philédon à pendeloques , a deux caroncules 
charnues qui lui pendent sous la gorge. 
Une autre espèce le philédon à cravate , 
porte sous la gorge deux petits bouquets de 
plumes frisées qui sont de couleur blanche, 
et qui se détachent des plumes du corps, 
qui sont vertes. Après ce genre, vient la 
nombreuse famille des becs-fins qui compte 
plus de cent quatre-vingts espèces. Les 
oiseaux qui la composent ont tous le bec 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 221 

droit et menu. C’est parmi eux, qu’est le 
Rossignol , oiseau si célèbre par le charme 
de sa voix. D 'autres genres de cette famille 
sont remarquables par leur beau plumage. 
Le traquet élégant , le traquct à face* bleue 
et le traquet queue gazée , sont de très jolis* 
oiseaux, les deux premiers par la beauté de 
leurs couleurs, le troisième par la délica- 
tesse des plumes de la queue. Le mottcux 
est un joli petit oiseau de notre pays, qui 
suit les laboureurs dans les champs pour 
se nourrir des vers que la charrue met à 
découvert. 

Un autre oiseau, aussi de notre pays, le 
rouge-gorge va souvent chercher un refuge 
contre le froid dans les habitations. Dans 
quelques provinces ils se réunissent en trou- 
pes si nombreuses, qu’elles couvrent le ciel 
comme un nuage. Les jauvettes suivent; 
quelques espèces habitent notre pays. L’une 
d’elles , la fauvette de rose aux aia singulière 
habitude d’attacher son nid à des liges de 
roseaux, qui sont constamment balancées par 
les vents. La fauvette d'hiver^ nommée aussi 
traîne- buissons , est la seule parmi celles qui 
vivent en France, qui y reste l’hiver. Les 
farlousesj connues généralement sous le 

19- 


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222 TROISIÈME PROMENADE. 

nom de becs- figues ; les bergeronnettes , qui 
ont l’habitudede suivre les moutons dans les 
pâturages, de se percher sur leur dos et de 
chercher dans leur laine les insectes qui 
s’y trouvent ; enfin les roitelets terminent 
l’armoire. Ce dernier oiseau est fort petit, 
son cœur n’est pas plus gros qn’un pois , 
il vit dans nos sapins , y fait son nid en 
forme de boule, place l’ouverture sur le 
' côté, et y dépose huit à dix œufs de la 
grosseur d’un pois. 

Armoire 22, 

Les loriots sont rangés sur lespremières ta- 
blettes de cette armoire. Ces oiseaux vivent 
dans les bois, ordinairement par couple. Ils 
se réunissent seulement en familles pour 
leurs voyages périodiques. Ce sont les ar- 
bres élevés qu’ils choisissent le plus ordi- 
nairement pour y placer leurs nids, qu’ils 
forment de brins de paille et de chanvre 
artistement enlacés avec des rameaux, et 
dans lesquels ils mettent de la mousse et 
des plumes. Ils font leur nourriture habi- 
tuelle d’insectes et de fruits. On sait com- 
bien l’espèce qui habite nos contrées est 
friande de cerises. Après eux sont les 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 2ü3 

drongos , oiseaux qui appartiennent tous 
à l’ancien continent , et qui sont de véri- 
tables destructeurs d'abeilles. Ils vivent 
en société, et font, pour la plupart, en- 
tendre des cris très aigus; il est quelques * 
espèces qui ont un ramage très agréable 
et comparable à celui du rossignol. Les 
échenilleurs suivent ces oiseaux ; ils habi- 
tent l’Afrique et vivent dans le fond des 
forêts, ils sont très sauvages, et font leur 
nourriture habituelle de chenilles. Les 
jaseurs, les tercines et les cotingas sont pla- 
cés à la suite. Le dernier de ces genres 
comprend des oiseaux qui vivent toujours 
solitaires dans les contrées humides de 
l’Amérique méridionale. On voit de quelle 
beauté est leur plumage. Le cotinga pom- 
padour , le cordon bleu , le conlinga pourpre, 
sont des oiseaux magnifiques. Le cotinga 
pourpreest toujours un oiseau extrêmement 
rare; celui que possède le Muséum a long- 
temps été le seul connu dans les collec- 
tions. Près de ce genre est un oiseau nommé 
céphàloptère. La base de son bec est garnie 
de plumes relevées, qui forment sur la tète 
un large panache , et le cou a aussi un pa- 
quet de longues plumes. Cet oiseau, le seul 


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224 TROISIÈME PROMENADE. 

de son genre, est très rare. Le Muséum n’en 
possède qüe deux individus dont un seule- 
ment est entier. 

Les gobe-mouches et les moucheroles ter- 
* minent cette armoire, et sont au commen- 
cement de l’armoire 23 ; on possède plus 
de cent cinquante espèces appartenant à 
ces genres. 

Armoire 23. ' 

Ces oiseaux vivent tous d’insectes qu’ils 
saisissent en volant. Le gobe - mouche de 
Lorraine , qui niche ordinairement dans 
les troncs d’arbres, présente un phénomène 
qui se retrouve souvent dans les oiseaux : 
le mâle , qui est pendant l'hiver d’un gris 
uniforme , a dans Je temps des amours une 
partie de son plumage d’un beau noir, et 
l’autre du blanc le plus pur. On voit 
dans ce genre plusieurs belles espèces, qui 
ont les plumes de la queue extrêmement 
longues, et qui ont long- temps été appe- 
lées moucherolles de paradis. Les tyrans 
viennent après les moucherolles. Ces oi- 
seaux ont vraiment un courage surprenant; 
car les femelles parviennent à éloigner de 
leurs nids tous les oiseaux de proie, et même 


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✓ V. 

CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 225 

défendent leurs petits contre les aigles. On 
doit remarquer le tyran jaune de Cayenne, 
et plusieurs autres espèces qui ont sur 
la tête des plumes d’une grande beauté. 
Les tangaras , qui suivent ces oiseaux, ont 
un plumage orné des plus belles couleurs, 
ils vivent comme nos moineaux de grains 
et d’insectes. Le tangara septicolore, qui vient 
de Cayenne , est un des plus jolis oiseaux 
qu’il y ait. Sur la dernière tablette, on a 
placé les manaquins , petits oiseaux qui ont 
des couleurs très brillantes, et qui habi- 
tent l’Amérique équinoxiale. Leurs mœurs 
n’ont rien de curieux; mais il est une 
espèce: le manaquin à longue queue , qui 
fait entendre un cri semblable à l’aboie- 
ment d’un chien. Le bas de l’armoire est 
occupé par les coqs de roches. Une espèce 
de ce genre est remarquable par les belles 
couleurs orangées du mâle adulte, qui dif- 
fère notablement du jeune et de la femelle 
qui sont lout-à-fait bruns. Une seconde 
espèce originaire de l’Inde est beaucoup 
plus petite que la première, et est d’un 
beau vert d’émeraude. 


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226 TROISIÈME PROMENADE. 

Armoire 24, 

Cette armoire contient sur les premières 
tablettes, les alouettes. Ces oiseaux habitent 
toutes les parties du globe, où iis sont en 
très grande abondance; ils nichent deux 
fois l’an, et on peut ainsi s’expliquer com- 
ment, malgré la grande quantité qu’on en 
tue, la dévastation des couvées par les 
grandes pluies, et enfin la destruction 
qu’en font les oiseaux de proie, on en 
trouve encore une si grande abondance. 
Ils est des pays où on en prend un si grand 
nombre, qu’on les expédie au loin pour 
les vendre sur les marchés. Ces oiseaux 
placent leurs nids à terre dans un sillon, 
ils réunissent quelques brins de paille 
qu’ils entourent de feuilles sèches, et 
y pondent quatre à six œufs. Après les 
alouettes, sont les mésanges , petits oiseaux 
d’un naturel vif, sans cesse occupés à fen- 
dre l’écorce des arbres, pour y chercher 
des larves d’insectes, ou à frapper sur les 
graines, qu’elles retiennent en rapprochant 
leurs pattes, pour en obtenir l’amande. 
Ils sont très médians , et ne peuvent 
vivre avec d’autres espèces , sans que 


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CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 22? 

celles-ci soient victimes; ils ont un très 
grand amour pour leurs petits , font 
leur nid avec beaucoup de soin, et y pon- 
dent jusqu’à seize et dix-huit œufs. On 
peut juger de leur activité, puisque le 
mâle et la femelle nourrissent quelquefois 
jusqu’à dix-huit petits. 

Hors le temps des amours, ces oiseaux sont mé- 
dians, même entre eux. Ils se livrent des combats 
meurtriers, et dès qu’un est blessé, les autres se pré- 
cipitent dessus et lui mangent le cerveau. Mais, lors- 
qu’ils couvent, ils se prêtent secours, et on rapporte 
qu’un épervier qui s’était approché d’un nid de mé- 
sanges pour saisir les petits , fut assailli par un grand 
nombre de ces oiseaux, et reçut tant de coups de 
becs, que non-seulement il ne put leur résister, mais 
qu’il mourut sur place. 

Nous avons dans notre pays plusieurs 
espèces de mésanges : la mésange charbon- 
nière , la nonnette , la mésange à tête bleue , 
et la mésange à longue queue. 

Le remiz ou penduline , qu’on a placé 
après les mésanges , est un oiseau qui ha- 
bite le midi de la France. Il construit un 
nid qui est en forme de bourse , et le sus- 
pund aux extrémités des branches flexibles 
de plantes aquatiques. Une seconde espèce 


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228 TROISIÈME PROMENADE. 


de ce genre vit au cap de Bonne-Espérance. - 
Elle construit le sien avec du coton, et lui 
donne la forme d’une bouteille , ayant soin 
de faire à l’extérieur une petite cupule, 
pour que le mâle puisse s’y reposer. Les 
étourneaux y vulgairement sansonnets , sont 
rangés après. Ils vivent en troupes nom- 
breuses et rendent de grands services aux 
bestiaux, en les débarrassant d’insectes qui 
vont sur eux, et qui les incommodent beau- 
coup. Les troupiales et les cassiques qui les 
suivent, sont des oiseaux dont certaines 
espèces atteignent la grosseur des corbeaux, 
tandis que d’autres au contraire, ne dépas- 
sent pas celle du merle. 

La manière dont cés oiseaux construisent leurs 
nids est très extraordinaire. Ces nids , faits avec des 
lu i us d’herbe , sont de forme ovale et réunis les uns aux 
autres, quelquefois jusqu’au nombre de douze. Cha- 
que ouverture donne dans un seul tube, qui est le 
corridor par lequel passe chaque couple pour se 
rendre à sa demeure. Ce nid est fixé seulement par 
l’extrémité supérieure à des branches solides, et 
flotte librement dans tout le reste de sa longueur, 
qui a quelquefois cinq ou six pieds. L’ouverture .est 
toujours à l’extrémité postérieure. C’est pour se sous- 
traire aux attaques des serpens, qui leur font une 
guerre cruelle, que les cassiques forment ces de- 
meures qui sont toujours balancées par les vents , et 
hors d’atteinte des reptiles. On leur a donné le nom 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 229 

de républicains , parce qu’ils ont l’habitude de se 
réunir en famille. 


Armoire 25. 

Dans cette armoire est la famille qui 
comprend les bruans et les moineaux. Elle 
renferme au moins cent cinquante espèces. 
Les bruans proprement dits sont en pre- 
mier : parmi eux on remarque l 'ortolan, 
oiseau très recherché pour sa chair délicate. 
Ap rès les bruans sont les moineaux propre - 
ment dits ; et après eux les linottes. C’est à 
ce groupe qu’appartient le chardonneret ; 
la linotte des vignes ; le siserin ; et le serin 
des Canaries, célèbre par sa facilité à mul- 
tiplier dans l’esclavage. 

On voit après eux, les jolis oiseaux nom- 
més bengalis , senegalis et veuves : on les rap- 
porte vivans en France. Les deux premiers 
sont remarquables par la beauté de leur 
plumage, et le troisième par la longueur 
de sa queue. Les nombreuses espèces de 
gros-becs qui suivent, garnissent six tablettes. 
La douceur de leur voix, la beauté de leur 
plumage et la facilité avec laquelle on les 
prive les font rechercher. Enfin les colious 
et les pique - bœufs terminent cette ar- 

20 


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z3<» TROISIÈME PROMENADE. 

moire. Les colious vivent en troupes, et 
iis ont la singulière habitude de dormir 
suspendus aux branches des arbres , la 
tête en bas, et pressés les uns contre les 
autres. Les pique-bœufs se perchent sur 
les bœufs , et retirent de leur peau les 
larves d’insecles qui s’y logent , et dont ils 
font leur nourriture habituelle. Ces larves 
s’introduisant dans la peau de l’animal, le 
gênent beaucoup, et l’oiseau est obligé de 
faire un trou dans cette peau pour les avoir. 

• Armoire 20. 

Les rollicrs sont au commencement de 
cette armoire. Ils sont pourvus de cou- 
leurs très vives , niais leur naturel est 
sauvage. On connaît très peu leurs mœurs. 
Après eux se trouve le mainala de Java. 
On prétend que cet oiseau est celui qui 
imite le mieux la voix de l’homme. L<e 
casse-noix , dont le genre n’est composé 
que d’une seule espèce, vient ensuite. On 
trouve cet oiseau dans toutes les régions 
septentrionales des deux hémisphères , où 
il se répand , lorsque la disette le force d’a- 
bandonner les montagnes qui ne lui four- 
nissent plus assez de nourriture. Sur les 


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CABINET d’hISTOIRS NATURELLE. 2^1 


tablettes suivantes on a rangé I as geais, oi- 
seaux criards , mais remarquables par leur 
beau plumage. Le milieu de l’armoire est 
occupé par les oiseaux de paradis. 

Rien n’est plus beau et plus varié que le plumage 
de ces oiseaux : chez les uns, c’est un beau noir de 
velours ou un beau vert émeraude; chez les autres 
c’est un bleu de saphir ou le rouge le plus vif. 
Long-temps, et surtout chez les naturalistes anciens, 
on a cru que ces oiseaux ne se nourrissaient que de 
rosée et qu’ils étaient toujours dans les airs; parce 
que les naturalistes qui les ont observés ne leur avaient 
jamais vu de pattes. La rareté et le peu de connais- 
sance qu’on avait de ces oiseaux a long -temps fait 
croire à ces fables. La manière avec laquelle les na- 
turels préparent les peaux qui nous parviennent, a 
aussi contribué pour beaucoup à conserver long-temps 
ces erreurs. On enlève les ailes et les pattes, puis la 
chair, et on met dans l’intérieur un bâton qui traverse 
le bec et qui s’étend jusqu’à l’extrémité de la queue. 
L’oiseau est roulé sur ce bâton , et malgré tout le soin 
qu’on met à l’examiner, on reconuait difficilement, 
si on n’est pas naturaliste, où étaient les ailes et les 
pattes. Ce n’est que dans ces derniers temps qu’on 
a vu au Muséum de ces oiseaux entiers tués par les 
naturalistes français. 

Le paradis grand-émeraude , le petit éme- 
raude, le superbe , le magnifique , Y orangé, 
le manucode , le paradis rouge, etc., sont 
tous sur les tablettes et Ja plupart sont en- 
tiers. Les oiseaux le plus généralement em- 


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232 TROISIÈME PROMENADE. 

ployés pour parure , sont le grand et le 'pe- 
tit émeraude . L’armoire est terminée par 
les pies et les corbeaux . Tout le monde 
connaît les espèces qui vivent en France et 
qui sont communes. 

Armoire 27. 

Les siltelles et les picucules commencent 
cette armoire. Les picucules sont assez sem- 
blables aux pics pour les habitudes. Comme 
eux ils se servent de leur queue pour grim- 
per aux arbres , et cherchent toujours les 
grands arbres morts pour s’y retirer. Ils se 
nourrissent d’insectes qu’ils attendent. Ces 
oiseaux sont nombreux en espèces. Ils ap- 
partiennent tous à l’Amérique méridionale. 
Les foumiers viennent après eux. 

D’un naturel peu farouche , ils vivent toujours près 
des habitations et y entrent quelquefois. Leur ramage 
est assez mélodieux, mais ce qui les fait surtout re- 
marquer, c’est l’art qu’ils apportent à construire leur 
nid. Placés indifféremment contre les grosses branches, 
les fenêtres ou les palissades, ils donnent à ce nid 
une forme hémisphérique. C’est avec de la terre gâ- 
chée qu’ils construisent. L’intérieur, a à-peu-près six 
pouces de diamètre : il est partagé en deux parties , au 
moyen d’une cloison semi-circulaire percée d’un trou. 

La seconde chambre reçoit les œufs , qui sont or- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 233 

dinairement au nombre de quatre. Une autre espèce 
de ce genre donne à ce nid une étendue considérable, 
puisque, quelquefois, il dépasse huit ou dix pouces 
de long. Enfin il est d’autres espèces qui ne se ser- 
vent plus de ciment pour construire, mais d’un tissu 
formé de brins d’herbes finement enlacés. Elles sus- 
pendent ces nids à l'extrémité des branches flexibles 
qui sont toujours le jouet des vents. Diverses ouver- 
tures sont à l’extérieur, et plusieurs comparlimens 
composent l’intérieur. Le compartiment du fond con- 
tient les œufs, les autres parties servent à l’exercice 
des petits, avant qu’ils soient assez forts pour s’é- 
chapper du berceau. 

Les grimpereaux qu’on voit après, et 
dont le plumage est peu élégant; sont d’une 
très grande vivacité. 

Us ont beaucoup d’attachement pour les lieux 
qu’ils habitent et se retirent ordinairement dans 
les trous de vieux arbics, et y amasseut des larves 
d’insectes qu’ils conservent pour se nourrir l’hiver. 
C’est dans les trous que ces oiseaux habitent pendant 
la mauvaise saison , qu’ils pondent leurs œufs et cou- 
vent avec un grand soin. Ils vivent dans le nord de 
l’Europe et dans presque toutes les contrées septen- 
trionales de l’ancien continent. 

► 

On voit sur les tablettes suivantes les 
souï-mangas , oiseaux remarquables par 
leurs brillantes couleurs. La suite que pos- 
sède la collection est fort belle. On y remar- 
ie souï - mangarouge des îles Sandwich, 

20 . 


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234 TROISIEME PROMENADE. 

célèbre par son beau plumage rouge.' 
Les insulaires emploient ces plumes à 
faire des manteaux auxquels ils mettent 
un très grand prix. Les oiseaux mouches 
et les colibris qui sont après, ont des cou- 
leurs très brillantes, et sont d’une très 
grande petitesse, puisque certains n’at- 
teignent pas à un pouce de long. Près 
de plusieurs , on a placé les nids qui sont 
formés d’une manière admirable; on adonné 
à beaucoup d’entre eux des noms qui rap- 
pellent leurs couleurs brillantes. Tels sont: 
le colibri topaze , le grenat , le rubis topaze, 
le saphir , le saphir émeraude , etc., etc. C’est 
principalement l’Amérique centrale qu’ils 
habitent, ils voltigent rapidement autour 
des fleurs, et introduisent dans les corolles 
leur langue divisée en deux filets et sus- 
ceptible de s’allonger; ils saisissent aussi 
avec leur bec , qui est très fin , de très petits 
insectes dont ils font leur nourriture. La 
collection qu’on voit ici , est l’une des 
plus belles et des plus complètes qui 
existent. Sous les oiseaux-mouches , on 
voit : les épimaques , les huppes , et les guê- 
piers. Les épimaques sont remarquables 
par leur beau plumage. L’un d'eux , l 'épi- 


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CABINET DHIST01RE NATURELLE. û35 

maque promefil est un des plus beaux oi- 
seaux de la collection. Les huppes, qui 
suivent, ne sont pas moins dignes d’atten- 
tion par la longueur des plumes qu’elles 
ont sur la tête, et qu’elles redressent à vo- 
lonté. Enfin les guêpiers , par leur beau 
plumage et l’habilude qu’ils ont de se 
nourrir d’abeilles qu’ils atteignent au vol, 
sont aussi des oiseaux curieux. 

Armoire 28. 

Dans cette armoire on a placé en pre- 
mier les martins-chasseurs et les martins-pê- 
cheurs. Les premiers habitent constamment 
les forêts, et font leur nourriture d’insec- 
tes; les autres ne fréquentent que les bords 
ombragés des fleuves et des ruisseaux, et 
se nourrissent de poissons qu’ils attendent 
avec persévérance perchés sur des bran- 
ches qui avancent dans l’eau. Ils saisissent 
les poissons en plongeant, et lorsqu’ils vo- 
ient et qu’ils en aperçoivent , on les voit 
au milieu d’une course rapide plonger 
tout-à-coup, et reparaître une seconde 
après, avec un poisson dans leur bec. Une 
des espèces de ce genre vit en France, où 
elle est très commune. Après eux, au bas 


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236 TROISIÈME PROMENADE. 


de l’armoire on voit les calaos , tous oi- 
seaux habitant l’Afrique; la grandeur et 
la forme extraordinaire de leur bec, les 
fait reconnaître aisément. Leur nourriture 
habituelle consiste en insectes, en petits qua- 
drupèdes, et principalement en fruits. Ils 
élèvent leurs petits avec un très grand soin. 

L’armoire est terminée par les motmots , 
oiseaux dont le bord du bec est dentelé 
en scie, qui sont très sauvages, et n’habi- 
tent que les grandes forets. 

Armoires 29 el 30. 

Ici commence l’ordre des gallinacés. La 
nombreuse suite de pigeons est contenue 
dans ces deux armoires. Pour en faciliter 
l’étude ils ont été divisés : en pigeons , tour- 
terelles f colombes , colombi - gallines , co - 
lombars. 

Tous ces oiseaux, dont nous avons beaucoup 
d’espèces à l’état de domesticité, sont, comme on le 
sait, le sujet d’un commerce très étendu. Ceux qui 
sont à l’étal sauvage vivent par couples; ils se tien- 
nent toujours sur les arbres les plus élevés , y con- 
struisent leurs nids et y pondent ordinairement deux 
œufs.JLe mâle et la femelle couvent alternativement, 
nourrissent tous deux leurs petits et ne les quittent 
que lorsqu’ils sont en état de voler. 


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CABINET D HISTOIRE NATURELLE. iZj 

Les pigeons sont doux , ont une grande tendresse 
et une grande fidélité l’un pour l’autre, et ce n’est 
que la mort seule qui lesjsépare. On connaît un grand 
nombre d espèces, qui toutes ont un plumage très 
varie et des formes très gracieuses. 

Armoire 31. 

L armoire qui suit celle des pigeons, 
renferme les paons. C’est de l’Inde que 
nous est venue l’espèce si répandue ici, et 
qui était employée comme nourriture, 
avant quon eût découvert les dindons. 
On croit que ce fut Alexandre qui, le pre- 
mier, rapporta ces beaux oiseaux dans nos 
contrées . 

Les paons sont des oiseaux qui perchent très 

K Ut ’ 61 * ^ u '^ s ont P r * s * eur nourriture > ils cher- 

chent un endroit élevé et isolé où ils passent une ' 
partie de la journée. On croit que notre paon do- 
mestique peut vivre jusqu’à vingt-cinq ans. On voit 
dans 1 armoire qui les renferme, plusieurs beaux in- 
îvidus préparés de manière à étaler la magnificence 
e leur plumage. La plupart de ces individus ont vécu 
en domesticité; mais il y a dans le fond de l’armoire 
eux individus tués à l’état sauvage j l’un d’eux vient 
des montagnes des Gates. 

Au bas , on a placé des oiseaux nommés • 
éperonntcrs , mais dont le plumage n’est pas 
aussi brillant que celui des paons. 


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a38 TROISIÈME PttOMENADE. 

Armoire 32. 

Dans l’armoire 32, est le dindon sauvage ; 
cet oiseau, naturalisé dans toute l’Europe, 
est originaire de l’Amérique ; le premier 
n’a été amené en Europe que quatre ans 
après la conquête du Mexique. Il fut en- 
voyé en Espagne vers 1024- Ce n’est que 
plus tard que les missionnaires, voyant de 
quelle ressource serait cet animal dans nos 
basses-cours, en firent des envois dans 
toutes l’Europe, où il fut connu sous le 
nom d'oiseau des jésuites. 

On peut voir à la Ménagerie un dindon 
pris à l'état sauvage, qui revêt les plus 
belles couleurs; à coté de cet oiseau se 
trouve une autre espèce du même genre, 
qu’on a nommée dindon ocellé. Son plu- 
mage estœilléet chatoyant, et offre diverses 
couleurs d’un éclat métallique, qui change 
selon la manière dont il réfléchit la lumière. 
Get oiseau, l’un des plus beaux qu’on con- 
naisse , vient de la baie de Honduras, 
dans le golfe du Mexique, et est le seul 
qu’on possède encore en Europe. 

En face l’armoire 32, de l’autre côté de 
la salle, est la continuation de la suite des 
oiseaux. 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 2 39 

Armoire 33 . 

Ici sont les lophophores , oiseaux dont les 
couleurs offrent i’éclat de l’or. Plus bas 
sont les ncpauls ou faisans cornus , remar- 
quables par leur couleur pourpre sur la- 
quelle sont répandues des larmes blanches. 
La suite de ces beaux oiseaux qu’on voit 
dans cette armoire a été donnée par sa 
majesté Louis-Philippe. 

Armoire SA. 

Les coqs , les faisans et les pintades sont 
placés ici. 

Les coqs sont répandus sur presque tous les points 
de la terre où l’homme vit en société. Long-temps 
on a ignoré d’où était leur origine ; mais il est bien 
certain maintenant qu’ils nous sont venus de 1 Inde. 
Quoique on trouve une espèce de coq sauvage dans 
la chaîne des Gates , et plusieurs autres dans ’’im- 
mense archipel de l’Inde, il n’a pas encore été pos- 
sible de déterminer à laquelle de ces espèces appar- 
tenait celle de nos basses-cours. 

Les faisans sont apres ces oiseaux. On connaît la 
belle espèce qui vit dans nos forêts, et qui est un 
mets très délicat ; mais le plus remarquable parmi ce 
genre est l’espèce nommée faisan doré ou faisan tri- 
colore de la Chine. La longue queue dont elle est 
pourvue ? sa huppe dorée qui orne le dessus de sa 


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240 TROISIÈME PROMENADE. 

tète , son plumage éclatant , et enfin ses formes élé- 
gantes la font rechercher comme le plus bel oiseau 
d’ornement. Il est naturalisé en Europe depuis long- 
temps. 

Les pintades , oiseaux des contrées marécageuses 
de l’Afrique, terminent l’armoire. On les voit souvent 
dans nos basses-cours , mais leurs cris désagréables et 
surtout leur méchanceté les font redouter. 

Armoire 35. 

Une grande partie de cette armoire 
renferme plusieurs individus du faisan ar- 
gus. 

Le corps de ces oiseaux est de la grosseur de celui 
du coq. Mais les plumes des ailes et de la queue sont 
extrêmement- longues. Ces plumes ont sur toute leur 
longueur des cercles extrêmement réguliers , qui di- 
minuent avec la plume. Cet oiseau est admirable, 
non pas par le brillant de son plumage, mais par la 
variété des couleurs. Long-temps il a été très rare, et 
du temps de Buffon , le Muséum ne possédait que trois 
plumes qui étaient conservées bien précieusement. 
Maintenant nous avons plusieurs de ces beaux oiseaux. 
On voit, par la manière avec laquelle ils sont prépa- 
rés , leur beau plumage qui est en partie caché lorsque 
l’oiseau a les ailes fermées. 

On les trouve à Sumatra et à Java , et ce n’est que 
depuis peu de temps qu’on est parvenu à les habituer 
dans les basses-cours. 

Au bas de l’armoire sont les hoccos. Ces 
oiseaux vivent dans les contrées chaudes 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 24 1 

de l’Amérique, où l’on mange leur chair 
comme celle des dindons. Une espèce , le 
pauxi, ou oiseau-pierre, est ainsi nommé, 
parce qu’il a sur la base du bec un tuber- 
cule très dur. 

Aratoire 36. 


Le genre pénélope, qui est sur les pre- 
mières tablettes, et la famille des tétras , 
dont le Muséum possède près de soixante 
espèces, garnissent en partie cette armoire. 
C’est à cette nombreuse famille qu’appar- 
tient le coq de bruyères. C’est le plus grand 
parmi ces oiseaux. Sa chair est très estimée, 
et on en fait un grand commerce à Paris. 
On voit ensuite la gelinotte, aussi très es- 
timée pour la délicatesse de sa chair. On a 
placé après les lagopèdes, qu’on nomme 
aussi perdrix de neige. 

Ces oiseaux ont un plumage fauve varié en été, et 
entièrement blanc en hiver. Leurs yeux aussi changent 
avec leur plumage ; et ce qu’il y a de plus remarqua- 
ble, c’est que, lorsqu’ils prennent leur plumage 
blanc, les yeux deviennent rouges ; tandis que, lors- 
qu’ils ont leur couleur fauve, les yeux sont bruns, 
lis habitent les hautes montagnes, et passent l’hiver 
dans des trous qu’ils se sont creusés sous la neige. 

21 


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24 * 


troisième promenade. 


Les gangas, oiseaux encore assez rares, 
et les perdrix si communes chez nous, ter- 
minent cette armoire. 


Armoire 37. 


On voit, dans cette armoire, les nom- 
breuses espèces de cailles. 

Celle qui est en si grande abondance dans nos pays, 
émigre l’hiver pour chercher une température plus 
douce; mais, dès que le printemps est arrivé, elle 
revient parmi nous. Ces oiseaux vivent isolés , mais 
se réunissent en grandes troupes lors de leur départ. 
On prétend qu’ils ne voyagent que de nuit ou de très 
grand matin. 

Les tinamous sont placés après ces oi- 
seaux. Ils sont aux contrées de l’Amérique 
méridionale, ce que sont les perdrix pour 
l’Europe . ils sont très estimes comme 
gibier. 

Armoire 38. 

Ici commence l’ordre des échassiers . Ce 
nom a été donné à ces oiseaux à cause de 
la longueur de leurs jambes. Les premiers 
genres de cet ordre sont les casoars. Le ca- 
soar d casque et le casoctr de la Nouvelle- 
Hollande sont vivans ( voyez pour les 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 243 

mœurs la Ménagerie). \J autruche qui est 
dans la même armoire est aussi vivante à 
la ménagerie. Ces oiseaux sont privés de 
la faculté de voler; mais leur course est si 
rapide, qu’aucun animal ne peut les attein- 
dre. L’espèce d 'autruche qui habite les dé- 
serts sablonneux de l’Afrique, est célèbre 
dans l’antiquité. (Voyez la Ménagerie). 

Une seconde espèce nommée nandou , est 
originaire d’Amérique. (Voyez à la Mé- 
nagerie). 

Dans cette même armoire se trouvent 
les pluviers et les vanneaux. 

Les pluviers sont de petits oiseaux qui habitent 
les bords fangeux des marais et des rivières. Ils frap- 
pent la terre de leurs pieds pour faire sortir les vers. 
•Ils vivent en société et émigrent périodiquement. Leur 
chair est très délicate. Une espèce, le trochilus, 
commune sur les bords du Nil, entre dans la gueule 
du crocodile pour dévorer les espèces de fourmis qui 
y pénètrent en grand nombre lorsque l’animal vient 
à terre. Le crocodile, reconnaissant d’un tel service, 
l’avertit quand il est pour fermer ses mâchoires. 

Les 'vanneaux sont pour les mœurs, semblables, 
aux pluviers. Leur taille est plus grande, et certains 
sont 1 armés sur les ailes d’un ergot avec lequel ils se 
défeudent contre les oiseaux de proie. Les œufs de 
celui qui habite la France (le vanneau commun ), 
passent pour un mets très délicat. 


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244 TROISIÈME PROMENADE. 


Armoire â9. 

Les premières tablettes de cette armoire 
contiennent les huitriers - Ces oiseaux, qui 
habitent constamment les rivages, doivent 
leur nom à l’habitude qu’ils ont de recher- 
cher à marée basse, les mollusques qui sont 
à découvert. Les habitans des cotes les 
connaissent sous le nom de pies de mer. 
Ils ont non-seulement leur plumage qui 
ressemble à celui des pies, mais aussi un 
cri qui est presque analogue. 

Les œdicnèmes viennent après, et ensuite 
sont les outardes. 

Une espèce de ce genre vit en Europe , babile les 
grandes plaines et niche dans les blés. La marche de 
cet oiseau est rapide , et il emploie souvent' ses ailes 
pour accélérer sa course. Le mâle est le double plus 
grand que la femelle; c’est le plus grand des oiseaux 
d’Europe. 

Armoire AO. 

Cette armoire renferme le genre courlis , 
dont une espèce, Y ibis sacrée des anciens 
Egyptiens, a le plumage du corps, des ailes 
et de la queue, blanc, à l’exception des 
bouts des grandes pennes de l’aile qui sont 
noirs : les quatre dernières pennes secon- 
daires, ont les barbes singulièrement gran- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 245 

des, effilées et retombent par-dessus les 
bouts des ailes lorsque celles-ci sont pliées : 
leur couleur est d’un beau noir avec des 
reflets violets, les pieds sont noirs ; les 
jambes sont plus grosses, les doigts nota- 
blement plus longs et l’ensemble du corps 
un peu plus considérable que dans le cour- 
lis d’Europe. 

Cette espèce, qui existe encore aujourd’hui en 
Egypte, comme l’a démontré M. Cuvier, qui a dé- 
brouillé si heureusement les données confuses que 
l’on possédait précédemment sur cet oiseau , jouissait 
dans l’antique Égypte d’un culte religieux, errait li- 
brement dans les villes, où un arrêt de mort le dé- 
fendait contre tout individu qui eût osé le tuer, et 
était embaumé après sa mort. On lui supposait en 
outre : un attachement inviolable pour le pays , atta- 
chement tel, qu’il sc laissait mourir de faim quand 
on voulait le transporter ailleurs; un instinct suffisant 
pour connaître le cours et le décours de la lune, et 
pour régler en conséquence la quantité de sa nourri- 
ture journalière et le développement de ses petits; 
la propriété d’arrêter aux frontières de l’Égypte les 
serpens qui auraient porté la destruction dans celte 
terre sacrée , et de leur inspirer tant de frayeur , que 
les plumes mêmes chassaient ces reptiles; d’avoir 
fourni à Mercure le déguisement avec lequel il avait 
parcouru la terre pour enseigner aux hommes les 
sciences et les arts. 

Deux momies sont placées auprès de l'oi- 

ai. 


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S»46 troisième promenade. 

seau ; l’une est enveloppée de ses bande- 
lettes, l’autre en est débarrassée et laisse 
voir des plumes très bien conservées pour 
la forme et les couleurs. 

Armoire 41. 

Les genres barge , bécasse , bécassine , 
combattant et iournc-pierre , sont dans celte 
armoire. Tous ces oiseaux habitent les 
bords des eaux. Ils enfoncent leur long 
bec dans la vase pour retirer les insectes qui 
s’y trouvent. Ils muent deux fois l’an, au 
printemps et à l’automne, et leur plumage 
d’été né ressemble pas à celui d’hiver; car, 
l’été, il est ordinairement roux , et gris l’hi- 
ver. Les bécasses sont des oiseaux qui ha- 
bitent, l’été les montagnes et redescendent 
habiter les plaines dans la saison froide. 
Les bécassines, qu’on voit après , sont plus 
petites, elles vivent toujours sur le bord 
des eaux et font leur nourriture de vers, 
de larves et d’insectes. Les combattans y 
qu’on a rangés au bas de l’armoire, sont 
célèbres par les combats qu’ils se livrent au 
printemps. C’est dans ce temps que ces oi- 
seaux changent de plumage et en prennent 
un, nommé plumage d’amour, qui diffère 


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CABINET ©HISTOIRE NATURELLE. 247 

tout-à-fait du premier ; leur cou, à cette 
époque, se garnit d’une collerette de lon- 
gues plumes de couleurs très variables. 
L’armoire est terminée par les toume-pierres , 
oiseaux qui vivent sur les bords des mers, 
et qui ont l’habitude pour trouver les vers 
dont ils l’ont leur nourriture, de soulever 
les pierres. 

Armoire 42. 

Ici sont, en premier, les chevaliers et les 
avoccttcs. Ces derniers oiseaux sont remar- 
quables par la courbure de leur bec qui 
est tourné vers Je haut. Ils l’enfoncent dans 
la vase et forment en courant des sillons 
pour mettre à découvert les insectes dont 
ils font leur nourriture. 

■ Les savacous , qui sont au bas de l’ar- 
moire , sont des oiseaux des parties chaudes 
de l’Amérique méridionale. Ils se tiennent 
ordinairement sur les arbres qui bordent 
les rivières, et se précipitent sur les pois- 
sons qu’ils aperçoivent. 

Armoire 43. 

Toute cette armoire est occupée par les 
Itérons. 

Oiseaux d’un naturel sauvage , qui vivent toujours 


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TROISIÈME PROMENADE. 


sur les bords des eaux et se nourrissent habituelle- 
ment de poissons. Dans l’état de repos , ils tiennent 
le cou enfoncé dans les épaules et les jambes raides. 
Souvent ils sont dans l’eau jusqu’au ventre, et , dans 
cette position, ils attendent avec une grande persé- 
vérance que les poissons viennent à leur portée ; et , 
dès qu'ils voient la possibilité de les saisir, ils tendent 
leur cou , lancent leur bec avec une grande rapidité 
sur l'objet désiré, qui rarement échappe à des mou- 
vemens aussi prompts. Parmi les nombreuses espèces 
contenues dans cette armoire , on doit remarquer : le 
héron commun qui habite nos contrées ; une autre 
espèce, qui ne se trouve que dans le midi de l’Eu- 
rope, nommée héron aigrette , célèbre par la belle 
couleur blauche de son plumage, par les plumes 
que le mâle porte sur le dos pendant le temps des 
amours, et qui sont recherchées comme parure j 
enfin une troisième espèce, le héron butor, qui vit 
dans les roseaux et qui, dans le tempe des amours, 
fait entendre des cris perçans plus forts que ceux du 
taureau. Ces oiseaux ont un très grand courage pour 
défendre leurs petits. Ils sont sauvages et difficiles à 
surprendre. 

Armoire 44. 


Cette armoire renferme le courlan et 
les agamis. 

Les agamis n’ont pas le corps plus gros que celui 
d’un faisan; mais ils ont des jambes très éleyees. 
Cps oiseaux habitent les forêts épaisses de 1 Amérique- 
Méridionale , ils ne sont pas sauvages et sont suscep- 
tibles d’un grand attachement. Comme le chien, ils 
conduisent les troupeaux et mènent les oiseaux de 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 2 4g 

basse-cour au pâturage. On les nomme à Cayenne 
oiseau-trompette , parce qu’ils ont un cri très aigu. 

Ensuite sont les grues dont il a été parlé 
page 64 de la Ménagerie. 

Au bas de cette armoire est placé le 
caurale. Ce joli oiseau est aussi appelé oi- 
seau du soleil et petit paon des roses. La va- 
riété et les belles couleurs de son plumage 
ne le cèdent en rien aux plus jolis papil- 
lons de nuit. Cet oiseau, qui n’est pas plus 
gros qu’une perdrix, se trouve à la Guiane 
et habite les bords des rivières. 

Armoire 45. 

C’est ici que sont les cigognes , oiseaux 
qui , loin d’être nuisibles à l’homme , 
lui rendent de grands services. ( Voyez 
page 7 °). 

* Sur la première tablette de cette ar- 
moire , on voit la cigogne d'Europe , dont 
nous avons parlé plus haut. Elle est très 
abondante en Europe, et les habitans de 
la Belgique et de la Hollande se croient 
menacés de quelques malheurs lorsqu’ils ne 
voient point reparaître sur leurs maisons 
Poiseau qui y était Tannée précédente. Au 
bas de l’armoire est une espèce nommée 


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afyo troisième PROMENADE. 

cigogne à sac ou marabou. Cet oiseau vit 
eu troupes aux Philippines et au Bengale. 
On le nomme adjudant et il est bien défen- 
du de le tuer, parce qu’il rend de grands 
services aux villes en les nettoyant des im- 
mondices. Il a sous la queue de longues et 
belles plumes qu’on emploie comme'parure. 
Ces plumes sont connues sous le nom de 
marabou. L’espèce de l’Inde se distingue 
des espèces d’Afrique par lin manteau noir 
bronzé dans la première , et uni dans les 
secondes. On voit un de ces oiseaux vivant 
à la Ménagerie. 

Armoire 46. 

Les becs-* ouverts sont sur les premières 
tablettes de cette armoire. Ils ont reçu ce 

a 

nom , parce qu’ils ont un bec dont les 
deux mandibules forment le croissant et 
ne se touchent qu’à la base et au sommet. 
Après eux on a placé les tentâtes, oiseaux 
paisibles , dont la nourriture consiste 
principalement en reptiles. On avait long- 
temps cru , avant que MM. Cuvier et Sa- 
vigny eussent démontré le contraire , 
que l’espèce nommée tentalc à festons qui 
vient du Sénégal , était le véritable ibis des 


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CABINET ©'HISTOIRE NATURELLE. 25 £ 

r 

anciens Egyptiens ; mais il est prouvé que 
cette espèce ne se trouve même pas en 
Egypte. Au bas de l’armoire sont les jabi- 
rus, oiseaux qui atteignent jusqu’à cinq 
pieds de haut. 

Armoire 47. 

En première ligne sont les spatules. 

Ces oiseaux vivent sur les plages marécageuses 
voisines «les bords de la mer. Ils se nourrissent le 
plus ordinairement de menu poisson ; mais lorsqu’il 
leur manque, ils recherchent les larves d’insectes 
aquatiques. Ils émigrent, et, dès que la saison ri- 
goureuse se fait sentir, ils se réunissent, attendent 
le passage des cigognes , et vont avec ces oiseaux 
chercher plus près de l’équateur une température 
moins froide. On parvient sans peine à les priver; 
mais l’hiver ils sont dans un état de malaise qui ne 
cesse que lorsque la saison du retour est arrivée. 
Une espèce de ces oiseaux est d’Europe. 

Les râles tiennent après. 

On compte à-peu-près trente espèces dans ce genre; 
l’une d’elles , le raie de genêt, vit en France , il est 
aussi appelé roi des cailles , parce que c’est avec ces 
oiseaux qu’il arrive et repart, et on a cru qu’il leur 
servait de guide Les autres espèces de ce genre vi- 
vent ordinairement dans les marais, courent avec 
beaucoup de rapidité sur les herbes et nagent faci- 
lement. 

Une espèce de ce genre, nommée marouette , fait 
son nid avec des roseaux et lui donne la forme d’une 


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252 TROISIÈME PROMENADE. 

nacelle. Elle l’attache aux ptantes aquatiques de ma- 
nière à ce qu’il puisse couler facilement le long de 
la tige et qu’il puisse monter ou descendre, selon 
que le niveau de l’eau s’élève ou s’abaisse. 

Les oiseaux qui suivent sont les jacanas. 
De tous les oiseaux ils sont ceux qui ont 
les doigts les plus longs. Aussi peuvent-ils 
se soutenir facilement sur les larges feuilles 
qui sont à la surface des eaux dormantes. 
Ils ont reçu le nom de chirurgien , parce 
qu’ils ont au bout des doigts des ongles qui 
sont comparés à une lancette. On les 
trouve en Amérique et dans l’Inde. Au bas 
de cette armoire est le kamichi , oiseau de 
la grandeur d’un dindon. 

Il est armé sur les ailes d’un éperon fort et pointu , 
dont on ignore l’usage, mais qui certainement peut 
être une arme très dangereuse. On les trouve dans 
les savannes inondées de l’Amérique-Méridionale. 
On les élève en domesticité, et ils peuvent être em- 
ployés pour garder les volailles. 

Armoire 48. 

Les premiers oiseaux qui sont dans cette 
armoire, sont les poules d' eau , dont une 
espèce est très commune dans nos étangs. 
Après elles on voit les poules sultanes ou 
talèves , oiseaux remarquables par leur 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 253 

beauté. Tout leur corps est d’un beau bleu 
et les pattes et le bec d’un rouge Vif. 

Ils se tiennent souvent sur une patte et portent 
leur manger à leur bec comme les perroquets. La 
Sicile en possède une espèce, dont deux individus ont 
long-temps vécu à la Ménagerie. On en trouve aussi 
à la Nouvelle-Hollande, en Afrique et en Amé- 
rique. 

Le bas de l’armoire est occupé par de 
grands oiseaux nommés phœnicoptères ou 
Jlamans. 

Ces oiseaux ont de très longues jambes et un cou 
qui n’est ni moins long ni moins grêle. Us vivent or- 
dinairement en troupes nombreuses dans les endroits 
inondés , et se nourrissent de poissons et de coquil- 
lages. Ils construisent un nid en forme de pyramide , 
et assez élevé pour que la femelle puisse couver de- 
bout. Une espèce de ce genre, celle qui vit en Afrique 
et en Europe , a les ailes roses et le reste du plumage 
blanc; et la seconde espèce, qui est tout-à-fait rose, 
vient d’Amérique. Un voyageur rapporte qu’en Afri- 
que il vit une troupe de ces oiseaux , dont le nombre 
pouvait être de plus de dix mille. 

Armoire 49. 

Ici commence un ordre d’oiseaux qu’on 
nomme palmipèdes . Ce nom leur a été donné 
, parce qu’ils ont les doigts réunis par une 
membrane. Tous nagent avec une grande 
facilité. 


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2$4 TROISIÈME PROMENADE. 

En premier dans celte armoire sont pla* .. 
cés les grèbes. 

Ces oiseaux ont les ailes si courtes, qu’ils ne peu- 
vent voler que très difficilement ; mais ils plongeut 
et nagent avec une grande facilité. Ils se servent 
même de leurs ailes comme de rames. Ils font leur 
nourriture habituelle de poissons qu’ils saisissent eu 
plongeant. Leur plumage argenté fait qu’ils sont em- 
ployés comme fourrure. 

Armoire SO. 

Les plongeons qu’on voit ici sont comme 
les grèbes , ils volent peu, se tiennent tou- 
jours sur les eaux, nagent avec une éton- 
nante facilité et ont la faculté de parcourir, 
en y plongeant, de très grandes distances 
sans paraître à la surface de l’eau. _ 

Armoire SI. 

Ap rès eux sont, dans celle armoire, les 
manchots et les pingouins. 

Les manchots ne vivent que de poissons. Leurs pe- 
tites ailes ne sont garnies que de vestiges de plumes, 
au premier coup-d’œil, presque semblables à des 
écailles. Elles sont toul-a-fait inutiles pour le vol , 
mais forment d’excellentes rames. Ils se retirent dans 
les creux des rochers pour y déposer leurs œufs. La 
mère couve «avec beaucoup de soin, et ne se dérange 
pas à l’approche de l’homme. 

Les pingouins ont tout-à-fail les mêmes mœurs. 

Ils habitent tous les mers du nord et se réunissent 


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CABINET DIIISTOIBE NATURELLE. 255 

en ^société pour couver. Ils sont en si grande abon- 
dance dans ces parages, que le capitaine Vood , qui 
visita leur retraite, put faire ramasser environ cent 
mille œufs. Pour arriver à la retraite qu’ils se choi- 
sissent, ces oiseaux s’aident des pieds et des ailes 
pour gravir les rochers escarpés. 

Armoire 52, 

Celte armoire renferme les pétrels et les 
albatrossesj oiseaux qui vivent au milieu de 
l’Océan, à plusde six cents lieues descôtes. 
Ils se reposent sur les vagues. 

Les pétrels, nommés aussi oiseaux de tempête , 
sont en premier. Ils ont reçu ce dernier nom , parce 
<jue dès qu’ils aperçoivent le mauvais temps, ils vont 
chercher un abri sur les navires. Ces oiseaux ne 
quittent la mer que lorsqu’ils veulent couver. Ils 
placent leurs nids sur les rochers battus par les vagues. 

Les albatrosses qui sont après, sont de très gros oi- 
seaux qui habitent les mers australes. Ils volent avec 
une étonnante facilité et parcourent de grandes dis- 
tances. Ils effleurent avec légèreté la surface des eaux 
et Saisissent les poissons qui s’y montrent. Leur glou- 
tonnerie est telle, qu’on peut les prendre en attachant 
un hameçon à une longue corde et en y mettant un 
morceau de chair. Lorsqu’ils se reposent à la surface 
de l’eau , ils viennent saisir cette nourriture , et sont 
pris comme les poissons. Ils pondent dans les lieux 
déserts , près des rivages , et se forment un nid élevé 
de quelques pieds , dans lequel ils déposent leurs 
œufs» 


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a56 TROISIÈME PROMENADE. 

Armoire 53. 

Les oiseaux qui sout dans cette armoire 
sont les goélands et les mouettes. Leur plu- 
mage est quelquefois très varié, souvent 
aussi d’une blancheur éclatante. Ils habi- 
tent en bandes très considérables sur les cô- 
tes et font entendre des cris aigus extrême- 
ment importuns. Leur voracité est très 
grande , et ils se livrent des combats et se 
font souvent des blessures mortelles, pour 
se disputer des lambeaux de charogne in- 
fecte. Ils se nourrissent indistinctement de 
tous les débris d’animaux que la mer rejette 
ou qui flottent à la surface. 

Armoire 54< 

Ici sont les hnvndclles de mer, oiseaux 
qui ont un vol très rapide. Ils rasent, 
comme le font les hirondelles, la surface 
de l’eau, et saisissent pour en faire leur 
nourriture, les mollusques qui s’y trouvent. 
Il n’est pas rare d’en voir remonter les ri- 
vières. On en tue souvent aux environs de 
Paris. Après eux sont les becs en ciseaux , 
oiseaux dont le bec est tout-à-fait comme 
une lame de couteau. La mandibule supé- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 

rieure est de moitié plus petite que l’infé- 
rieure, et il leur serait impossible de rien 
saisir, si la nature ne leur eût donné un 
instinct tout particulier ; ils rasent la sur- 
face de l’eau en volant, enfoncent la man- 
dibule inférieure du bec et parviennent ainsi 
à saisir les mollusques dont ils veulent se 
nourrir. Au bas de cette armoire et de la 
suivante , sont rangés les pélicans , oiseaux 
connus de tout le monde par les fables qu’on 
a racontées sur leur manière de nourrir 
leurs petits. 

Ils font leur nourriture habituelle de poissons , et 
pour s’en saisir ils battent l’eau avec leurs ailes f 
étourdissent les poissons et s’en emparent plus faci- 
lement. Quand ifs ont rempli la poche qu’ils ont sous 
le bec, ils vont sur les bords du rivage satisfaire à 
leur vorace appétit. Lorsqu’ils ont des petits, ils les 
nourrissent de poissons qui ont déjà , dans la poche , 
subi une première macération, et il arrive souvent 
que leur ventre, qui est presque toujours d’un beau 
blanc, se trouve sali par le sang des poissons qu’ils 
ont séparés en plusieurs morceaux pour les intro- 
duire dans leur estomac. C’est sans doute ce qui a fait 
dire que ces oiseaux s’ouvraient le ventre^pour nourrir 

leurs petits. * 

« 

Armoire 55. 

Cette armoire renferme sur les premières 
tablettes, les frégates. Ces oiseaux ont les 

32, 


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a 58 troisième promenade. 


,fliles tellement développées qu’ils ont quel- 
quefois jusqu'à dix pieds d’envergure. Leur 
vol est très rapide. Ils se noimrissent de 
poissons volans, et le plus souvent d’autres 
poissons. Les oiseaux qu’on nomme fous , 
et qui sont sur les tablettes suivantes sont 
pour ainsi dire leurs pourvoyeurs; leur 
stupidité est telle, qu’ils se laissent saisir la 
nourriture qu’ils ont prise ; on peut les 
saisir eux-mêmes avec la main lorsqu’ils 
viennent se reposer sur les navires. Le bas 
de l’armoire est occupé par des oiseaux 
nommés paille-en-queue et vulgairement 
oiseaux des tropiques . Le premier nom leur 
est donné, parce qu’ils ont àja queue deux 
très longues plumes dépourvues de barbes, 
et le second parce qu’ils annoncent aux 
marins le voisinage des tropiques. 


Armoire 56- 


Ici sont les cormorans , oiseaux qui vivent 
de poissons et qui en détruisent un grand 
nombre. Ils nagent très bien, et quoiqu’ils 
aient les pattes palmées, ils se perchent sur 
les arbres ët y font leurs nids. 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 2 ^ 


Armoire» 56 et 57. 


Ces dernières armoires renferment la 
suite des oies , des canards et des harles . 
Parmi les nombreuses espèces d’oies, il faut 
remarquer la bernachç qui , dit la fable, 
naît sur les arbres comme les fruits. Cpst 
seulement l’hiver que cet oiseau se trouve 
dans nos contrées, l’été il retourne dans 
le nord. Une autre espèce, Voie d'Egypte, 
est celle qui est le plus souvent figurée sur 
les monumens égyptiens. Elle était révérée 
à cause de son attachement pour ses petits, 
et était nommée oie-renard. Au bas de ces 
armoires sont placés les cignes , oiseaux 
que tout le monde connaît, et qui font 
l’ornement de nos pièces d’eau. Ils sont aussi 
très utiles pour leur duvet. On voit à côté; 
une espèce qui vit dans nos contrées à l’état 
sauvage ; et une autre , qui a le col noir et 
vient du Brésil; enfin une troisième tout- 
à-fait noire, qui se trouve à la Nouvelle- 
Hollande. 

Les canards sont au-dessus. Le Muséum 
e |b possède un grand nombre d’espèces. 
Ceux qu’on trouve dans notre pays ne s’y 
montrent que l’hiver ; l’été ils retournent 


l 


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26 O ^IIOISIÈME PROMENADE. 

dans le nord . Le plus utile de ces oiseaux 
est Yeider, Il habite les mers Glaciales du 
pôle, et surtout en Islande, en Laponie, 
au Groenland et au Spilzberg. C’est lui qui 
fournit le duvet si précieux qu’on nomme 
édredon. Ces oiseaux se réunissent en trou- 
pes nombreuses pour couver. Ils forment 
leurs nids de leurs plumes les plus fines , et 
après qu’on lui a dérobé cette précieuse dé- 
pouille, la femelle arrache de son ventre 
une nouvelle provision de duvet. En dé- 
pouillant les nids j on s’en procure une 
quantité considérable dont on fait des 
envois en Europe. Dans les mers du nord, 
c’est une propriété qui se transmet par hé- 
ritage , que celle d’un point de la côte où 
ces oiseaux viennent d’habitude s’établir à 
l’époque de la ponte. La suite des canards 
est terminée par les harles, oiseaux qui se 
trouvent en Amérique et en Europe , et 
dont on rencontre souvent l’hiver une 
espèce dans nos marchés. 



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CABINET ^HISTOIRE NATURELLE. ZÔ 1 


titaotrthnr promcnaïif. . 


CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 

* * 

COLLECTIONS DE REPTILES 
BT DE POISSONS. 

(Trofesseur M. Domérilj Conservateur M. Kiekbb. ) 


La collection de reptiles occupe l’avant- 
dernière salle du premier étage du côté 
méridional du bâtiment (c’est-à-dire à 
gauche d’une personne qui arrive par l’en- 
trée du quai Saint-Bernard). Elle ren- 
ferme environ 2000 individus appartenant 
à 846 espèces. Depuis l’année 1802, époque 
à laquelle M. de Lacépède fut suppléé dans 
sa chaire du Muséum par M. Duméril , les 
richesses erpétologiques du Cabinet d’his- 
toire naturelle ont été portées au-delà des 
deux tiers en sus de celles qu’il possédait 


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2Ô2 QUATRIÈME PROMENADE. 

alors. Dans son Introduction de ï 'Histoire 
des reptiles , publiée dans les suites à Buf- 
fon, M. Duméril attribue cette augmen- 
tation de richesses, aux efforts i°de G . Cu- 
vier, pour le haut intérêt qu’il a su inspirer 
au gouvernement , et la grande influence 
qu’il a exercée en excitant le zèle et l’ému- • 
lation des naturalistes voyageurs ; 2° à ceux 
de Pérou et de Lesueur , dans leur voyage 
aux terres Australes, à la côte occidentale 
de la Nouvelle-Hollande, à Timor, aux 
côtes de Diemen, au détroit de Bass, etc. ; 
3 ° de Riche, dans le voyage d > Entrecastea > ux; 
4 ° de MM. Quoy et Gaymard , dans les deux 
grands voyages qu’ils ont entrepris; l’un , 
(1817) sous le commandement du capi- 
taine Freycinet, avec les corvettes ¥ Uranie 
et la Physicienne , aux îles de France, de 
Bourbon, Mariannes, au port Jackson, 
aux côtes des îles Malouines où V Uranie 
fît naufrage, à Monte- Video et Rio- Janei- 
ro, sur la Physicienne , qui rentra en France 
en 1820 : le second sur V Astrolabe, avec le 
capitaine Durville (1826); au port du Roi- 
Georges, à la terre de Nuitz, au port Jack- 
son , à la Nouvelle-Irlande, à la Nouvelle- 
Guinée, Amboine, à la terre de Van Die- 


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CABINET D IIISTOIRE NATURELLE. Îè63 

men, Hobarts-Town , Vanikoro, aux îles 
Mariannes, à Amboine, aux Célèbes, à 
Batavia; 5° de MM. Garnot et Lesson , qui 
ont fait de précieuses récoltes sous le com- 
mandement du capitaine Duperrey, avec 
la corvette la Coquille; 6° de M. B us seuil ^ 
dans son voyage sous le commandement du 
capitaine Bougainville: 7 0 de M. Reynaud , 
dans sa navigation sur la Chevrette; 8° de 
M .Eydoux, dans son toyage sur la Favorite. 

Les espèces de I’amérique méridionale 
proviennent de la collection de M. De* 
lalande (1816-1817); d’envois faits, par 
MM. Auguste de Saint-Hilaire (1822-1 823) ; 
Menés tries (1823); Galot jeune mort à 
Rio- Janeiro; Gaudichaud , pharmacien de 
la marine et savant botaniste, qui vient de 
rapporter du Brésil une collection de rep- 
tiles fort intéressante; enfin par la collec- 
tion de M. A. d’Orbigny; par des envois de 
M. Gay ; de MM. Desesse et Mocino pour 
les reptiles du Brésil; de MM. Fiée et 
JJherminicr , pour les îles de la Martinique, 
Porlo-Rico, la Guadeloupe; de M .Ricord> 
pour l’ile Sl-Domingue; enfin de M. Poey 
pour plusieurs espèces rares de la Havane 
et de Cuba. L’erpétologie delà Guyane est 


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264 quatrième fromenade, 

due aux recherches anciennes de Richard 
et Leblond à Cayenne , de Levaillant à Su- 
rinam et aux soins plus modernes (1820) de 
M. Poiteau chargé en chef des cultures de 
Cayenne ; du Baron Milius gouverneur de 
lamèmeîle. Enfin en 1824, MM. Leschenault 
et Adolphe Doumerc , déposèrent dans le 
Musée , la collection de reptiles qu’ils ve- 
naient de former dans le même pays. 

Pour Iamérique septentrionale , on doit 
beaucoup: à M. Milbert pour les espèces 
des Etats-Unis; à MM. Lesueur , Leconte, 
Hurlau, Teinturier. 

Les espèces de I’afrique sont dues: à MM. 
Delalande , Péron, Lesueur , Catoire, Quoye t 
Gaymard, Verreaux , neveu de Delalande , 
établi au Cap , d’où il fait souvent des en- 
vois; Roger , Perrottet , Julien-Desjardins ; 
Sganzin capitaine d’artillerie de la marine. 

MM. Rozet ingénieur ; Marloy chirur- 
gien de la marine; Gérard et Stenheil , ont 
fait des envois de reptiles de la province 
d’Alger. 

De l’Egypte, le Musée a reçu (1802) de 
précieuses récoltes dues en grande partie à 
l’expédition française et parliculièvement à 
M. le professeur Geoffroy-Saint-Hilaire. II 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 205 

9 

doit aussi des espèces remarquables à MM. 
Thcdenat- Durant , Ruppell , Chêrubini , fils 
du compositeur et qui accompagna Cham- 
pollion ; Alexandre- Lefebvre , Bové jardi- 
nier chargé de diriger les cultures du pa- 
çha dans le voisinage du Caire. Enfin MM. 
Joannis et Jorès , officiers de marine , em- 
barqués à bord du Louqsor, ont déposé au 
Muséum, le résultat de leurs recherches sur 
les bords du Nil. M. Cailliaud auteur du 
Voyage au fleuve Blanc et à Mcroe, a fait 
présent à l’établissement de deux crocodi- 
les embaumés. 

: Les reptiles d’AsiE ont été rapportés par 
Leschenault - Dclatour, MM. Diard et 
Duvauccl qui visitèrent le Bengale , Java , 
Sumatra, les îles de la Sonde ; Bellangcr qui 
a exploré les côtes de Malabar et de Coro- 
mandel ; Dusfumier, négociant et armateur 
de Bordeaux, qui a fait des envois de la 
plus grande richesse ; enfin Lamare-Piquot, 
qui a permis qu’on choisît parmi les dou- 
bles de sa collection , les espèces qui man- 
quaient à celles du Muséum. 

Les reptiles d’EUROPE ont été recueillis : 
ceux d’Espagne , par M. Duméril ; ceux de 
Sicile, par MM, -^Constant -Prévôt, profes- 
sé 


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fc66 QUATRIÈME PROMENADE. 

seur à la Faculté des sciences, et Bibron ', 
aide-naturaliste de M. Duméril, et son col- 
laborateur dans l’ erpétologie des suites à 
BufFonj ceux d’Italie, par M. Savigny\ 
ceux de Morée, par la commission de Mo- 
rée dirigée par le colonel Bory-Sl-Vincent. 

Armoires 1 , 2 et 3. 

Les trois premières armoires renferment 
l’ordre des tortues ou chéloniens . On voit 
d’abord les tortues de terre ou cher sites, 
parmi lesquelles on remarquera la tortue 
bordée , 

Dont la carapace est aussi haute que large, et 
dont les exemplaires que l’on voit ici viennent : les 
uns de Morée , les autres d’Egypte ou d’Alger. La 
grecque , confondue par Aristote avec la précédente, 
et qui paraît circonscrite à la Grèce, à l'Italie et aux 
principales îles de la Méditerranée , et s’est naturalisée 
dans la Provence. La tortue géométrique , originaire 
de Madagascar et digne de fixer l’attention , par sa 
très petite taille et la disposition régulière et agréable 
de ses couleurs. 

» 

Ensuite sc voient les tortues et eau douce. 

Faciles à distinguer des précédentes par les pal- 
mures qui existent entre leurs doigts. Elles en diffèrent 
aussi quant à leur régime, qui ne se compose plus de 
substances végétales , mais le plus souvent de vers, 
de petits reptiles , de petits mollusques ou d'insectes,- 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 267 

. Oa remarquera : la cistude commune , 

Très répandue en Europe ; car, non-seulement la 
Grèce, l’Italie et ses îles, mais encore l’Espagne, le 
Portugal , la France-Méridionale , et même la Hon- 
grie et une partie de l’ÀHemagne-Orientale jusqu’en 
Prusse, la produisent assez abondamment ; l'éntyde à 
lignes concentriques répandue dans les États-Unis, 
entre New-York et les Florides, et vivant de préfé- 
rence dans les marais salés, d’où lui est venu le nom 
de saltwater terrapin, par lequel le désignent les 
Anglo- Américains. Sa chair est délicieuse, surtout 
à l’époque où l’on retire ces animaux engourdis des 
trous où ils s’étaient enfoncés pour y attendre le re- 
tour de la belle saison ; 

Uémyde de reevis originaire de la Chine, 
dont le Muséum possède seulement deux 
individus : l’un donné par M. Gray; l’au- 
tre par M. Bennet , secrétaire de la Société 
zoologique de Londres qui l’avait expédié 
vivant. Uémyde ocellée , espèce nouvelle 
pour la science et dont les trois exemplai- 
res que possède le Muséum, lui ont été en- 
voyés par M. Bellanger. A cette division 
appartiennent aussi les tortues à boites de 
Cuvier, 

Dont le plastron est divisé en deux battans par 
une articulation mobile, et qui peuvent entièrement 
fermer leur carapace quand leurs membres y sont re- 
tirés. Parmi celles dont les deux battans sont égale- 




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ü68 QUATRIÈME PROMENADE. 

ment mobiles, on distingue la tortue h boite de Penn- 
sylvanie, connue depuis fort long-temps daus l’Amé- 
l'ique-Septentrionale. 

Maintenant viennent les tortues molles. 

Ainsi nommées de ce qu’elles n’ont pas d’écaiiles , 
mais seulement une peau molle pour envelopper la 
carapace et le plastron. De plus, la corne de leur 
bec est revêtue en dehors de lèvres charnues , et leur 
nez se prolonge en une petite trompe. Elles se nour- 
rissent de poissons , de mollusques , de reptiles aux- 
quels elles font une chasse continue, et habitent les 
fleuves. 

On y remarque la tortue molle du Nil, 
dont un magnifique exemplaire, suspendu 
au plafond, a été rapporté d’Egypte et don- 
né au Muséum par MM. Joannis et Jorès, 
officiers embarqués à bord du Louqsor. La 
tortue molle d* Amérique également suspen- 
due au plafond, . 

Habite les rivières de la Géorgie, de la Caroline 
et de la Guyane, se lient en embuscade sous les ra- 
cines des joncs , des arbres , etc. , saisit les oiseaux , 
Jes reptiles , etc., dévore les jeunes caïmans et devient 
elle-même la proie des grands. 

Viennent ensuite les tortues de mer. 

On les reconnaît à leurs membres transformés en 
de véritables rames; à l’aplatissement de la carapace 
et aux échancrures profondes du plastron* Les espèces • 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE.’ z6g 

les plus dignes de fixer l'attention sont : la tortue 
franche et le caret. 

« * 

Le Muséum possède un seul exemplaire 
complet de tortue franche envoyé de New- 
York par M. Milbert. 

Cette tortue, que sa taille considérable a forcé de 
suspendre au plafond , est une des espèces qui offrent 
à l’homme le plus d’avantages. On la recherche sur- 
tout pour ses oeufs qui passent pour un mets délicat, 
bien que le blanc soit un peu verdâtre et ne se 
coagule pas par l’action du feu ; et pour sa chair , qui 
d’abord recherchée par les navigateurs , est mainte- 
nant considérée comme une nourriture de luxe , et 
est. devenue l’objet d’un commerce spécial dans la 
Grande-Bretagne, d’où l’on expédie exprès à sa 
recherche des vaisseaux dans la mer des Indes. 
Les Anglais ont même établi sur certaines côtes 
des parcs dans lesquels on recueille ces animaux 
pour en faire des chargemens, et l’on voit vendre 
leur viande dans les marchés. La graisse, lorsqu’elle 
est fraîchement recueillie , peut remplacer le beurre 
et l’huile dans les apprêts des alimens culinaires. 
Dans les pays où ces chélonées atteignent d’énormes 
dimensions et pèsent jusqu’à plus de 900 livres, on 
sait que les indigènes se servent des carapaces qui 
ont jusqu’à quinze pieds de circonférence et sept 
de longueur, comme de pirogues ou de nacelles 
pour côtoyer les rivages, qu’ils en couvrent leurs 
huttes et qu’ils en font des bacs pour y faire dé- 
saltérer les bestiaux, et des baignoires pour laver 
les enfans, On trouve dans Pline et dansStrabon, 

a 3 . 


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2JO QUATRIÈME PROMENADE» 

des passages qui prouvent que certains habitons des 
bords de la Mer-Rouge , qu’on nommait les Chélono- 
p/iagcs , tiraient en effet ce parti d’une espèce fort 
voisine également au Muséum et nommée la chélonée 
vergetée, 

La chasse de la tortue franche et des espèces voi- 
sines se pratique de plusieurs manières. Daus cer- 
tains parages, on profite de l’époque où les femelles 
ont l’habitude immémoriale de se rendre sur la terre 
pour y déposer leurs œufs pendant la nuit. Les ma- 
telots qui se sont transportés exprès sur les lieux , at- 
tendent en silence qu’elles soient sorties dei'eau pour 
couper la retraite à celles qu’ils trouvent sur leur 
chemin. Ils se contentent de les renverser sur le dos f 
soit directement, soit avec des leviers dont ils se sont 
munis à cet effet. Ces animaux , ainsi retournés sur 
un sable mobile, ont beau faire agir leurs nageoires , 
ils ne rencontrent aucun point d’appui et ne peuvent 
se redresser ; on les retrouve le lendemain à la place 
où on les avait renversés, on les transporte alors avec 
des civières sur les navires, on les laisse là, sur le 
pont dans la môme position , pendant une vingtaine 
de jours , en ayant seulement le soin de les arroser 
d’eau de mer plusieurs fois dans la journée. On les 
dépose ensuite dans des parcs pour les retrouver au 
besoin. En pleine mer et lorsque les chélonées vien- 
nent à la surface de l’eau, soit pour y respirer, soit 
pour y dormir, on fait en sorte de s’en emparer en 
se servant du harpon; c’est une sorte de javelot à 
pointe acérée, tranchante et triangulaire, portant un 
anneau auquel une corde est attachée; l’animal blessé 
plonge et entraîne avec lui le trait et la corde qui le 
suit , et à l’aide de laquelle on parvieat à, l’attirer 


CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 2?I 

sur les bords du navire dont l’équipage se livre à 
cette sorte de pèche. Dans les mers du Sud, des plon- 
geurs habiles et exercés profiteut du moment où ils 
trouvent les chélonées endormies et établies à la sur- 
face des flots, pour arriver sous l’animal qu’ils par- 
viennent ainsi à saisir. Vers les parages de la Chine 
et des mers des Indes, ainsi que sur la côte de Mo- 
zambique , on s’empare des tortues au moyen de cer- 
tains poissons vivans qu’on dresse pour ainsi dire à 
celte manœuvre, comme nos chiens à la chasse, et 
qu’on nomme à cause de cela les poissons pécheurs. 
Ce poisson est une espèce du genre rémora , qu’on 
nom me nauc rate ou sucet , dont le sommet delà tète 
est recouvert d’une plaque ovale, molle et charnue à 
son pourtour. Au milieu de celte plaque, on distingue 
un appareil très compliqué de pièces osseuses dispo- 
sées en travers sur deux rangs réguliers , comme les 
planchettes de persiennes. Ces plaques , dont le nom- 
bre varie de quinze à trente-six, suivant les espèces, 
sont mues sur leur axe au moyen de muscles parti- 
culiers, et leurs bords libres sont garnis de petits 
crochets qui se redressent tous à-la-fois comme les 
pointes d’une carde. Yoici , dit-on , comment les in- 
sulaires procèdent à cette pèche singulière : ils ont 
dans une nacelle des baquets qui contiennent plu- 
sieurs de ces poissons, dont la queue est garnie d’un 
anneau auquel on peut attacher une corde mince , 
longue , solide. Quand ils aperçoivent de loin quel- 
ques tortues endormies à la surface des flots, mais 
que le moindre bruit pourrait réveiller, ils jettent à 
la mer l’un de ces poissons retenu par la longue fi- 
celle qu’ils laissent filer jusqu’à la distance conve- 
nable, afin qu’elle puisse parcourir comme un rayon 


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27 2 QUATRIÈME PROMENADE. 

l’étendue de la circonférence dans laquelle repose la 
tortue. Aussitôt que le poisson aperçoit le reptile 
flottant , il s’en approche, s’y cramponne et y adhère 
à l’instant avec tant de force , qu’en retirant la corde , 
les pêcheurs amènent vers leur barque et la tortue et 
le poisson, que l’on détache très facilement en im- 
primant au crâne un mouvement inverse de derrière 
' en devant qui fait renverser à l’instaut tous les cro- 
chets. 

Une autre espèce de chélonée non 
moins remarquable et que l’on voit égale- 
ment suspendue au plafond est le caret ou 
taillée , ainsi nommée de la disposition de 
ses écailles qui se recouvrent à la manière 
des tuiles d’un toit. 

Cette espèce de tortue est presque uniquement la 
seule dont les écailles soient employées dans la tablet- 
terie. Pour les obtenir , il suffit de présenter à l’ac- 
tion d’un brasier ardent la partie convexe de la ca- 
rapace, aussitôt ces écailles se redressent et elles se 
détachent avec la plus grande facilité. Ces lames , 
au moment où on les détache de la carapace, pré- 
sentent différentes courbures, puis elles sont d’épais- 
seur inégale. Pour les redresser il suffit de les laisser 
plonger dans de l’eau très chaude; après quelques 
minutes de cette immersion, on peut les retirer et 
les placer entre des lames de métal ou entre des plan- 
chettes d’un bois compacte bien dressées, au milieu 
desquelles , au moyen d’une pression constante , on 
les laisse refroidir; dans cet état elles conservent la 
forme plate que l’on desire, Après les avoir ainsi éta^ 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 2^3 

lées, on les gratte, on les aplanit avec soin à l’aide 
de petits rabots; quand ces plaques sont amenées à 
une épaisseur convenable, elles peuvent être em- 
ployées chacune séparément. Mais cependant le plus 
souvent on les soumet encore à une préparation que 
nous allons faire connaître. Quand elles sont trop 
minces, ou quand elles n’ont pas la longueur ou la 
largeur désirables, on soude deux lames entre elles, de 
manière que les parties minces de l’une correspondent 
aux parties épaisses de l’autre, et réciproquement. 
Tantôt, taillant les bords de deux ou trois pièces en 
biseaux réguliers de deux à trois lignes de largeur, 
on place ces bords avivés les uns sur les autres ; dans 
cet état on dispose les plaques entre des lames mé- 
talliques légèrement rapprochées , à l’aide d’une pe- 
tite presse dont on augmente l’action , quand le tout 
est plongé dans l’eau bouillante , et par ce procédé 
on les fait se confondre ou se joindre entre elles de 
manière à ce qu’il devient impossible de distinguer 
la trace de cette soudure. Aucune portion de cette 
écaille ne reste perdue dans les arts ; les rognures et 
la poudre qui résultent de l’action de la lime sont 
réunies avec desfragmens plus ou moins étendus, et 
le tout est placé dans des moules en bronze formés 
de deux pièces entrant l’une dans l’autre. On rem- 
plit ces moules de la matière, de manière à ce qu’elle 
soit en excès ; on l’expose à l’action de l’eau bouil- 
lante, après l’avoir serrée légèrement ; peu-à-peu ; à 
mesure que l’écaille se ramollit, on agit 'sur la vis de 
pression , qui rapproche les deux parties du moule , 
j usqu’à ce que les points de repère indiquent que 
l'épaisseur de la pièce est telle qu’on la desire. 


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QUATRIÈME PROMENADE. 


i 


Toujours au plafond, on remarquera la 
tortue à cuir, ou luth de la Méditerranée. 

Cette espèce est la plus grande de loutes , et l’in- 
dividu que l’on voit ici a sept pieds de longueur. Son 
poids est souvent de plus de 1200 livres. Elle 11’a 
pas de plastron , et sa carapace est marquée de cinq 
arrêtes saillantes et revêtue d’un cuir brun. Sa chair 
est bonne à manger. 


Armoire 4. 


A la quatrième armoire commence l’or- 
dre des sauriens . Ce sont d’abord les croco- 
diliens dont les grands individus sont atta- 
chés au plafond de la salle des poissons. > 

Dans les trois premiers compartimens 
on voit le caïman à museau de brochet . 

Il est de l’Amérique du nord et peuple les eaux dn 
Mississtpi et de ses affluens, jusque vers le 32 ° de- 
gré latitude nord , c’est-à-dire hors de la régiou 
équinoxiale , passé laquelle on ne voit plus de croco- 
diles dans l’ancien monde. On rapporte que ces ani- 
maux à la Louisiane s’enfoncent dans la boue lorsque 
vient la saison froide, et y tombent dans un sommeil 
léthargique , même avant la gelée. Ce sommeil est si 
profond, qu’on les peut couper en morceaux, sans 
qu’ils donnent le moindre signe de sensibilité. Les 
ottifs de cette espèce, au rapport de M. Bosc, sont à 
peine égaux à ceux d’une poule d’Inde, blanchâtres 
comme ceux du crocodile du Nil , mais plus petits* 
Ils sont bons à manger, quoique sentant un peu 1 ^ 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 27S 

musc. Dès que les petits sont nés ils vont se jeter à 
l’eau, mais la plus grande partie y devient la proie 
des tortues, des poissons voraces et même dit-on des 
vieux crocodiles. Lorsqu’ils sont adultes , ils peuvent 
rester long-temps sans manger. C’est sur le rivage des 
grands fleuves, au milieu des lacs marécageux , qu’ils 
s’établissent de préférence. Ils s’y rencontrent quel- 
quefois en troupes nombreuses, au point de gêner la na- 
vigation. Ils y vivent de grenouilles, de poissons, d’oi- 
seaux aquatiques, enfiu de tous les animaux qu’ils peu- 
vent attraper : les chiens, les cçchons, les bœufs ne sont 
pas à l’abri de leur voracité. On rapporte qu’ils le» 
saisissent au museau et paries jambes quand ils vont 
Loire et les entraînent dans l’eau pour les noyer. Ils 
peuvent atteindre jusqu’à 22 ou 2 3 pieds de lon- 
gueur. , 

La taille du plus grand individu que 
possède le Muséum n’est que de 1 mètre 
64 centimètres (environ 5 pieds). On voit 
aussi le caïman à paupières osseuses de 
Caïenne. 

Dans les trois compartimens suivans, on 
voit les crocodiles proprement dits. 

Ils se distinguent des caïmans, en ce que la qua- 
trième dent de la mâchoire inférieure est reçue dans 
une échaucrure de la supérieure, au lieu de l’être 
dans un trou comme aux précédens. Le plus grand, 
qui a treize pieds de longueur et qui en acquiert 
jusqu’à 25 et 3 o est le crocodile du Nil qui parait se 
trouver aussi dans tous les fleuves d’Afrique, et meme 
à Madagascar. C’est de tous les animaux de l’ordre 


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QUATRIÈME PROMENADE. 


des sauriens, le plus dangereux par sa force et sa vo- 
racité ; sa gueule énorme est garnie de dents poin- 
tues et fendue jusqu’au-delà des oreilles. Il est revêtu 
d’une armure impénétrable, qui le fait , en quelque 
sorte, ressembler à ces anciens chevaliers bardés de 
fer, qu’on ne pouvait atteindre qu’au défaut de la 
cuirasse. On en voit des troupes nombreuses sur le 
bord des fleuves : tantôt ils sont étendus sur le rivage, 
tantôt cachés sous l’eau, d’où ils ne laissent sortir que 
l’extrémité de leurs narines et d’où ils s’élancent 
avec rapidité sur les animaux qui passent près d’eux. 
Les femelles viennent déposer leurs œufs sur Je sable, 
elles les couvrent de feuillage, et la chaleur du soleil 
les fait éclore. Les petits se rendent à l’eau aussitôt 
qu’ils sont sortis de l’œuf. On prend les crocodiles 
en creusant sur leur passage un fossé profond qu’on 
recouvre de branches et de feuillage ; on eu prend 
aussi en plaçant au bord de l’eau un appât sous lequel 
est caché un fort crochet qui s’enfonce dans leur pa- 
lais ; cet appât est attaché à une longue corde avec 
laquelle on lesretire de l’eau lorsqu’ils sont affaiblis 
par la perte de leur sang. Outre l’homme, les croco- 
diles ont à craindre des ennemis en apparence bien 
faibles, mais qui cependant les tourmentent beaucoup: 
ce sont des espèces de fourmis , qui s’introduisent 
dans leur bouche, sitôt qn’ils vontà terre. Maischose 
singulière ! de petits oiseaux échassiers , du genre 
pluvier, viennent, au rapport d’Hérodote, vérifié 
parM. Geoffroy St. Hilaire, les délivrer de ce fléau, 
et entrent sans crainte dans leur gueule pour y cher- 
cher ces insectes. La chair du crocodile est assez 
goûtée des Égyptiens et des Nubiens. Hérodote, qui 
visita l'Égypte 45o ans avant l’ère chrétienne, va- 


i 


* 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 277 

conte : que les prêtres de Memphis nourrissaient des 
crocodiles apprivoisés, les paraient de divers orne- 
mens , leur assignaient une place et un emploi dans 
les cérémonies religieuses. Ces récits, regardés comme 
fabuleux par plusieurs critiques, furent confirmés 
par la découverte faite au rapport de M. Geoffroy 
St. Hilaire, d’une momie de crocodile ornée de pen- 
dans d’oreille. 

Le Muséum possède deux momies de 
crocodile vulgaire ; l’une , la plus grande, 
donnée par M. Chabrand ; l’autre , plus 
petite, reçu de M. Cqillaud et placé dans 
une montre à l’entrée de la salle. Le plus 
grand après le crocodile du Nil est le croco- 
dile à museau effilé. 

Il se trouve dans les Antilles et dans l’Amérique 
méridionale. M. de Humboldt en a vu un nombre 
prodigieux dans l’Oréuoque , et il en a mesuré un 
qui avait 23 pieds de long. Il présente un phénomène 
singulier, c’est qu’il s’engourdit par la grande cha- 
leur, comme le caïman à museau de brochet, par le 
froid. M. Descourtilz , qui a observé cette espèce à 
Saint-Domingue, raconte : que la femelle creuse 
avec les pattes et le museau un trou circulaire dans le 
sable, sur un tertre peu élevé où elle dépose 28 œufs 
rangés en couches séparées par un peu de terre, con- 
uit ses petits et les défend avec courage. 

Le dernier compartiment du plafond 
renferme le gavial du Gange: 

24 


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2^8 QUATRIÈME PROMENADE. 

Uu îles plus grands sauriens que l’on connaisse à 
l’élat vivant. L’individu que l’on voit ici, et qui a 
été envoyé du Bengale par M. Alfred Duvaucel a 
5 mètres 4o centimètres de long (environ 16 pieds). 

. Cet animal se fait remarquer par l’excessif allouge— 
ment de son museau ; il vit dans le Gange , se nourrit 
de poissons et n’est pas nuisible à l’homme. 

Vient ensuite , (toujours dans la qua- 
trième armoire la famille des camé/éo- 
niens. 

Dont la conformation bizarre, tient en même 
temps du crapaud et du lézard. Leur tête large, angu- 
leuse, surmontée de crêtes, semble implantée sur les 
épaules; le tronc est comprimé de manière à présen- 
ter beaucoup d’étroitesse comparativement à sa hau- 
reur. La queue préhensile, acquiert quelquefois une 
longueur supérieure à celle du tronc. Les pattes 
n'ont de rapport qu’avec celles de quelques oiseaux 
grimpeurs, puisque leurs doigts informes, réunis 
en deux paquets termiués par les ongles, font l’of- 
fice de véritables pinces. Comme les oiseaux dont nous 
parlions tout-à-l’heure, les caméléoniens possèdent la 
faculté de faire sortir instantanément de leur bouche 
une langue charnue , disposée en entonnoir et por- 
tée sur une sorte de boyau que l’animal peut lancer 
sans bruit, sans mouvement apparent du reste du corps 
pour l’appliquer sur les insectes qui s’y collent. Mais 
leurs changemens de couleur ont surtout fixé l’atten- 
tion et leurout mérité des Latinsl’épithète d svcrsico- 
lores, versipelles. Cette faculté dont jouissent un assez 
grand nombre d’autres animaux ,est développée d’une 
façon merveilleuse chez les caméléons. Mais bien 


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5 # 

CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 279 

qu’on ait remarqué une sorte de coïncidence des tein- 
tes colorées entre le sol et leur peau, il est loin d’ètre 
prouvé et même croyable que ces nuances acquises 
aient dépendu de la volonté de l’animal dont la peau 
ne reflète pas , ainsi qu’on le croit communément, la 
couleur des objets qui l’environnent. 

Enfin les derniers rayons de cette même 
armoire sont occupés par 1 es gec/co tiens. 

Ce qui rend ces petits animaux dignes d’attention , 
ce sont les renflemens qui garnissent toute ou partie 
de la longueur du dessous des doigts, et qui leur permet- 
tent de marcher sur les plafonds, comme les mouches 
en sens contraire de la pesanteur. Une espèce, le 
gecko des murailles , habite le midi de la France sous 
le nom de tarante, et tout le littoral et les îles de la 
Méditerranée. Une autre, le gecko des maisons , est 
répandu dans l’Orient, est regardé par les Égyptiens 
comme la cause de la lèpre , ce qu’ils expriment par 
le nom abou-lurs. Ils pensent en effet qu’il empoi- 
sonne avec ses pieds les salaisons dont il est très 
friand. 

Armoire 5. 


La famille des lacertiens vient ensuite. 

On remarquera : les monilors , qui se distinguent 
des crocodiles, dont ils ont presque la taille, par 
l’absence des palmures entre les doigts. Les espèces 
de ce genre , dont le nom vient de l’habitude qu’ont 
ccs animaux de pousser un sifflement à l’approche 
des crocodiles, se partagent en celles qui sont aqua- 


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T 


* 

280 QUATRIÈME PROMENADE, 

tiques et en celles qui sont terrestres ; parmi les 
espèces que possède le Muséum, on distingue :1e 
monitor ou ouaran du Nil , qui a été apporté par 
M. Geoffroy Saint-Hilaire et est suspendu au mur; 
la longueur de cet individu est d’environ quatre pieds. 
Cette espèce, fort célèbre chez les anciens Égyptiens 
qui lui rendaient une sorte de culte et la gravaient 
sur les monumens, vit probablement le long des 
fleuves et rivières de toute l’Afrique, se nourrissant 
des œufs de crocodiles, de gros insectes, de petits 
reptiles et de poissons. Au même genre appartiennent 
les sauvegardes de l’Amérique , dont une espèce , la 
grande sauvegarde , à peau noire piquetée de jaune 
et ornée de bandes transversales de la même couleur, 
habite le Brésil , où elle vit le long des fleuves et se 
réfugie dans l’eau quand on la poursuit. Elle n’y 
nage pas ; elle se nourrit de gros insectes, de rep- 
tiles et d’œufs qu’elle vient chercher dans les basses- 
cours. 

Un individu de cette espèce est suspen- 
du au mur. 

Apres les monilors se voient les lézards. 

Ces animaux, généralement de petite taille, sont 
vifs et agiles. Quand il fait froid ou que le temps est 
mauvais , ils se tiennent cachés dans les fentes des 
murailles ou dans des trous qu’ils se creusent sous 
terre. Le moindre choc suffit pour séparer du corps 
une partie de la queue ; et , lorsque cet accident a 
lieu , elle reprend bientôt sa longueur ordinaire par 
une nouvelle pousse; mais il n’est pas vrai que les 
deux parties puissent se rapprocher. Les lézards ne se 
nourrissent que de proie vivante , encore faut-il qu’elle 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 28 1 

remue pour qu’ils se jettent dessus. La plupart des 
espèces ont des couleurs vives et variées. Le plus 
commun dans toute la France, est le petit lézard gris 
des murailles. Il se nourrit de vers qu’il étourdit en 
les secouant vivement avant de les avaler. Il pond 
huit à dix œufs qui éclosent en onze ou douze jours. 
Le plus beau de ceux de l’Europe est le grand lézard 
' vert ocellé , qui se trouve en Espagne et dans le 
midi de la France. Il a plus d’un pied de long; son 
corps est d’un beau vert avec des lignes irrégulières 
de points noirs, qni forment des anneaux ou des 
yeux. 

Dans la famille des iguanlens on remar- 
quera, suspendu au mur, près de la grande 
sauvegarde Y iguane de la Guiane . 

Vert-jaunâtre en dessus , marbré de vert pur, long 
de quatre à cinq pieds, vivant sur les arbres, de 
fruits, de graines et de feuilles. Sa chair est assez 
recherchée , quoique malsaine. On dit que pour le 
prendre les nègres s’en approchent en sifflant, et 
profitent du penchant que ces animaux ont pour la 
musique ; l’iguane charmé reste immobile et avance 
même la tête pour mieux entendre. Dans ce moment, 
le chasseur, qui tient un nœud coulant attaché à 
l’extrémité d’une longue perche, se met à caresser le 
cou du reptile , qui le souffre avec plaisir, et finit par 
lui passer le nœud au cou, après quoi il l’attire 
violemment à terre et s’empare de lui. 

On remarquera aussi les stellions : 

A la queue entourée d’anneaux formés d’écaille* 
épiueuses ? et objets d’exçcration pour les mahornétans 

24 .' 


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282 , QUATRIÈME PROMENADE. 

qui croient que ces animaux se moquent d’eux en 
baissant la tète comme quand ils font leur prière. 

Armoires 6 , 7 et 8. 

Los armoires 6, 7 et 8 renferment les 
chalcidicns et les scincoïdiens : les premiers 
n’offrent rien de remarquable; tes seconds 
dont les pieds sont fort courts et le corps 
en fuseau, renferment le scinquc de Nubie 
et à' Abyssinie , célèbre par la promptitude 
avec laquelle il s’enfonce sous le sable lors- 
qu’il est poursuivi et par les vertus phar- 
maceutiques qu’on lui a long-temps attri- 
buées. Des quatre espèces que possède le 
Muséum, la première qui est d’Afrique, â 
oinq doigts à chaque pied ; la seconde que 
Péron a rapportée de la Nouvelle-Hollande, 
en a quatre; la troisième qu’on trouve eu 
Italie et qui est vivipare n’en a que trois ; 
enfin la quatrième qui est du Cap, n’a 
qu’un seul doigt à chaque pied. 

Des reptiles curieux sont encore les bi- 
manes qui offrent seulement de petits mem- 
bres antérieurs et les bipèdes qui ne sont 
munis que de postérieurs. 


* 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. a83 

Armoirp» 9, 10, 11 .... 18, 

L’ordre des ophidiens commence à la 
9 e armoire et s’étend jusqu’à la 22 e . 

Ce sont d’abord les ophisaurcs et les or- 
vets. Vophisaure , comme son nom , qui si- 
gnifie serpent-lézard , l’indique, fait la 
nuance entre l’ordre précédent et celui-ci. 

Il est remarquable par le sillon longitudinal qui 
sépare les écailles du dos de celles du ventre, et par 
sa queue plus longue que le corps et qui se brise si 
facilement, qu’on lui a donné le nom de serpent de 
' verre ; la même chose a lieu pour Y orvet , qui est très 
commun dans toute l’Europe et que l’on trouve rangé 
auprès. 

Viennent ensuite les vrais serpens , dont 
la plupart sont conservés dans l’esprit-de- 
vin ; mais les bocaux étant de longs cylin- 
dres on a pu les y placer de manière à ce 
qu’on les voie très bien. L’action de l’esprit 
de vin a quelquefois altéré l’éclat des cou- 
leurs, mais elles sont toujours reconnaissa- 
bles et bien mieux que dans les peaux des- 
séchées. 

Ces serpens sont partagés en deux tribus : la pre- 
mière est celle des serpens non venimeux ; la seconde 
comprend ceux qui ont à la mâchoirp supérieure 
d«3 dents plus longues que les autres et qui reposent 


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28 4 QUATRIÈME PROMENADE* 

sur une dent remplie de venin ; cette dent étant percée 
dans toute sa longueur, elle fait entrer le venin dans 
la plaie. 

Nous nous contenterons d’indiquer dans 
ces deux tribus , les animaux qui doivent 
plus particulièrement fixer l’attention. 

Les plus grands contenus dans la 1 i c ar- 
moire, sont les boas. On remarquera sur- 
tout le boa anacondo envoyé de Cayenne 
par M. Banon et attaché au mur à cause 
de sa grande taille. Sa couleur est brune , 
une double suite de taches rondes noires 
règne le long du dos et les flancs sont gar- 
nis de taches œillées, 

Toutes les grandes espèces de ce genre sont parti- 
culières à l’Amérique; celles de l’Ancien-Continent f 
auxquelles on donnait ce nom, sont des pythons. La 
longueur du corps des boas peut atteindre trente et 
quarante pieds , et leur grosseur celle de la cuisse 
d’un homme. Ce sont les ennemis déclarés des bes- 
tiaux , ils se tiennent près des marais où les mammi- 
fères vont s’abreuver; là, roulant leur immense corps 
en spirale, ils attendent immobiles la victime que le 
hasard doitleur livrer ; d’autres fois, ils se placent dans 
l’eau , adhérant par la queue à quelque tronc d’arbre 
aquatique et se laissent flotter pour saisir la proie qui 
vient se désaltérer. Ils étranglent leur capture en 
l’enveloppant de leurs nombreuses circonvolutions , 
brisent ensuite ses os, l’inondent d’une salive gluante 
et fétide l dilatent démesurément leur gosier et la 


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-# .J 


I 


CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 283 

hument péniblement. Pendant la digestion, le reptile 
appesanti par le poids de l’énorme proie qu’il a dé- 
vorée et qui comprime ses poumons , tombe dans une 
sorte de léthargie pendant laquelle on peut l’appro- 
cher et le tuer sans aucun danger. Sa chair est assez 
recherchée des nègres etvm en voit même vendre 
dans les marchés. 

On donne le nom de pythons à de gran- 
des couleuvres de l'Afrique et de l’Asie vi- 
vant comme les boas dans les contrées 
chaudes et humides de la zone équatoriale 
et non moins redoutables. On remarquera 
attachés au plafond , le python amélhiste ou 
ular-sawa de Java, apporté parM. Lesche- 
nault et dont a vu un fort beau squelette 
dans le Cabinet d’anatomie comparée, et le 
python du Sénégal . 

Parmi les couleuvres ordinaires nous cite- 
rons i° la couleuvre à collier qui se tient dans 
les prés et se nourrit de grenouilles. En 
Sardaigne , on l’élève dans les maisons où 
elle prend les souris. Les femmes et les en- 
fans jouent avec elle. On la mange dans 
quelques endroits sous le nom d ’ anguille de 
haies ; 2 ° la verte et jaune, jolie espèce dont le 
nom indique la couleur, et très susceptible 
d’attachement ; 3° la lisse roux-brun , mar- 
brée de couleur d’acier en dessous , deux 


f 


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*286 QUATRIÈME PROMENADE. > 

rangs de petites taches noirâtres le long du 
dos , les écailles lisses portant chacune un 
petit point brun vers la pointe et commune 
comme les précédentes et comme la suivante 
dans les environs dé Paris ; 4° la vipérine 
gris-brun avec une suite de taches noires 
formant un zigzag le long du dos et une 
autre de taches plus petites œillées le long 
des côtés. 

On remarquera encore le serpent (FEs- 
culape d’Italie, de Hongrie et d’Illyrie qui 
est probablement le même que le serpent 
d’Epidaure des anciens et s’apprivoise très 
bien. On voit auprès une dépouille qui 
montre comment les serpens se débarras- 
sent de leur vieille peau en la roulant en 
dehors de la tête à l’extrémité de la queue. 
Le quatre raies fauve, à quatre lignes bru- 
nes ou noires sur le dos, est probablement 
le boa de Pline. 

Parmi les couleuvres étrangères, nous ci- 
terons : la couleuvre verte du Brésil et surtout 
le boiga nommé aussi fouet de cocher , parce 
que son corps qui a trois pieds de long n’a 
que quelques lignes de diamètre. Aucun 
reptile n’a des couleurs aussi brillantes , 
ses écailles ont l’éclat de l’or et des pierres 


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CABINET D’iUSTOIRE NATURELLE. 2 87 

précieuses et réfléchissent toutes les nuances^ 
possibles ; enfin la couleuvre nasique et la 
couleuvre col de paon très curieuses par 
l’excessif allongement de leur nez. 

Armoires 19 , 20, 21 et 22. 

Les armoires 19,20, 21 et 22 renfer- 
ment les serpens venimeux dont la morsure 
est si redoutable. 

On distinguera d’abord les crotales , vul- 
gairement serpens à sonnettes ainsi nom- 
més, des cornets épidermiques emboîtés 
les uns dans les autres qui terminent 
leur queue et produisent un son particu- 
lier, lorsque les serpens font le plus petit 
mouvement. 

Ces reptiles portent une odeur désagréable ; tous 
les animaux les craignent , à l’exception des cochons 
qui s’en nourrissent \ ils atteignent une longueur de 
5 à 6 pieds, ou même davantage; ils habitent l'Amé- 
rique , et sont célèbres par la violence de leur venin. 
On a vu des ehieus périr en quinze secondes de la 
morsure d’un de ces reptiles ; on assure que les che- 
vaux et les bœufs succombent aussi presque instanta- 
nément, et dans plus d’une occasion, on a vu l’homme 
terrassé non moins rapidement par l’effet de ce terri- 
ble poison. Au premier abord on n’éprouve pas de 
douleur, mais bientôt on ressent un élancement ana- 
logue à celui que produit une piqûre de guêpe, la 


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a88 QUATRIÈME PROMENADE, v 

partie s’enfle , il survient une soif dévorante, la lan- 
gue se gonfle si fort qu’elle sort de la bouche, et que 
l’on périt comme étranglé. Le seul remède efficace 
consiste à cautériser subitement la plaie soit avec 
un fer rouge , soit en la scarifiant profondément et 
la garnissant de poudre qu’on allume. On peut en- 
core avoir recours à l’amputation de la chair à l’en- 
tour de la partie mordue , comme la pratiquent les 
Indiens. Les crotales sont lents dans leurs mouvemens, 
ils ne montent point aux arbres, mais néanmoins font 
leur principale nourriture d’animaux que l’on croi- 
rait devoir leur échapper facilement, tels que les oi- 
seaux et les écureuils. L'opinion vulgaire qui a voulu 
et veut encore que le crotale exerce au moyen de son 
regard une sorte de fascination qui force sa victime à 
venir se jeter dans sa gueule, n’est que le récit exagéré 
des phénomènes auxquels la frayeur qu’il inspire, 
donne lieu chez quelques animaux qui restent tan- 
tôt comme pétrifiés de terreur, tantôt se livrent à des 
mouvemens désordonnés, qui, au lieu de les sauver, 
rendent leur capture plus facile. Les serpens à son- 
nettes se tiennent ordinairement contournés en spi- 
rale près des abreuvoirs , attendant qu’une victime se 
présente. Jamais ils n’attaqueut l’homme qu’ils n’aient 
été provoqués. 

Le Muséum possède quatre espèces : le 
loïquira des États-Unis (voyez au plafond) 
brun avec des bandes transversales irrégu- 
lières , noirâtres ; celle de la Guyane qui a 
des taches en losange bordées de noir, Les 
autres sont plus petites. 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 289 

Viennent ensuite, toujours dans la môme 
armoire , les trigonocéphales qui se distin- 
guent des crotales par l’absence de l’ap- 
pareil bruyant de la queue, mais qui les éga- 
lent au moins par la violence de leur venin. 
On y remarque (voyez au plafond) la vipère 
fer-de-lance ( serpent jaune des AntillesJ. 

Le plus dangereux replile de nos îles à sucre, jau- 
nâtre ou grisâtre , plus ou ujoins varié de brun, d’une 
longueur de 6 ou 7 pieds , vivant dans les champs de 
cannes, où il se nourrit surtout de rats, et causant la 
mort de beaucoup de nègres. 

Un individu, saisi au moment où il ava- 
lait une grosse grenouille, dont une partie 
est encore hors de sa gueule, montre la lon- 
gueur de ses crochets venimeux et la gros- 
seur disproportionnée de la proie qu’il 
peut avaler. 

• Remarquez aussi , attaché au plafond , 
le lachésis de Cayenne, apporté par 
M. Poiteau , espèce fort rare , dont la 
queue est terminée par une pointe cornée 
très dure et très aiguë. 

L’armoire suivante, la 20 e , offre la suite 
des trigonocéphales et le commencement 
du genre vipère qui se distingue des cro- 
tales et des trigonocéphales , par l’absence 


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29O QUATRIÈME PROMENADE. 

de fossettes arrondies derrière les narines. 

On y voit la vipère commune , qui se trou*- 
ve souvent dans la foret de Fontainebleau; 
la disposition des taches en zigzag qui cou- 
vrent son dos varie beaucoup , ce qui a 
donné lieu d’en multiplier les espèces. Le 
sous-genre naja nous offre deux espèces, re- 
marquables l’une et l’autre, à cause de la 
grosseur de leur cou élargi en disque par 
• le redressement des côtes cervicales. Ces ser- 
pens peuvent faire rentrer leur tète dans 
ce disque , l’en tirer et prendre ainsi les 
attitudes les plus bizarres. 

La première espèce nommée •vipcrc à lunettes , à 
cause de la figure noire dessinée sur le gonflement 
de son, cou , est appelée par les Portugais de l’Inde, 
cobra capello. Les jongleurs indiens lui arrachent les 
dents venimeuses, et l’exercent ensuite à exécuter une 
sorte de danse que sa forme et ses mouvemens ren- 
dent très singulière. La seconde espèce est l'haje. EUe 
a été rapportée d’Egypte par M. Geoffroy Saint-Hi- 
laire. Son habitude de se redresser quand ou l’appro- 
che, avait fait croire aux anciens Egyptiens qu’elle 
gardait les champs qu’elle habite. Ils en faisaient l’em- 
blème de la divinité protectrice du monde, et c’est elle 
qu’ils sculptaient, des deux côtés d’un globe, sur le 
portail de tous leurs temples. C’est incontestablement 
le serpent que les anciens ont décrit sous le nom 
d 'aspic de Cléopâtre , et probablement celui que les 
jongleurs de Pharaon, àl’cnvi de Moïse, changeaient 


» 


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CABINET D HISTOIRE NATURELLE* 2QI 

en bâtons. Cet usage s’est en effet conservé parmi les 
misérables des bords du Nil, qui faisaient encore 
sous les yeux des soldats français de l’armée d’Egypte, 
les mêmes drôleries par lesquelles les ministres des 
faux-dieux et l’inspiré de l’Éternel cherchaient à 
tromper ou à éclairer Pharaon. 

M. Geoffroy rapporte : « que lorsque ces descen- 
dons des anciens Psylles veulent changer l’hajé en 
bâton et l’obliger à contrefaire le mort , ils lui cra- 
chent dans la gueule, le contraignent à la fermer, 
le couchent par terre, puis, coimue pour lui donner 
un dernier ordre , lui appuient la main sur la tète et 
qu’aussitôt le serpent devient raide et immobile, et 
tombe daus une sorte de catalepsie; ils le réveillent 
ensuite quand il leur plaît, en saisissant sa queue et 
la roulant fortement entre les mains. » M. Geoffroy, 
ayant cru s’apercevoir que de toutes les actions qui 
composent la pratique des Psylles modernes, une 
seule était eflicace pour la production du sommeil , 
et, voulant vérifier ce soupçon, engagea un bate- 
leur à se borner à toucher le dessus de la tête; mais 
celui-ci reçut cette proposition comme celle d’un 
horrible sacrilège et se refusa, malgré toutes les offres, 
à contenter le désir qu'on lui avait témoigné. La con- 
jecture de M. Geoffroy était cependant bien fondée, 
car ayant appuyé un peu fortement le doigt sur la 
tète de l’hajé , il vit aussitôt se manifester tous les 
phénomènes, suite ordinaire de la pratique mysté- 
rieuse du bateleur. Celui-ci, à la vue d’un tel effet, 
crut avoir été témoin d’un prodige en même temps 
que d’une affreuse profanation , et s’enfuît comme 
frappé de terreur. 

On doit remarquer aussi le ecraste ou 


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2.Q2 QUATRIÈME PROMENADE. 

vipère cornue , espèce fort singulière par les 
deux cornes qu’elle porte sur le sommet de 
la tète. 

Elle est fort souvent représentée sur les monumens 
égyptiens et ressemble beaucoup, par sa forme et ses 
couleurs, à l’érix turc qui n’a ni cornes ni venin. Les 
bateleurs égyptiens, après avoir greffé sur la tète des 
érix de petits ergots d’oiseaux , les montrent au peuple 
comme des cérastes , pour faire croire qu’ils savent 
se préserver du venin des reptiles les plus dangereux. 

On voit ici un individu ainsi préparé. 

Armoire 22. 

La 22 e armoire est occupée par les hy- 
dres ou serpens d’eau . 

Ils vivent dans la mer des Indes , où ils sont fort 
à craindre pour les pécheurs qui les entraînent dans 
leurs filets. Leur queue comprimée montre qu’ils sont 
destinés à nager. On doit citer Yanguis platurus , noir 
en dessus, jaune en dessous, qui parvient à six ou 
huit pieds de longueur et dont les habitans d’Otahiti 
mangent la chair. 

Armoire 23 et 24. 

A la 23 e armoire commence l’ordre des 
batraciens. Leur peau est nue, sans cara- 
pace ni écailles et les doigts sont toujours 
distincts et sans ongles. Parmi ceux qui 
n’ont pas de queue et forment la famille des 
anoures , on remarque : les grenouilles , les 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. Ô()3 

rainettes , les crapauds et les pipas contenus 
dans la 24 e armoire. Parmi les grenouilles , 
on ( doit citer la grenouille mugissante [bull- 
frog des - * Anglais) ainsi nommée à cause de 
la force de son croassement; elle est quatre 
fois plus grosse que la grenouille verte et 
se nourrit d’oiseaux aquatiques qu’elle sai- 
sit par les pattes pour les entraîner sous 
l’eau. Le Muséum en possède une, qui a été 
prise et mise dans l’esprit-de-vin , au mo- 
ment où elle avalait un canard dont la moi- 
tié est encore hors de sa gueule ; enfin la 
paradoxale ou jackié qui vit à Surinam et 
dont le têtard presque aussi gros que l’ani- 
mal parfait a donné lieu de croire qu’elle 
se change en poisson. 

Les pelottes visqueuses dont sont ter- 
minés les doigts des rainettes , leur permet- 
tent dé courir sur les feuilles des arbres. 

*» “ 

en sens contraire de la pesanteur. 

Parmi les crapauds dont tout le monde 
connaît le corps large et épais, la peau cou- 
verte de verrues , les formes lourdes et la 
démarche pesante, on doit distinguer le 
crapaud accoucheur qui est petit , brun en 
dessus avec des taches irrégulières plus 
foncées. 

* 5 . 


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2 94 QUATRIÈME promenade. 

Le male aide la femelle à se débarrasser de ses 
œufs, les entortille et les agglutine autour de ses 
cuisses , el les porte ainsi jusqu’à ce qu’ils soient près 
d eclore; alors il se rend à quelque eau dormante 
les œufs éclosent et les petits se mettent à nager’ 
Cette espece est commune dans les environs de Paris*. 

Parmi les espèces étrangères, on doit ci- 
ter, 1 agua de la Guyanne dont le corps 
long de huit a dix pouces, est couvert de 
verrues grosses comme des fèves. 

A Suiinam et dans la Nouvelle-Esoagne, 
se trouve le pipa de Cayenne , remarquable 
par l’aplatissement singulier de tout le 
corps et la division en quatre petites lan- 
guettes des extrémités des membres anté- 
rieurs. 

Le mâle place les œufs sur le dos de la femelle ; 
lem présence fait gonfler la peau qui forme autour 
d’eux autant de cellules où ils restent à-peu-près 
trois mois pour y subir leurs métamorphoses. 

A la 2 5 e armoire commencent les Genres 
de la famille des urodèles , c’est-à-dire, 
des reptiles batraciens munis de queue 
pendant toute la vie : 

Ce sont les salamandres . 

Animaux allongés, dont la peau est unie, la tète 
plate, les doigts sans ongles et la langue adhérente; 
pour le reste des formes elles ressemblent aux lézards.’ 


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cabinet d’histoire NATURELLE. 295 

Un préjugé fort ancien les a rendues célèbres : dans 
tous les temps on a cru qu’elles pouvaient vivre dans 
le feu et on les a employées dans beaucoup d’emblèmes, 
en raison de celle prétendue particularité. Mais ce qui 
leur appartient véritablement et n’est pas moins digne 
de fixer l'attention, c’est la puissance de repousser 
diverses parties du corps qu’on leur coupe, avec les 
nerfs, les vaisseaux , les muscles et les os; on a enlevé 
la queue aux unes , les pattes à d’autres et même un 
œil dans son entier, et ces parties se sont reproduites 
semblables à celles qui existaient auparavant. 

Un individu que l’on conserve ici a vécu 
quatre mois chez M. Duméril après qu’on 
lui eut coupé la tete près du cou ; on le 
tenait dans un vase dont on changeait l’eau 
tous les jours , et la cicatrice se forma 
parfaitement. 

A côté des salamandres est Y axolotl du 
Mexique donné au Muséum par M. de 
Humboldt. M. Cuvier, qui en a fait l’ana- 
tomie , n’a pu décider si c’était un animal 
parfait eu une larve d’une grande espece 
de salamandre. 

Après, vient le protée qui conserve toute 
sa vie les branchies externes des jeunes sa- 
lamandres. Cetanimal, véritable amphibie 
par le double usage de poumons et de 
branchies, vit dans les lacs souterrains de 


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QUATRIÈME PROMENADE. 


la Carniole. Outre les individus conservés 
dans l’alcool , le Muséum possède un mo- 
dèle en cire fort bien exécuté et donné par 
M. Scheiber, directeur du cabinet de 
Vienne. 

Enfin la collection est terminée par les 
sirènes qui ont les branchies comme le pro- 
tée, mais qui manquent de pieds posté- 
rieurs. Elles vivent dans les marais de la 
Caroline et se nourrissent d’insectes. Les 
individus que l’on voit ici ont été envoyés 
au Muséum par M. L’Herminier. 


COLLECTION DH POISSONS. 

Les poissons occupent les deux salles du 
premier étage-, voisines de celles des rep- 
tiles, et on a vu précédemment que le pla- 
fond de la première de ces salles de pois- 
sons, était occupée par de grands individus 
de l’ordre des sauriens. Toute cette pre- 
mière salle est rangée suivant l’ordre 
adopté dans l’histoire des poissons publiée 
par MM. Cuvier et Valenciennes, (i) La 
collection commence au fond delà salle par 

(i) C’est à M. Valenciennes que l’on doit la mise eu 
ordre de cette salle et du quart de la salle suivante. 


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I 


CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 297 

les poissons acanthoptérygiens , c’est-à-dire , 
dont les rayons de la nageoire dorsale anté- 
, rieure ou les premiers rayons de la nageoire 
dorsale sont osseux, ainsi que quelques-uns 
de la nageoire anale et ordinairement le 
premier de chaque nageoire ventrale. 

• * , 

Armoires 1 , 2 , 3 et 4. 

Les 4 premières armoires renferment les 
poissons delà famille des percoïdes caracté- 
risées par un corps oblong couvert d'écailles 
généralement dures , une bouche armée 
d’un grand nombre . de dents et l’éclat de 
leurs couleurs. On remarque la perche com- 
mune , . 

Verdâtre, avec des bandes verticales noirâtres et 
les nageoires ventrales et anales rouges. Elle est ré- 
pandue dans toute l’Europe , ainsi que dans une grande 
partie de l’Asie; vit dans les lacs, les rivières et les 
ruisseaux d’eau vive, évite l’eau salée et même sau- 
mâtre, ne nage pas en grandes troupes et se nourrit 
de vers et de petits poissons. Elle fraie au mois 
d’avril, et les œufs sont réunis par une matière vis- 
queuse, en longs cordons qu’eutrelacent les roseaux ; 
elle ne dépasse guère quinze à dix-huit pouces et est 
fort recherchée des gourmets. 

Puis les aux vives couleurs et op.- 
corps moucheté ou marqué de bandes 


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2^8 QUATRIÈME PROMENADE. 

transversales ; les vives redoutées des pé- 
cheurs à cause des piqûres profondes 
qu’elles font avec les épines fortes cl aiguës 
de leur première nageoire dorsale ; le rou- 
get propremenudit célèbre chez les Romains 
qui l’achetaient au prix de l’or, le faisaient 
arriver sur leurs tables dans des ruisseaux 
d’eau chaude contenue dans des parois de 
cristal et se plaisaient, dit Pline, à contem- 
pler les teintes variées que prenait ce pois- 
son en mourant. 

Armoire 5 . 

Dans la . famille des joues cuirassés on 
doit citer : les trigles ou grondins remarqua- 
bles par les rayons libres placés au devant 
de leurs nageoires pectorales; la plus com- 
mune dans nos marchés est le grondin, ou 
coucou , gris-brun dessus , tacheté de blanc 
en dessous, quelquefois entièrement rouge ; 
les dactyloptcres célèbres sous le nom de 
poissons volans , d’ hirondelles de mer , etc. 
et qui se servent de leurs grandes nageoires 
pectorales comme d’ailes pour se soutenir 
en l’air, lorsqu’ils s’élancent hors de Peau 
ppur échapper à leurs ennemis. O11 les ren- 
contre dans la Méditerranée et surtout 


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CABINET DH 1 STOIRE NATURELLE. 299 

dans les mers tropicales. La durée de leur 
vol est limitée au temps que mettent leurs 
nageoires à se sécher, ce qui les rend impro- 
pres à la locomotion aérienne ; là se trou- 
vent aussi les scorpëncs à la tête grosse et 
épineuse , dont le corps , garni de lam- 
beaux cutanés , offre un aspect hideux et 
dégoûtant. Les épinoches parmi lesquelles 
on trouve les plus petits de tous les poissons} 
il en est un , en effet, dont la taille ne sur- 
passe pas trente lignes. 

*'■ r . 

Armoires (5, 7 et 8. 

À la sixième armoire commencent les 
genres de la famille des sciénoïàcs , on y 
distingue le fcgaro des Génois , nommé 
aussi Y aigle ouïe maigre et remarquable par 
sa taille et la bonté de sa chair; il a sou- 
vent six pieds de long , et on le pêcha dans 
la Méditerranée, plus rarement dans la 
Manche; on en voit trois individus atta-f 
chés au plafond. Les pagonias ou tambours 
qui habitent les mers d’Amérique et font 
entendre un bruit que l’on a comparé à ce- 
lui de grosses cloches ou de plusieurs cais- 
ses, se voient dans la septième armoire ; la 
seule espèce connue vit dans les mers de 


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3oO QUATRIÈME PROMENADE. 

l’Amérique du nord d’où M. Miibert en a 
envoyé au Muséum de grands individus. 

Armoire 9. 

A la 9 e armoire commence la famille des 
sparoïdes ; le genre les plus digne de 
fixer l’attention, est celui des daurades dont 
une espèce est renommée par la bonté de 
sa chair et la couleur dorée qui forme un 
croissant allant d’un œil à l’autre. 1 

On voit aussi dans cette armoire la pe- 
tite famille des ménides. On y remarque le 
picarelcommun et le picarel martin-péchcur , 
ainsi nommé de la belle couleur bleue dont 
son corps est orné. 

Armoire 10. 

La famille des squammipenncs qui com- 
mence à la io e armoire, est ainsi nommée 
de ce que la partie molle et souvent la par- 
tie épineuse de leurs nageoires dorsales et 
anales sont recouvertes d’écailles qui les 
encroûtent pour ainsi dire. On y remarque 
les chœtodônsepii ont les dents nombreuses, 
rapprochées et semblables à des crins par 
leur finesse et leur longueur, dont les cou- 
leurs sont vives et disposées par bandes , 


CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 3oi 

ce qui les a fait nommer bandoulières ; tous 
vivent dans les mers équatoriales. A ce 
genre appartient Y archer commun , des 
eaux du Gange et de la mer des Indes. 

Le nom de taxotes jaculator lui a été donné, de 
l’habitude singulière qu’il partage avec le chælodou 
l’ostratus de lancer des gouttes d’eau sur les insectes 
qui se tiennent sur les herbes aquatiques , afin de les 
faire tomber et de s’en repaître. Ces gouttes d’eau 
sont lancées à une distance de trois ou quatre pieds, 
et rarement ces animaux manquent leur but. 

Armoire 11. 

Viennent ensuite , dans la 1 i e armoire , 
1 es acanthoptérygiens à pharyngiens-labyrin- 
ihiformes , petite famille remarquable par 
l’existence de cellules très compliquées si- 
tuées au dessus des branchies ; ces cellules 
renfermées sous l’opercule, servent à retenir 
une certaine quantité d’eau, laquelle main- 
tient les branchies humides lorsque l’ani- 
mai est à l’air et lui permet de vivre assez 
long-temps hors de l’eau; aussi ces poissons 
ont-ils l’habitude de sortir des rivières et 
des étangs , leurs demeures ordinaires , 
pour se porter à d’assez grandes distances 
on rampant dans l’herbe ou sur la terre. 
On y distingue X'anabas scandens, que l’on 

26 


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302 quatrième promenade. * 

a dit avoir i’babitude de ramper sur le ri- 
vage de la mer et de grimper sur le tronc 
des arbres pour s’aller rafraîchir dans i’eau 
de pluie retenue par la concavité des am- 
pondres de palmier. 

Toujours dans la meme armoire, se voient 
les scomhcrcïdcs qui forment la famille la 
plus importante de l’ordre; on y distingue 
surtout : les maquereaux quiabondenten été 
sur les côtes de l’Océan ; les thons , dont la 
pêche est une des plus grandes richesses de 
la Méditerranée. Le thon commun ressemble 
assez au maquereau par la forme générale 
du corps, mais il est plus rond et atteint 
une taille bien supérieure et qui peut aller 
jusqu’à 3 ou 4 pieds et même quelquefois 
i 5 . On assure que sur les côtes de la Sardai- 
gne il n’est pas rare d’en prendre du poids 
de 1000 livres; on dit même en avoir vu de 
1800 livres. 

La pêche du thon sc pratique dans la Mediterranée 
depuis la plus haute antiquité; jadis elle était pour 
Byzance gt pour les côtes d’Espagne une source de 
grandes richesses; elle se poursuit aujourd’hui avec 
activité sur les côtes de la Provence, de la Sardaigne 
et de la Sicile. Celte pêche se fait principalement de 
deux manières : à la thonaire et à la madrague • pour 
la pêche à la thonaire, lorsque la sentinelle postée sur 


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/ I 

CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 3o3 

S 

un lieu élevé a signalé l’approche d’une légion de 
thons et a indiqué la direction qu’ils suivent , des ba- 
teaux nombreux partent sous le commandement d’uu 
chef, se rangent sur une ligue courbe, jettent leurs 
filets ei les réunissent de manière à former une vaste 
enceinte autour de la troupe de ces poissons timides , 
qui, effrayes par le bruit, se rapprochent du rivage. 
Avec de nouveaux filets placés en dedans des pre- 
miers, on rétrécit de plus en plus l’enceinte, et on 
ramène les thons vers le rivage. Enfin , lorsqu’il n’y 
a plus que quelques brasses d’eau , on tend un grand 
et dernier filet qui se termine en cul-dc-sac, on le 
tire vers la terre et on amène ainsi les poissons captifs 
que l’on lue avec des crocs. Cette pèche , pratiquée 
sur les côtes du Languedoc, donne quelquefois en un 
seul coup deux ou trois mille quintaux de thons. 

La madrague est ua engin bien plus compliqué , 
et consiste en une sorte de grand labyrinthe couslruit 
avec des filets placés à demeure daus la mer et dis- 
posés de façon à constituer une suite d’enceintes ou- 
vertes du côté dé la terre, par une espèce de porte, 
et réunis au rivage par un autre filet qui barre le 
passage et arrête les thons lorsque , dans leurs courses 
périodiques, ils suivent la côte dans une direction 
déterminée. Ces poissons passent d'abord entre la 
madrague et la terre, mais, arrêtés par le filet dont 
nous venons de parler , ils se détournent vers le large 
et pénètrent dans l'enceinte qui est subdivisée par 
d’autres filets transversaux en une suite de cham- 
bres dans lesquelles ils s’égarent; on les contraint en- 
suite par différens moyens de passer jusque dans le . 
dernier compartiment de la madrague nommé corpou 
ou chambre de mort ; Jà , des matelots arrivant eu 


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3o4 QUATRIÈME PROMENADE. 

grand nombre dans des barques , soulèvent un fdet 
horizontal disposé comme une sorte de plancher, 
et les amènent de cette manière jusqu’à la surface de 
l’eau , alors on leur livre de toutes parts un combat 
acharné , en les frappant avec des crocs. La chair du 
thon est très estimée ; elle ressemble un peu à celle 
du bœüf et se conserve soit à l'aide du sel , soit par la 
cuisson et l’immersion dans l’huile. 

Annoire» 12 et 13. 

Les germons donnent également lieu à 
de grandes pêches dans le golfe de Gasco- 
gne. Viennent ensuite les espadons dont la 
mâchoire supérieure est prolongée en une 
sorte de broche ou épée dont ils se servent 
pour combattre les plus grands animaux 
marins; puis les pilotes ainsi nommés, de 
l’habitude qu’ils ont de suivre les navires, • 
pour s’emparer de tout ce qui tombe, et de 
celle qu’on leur a prêtée de conduire le re- 
quin, qui, attiré par le même instinct, ac- 
compagne aussi les bâtimens avec une per- 
sévérance extrême. On voit aussi : les ca- 
ranx remarquables par la carène osseuse 
placée de chaque côté de leur queue ; les 
vomers au front élevé et tranchant, au corps 
v comprimé dont la longueur dépasse la lar- 
geur ; le zeus faber , vulgairement nommé 
poisson saint-pierre. 


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cabinet d’histoire naturelle. 3o5 

Les pêcheurs racontent, que c’est dans la bouche de 
cet animal , que saint Pierre trouva par l’ordre de 
Dieu , une pièce de monnaie pour payer le tribut , et 
que depuis les marques des doigts de l’apôtre restèrent 
empreintes à la place même par où le poisson avait 
été saisi. Ce qui est vrai , c’est que deux taches noires 
et rondos se trouvent , une de chaque côté , vers la 
partie antérieure du dos de ce poisson. 

O a remarquera aussi les coryphènes eélè- 
bt ’es par le vif éclat de leurs couleurs , qui 
sous les rayons du soleil , jaillissent du sein 
des flots, en reflets de la pis, d’or, d’émeraude 
et d’argent ; et par la vélocité de leurs mou- 
vemens lorsqu’ils poursuivent les poissons- 
volans. 

On remarquera surtout le coryphènc de la Médi- 
terranée f vulgairement dorade. Il est bleu-argenté en 
dessus, avec des taches d’un bleu plus foncé, jaune- 
citron tacheté de bleu-clair en-dessous. 

Armoire 14* 

Vient ensuite la famille des tœnioïdes , 

» ' 

ainsi nommées parce que leur corps long et 
aplati ressemble àun ruban. Nous citerons : 
le lop/iote cépcdicn rare et beau poisson 
du golfe de Gênes envoyé par M. Martial 
Duvaucel ; le gymnètrë cépédien de la Mé- 
diterranée dont le corps est argenté et les 
nageoires rouges ; la jarretière longue sou- 


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m WW" 


3o6 QUATRIÈME promenade. 

veut de 5 pieds et fort rare; un individu 
de chacune de ces trois especes se voit au 

L 


plafond. 


Armoire 15. 


' Dans la famille des theuthies. tout entière 

composée de poissons herbivores, on doit ci- 
ter, les acanthures , ainsi nommés de l’épine 
tranchante , en forme de lancette, qui se 
, trouve de chaque côté de la queue ; quand 
on les prend ils font des blessures avec cette 
arme. L 'cicanlhurc chirurgien vit dans les 
mers des Antilles et est jaune varié de noir. 

Les nasons se distinguent des précédons 

I J i ÀL . A 

par une proéminence plus ou moins sail- 
; lànte qu’ils portent au-devant des yeux et 


mm 


qui les a fait nommer licornes de mer. 




Armoires 16 et 17. 


Ces armoires renferment la famille des 
mugiloïdes , caractérisée par leur corps cy- 
lindrique couvert de grandes écailles, de ax 
dorsales séparées dont la première n’a que 
quatre rayctis épineux. On y remarque les 
muges généralement fort estimés ; les mors 
d’Europe .en nourissent plusieurs espèces 

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CABINET d’hISTOIRE NATURELLE. 3o7 

que l’on confond sous le nom de ccphale ou 

de mulet do mer. 

Enfin on ne doit pas passer sous silence les 
tétragonures , ainsi nommés des crêtes sail- 
lantes qu’ils ont vers la base de la caudale, 
deux de chaque coté, ne renfermant qu’une 
seule espèce ; elle vit à de grandes profon- 
deurs dans la Méditerranée et sa couleur 
noire lui a fait donner le nom de corbeau 
de mer. 

Armoire 18. 

Ou y voit la famille des gobioïdes recon- 
naissable à ses épines dorsales grêles et flexi- 
bles; on y range les blennies , caractérisées 
par une peau enduite de mucosités; un 
corps allongé, comprimé, les nageoires ven- 
trales placées en arrière des pectorales et 
composées seulement de deux rayons; elles 
vivent en troupes parmi les roches du ri- , 
vage. Cette habitude avait fait croire aux 
anciens, qu’elles avaient la puissance de 
creuser la pierre. On y trouve les salarias , 
qui habitent la mer des Indes, ont les dents 
très nombreuses et mobiles comme les tou- 
ches d’un clavecin; les anarrhiques vulgai- 
rement loups marins dont la chair séchée, 


\ 


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3o8 QUATRIÈME PROMENADE. 

est une grande ressource pour les Islandais 
qui emploient la peau comme chagrin , et 
le fiel comme savon. 

Armoire 19. 

On y trouve les gobous appelés aussi bou- 
lereaux ou goujons de mer, plusieurs pas- 
sent l’hiver dans des canaux qu’ils se creu- 
sent dans la vase , et construisent au prin- 
temps un espèce de nid, où le mâle attend 
la femelle et veille sur les œufs. 

On y trouve les périophtalmes dont le 
Muséum possède cinq espèces, celui du Sé- 
négal a été donné au cabinet par M. Del- 
cambre , qui l’avait pris pour un lézard et 
l’avait tué d’un coup de fusil ; en effet ce 
poisson peut vivre fort ion g- temps hors de 
l’eau , et en s’aidant de ses nageoires il court 
assez vite sur la vase. 

Dans la même armoire est la famille des 
pectorales pédiculées , elle offre à examiner 
les baudroies , dont uneespèce^ la raie péche- 
resse, habite nos côtes. 

Elle atteint quatre ou cinq pieds de longueur. Sa 
peau est nue , ses nageoires pectorales sont suppor- 
tées comme des bras , sa tète est munie de rayons mo- 
biles et fort longs qu’elle fait jouer en tenant sou 


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* CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 809 

corps caché srms la vase; alors, si de petits poissons 
mordent ses liiets , qu’ils prennent pour des vers, elle 
les replie et les retire dans sa gueule avec ccs mêmes 
poissons qu’elle avale ou qu’elle met en réserve dans 

la cavité très lartre de scs ouïes. 

« 0 

On remarquer# aussi lesmaltces , poissons 
bizarres dont le Muséum possède trois es- 
pèces dont deux très rares. 

Ici finit la collection rangée d’après la 
méthode de M. Cuvier; la salle qui suit 
est celle de l’ancienne bibliothèque, on y 
voit la statue de BufFon. 

Pour la description de cette salle, nous 
suivrons la classification du règne animal , 
en renvoyant aux numéros des armoires. 
Avant nous allons dire quelques mots de la 
famille des labroïdes , qui appartient à l’or- 
dre précédent et qui sera placée dans les 
premières armoires de cette seconde salle. 
Celte famille se distingue par des lèvres 
charnues couvrant les mâchoires, une seule 
dorsale dont les épines antérieures soutien- 
nent le plus souvent chacune un lambeau 
membraneux; on y trouve : les labres pro- 
prement dits, auxquels appartiennent la 
vieille des mers du nord , dont le corps est 
peint d’orange et de bleu; les girelles aux- 


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3lO QUATRIÈME PROMENADE. 

quels appartient le filou de la mer des Indes, 
poisson très remarquable par l’extrême ex- 
tension qu’il peut donner à sou museau, dont 
il fait subitement une espèce de* tube au 
moyen duquel il saisit les petits poissons; 
Celte espèce est fort rare dans les cabinets. 


ORDRE DES MALACOFTÈRY GIENS ABDOMINAUX. 


Armoire 13, 


Ce sont d’abord les cyprinoïdes , famille 
renfermant les carpes , les barbeaux , les 
goujons , les tanches, les brèmes , les ablcs. 
Au premier genre appartient la dorade de 
la Chine, petit poisson rouge qui, par ses 
belles couleurs et la vivacité de ses mouve- 
mens, fait l’ornement de nos bassins; et 
a donné naissance sous l’influence de la do- 
mesticité , à une infinité de variétés. L’a- 
blette , dont le corps argenté , fournit 
dans les écailles brillantes qui le recouvrent, 
la matière dont on enduit l’intérieur des 
bulles de verre avec lesquelles on fait les 
fausses perles , est fort commune dans nos 
eaux douces. 


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. CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 3ll 

Armoire Î2, 

La 1 2 e armoire offre les ésoces famille de 
poissons voraces , vivant la plupart dans la 
mer. On y remarque le brochet dont le 
nom vient probablement du mot latin bro- 
chas par lequel les Romains désignaient les 
individus dont la bouche est fort avancée. 
Le brochet d’Europe est connu de tout le 
monde,, on en a vu du poids de deux my- 
riagrammes (4o livres), et on dit qu’il vit 
et grossit pendant plus de 25o ans; il se 
nourrit de poissons, de grenouilles, derats- 
d’eau et meme de petits canards ; on pré- 
tend que les œufs avalés par les oiseaux 
aquatiques sont rendus non digérés et sus- 
ceptibles de donner naissance à des petits. 

On voit aussi les exocets, vulgairement 
poissons-volans , ils se trouvent dans toutes 
les mers, principalement vers les tropiques. 

Leur chair est savoureuse et délicate, leur taille 
a! teint rarement un pied de longueur. Jetés sans dé- 
fense au milieu des voraces habitans des mers , voya- 
geant par troupes nombreuses, que des reflets brillans 
et argentés font distinguer au loin , les poissons vo- 
lans eussent sans doute disparu d’entre les êtres vi- 
vans, si la nature ne leur eût donné dans leurs na- 
geoires pectorales des moyens propres à s’échapper du 


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3l2 quatrième promenade. 

sein des vagues et à voler à la surface même de ces 
eaux, où de nombreux ennemis les poursuivent sans 
cesse. Leur vol n’est pas élevé, mais quelquefois 
assez étendu. M. Bory de Saint-Vincent les a vus 
souvent parcourir une bonne portée de fusil , changer 
de direction et s’abaisser ou s'élever parallèlement 
aux flots agités. Lorsqu’ils sont poursuivis par des 
Daurades, ils ne font pour ainsi dire que glisser dans 
l’eau pour y mouiller leurs ailes, que la sécheresse 
rend impropres au vol, et rappellent parleurs mou- 
vemens ces galets que les cufaus dans leurs jeux font 
ricocher' à la surface d’une rivière ou d’un lac. Le 
bruit qu’ils produisent en volant est dû à une sorte 
de tambour, qui consiste en une membrane tendue 
au fond de la gorge et contre laquelle l’air , sortaut 
du corps de l’animal , vient heurter et retentir. 

Nous ne passerons pas non plus sous si- 
lence les scorpènes ou rascasses. 

Les épines dont leur tète est hérissée et les lam- 
beaux charnus et dentelés qui sont attachés autour 
de leur corps , en font les plus hideux de tous les 
poissons. On les nomme vulgairement truies de mer , 
cochons de mer ; on en pêche deux espèces dans nos 
climats, les autres sont étrangères. Les ptéroîs sont 
voisins des scorpènes , auxquels ils ressemblent beau- 
coup ; ils habitent les mers des Indes et sont re- 
marquables par le grand développement de leurs na- 
geoires pectorales, ce qui a fait donner à quelques- 
uns d’entre eux l’épithète de lolans. 

Enfin on y remarquera les orphies dignes 


v 


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! 


CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 3l3 

de fixer l’attention par leurs arêtes sembla- 
bles à des turquoises. 


Armoire 4.' 

Ici se voient les poissons de la famille des 
siluroïdes dont le corps est nu ou couvert 
de plaques osseuses remplaçant ies écailles, 
enfin dont les premiers rayons des nageoi- 
res pectorales et de la dorsale sont osseux 
et peuvent se redresser à la volonté de l’a- 
nimal. On y trouve le saluth des Suisses, 
commun dans le Danube , et le plus grand 
de nos poissons d’eau douce $ c’est la seule 
espèce des climats septentrionaux. Le défaut 
d’épines à la nageoire dorsale a fait séparer 
sous le nom de malciptérure le fameux silu- 
re électrique du Nil que M. Geoffroy-Saint- 
Ililaire a rapporté d’Egypte , c’est le 
raasch , ou tonnerre des Arabes ; il donne 
des commotions électriques comme la gym- 
note et la torpille. 

Armoire 10. 

La famille des salmones est caractérisée 
par une seconde petite nageoire dorsale for- 
mée par un repli de la peau rempli de grais- 
se et non soutenu par des rayons j enfin leur 

2 7 


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3l4 QUATRIEME PROMENADE, 

corps est couvert d’écailles et ils n’ont ja- 
mais d’aiguillons osseux. 

On y voit les saumons , qui vivent en 
société dans l’Océan, mais qui remontent les 
fleuves. 

Les rocs élevés n’arrêtent pas la marche de ce pois- 
son ; s'étalant de côté sur les pierres et saisissant celles- 
ci avec sa gueule, il forme un arc qu’il débande vi- 
goureusement et, par cet effort, projette son corps à 
une hauteur de douze à quinze pieds. Ces émigrations 
s’effectuent au printemps; la troupe est placée sur 
deux rangs, à la tête desquels est la plus vieille fe— 
niellé. On assure que les femelles creusent un trou 
allongé d’environ quatre pouces de profondeur dans 
le lit des fleuves, pour y déposer leurs œufs qu’elles 
recouvrent de sable. L 'dperlan, la (ruile 'saumonée , la 
truite commune , le saumoneau , Y ombre-chevalier, etc., ' 
sont aussi deS'espèces dont la chair est fort estimée. 

Armoire 11, 

Ici se voient les clupes dont les uns habi- 
tent les rivières, et les autres la mer, ils 
sont généralement fort recherchés. On y 
trouve les harengs , 

Dont les immenses légions émigrent en automne 
et en été; ils sont alors si tassés, que les fdels des 
pêcheurs se déchirent quelquefois sous le poids qu’ils 
en rapportent, et. que l’on voit même ces animaux 
s’étouffer par milliers en passant dans les bas-fonds 
sous-marins. C’est du nord qu’ils descendent périodi- 
quement vers nos climats, et jamais on ne wit leurs 


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CABINET DH1STOIRE NATURELLE." 3l5 

troupes retourner vers le lieu du départ. Lien que ce 
poisson fût connu en France du temps de saint Louis, 
ce n’est que dans le xvi c siècle que l’on inventa l’art 
de les saler; c’est à un Hollandais nommé Bucldaz 
que l’on dut cette découverte. Sa patrie lui éleva un 
monument pour perpétuer sa reconnaissance , et 
Charles-Quint témoigna le respect que lui inspirait 
la mémoire de ce bienfaiteur du peuple en visitant son 
tombeau. I/usage de les azur/rprit naissance à Dieppe. 

On remarquera aussi les anchois , les mc- 
galopes qui different des harengs par leur 
corps qui n’est pas comprimé. A ce genre 
appartient le tassard dès Antilles ou méga- 
lopc filament , dont on voit ici un bel indi- 
vidu donné par M. L’Herminier. On voit 
aussi le chirocentre vulgairement sabre de 
mer , à cause de sa ressemblance avec cette 
arme ; enfin les vastrées , poissons d’eau' 
douce dont une espèce a été rapportée du 
Sénégal par Adanson; dont l’autre, de 
grande taille et attachée au plafond, sous le 
nom de vas trée géant, a été envoyée du Brésil. 

Armoire 12, 

Toujours à la famille des cîupes appar- 
tiennent les Upisoslés des rivières et des 
lacs de l’ Amérique. 

Une espèce est nommée caïman, à cause de sa res* 
semblante avec cet animal privé de pâlies; tout le 


* m 


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3l6 QUATRIEME PROMENADE. 

corps en effet est couvert d’écaillcs rhomboïdales 
d’une dureté pierreuse et qui semblent avoir été dis- 
posées par l’art. Le museau est très prolongé, les 
rayons extrêmes de la queue et les premiers de toutes 
les autres nageoires sont garnis d’écailles qui les font 
paraître dentelés ; ou le trouve dans l’Amérique— 
dti-Nord. Une autre espèce, nommée spatule à cause 
de la largeur de son museau, habite l’Amérique- 
JÉquinoxiale. 

Près de ces poissons est rangé le lichir , 
découvert dans le Nil par M. Geoffroy-St- 
Hilaire, et dont l’organisation singulière a 
été décrite dans les Annales du Muséum. ' 

MXnACOrTÉBYGtENS SUBIVACHIENS. 

Armoires 8 el U. 

Le troisième ordre des poissons osseux 
se compose des malacoptcrygiens subra - 
chiens j c’est-à-dire qui ont les ventrales 
attachées à l’appareil de l’épaule sous les 
pectorales. Nous remarquerons d'abord les 
gades j comprenant la morue , le merlan , la 
merluche . Ces poissons vivent en bandes 
dans les mers d’Europe. Un très grand 
nombre de vaisseaux se rendent chaque 
année dans la mer du Nord pour y faire la 
pèche de la morue. On la sale, on la fume, 
et c'est , principalement pour les Hollan- 

t 


X * 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. Zl*J 

dais l’objet d’un grand commerce. Les 
grenadiers sont très voisins des gades , leur 
corps est tout entier garni d’écailles dures 
et hérissées de petites épines ; ils vivent 
dans les profondeurs de la Méditerranée ; 
ils ont été donnés par M. Risso. La seconde 
famille du môme ordre, vulgairement dite 
poissons plats ou pleuronecles , renferme 
les plies , les turbots , les soles , les flétans. 
Ces animaux sont les seuls vertébrés qui ne 
soient pas symétriques ; les deux yeux, les 
narines sont du môme côté de la tête et la 
bouche est inégalement fendue. Un très 
grand flétan des mers du Nord est attaché 
au plafond, il a été pêché à St. -Valéry et 
a été envoyé au Muséum par M. Bâillon. 

La famille suivante, les discoboles , est com- 
posée de poissons dont les nageoires ven- 
trales constituent une sorte de disque. On 
y trouve les porte-écuelles , dont les pecto- 
rales réunies forment un disque situé en 
avant de celui qui est constitué par les 
nageoires ventrales et les cycloptères dont 
les rayons des ventrales unisfpar une seule 
membrane, forment une sorte de ventouse 
sous le bassin. La quatrième famille, celle 
des cchénéisy renferme des animaux tort re- 

»7- 


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3|8 QUATRIÈME PROMENADE. 

marquables par un disque lamelleux et 
aplati qu’ils portent sur la tête et avec lequfcl 
ils s’attachent à dilférens corps , meme à de 
gros poissons et à des carènes de vaisseaux, 
et sont entraînés dans leur course. 

Les lames qui forment le disque sont mobiles, de 
manière qu’en faisant le vide ou en accrochant leurs 
épines, le poisson est solidement fixé. L’espèce la 
plus célèbre est le rémora , Ion" d’environ six pouces ; 
c’est lui que les Romains regardaient comme capables 
d’arrêter un navire en domptant l’impulsion des vents 
ou les efforts des rameurs. C’est aussi à ce faible ani- 
mal que fut attribuée la perte de la bataille d'Actium , 
parce quo, disait-on, il avait arrêté la galère d’An- 
toine lorsqu’il parcourait les rangs de sa Hotte pour 
animer ses soldats. 

MALACOrTÉRYGIEHS AI>ODES. 

Armoire 7. 

Ici commence l’ordre des malacoptéry- 
giens apodes, c’est-à-dire privés de na- 
geoires ventrales. On y remarque Yanguille 
vulgaire dont un individu, long de 5 pieds, 
est suspendu au plafond ; les murènes , 
privées de nageoires pectorales, et dont 
une espèce , la murène de la Mùditcrtanêe , 
était fort recherchée des Romains j un in- 
dividu de quatre pieds est attaché au pla- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 3l9 

fond. Les gymnotes , qui se distinguent 
des anguilles par l’absence de nageoire 
dorsale , sont particulières aux rivières et 
aux lacs de l’Amérique équinoxiale. 

Une espèce, le gymnote électrique, atteint jusqu’à 
six pieds. C’est un des plus redoutables poissons; du 
fluide électrique émane de son corps, et il peut don- 
ner des commotions foudroyantes , capables d’étourdir 
les chevaux et de renverser les hommes. Leur abon- 
dance est telle dans certains ruisseaux, qu’ils ont 
quelquefois forcé d’abandonner les routes qui les tra- 
versaient, parce que leurs décharges noyaient les 
montures des voyageurs. -La puissance électrique du 
gymnote fut mentionnée par Musehenbrocek et 
Priestley, qui le confondaient avec la torpille, puis 
par La Coudamine, Gravesande et Pringle; mais on 
doit à M. de Humboldt des détails qui ne laissent 
rien à désirer : ce célèbre voyageur rapporte que la 
commotion produite par les gymnotes est plus forte 
que celle provenant d’une bouteille de Leyde, ce- 
pendant elle varie suivant leur excitation. Les Indiens 
assurent qu’ils noient des baigneurs par la seule dé- 
charge de leur fluide, et que les petits poissons en 
sont parfois foudroyés à quinze pieds de distance. 
Une fois leur électricité dissipée, il leur faut un cer- 
tain temps pour réparer celte déperdition ; on met à 
profit celle circonstance pour s’emparer de ces re- 
doutables animaux : ou lance des chevaux sauvages 
dans les- marais qui les recèlent, ils sont bientôt 
abattus par les commotions qu’ils, reçoivent de tous 
côtés et disparaissent sous les eaux, ensuite les pé- 
cheurs saisissent sans danger les gymnotes épuisés. 

i ' 


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320 QUATRIÈME PROMENADE. 

L’appareil électrique de ces animaux se compose de 
quatre faisceaux situés dans le dessous du corps, for- 
més d’un grand nombre de lames horizontales mem- 
braneuses parallèles, réunies entre elles par d’autres 
petites lames verticales; de nombreux et gros nerfs 
animent l’ensemble de ces parties. 

Un de ces gymnotes a été apporté vivant à la Mé- 
nagerie, mais on n’a pu le conserver assez long-temps 
pour répéter toutes les expériences que M. de Hum- 
boldt avait faites en Amérique. 

ORDRES DES LOPHOBRANCHES ET DES rUECTOGNATHES. 

Armoire 5. 

Cette armoire renferme l’ordre des lo- 
phobranches et celui des plectognathes. Dans 
le premier on trouve : les syngnathes ou ai- 
guilles de mer remarquables par leur mu- 
seau tubuleux et l’espèce de poche formée 
par une sorte de boursouflure de la peau 
du ventre ou du dessous de la queue et 
servant à loger les œufs pendant toute la 
durée de leur développement ; lorsque les 
petits sont nés , cette poche se fend pour les 
laisser sortir; \es hippocampes, dont le tronc 
est comprimé latéralement et notablement 
plus élevé que la queue : en se recourbant 
après la mort , le corps et la tête prennent 
quelque ressemblance avec l’encolure d’un 
cheval en miniature , ce qui a valu à ces 


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cabinet d’histoire naturelle. 3a I 

petits poissons le nom vulgaire de chevaux 
marins. Les pégazcs, petits poissons de la 
. mer des Indes, doivent leur nom à la 
forme singulière que leur donne la gran- 
deur de leurs nageoires pectorales. 

L’ordre des plectognathes , ainsi nommés 
de ce que la mâchoire supérieure est en- 
grenée au crâne, renferme les deux famil- 
les des gynuiodontes et des sclérodermes. 

Dans la première, sont les genres diodon , 
tclrodon et mole. Les premiers vulgairement 
nommés orbes épineux ou hérissons de mer, 
ont la faculté de se gonfler et on les voit 
alors flotter , offrant la plus grande ressem- 
blance avec le fruit du marronnier; on les 
trouve en assez grand nombre dans les mers 
des pays chauds; les seconds, dont le corps 
est couvert d’épines moins saillantes sont 
vulgairement nommés boursouflus ; l’une 
des espèces les plus anciennement connues 
est le fahaca des Arabes, le Nil en jette sur 
les terres pendant les inondations ; il est 
souvent figuré sur les monumens égyptiens. 
Le troisième genre , renferme les espèces 
vulgairement nommées poissons lunes ; leur 
corps est sans épines et leur queue est si 
courte, qu’ils ont l’air d’en être privés : celle 


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322 „ QUATRIÈME PROMENADE. 

denosmers,qui estargentée, pèse quelque- 
fois 3oo livres ; on en voit deux individus 
attachés au plafond. 

La seconde famille , les sclérodermes , 
offre les balistes et les coffres. Les couleurs 
des balistes sont très vives et très variées , 
mais elles se perdent après la mort j ils se 
trouvent en grand nombre dans les mers 
équatoriales. Les coffres ont*, au lieu d’é- 
câilles , des comparlimens osseux et régu- 
liers soudés entre eux de façon à former une 
sorte de cuirasse inflexible qui leur revêt 
la tête et le corps, et ne laisse de mobile que 
la queue , les nageoires et la bouche. 

ORDRE DES STUIUONIENS. 

Armoire 14» 

Ici commence la série des poissons dont 
le squelette est cartilagineux et dont la 
mâchoire supérieure est incomplète ; on 
les nomme chondrop térygicns . 

On voit d’abord l’ordre des slurioniens ou 
chondrop tètygicns cl branchies libres . Ces 
poissons, qui ont pour type l'esturgeon, res- 
semblent aux poissons ordinaires par la 
disposition de leurs ouïes. 


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CARINET D’HISTOIRE NATURELLE. 323 

Les esturgeons atteignent souvent aux dimensions ' 
des squales avec lesquels leur conformation exté- 
rieure leur donne quelques rapports, mais leurs habi- 
tudes sont plus paisibles et leur bouche ne présente 
au lieu de dents que des cartilages. Leur corps est 
garni d’écussons osseux implantés sur la peau en ran- 
gées longitudinales. Les esturgeons sont des poissons 
estimés pour leur chair et très féconds, ils se trou- 
vent dans toutes les mers et dans presque tous les 
grands fleuves qu’ils remontent au printemps. L’espèce 
la plus précieuse est le grand esturgeon dont la vessie 
natatoire sert à faire la colle de poisson. (Voyez plus 
loin page 3 ?. 8, la description des individus suspen- 
dus au plafond. ) 

Ces poissons sont fort communs dans le Jaïck , au 
point d’y avoir une fois endommagé une digue, et 
qu’il a été nécessaire de leur tirer le canon pour les 
disperser. Ils fréquentent quelquefois la Seine, on en 
prit un en 1806 à Neuilly, il avait près de huit 
pieds de long sur trois et demi de circonférence , et 
fut quelque temps nourri dans l’un des bassins delà 
maison où l’épouse du premier Consul réunissait les 
raretés de tout genre en histoire naturelle. 

On voit aussi un poisson-lune , une bau- 
droie ; enfin un espadon . 

ORDRE DES SÉLACIENS, 

l 

Armoire 15. v 

Vient ensuite l’ordre des sélaciens , dont 
les espèces les plus remarquâmes sont sus- 


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3a4 QUATRIÈME PROMENADE. 

pendues au plafond (voyez à la fin de la 
description de la salle). Cette quinzième 
armoire offre surtout à considérer les tor- 
pilles ou raies électriques . 

La torpille commune , qui se trouve dans nos mers, 
a été bien connue des anciens, qui avaient remarqué la 
singulière propriété qu’elle possède de donner des 
commotions assez violentes à ceux qui la touchent. 
L’observation des phénomènes qu’elle produit remonte 
au temps de Platon qui fait dire à un des interlocuteurs 
dans ses dialogues « Tu m'as étourdi par tes objections 
comme la torpille, poisson de mer aplati, étourdit ceux 
qui la touchent.» Mais la propriété extraordinaire de 
cet animal ne fut bien étudiée que par l’illustre Redi, 
puis par Réaumur qui lui fit tuer des canards et le savant 
Anglais Walsh qui prouva l’identité de son fluide avec 
l’électricité produite par les appareils delà physique, 
et donna môme des commotions avec cet animal a 
une chaîne de plusieurs personnes. Le célèbre Galvaui 
aperçut le premier, à l’aide du microscope, l’étin- 
celle électrique qui s’en échappe et que d’autres sa- 
vans virent ensuite dans l’obscurité eu même temps 
qu’ils parvinrent à charger des bouteilles de Leyde en 
les exposant au contact de ce poisson. L’appareil pro- 
ducteur de l’électricité offre quelque analogie avec la 
pile voltaïque ; il est formé par environ mille] petits 
prismes de quatre à six pans, réunis comme les alvéo- 
les des abeilles et subdivisés par diaphragmes hori- 
zontaux qui forment de petites cellules remplies d’un 
fluide particulier et animées par des nerfs considéra- 
bles. La faculté engourdissante delà torpille fut pro- 
bablement la source de la puissance que les médecin? 


CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 32$ 

grecs , latins el arabes lui reconnaissaient contre quel-' 
ques affections. 

La 16 e armoire renferme des squales 
(voyez plus loin). 

La 17 e contient la famille des cyclo- 
stomes , ainsi nommés de ce que leur tête 
se termine antérieurement par une lè- 
vre charnue circulaire ou demi circulaire, 
soutenue par un anneau cartilagineux, 
formé par la soudure des palatins et de la 
mâchoire inférieure. 

On y trouve les lamproies dont la langue armée 
de dents se meut comme une sorte de piston en avant 
et arrière, et fait le vide assez complètement pour que 
l’animal se serve de celte sorte de ventouse buccale 
pour se fixer aux différens corps et percer les parois 
du corps des animaux dont ils aspirent le liquide. La 
grande lamproie fort recherchée des gourmets romains 
est encore aujourd’hui estimée des modernes Apicius. 

Au plafond, on aperçoit dans le premier 
compartiment , le requin ou squale renard. 
Je requin bleu et le squale pointillé. Ces pois- 
sons, ainsi que le squale pclqin suspendu 
au plafond de la salle correspondante du 
second étage, appartiennent au genre squa- 
le , le premier de l’ordre des sélaciens , et 
caractérisé parun corps allongé , une queue 
grosse et charnue, et des pectorales de 

28, 


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3a6 QUATRIÈME PROMENADE* 

grandeur médiocre. Dans ce vaste genre se 
trouvent les chiens de mer ou roussettes et 
les squales ordinaires qui eux-mêmes com- 
prennent les requins. 

Ces poissons , dont le nom tiré du mot latin requies 
rappelle l’effrayante célébrité , ont quelquefois jusqu’à 
vingt-cinq et trente pieds de long; leur vaste gueule est 
garnie dé dents triangulaires qui augmentent avec 
l’âge. Chez les jeunes, on n’en compte qu’une seule 
rangée, mais chez l’adulte on en compte six. Ils ava- 
lent leur proie avec tant de gloutonnerie, qu’on a dé*- 
couvert des hommes entiers dans leur ventre et en- 
core revêtus de leurs habits. Muller cite un reqttin 
qui pesait i 5 oo livres et qui renfermait un cheval. 
On dit que le tumulte d’un combat naval ne les em- 
pêche pas d’attendre à la superficie des flots ceux que 
le sort y précipite. Le requin renard et le squale 
bleu que l’on voit ici , sont deux espèces de requins , 
mais dont la taille ne dépasse guère 789 pieds. Le 
squale pèlerin, quoique supérieur en grandeur à tous 
les autres squales et requins, n’a rien de la férocité * 
de ces derniers; il habite les mers du Nord ; l’indi- 
vidu que l’on voit au Muséum a échoué sur nos côtes 
où il avait été poussé par un violent ouragan. 

Lo deuxième compartiment présente : les 
scies dont le museau osseux et très allongé 
est déprimé en forme de bec , et muni de 
chaque côté de fortes épines implantées com- 
me des dents ; ce bec est une arme puissante 
avec laquelle les sciesne craignent point d’at- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 327 
*■ ' 

laquer les plus gros cétacés. L’espèce commu* 
n e^pristis antiquoruvij atteintde 1 2 ài 5 pieds. 
' Les marteaux , placés à côté , sont remar- 
quables par leur tête élargie et tronquée , 
dont les côtés se prolongent comme les 
branches d'un marteau et supportent les 
yeux ; l’espèce commune atteint 12 pieds 
de longueur. 

Dans le troisième compartiment, on voit 
les raies dont le disque formé par les na- 
geoires pectorales est rhomboïdal, et dont la 
queue est garnie en dessus de deux petites 
nageoires dorsales. 

L’espèce de nos mers qui atteint les plus grandes 
dimensions est la raie blanche. ; on en a vu qui pe- 
saient plus de 200 livres. Parmi les espèces étrangères 
Tune des plus remarquables est la raie scphen; son 
dos est garni de tubercules osseux très petits et 
très rapprochés. On use sur la meule ces tubercules, 
on les polit ensuite et l’on obtient ainsi les peaux 
lisses et luisantes, connues dans le commerce sous le 
nom de galuchets. Cette espèce vit à la côte de Coro- 
mandel , d’où M. Leschenault l’a envoyée. La Mé- 
diterranée nourrit une espèce gigantesque, la raie 
céphaloptèrc dont la tète est tronquée et dont les na- 
geoires pectorales, au lieu de l’embrasser, se prolon- 
gent en avant et donnent à l’animal l’air d’avoir deux 
cornes. On voit une autre espece du même sous- 
genre venant du Brésil. 


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328 QUATRIÈME PROMENADE. 

t 

Le quatrième compartiment offre de 
grands individus de l’espèce esturgeon com- 
mun. 

Cette espèce habite non-seulement dans l’Océan , 
mais encore dans la Méditerranée, la Mer-Rouge , 
le Pont-Euxin , la mer Caspienne. Au printemps 
elle remonte les fleuves et particulièrement le 
Volga, le Tanaïs le Danube , le Pô, la Garonne, la 
Loire, le Rhin , l’Elbe et l’Oder; il est fréqueut dans 
la Garonne où on le connaît sous le nom de créac; il 
s’engage même dans certaines rivières, car le jour où 
l’armée française entra en 1810 à Écija, ville d’An- 
dalousie , un seigneur du pays en vint offrir un des 
plus beaux au maréchal Soult , et qui venait d’être 
pêché, le matin même, égaré sans doute dans le Génil, 
l’un des aflluens du Guadalquivir. Pline n’a point 
transgressé la vérité quand il rapporte qu’on en pê- 
chait dansle Pô du poidsde 1000 livres; on en a vu 
de plus de 2 5 pieds de longueur et ceux de 18 n’y 
sont pas rares. Ce poisson se sert de son museau pour 
fouir la vase comme le porc emploie son grouin pour 
retourner la terre ; on pense qu’il use dans certains 
eas des quatre barbillons placés en avant de sa 
bouche comme d’appât pour attirer sa proie dans l’ori- 
fice destiné à l’engloutir. La fécondité des femelles est 
telle qu’on a compté près de i, 5 oo,ooo œufs dans l’o- 
vaire d’une de ces femelles; on prétend qu’il y en a 
chez lesquelles la masse des œufs pèse jusqu’à deux 
cents livres. Ces œufs sont fort délicats et servent à 
faire le caviar . 


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CABINET D’niSTOIRE NATURELLE. 329 


(ühtquüw IJramcmi'Df. 


CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 

\ 

COLLECTIONS 

DE CRUSTACÉS, D’ARACHNIDES, DE 
MYRIAPODES ET D’INSECTES. 

‘ •' à; ' 

(Professeur M. Acdooij» ; Conservateur M. Kieaer). 

» * » 

» 

Les animaux articulés , les animaux mol- 
lusques et les animaux rayonnés , réunis 
sous la dénomination d’animaux invcrté- 

28. 


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330 CINQUIÈME PROMENADE. 

brés, du vivant de Lamarck, furent à la 
mort de cet illustre professeur confiés : les 
mollusques , les annélides , et les rayonnés , 
au savant M. de Blainville ; les crustacés , 
les arachnides , les myriapodes et les insec- , 
tes au digue collaborateur de G. Cuvier, 
M. Laireille. Ce dernier chargea plus tard 
de son cours M. Audouin, qui continua de 
ranger la collection encore dans un état 
peu satisfaisant, et l’amena par son zèle et 
son talent, à la situation prospère qui la 
caractérise aujourd’liui. De non moins gran- 
des améliorations furent effectuées, dans les 
collections de mollusques et de rayonnés , 
par les soins de M. de Blainville d’abord, et 
par ceux de M. Valencienne, après que la 
mort de G. Cuvier eut appelé le premier à 
la chaire d'anatomie comparée. Dans ces 
derniers temps, la collection de coquilles 
a été en partie rangée dans pn ordre qui 
correspond à celui que suit M. Valen- 
cienne dans ses cours; un grand nombre 
de nouvelles acquisitions ou de nouveaux 
dons sont venus prendre place dans les 
riches casiers offerts aux regards du public. 
Les polypiers jusqu'ici renfermés dans les 
magasins viennent d'ôtre classés et peu- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 33l 

vent être maintenant étudiés dans la salle 
du rez -de-chaussée. 

Les animaux dont nous allons parler, 
tous généralement de petite taille, ont été 
rangés dans les meubles qui occupent le 
milieu de^ la galerie. La collection des ani- 
maux articulés dont le Muséum possède au- 
jourd’hui , environ quarante mille espèces, 
se partage en quatre classes que nous al- 
lons examiner successivement ; mais avant 
d’entrer dans la description des espèces 
qui composent ces classes, nous devons dire 
que la collection qui nous occupe a été 
considérablement augmentée par les en- 
vois qui ont été faits des Antilles , par 
M. PI ée. Les voyages autour du monde, 
par MM. Quoy et Gaymard, celui de M. 
Reynaud dans les Indes-Orientales, l’expé- 
dition scientifique de Morée , et toyt ré- 
cemment le beau voyage de M. A. d’Or- 
bigny dans l’Amérique méridionale , enfin 
les nombreux dons qui sont sans cesse 
adressés, ont tellement enrichi la collection 
des animaux articulés, que nous pouvons 
avancer qu’elle a été doublée depuis l’an- 
née 4823. 

Cette collection a été partagée ep trois 


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332 CINQUIÈME PROMENADE. 

/ 

autres collections ; l’une qui est publique 
et qui est la collection générique, est ex- 
posée dans des cadres à jour; l’autre, la col- 
lection générale ou celle qui sert à l'étude, 
est rangée dans des tiroirs qui sont placés 
sous les meubles des coquilles , enfin la der- 
nière, est la collection de France qui est 
placée dans les laboratoires d’entomologie : 
il est impossible de nous étendre beau- 
coup sur la description des espèces que 
renferment ces collections, n’ayant que 
quelques ordres entièrement terminés. 

Les crustacés , première classe des animaux 
articulés, sont classés d’après la méthode de 
M. Milne Edwax’ds, et pour faciliter l’étude 
de ces animaux, on a placé en tête de cha- 
que genre une grande étiquette, sur laquelle 
sont indiqués les principaux caractères zoo- 
logiques de ces genres , et ces dessins géné- 
riques se répètent pour les arachnides, les 
myriapodes etles insectes. Une famille, celle 
des oxyrhinqucs , est entièrement terminée; 
les espèces qui la composent sont rangées 
dans des cadres à jour placés au-dessus des 
coquilles; toutes les espèces portent au- 
dessous d’elles une étiquette , sur laquelle , 
est leur nom spécifique , leur patrie et le 



CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 333 

nom du donateur ou du voyageur qui les 
a rapportées. 

Ces animaux se divisent en trois sous- 
classes : la première sous-classe est celle des 
crustacés mcixillés , qui renferme cinq lé- 
gions : les poclophtfialmiens ; édriophthal - 
miens ; les brancluopodes ; les entomostracés 
et les trilobites. La deuxième sous-classe est 
celle des crustacés suceurs. La troisième ou 
dernière sous-classe est celle des crustacés 
xyphosuriens. Les crustacés comprennent 
environ 412 cadres , placés dans le pre- 
mier meuble en entrant par la terrasse, 
c’est-à-dire après la salle des singes. 

Dans la famille des oxyrkinques , on re- 
marquera : la leplopodie sagittaire, crustacé 
digne de fixer l’attention par un rostre qui 
est deux fois aussi long que la carapace, et 
par ses organes de la locomotion qui sont ex- 
cessivement allongés; la latreillie élégante , 
genre dédié à Latreille , et qui se trouve 
sur les côtes de la Sicile ; Vamalhie de Risso , 
genre bien naturel , et qui offre des épi- 
nes assez longues sur sa carapace; ce genre, 
dont on ne connaît encore qu’une seule es- 
pece, se trouve à de très grandes profon- 
deurs dans la rade de Toulon ; Végeric arach - 


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334 CINQUIÈME PROMENADE. 

noïde avec sa carapace de forme arrondie, 
un rostre très court, et des pattes très al- 
longées; enfin une belle suite des genres 
pi se y maïa , parthénope , pêricère , lambre , 
et niithrax. 

Comme il existe des espèces de crus- 
tacés dont les dimensions sont trop grandes 
pour entrer dans ces cadres , ces gran- 
des espèces sont placées dans de grands 
cadres au-dessus des armoires des mammi- 
fères , après la famille des oxyrhinqv.es vient 
celle des portuniens. 

La classe des arachnides comprendra en- 
viron quarante cadres : une famille, celle 
des arachnides /lieuses , est entièrement ter- 
minée. Le nombre considérable d’espèces 
qu’elle renferme l’a fait subdiviser en plu- 
sieurs genres, d’après des caractères tirés 
principalement de la position des organes 
de la vue, de ceux de la manducation 
et de la locomotion. Leurs armes offen- 
sives , plus ou moins venimeuses , ont 
la forme de griffes ou de pinces et sont 
situées à la bouche ; leurs habitudes varient 
selon les genres. L’art avec lequel la plu- 
part d’entre elles construisent des filets so- 
yeux, si délicats et si réguliers, au centre 


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CABINET d histoire naturelle. 335 

desquels elles se placent en sentinelle, l’in* 
dustrie qu’elles mettent à la fabrication 
des cocons, berceau de leur postérité, et 
leur extrême vigilance pour le préserver et 
le défendre, doivent nous les faire exami- 
ner avec intérêt , malgré la répugnance 
qu’elles inspirent. Il y a de grandes espèces 
qui sont dangereuses, mais elles appartien- 
nent aux contrées équatoriales: telles sont 
les mygales, fascicêe, aviculairc; cette der- 
nière, suivant le rapport des voyageurs, 
saisit et dévore les oiseaux-mouches. Une 
espèce appartenant à ce genre vraiment re- 
marquable par son industrie , et dont le 
nid exposé dans les cadres , a été décrit par 
M. Audouin, est la mygale pionnière. 


Cette espèce creuse une galerie souterraine de 
quelques pieds de longueur pour son domicile et ce- 
lui de sa famille. Cette galerie est revêtue de la soie 
la plus fine, et l’entrée eu est fermée par une porte 
circulaire , fixée de manière que lorsqu’on l’a ou- 
verte elle retombe d’elle-méme; cette porte, à sa 
partie inférieure et du côté opposé à la charnière , est 
revêtue d’uue série de petits trous assez rapprochés : 
ces trous servent à l’industrieuse habitante à retenir 
cette porte, avec les griffes qui sont à l’extrémité 
de ses pattes lorsqu’on cherche à forcer l’entrée de sa 


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336 CINQUIÈME PROMENADE. 

demeure. Dans ce même cadre on voit aussi une 
autre mygale qui est la maçonne et dont l’industrie 
est à-peu-près la même. Elle se trouve aux environs 
de Montpellier, tandis que la première ou la mygale 
pionnière est originaire de la Corse. 

C'est à cette famille des arachnides pul- 
monaires filcuses , qu’appartient le genre 
Ijrcose de Latreille. Parmi les nombreuses 
espèces^ qui le composent , il en est une qui 
est devenue célèbre en Italie sous le nom 
de tarentule faranea tarcntula.J 

On croit que les accidens que produit sa morsure 
ne peuvent être dissipés que par la musique ou la 
danse. Cette espèce a été figurée par une foule d’au- 
teurs , mais si mal qu’il semble que plusieurs d’entre 
eux se soient plus à exagérer ses formes hideuses, afin 
d’inspirer plus d’horreur pour elle, et d’accréditer, par 
ce moyen , les absurdités qu’ils ont débitées sur les 
propriétés de son venin. Il serait trop long de men- 
tionner ici les noms des auteurs qui ont parlé de la 
tarentule et qui l’ont figurée ; nous dirons seulement 
que, selon les uns , son venin produit des symptômes 
qui approchent de la fièvre maligne; que, selon d’au- 
tres,il ne procure que quelques taches érysipélateuses, 
des crampes légères et des fourmillemcns. La maladie 
que le vulgaire croit que la tarentule produit par sa 
morsure a reçu le nom de tarentisme , et l’on ne peut 
la guérir que par les secours de la musique. Quelques 
auteurs ont poussé l’absurdité jusqu’à indiquer les airs 
qu’ils croient convenir le plus aux tarentulati : c’est 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 33 7 

ainsi qu’ils appellent les malades. Samuel Hofeureffer, 
professeur d’LFlm, les a notés dans un traité des mala- 
dies de la peau; Eaglivi a écrit aussi sur les tarentu- 
les du midi de la France ; mais on est bien revenu 
de la frayeur qu’elles inspiraient dans son temps, et 
aujourd’hui il est bien reconnu que le venin de ces 
araignées n’est dangereux que pour les insectes dont 
la tarentule fait sa nourriture. M. Léon Dufour 
avait accoutumé une araignée de cette espèce à venir 
prendre une mouche vivante entre ses doigts. 


On remarquera aussi dans le cadre: ' 

Une petite aranèide dont la robe est d’une couleur 
entièrement brune, avec quatre points enfoncés sur 
la partie dorsale et une petite tache oblonguc foncée: 
tel est à-peu-près le signalement de celle aranèide qui 
est remarquable par sa manière de vivre, car c’est dans 
l’eau qu’on la rencontre, c’est dans ce liquide qu’elle vit 
et qu’elle chasse; en un mot elle est aquatique et bien 
différente de ces congénères qui périraient aussitôt 
si on les plaçait dans ce liquide. C’est sous le nom de 
d'argyroncte que cette auaréidc a été désignée, et lors- 
qu’elle nage elle est ordinairement à la renverse, Le 
céphalotorax en bas et l’abdomen en haut. Ce der- 
nier organe paraît brillant et semblable à un globule 
de mercure; ce qui dépend de l’air qui y est main- 
tenu par des poils nombreux. C’est ce même air qui 
sert à celte aranèide à remplir une cloche soyeuse 
qu’elle s’est construite au fond des eaux. Pour cet 
effet, elle fixe quelques fils à des plantes aquatiques : 
ces fils tiennent en position la coque soyeuse qu’on 


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338 CINQUIÈME PROMENADE. 

peut comparer à une cloche de plongeur; ensuite 
montant à la surface de l’eau , elle met son abdomen 
hors de ce liquide, le retire vivement, et cet ab- 
domen entraîne avec lui une quantité considérable de 
bulles d’air; l’argyronète , arrivée sous sa cloche, 
débarrasse son abdomen de ces bulles qui , réunies, 
peuvent la remplir ; puis elle retourne faire un 
second voyage, en rapporte de nouvel air qu’elle 
porte à sa cloche, ce qui l’augmente de volume; elle 
répète c,e manège jusqu'à ce que cette cloche soit 
pleine d'air et capable de la contenir. C’est alors qu’on 
la voit entrer et sortir, pour rapporter les iusectes 
dont elle fait sa nourriture. 


Dans les cadres suivans, on voit notre 
araignée domestique peu attrayante, il est 
vrai, à cause de sa forme et de ses cou- 
leurs, mais bien remarquable par le soin 
qu’elle prend de sa progéniture (t); enfin 
on remarquera aussi une belle suite d’ épéï- 
res , genre d’aranéides que l’on rencontre 
très abondamment dans les jardins, et dont 
l’abdomen est d’une grosseur quelquefois 


(i) Il ne sera sans cloute pas trouvé hors de propos 
de rappeler ici quelques détails sur l’araignée de l’in- 
fortuné Pélissou. Enfermé à la Bastille , resserré dans 
un lieu isolé qui ne prenait le jour que par un sou- 
pirail, n’ayant pour domestique et pour compagnie 


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CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 33p 

démesurée , et agréablement varié de des- 
sins représentant toutes sortes de figures. 

C’est sur un individu de ce genre, l’araignée dia- 
dème, que Tremeyer fit des expériences curieuses, 
qui eurent pour résultat la preuve que l’on pouvait 
dévider la soie du cocon de ces animaux et même 
l’obtenir directement au sertir de la filière sur l’arai- 
gnée vivante convenablement placée. Ayaut fait car- 
der des cocons de la même espèce , il en fit filer chez 
lui assez de soie pour fabriquer une paire de bas du 
poids de deux onces et un quart qu’il envoya à 
Charles III, et diverses bourses dont il fit présent à ses 
amis. M. Rolt, négociant anglais, fut encore plus heu- 
reux : il présenta à la Société des arts de Londres un 


qu’un Basque stupide et morne qui né savait que jouer 
de la musette , Pélisson crut devoir chercher quelques 
distractions dans l’étude des animaux. Une araignée 
faisait sa toile à l’entrée du soupirail par m'i lui ve- 
nait la lumière; il entreprit de l’apprivoiser, et pour 
cela il mettait des mouches sur le bord du soupirail , 
tandis que sou Basque jouait de la musette; peu-à-peu 
l’araiguée s’accoutuma à distinguer le son de cet in- 
strument et à sortir de sou trou pour courir sur la 
proie qu’on lui exposait; ainsi, l’appelant toujours en 
meme temps et mettant toujours la proie de proche 
en proche, il parvint, après un exercice de plusieurs 
mois, à diso'pliuer si bien cette araignée, qu’elle par- 
tait au premier signal pour aller prendre une mouche 
au fond de la chambre et jusque sur les genoux du 
prisonnier. On a ajouté à ce récit, pour le rendre 
plus dramatique, que le geôlier de Pélisson avait, pour* 
lui ôter ce passe-temps , écrasé sa chère araignée. 


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340 CINQUIÈME PROMENADE. 

fil long de 18,000 pieds environ et qui avait été filé 
en moins de deux heures par 22 araiguées-diadèmes. 
Ce fil était d’un blanc brillant et d’uu aspect mé- 
tallique. 

Dans les. cadres qui suivent, sera placée 
la seconde famille des arachnides pulmo- 
naires, celle des pédipalpes , qui renferme 
les scorpions , les phrynes. Viendra ensuite 
v l’ordre des arachnides trachéennes, renfer- 
mant les galéoses , les faucheurs , et cette 
multitude de petites arachnides désignées 
sous le nom de mites facarusj . 

La classe qui vient après est celle des 
myriapodes , qui renferme les iules , les 
glomeris, et les scolopendres. Ensuite sont 
les thysanoures , renfermant les lépismènes 
et les podures. 

Puis les parasites, renfermant les genres 
pou, ricin et philoptère , et enfin les sipho- 
noptères , qui se composent d’un seul genre, 
celui des puces. 

Maintenant nous voici arrivés aux insec- 
tes , classe la plus nombreuse du règne ani- 
mal, et remarquable par les métamorpho- 
ses que subissent à divers périodes de leur 
vie les animaux qui la composent. Les in- 
sectes seront classés d’après l’ouvrage que 


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/ 


CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 34 1 

MM. Audouin et Bruilé publient en ce mo- 
ment. Ces animaux, suivant l’ouvrage_ de 
ces auteurs, sont partagés en huit ordres 
désignés de la manière suivante : i. coléop- 
tères, 2. orthoptères , 3. hémiptères , 4» n è~ 
vroptèrcs, 5. hyménoptères, 6 . lépidoptères, 
7. strésiptères ou rhipipières , 8. diptères. 
Nous n’entrerons pas dans de grands détails 
au sujet de ces ordres, la plupart sont cla- 
sés, mais ne sont pas encore placés dans 
les cadres ni dans les tiroirs ; nous ne décri- 
rons donc ici que ceux qui sont maintenant 
rangés dans les galeries. Les coléoptères 
sont terminés, et nous offrent, dans les 
premiers cadres , la famille des carnas- 
siers. 

On remarquera; la manticore à tuber- 
cules, genre propre à l’extrémité méridio- 
nale de l’Afrique, l’un des plus gros insec- 
tes de la famille qui nous occupe, et pourvu 
ainsi que les me gacéphales et les cicindèles 
de fortes mâchoires. Parmi les espèces de 
ce dernier genre, presque toutes mouche- 
tées ou rayées de blanc sur un fond vert, ou 
d’un rouge cuivré, nous mentionnerons, la 
cicindèle champêtre. 


* 9 - 


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342 CINQUIÈME PROMENADE. 

' Espèce très commune au priutemps dans les environs 
de Paris, dans les lieux arides ordinairement couverts 
de sable, et qui, à l’état de larve, est également singu- 
lière par sa forme et ses habitudes. Une cavité cylin- 
drique, creusée daus un terrain sablonneux et exposé 
au soleil, forme la demeure solitaire de cette larve. 
Ses fortes mandibules lui servent à miner et à déta- 
cher les parcelles de terre. Sa tète énorme ? dont la 
partie supérieure est façonnée en corbeille, fait l’of- 
fice de hotte, et deux mamelons qu’elle a sur le dos 
et qui sont terminés par un petit crochet , lui aident 
à grimper jusqu’à l’orifice du trou poyr se débarrasser 
de sou fardeau. L’habitation préparée, elle se tient en 
embuscade près de l’ouverture qu’elle ferme avec sa 
têle. Lorsqu’une proie est à sa portée , elle s’élance, 
la saisit avec ses mandibules et la précipite au fond 
de sa cellule. C’est là aussi qu'après avoir bouché 
l’entrce elle subit ses dernières métamorphoses. 

Dans le meme cadre on remarquera aussi 
la C. aprica, qui se trouve en France et 
même en Angleterre , la C . sylvatica assez 
répandue, dans les mois de mai et juin , 
dans les forêts de Montmorency et de 
Fontainebleau; la C. littoralis, commune 
dans le midi de la France , en Ita- 
lie, en Grèce, en Barbarie et dans tout 
l’Orient. Celte espèce fréquente les plages 
sablonneuses de la Méditerranée :‘on l’y ren- 
contre par troupes considérables , pendant 
les mois d’avril et de mai ; la C. flexuosa , 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 3/p 

répandue clans la France méridionale , en 
Barbarie et même dans l’Amérique du nord ; 
et enfin la C. lugduniensis , jolie petite es- 
pèce qui se trouve assez communément 
dans les environs de Lyon et en Italie. 

A la suite des cicindélètes viennent de 
très petits carabiques qui ont la propriété 
d’échapper à leurs ennemis, par un moyen 
fort extraordinaire ; iis lont sortir, avec 
explosion et itérativement, de l’extrémité 
postérieure de leur corps , une liqueur 
caustique, d’une odeur ammoniacale, qui 
se réduit aussitôt en vapeur, et qui, lors- 
qu’on tient l’animal entre les doigts, brûle 
la peau, ou du moins en altère la couleur. 
Plusieurs peiites espèces de nos climats 
ont été, par celle raison nommées le pé- 
tard, le pistolet, le tirailleur, etc- Ces pe- 
tits insectes, désignés sous le nom de bra - 
chines et d'ap fines, se trouvent très commu- 
nément. et vivent en société sous les pierresou 
aux environs ; et il est vraiment remarqua- 
ble d’entendre, lorsqu’on soulève une pierre, 
des décharges continuelles, qu’on ne peut 
mieux comparer qu’à une décharge de 
pièces d’artillerie. Des formes robustes, 
des mandibules allongées , des Organes de 



344 CINQUIÈME PROMENADE. 

- Ja locomotion fortement constituées, signa- 
ient le genre anthie, dont une des plus gran- 
des espèces est l’ anthie cl six gouttes fan- 
thiasex guttalaj , qui habite les Indes orien- 
tales ; à côté de cette espèce est sa larve 
qui a été placée dans un tube. 

Dans des cadres plus éloignés est un genre 
de carabiques qui est vraiment remarqua- 
ble par ses formes anomales : c’est le genre 
mormolyce qui se distingue de tous les au- 
trescarabiques, par l’élargissement des ély- 
tres, dont le bord extérieur se dilate dans 
toute sa longueur, et se partage môme au- 
delà de l’extrémité , de manière à donner à 
celle-ci l’aspect d’une échancrure; la seule 
espèce connue est le mormolyce feuille, 
mormolyce phillodes dont le corps est apla- 
ti et d’un brun foncé et luisant , ainsi 
que les antennes et les pattes. La patrie 
de cet insecte est l’île de Java ; il 
vit sous les écorces. Par la singularité de 
ses formes, il a excité pendant quelque 
temps, la curiosité des amateurs, et les 
premiers individus qui furent apportés à 
Paris se vendirent un prix très élevé. 

Viennent ensuite après ce genre : les sce- 
nides, les carabes , les calosomes, etc. Plu- 


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f 



CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 34$ 

sieurs d’entre eux , particulièrement les 
espèces qui appartiennent aux genres ca- 
rabe et calosome, les plus remarquables par 
leur taille ainsi que par l’éclat et par les 
élévations symétriques de leurs élytres, 
répandent une odeur fétide et lancent 
quelquefois par la partie anale, lorsqu’on 
les saisit, une liqueur âcre et caustique; 
tels sont le carabe doré, vulgairement 
nommé jardinier , et très commun dans 
nos champs et surtout dans nos jardins; 
les carabus splendens , rulilans et lii s parais 
se font remarquer par leurs brillantes 
couleurs; le calosome sycop hante , dont les 
élytres sont d’un vert doré très brillant, 
se nourrit de même que sa larve de che- 
nilles, et spécialement de la processionnaire 
du chêne. 

Parmi les genres qui composent la fa- 
mille des hydrocanthares , nous citerons 
les genres dytique et gyrin qui se trou- 
vent très communément dans les*ruisseaux, 
les étangs, et dont le dernier, connu sous 
le nom de tourniquet , a souvent excité 
l’attention par les courbes qu’il décrit en 
sillonnant rapidement la surface des eaux. 

Après les hydrocanthare , viennent les 


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346 CINQUIÈME PROMENADE. 

palpicornes : c’est à cette famille qu’appar- 
tient le genre hydrophile. Par le nom que 
portent ces insectes on comprend qu’i ! s sont 
comme les hydrocanlliares amis de l’eau. 
L’espèce type de ce genre est l’ hydrophile 
hrun fhydrophilus pic eus J , qui se trouve 
dans les eaux douces de l’Europe , et sur- 
tout dans les eaux stagnantes ; on le ren- 
contre aussi dans le nord de l’Afrique. 

Cette espèce a été dernièremenfle sujet d’observa- 
tions bien curieuses. Tous les auteurs qui avaient 
écrit jusqu’à présent sur les hydrophiles, avaient tous 
remarqué que les antennes de ces insectes étaient 
sorties quand ils sont hors de l’eau , et qu’elles s’ap- 
pliquaient sur lecorps lorsqu’ils rentraient dans le li- 
quide; tous avaient conclu de cette remarque, que les 
antennes, dans ce dernier cas, n’étaient d’ancun usage. 
MaisM. Àudouin, auquel la science est redevabled’un 
grand nombre d’observations très importantes sur 
l’anatomie et les moeurs des insectes, a remarquéque 
quand l’hydrophile se rend à la surface de l’eau pour 
respirer, ilne présente pas à l’air, comme les dytiques, 
l’extrémité de son ventre. Il ne fait pas, comme ces 
derniers , passer entre le ventre et lesélytres une pro- 
vision d’air destinée à sa respiration dans l’eau; ce- 
pendant il a également besoin de fournir de l’air à 
ses stigmates. Ses antennes sont appliquées alors contre 
le corselet, et leur extrémité est dirigée en arrière. 
Quand il veut respirer, it replie ses antennes de ma- 
nière à ce qu’elles forment un coude dans le milieu 


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CABINET D'HISTOIRE NATURELLE. 347 

de leur longueur, et ils présentent ce coude à la sur- 
face de l’eau , il en résulte uue sorte de rigole dans 
laquelle l’air se précipite, passe ensuite sur les côtés 
du thorax , qui servent de gouttière, et se rend sur 
la paroi du ventre ; ilia tapisse comme une lame 
argentée et alimente alors la respiration par les stig- 
mates, de la môme manière que' chez les autres insec- 
tes aquatiques. Ces insectes sont remarquables aussi 
par la propriété qu’ils ont de filer, lorsque vient le 
moment de la ponte , une coque dans laquelle leur 
progéniture est à l’abri de tout danger. 

Nous passons maintenant à une autre 
famille, celle des clavicornes , ainsi nom- 
mée parce que les insectes qui la compo- 
sent ont les derniers articles des antennes 
plus gros que les autres et forment une 
sorte de massue ( clava ) , tantôt serrée, 
tantôt lâche. Tel est les genres byrrhe , 
dont l’espèce type est le byrrhe pilule 
(i?. pilida ) qui est d’une couleur entière- 
ment brune et revêtue en dessus d’un du- 
vet très court et très serré, d’un roux ob- 
scur. Lesélytres présentent des stries lon- 
gitudinales disposées de manière à former 
des taches noires d’un roux jaunâtre. Les 
habitudes de cette espèce, que l’on trouve 

assez communément aux environs de Paris, 

» * 

sont tout-à-fait terrestres. On la rencontre 


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348 CINQUIÈME PROMENADE. 

soit dans le's plaies des arbres , soit sous les 
mousses, soit même, et dans le plus grand 
nombre des cas, sous les pierres et autres 
corps placés à la surface de la terre. Elle 
s’y met à l’abri, et si on la surprend, elle 
replie toutes ses pattes sous son corps, 
et ne fait plus aucun mouvement afin de 
tromper ses ennemis par une mort appa- 
rente. Le genre dermestè se compose de 
plusieurs espèces parmi lesquelles nous 
citerons : 

/ 

Le dermestc du lard fdermestes lardariusj , insecte 
connu de tout le monde et qui, à l’état de larve comme 
à celui d’état parfait , nous cause d’assez grands dom- 
mages. Cette espèce vit dans les cadavres d’animaux , 
dans les matières animales desséchées, surtout dans 
les cabinets d’histoire naturelle dont elle est le fléau , 
elle y pond même des œufs; de ces œufs sortent de 
petites larves qui dévorent les peaux d’animaux et 
jusqu’aux membranes si minces qui unissent entre 
elles les parties solides des insectes. Son nom vient 
de ce qu’elle se plaît particulièrement dans le lard. 

Les escarl/ots, que leur aspect singulier ne 
permet pas de méconnaître , fréquentent 
aussi les mêmes endroits que les précédens 
et ne paraissent pas plus délicats en aucune 
manière. Quelques-uns cependant vivent 
dans le tronc carié ou vermoulu des vieux 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 349 

arbres , ou sous les écorces de ces arbres. 
L’espèce la plus remarquable est le hister 
grand ( hister major), qui se trouve en 
France , en Italie , en Sicile , en Grèce eten 
Barbarie, et d’autres espèces qui se trouvent 
aux environs de Paris : telles que le crucia- 
tus et le maculatus , etc. Enfin d’autres, tels 
que les boucliers elles nécrophores , dévorent 
les cadavres de certains animaux. A peine 
une taupe vient-elle d’être tuée, que les né- 
crophores , qu’on trouve rarement excepté 
dans cette circonstance, voltigent autour 
de son corps; bientôt ils se glissent dessous, 
creusent peu-à peu la terre et finissent par 
l’ensevelir entièrement, après y avoir dé- 
posé leurs œufs. L’espèce la plus commune 
chez nous est celle qu’on nomme fossoyeur; 
Vhumator qui se trouve dans le même cadre 
offre aussi les mêmes habitudes, mais il est 
plus petit et sa massue est de couleur 
orangée. 

Le second ordre est celui des orthop- 
tères : il se compose des genres forficulc , 
blatte , grillon y mante , sauterelle , spectre , 
phyllie , etc., qui ont des élytres molles 
et des ailes pliées longitudinalement en 
éventail. Plusieurs d’entre eux,_notam- 

3o 


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350 CINQUIÈME PROMENADE. 

ment les grillons et les mantes , font la 
guerre à d’autres insectes , mais la plupart 
vivent de végétaux ou sont omnivores. 
Pourvus d’ailes très grandes et susceptibles 
de se maintenir développées pendautlong- 
temps, ils peuvent se transporter à de 
grandes distances, et ils émigrent en ban- 
des si nombreuses que , comme des nuées, 
elles obscurcissent le cie! . Les criquets de pas- 
sage facrydium migratoriumj portent sou- 
vent la désolation dans les contrées les plus 
fertiles du Levant et du nord de l’Afrique; 
ils dévorenttout, et quelquefois leurs cada- 
vres infectent l’air. Les habit ans de certains 
cantons- les ramassent, leur enlèvent les 
ailes et les pattes , les entassent dans des 
vases , les salent pour les conserver et les 
vendent comme comestibles. Les blattes , 
que nos colons nomment kaherlacs , sont 
très voraces et répandent une odeur fétide ; 
quelques espèces sont également très in- 
commodes en Europe: telles sont la blatte 
orientale et la blatte de Laponie qui s’est 
propagée jusque sous les cabanes enfumées 
des Lapons. Parmi les grillons , l’un des 
plus extraordinaires est le monstruosus qui 
a l’extrémité des ailes roulée en spirale et 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 35 1 

les tarses prodigieusement ^ élargis; cette 
espèce vit au Gap. Dans le même cadre est 
le grillon domestique qui se trouve commu- 
nément chez les boulangers et les courtilliè - 
res ou laupes-grillons qui comme les taupes 
creusent des galeries souterraines avec 
leurs pieds antérieurs. Ces insectes, répan- 
dus dans toutes les parties du monde, sont 
pourvus d’un organe qui produit par 
l’effet du frottement un son monotone que 
le vulgaire nomme chant. Dans les grillons 
et les sauterelles, les mâles jouissent seuls de 
cette propriété, et la nature a converti une 
portion de leurs élytres en organe musical. 
Dans les criquets, les cuisses postérieures de- 
viennent une sorte d’archet que l’animal 
passe avec rapidité 5 sur la surface extérieure 
des ély très . Le ven tre des sauterelles femelles 
se termine ordinairement par un prolon- 
gement en sabre , qui leur sert à faire des 
trous en terre pour y déposer leurs œufs. - 
Le vert plus ou moins foncé et le gris cen- 
dré ou jaunâtre sont les couleurs ordinai- 
res des sauterelles et des mantes. L osphas- 
mes , les spectres et les phyllics sont des 
insectes presque tous exotiques, d’une 
forme extrêmement singulière , et d’une 


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352 CINQUIÈME PROMENADE. 

très grande dimension. La phyllie feuille 
sèche ressemble à un paquet de feuilles 
fanées et desséchées. Plusieurs spectres ont 
l’apparence d’une branche d'arbre longue 
de cinq à neuf pouces, dont les rameaux 
sont formés par les pieds. Un genre non 
moins curieux et assez nombreux eu es- 
pèces est celui des mantes. 

\ 

L’une d’elles , la mante religieuse, est très connue 
dans le midi de la France. Ses pieds antérieurs , beau- 
coup plus grands que les autres, étant armés d’épines, 
elle s’en sert pour saisir les petits insectes dont elle se 
nourrit. Comme elle les porte toujours en avant et 
qu’elle les replie et les élève en les rapprochant l’un 
de l’autre, elle semble avoir l’attitude de quelqu’un 
qui prie : c’est' ce qui lui a fait donner par les Lan- 
guedociens le nom de préga-diou. 

Cet ordre qui est entièrement classé, 
comprend seize cadreset quatorzemeubles. 

Le troisième ordre ou celui des hémiptè- 
res est classé, mais il n’est pas encore pla- 
cé dans les cadres ; il en comprendra huit. 

Les ordres sui vans, tels que les nêvroptèrcsy 
1 es hyménop (ères, les lépidoptères , les strésip- 
tères ou rhipipières et les diptères sont pres- 
que terminés et seront incessamment pla- 
cés dans les cadres. Les ordres que nous 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 353 

venons de citer comprendront le nombre 
des cadres suivans : huit pour les névrop- 
tères, dix pour les hyménoptères, soixante 
pour les lépidoptères et dix pour lesrhipip- 
tères et les diptères. 


\ 


3 #. 


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354 


SIXIEME PROMENADE. 


JSkttm* IJronmntîïf. 


©ABIlîïET B ‘HISTOIRE NATUREUE. 

„ - v 

COLLECTIONS 

> 

DE MOLLUSQUES, D'ANNÉLIDES 
ET DE RAYONNES. 

(Piofesseur M. Vài,E»cxfinN£ ; Conservateur M. Kikmeb. ) 

Les collections de coquilles et de poly- 
piers , qui terminent la série du règne ani- 
mal, sont placées: les coquilles , dans les 
meubles qui sont au milieu des sailes du 
deuxième étage; les polypiers, une partie 
dans, les cadres rangés au milieu de ces 
meubles, une autre dans une salle du rez- 
de-chaussée qui suit celle où sont les grands 
mammifères. 


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CABINET D'HISTOIRE NATURELLE. 355 

C’est dans le meuble placé près la salle 
des carnassiers, que commence la série des 
coquilles; en premier, se trouvent celles 
nommées argonautes . (1) 

Ces coquilles, d’une blancheur éclatante, sont très 
recherchées dans les collections, non-seulement pour 
leur beauté, mais encore parce qu’elles sont , depuis 
qu’on s’occupe d’histoire naturelle, le sujet de discus- 
sions très graves. L’animal qui habite cette coquille 
est organise comme les poulpes et pourvu de huit 


(i) Les animaux qui forment ces coquilles et ceux 
qui suivent, comme les poulpes, les sèches, etc., etc., 
n’ont pu être placés ici. Comme on ne peut les con- 
server que daus l’acool, ou u’a pas trouvé assez de 
place pour qu’ils puissent être exposés à la vue. Nous 
devons aussi prévenir que tous les animaux mollus- 
ques, les zoophytes, la plupart conservés dans i’aicool, 
ne seroul visibles qtje lorsque de nombreux cliange- 
xnens auront eu heu, et lorsqu’on aura disposé des 
meubles et des armoires à cet usage. M. le professeur 
Valencienne , chargé du cours de malacologie , a 
nommé et classé tous ces animaux, et les a préparés 
de manière a ce qu’on puisse étudier en même temps, 
dans les mollusques, l’animal et la coquille; et daus les 
zoophytes, tous les caractères propres a faire recon- 
naître ces auimaux. Plusieurs salles placées au-dessus 
de l’ancienne galerie de botuuique, contiennent tous 
ces auimaux, qui forment une collection d’un grand 
intérêt pour les naturalistes qui s’occupent de cette 
partie de la science, collection qui n’a encore jamais 
été vue dans les galeries d’histoire naturelle, et que les 
naturalistes devront au zèle du nouveau professeur de 
cette partie de la sennee. 


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356 


SIXIÈME PROMENADE. 


bras. On a raconté nombre de fables au sujet de l’argo- 
naute; dernièrement encore on prétendait qu’il s’éle- 
vait du fond des eaux , faisait entrer autant d’eau qu’il 
en fallait pour lester la coquille, développait ses deux 
bras membraneux en forme de voiles, se servait des 
autres comme de /âmes et voguait ainsi à la surface 
de la mer. Les naturalistes ajoutèrent foi à ces récits 
faits dans l’antiquité par Aristote, Klien, Appien, 
Pline, etc., et renouvelés par des voyageurs modernes; 
on trouvera même dans les dictionnaires d’histoire 
naturelle la description très détaillée de cette ma- 
nœuvre habile de l’animal pour se conduire , et qui a 
iuspiié à Deiille les trois verssuivaus: 

Cet autre est un vaisseau dont le petit nocher. 

Son instinct pour boussole et son art pour étoile. 

Est lui-même le mât, le pilote et la voile. 

Malheureusement tout ceci n’est qu’un gracieux ta- 
bleau d’imagination; il est bien prouvé maintenant 
que l’animal de cette coquille ne se sert de ses bras 
ni comme de voiles, ni comme de rames , mais bien 
pour ramper au fond de la mer , et que ses deux bras 
palmés entourent ordinairement sa coquille. Dans ces 
dernières années, des discussions très vives ont eu 
lieu au sujet de la formation de la coquille. Quelques 
savans croyaient que cet animal (le poulpe) était le 
constructeur de la coquille qu’il habite; les autres 
pensaient au contraire qu’il n’était , comme le ber- 
nard-l’hermite, qu’un habitant parasite ; mais, quoi- 
qu’on n’ait pas résolu encore cette question , on a 
tout lieu de croire, par des observations nouvelles 
faites dans ces derniers temps , que le poulpe est le 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 357 

constructeur de sa demeure, puisqu’on a fait des 
trous à certaines coquilles qui ont été bouchés par le 
poulpe. 

A la suite des argonautes, on voit les 
coquilles nommées nautiles , très remarqua- 
bles par leurs belles couleurs; après elles, 
sont les bélcmnites et les ammonites , coquil- 
les qu’on 11e retrouve plus qu’à l’état fossi- 
le et dont le nombre des espèces, est con- 
sidérable. Les èclemnites sont au nombre 
des fossiles les plus abondans surtout dans 
les couches de craie et de calcaire compacte ; 
les ammonites qu’on trouve aussi dans les 
mômes lieux, sont les coquilles les plus 
grandes que Ton connaisse à l’état vivant 
et à l’état fossile , puisqu’il en est qui attei- 
gnent jusqu’à la grandeur d’une roue de 
carrosse. Après elles commence la deuxième 
classe des mollusques : les ptéropodes. 

Les animaux qu’elle renferme sont tou- 
jours très petits, vitrés et quelquefois dé- 
pourvus de coquilles ; on remarquera le 
clio borealis: cet animal est blanc, et à 
peine de la grandeur d’un pouce : il est en 
si grande abondance dans les mersdu Nord, 
qu’il sert de pâture aux baleines. Après 
quelques petits genres, tels que les hyales y 


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358 SIXIÈME PROMENADE. 

les cléodores , etc., placés sur des cartons 
noirs pour qu’on puisse mieux les voir, 
commence la troisième classe, celle des gas- 
téropodes : elle est très nombreuse en gen- 
res et en espèces. En premier, sont les lima- 
ces et les colimaçons , si communément ré- 
pandus sur toute la surface du globe; on 
voit dans ce meuble, plus de trois cents 
espèces de ce genre qui viennent de tous les 
pays du monde, quelques-unes ont une 
très grande valeur. A la fin du genre, on 
doit remarquer une espèce appelée hélix 
ovata qui, près d’elle , a un œuf que l’ani- 
mal a pondu. Elle vit dans les grandes 
forêts de l’Amérique et pond au commen- 
cement de chaque année 5 ou 6 de ces 
gros œufs, qui à l’intérieur contiennent 
une coquille toute formée; on voit près 
d’une autre espèce, deux œufs dont l’un a 
été ouvert et contient encore la jeune co- 
quille. 

Les mœurs de nos colimaçons offrent beaucoup 
d’intérêt. Il est certaines espèces qui, pour poudre, 
font des trous près des arbres et déposent leurs œufs 
quelquefois jusqu’à près d’un pied de profondeur. 
' L’hiver elles vont chercher, soit dans la terre, soit 
dans les vieux murs , un abri pour la saison rigou- 
reuse. 


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CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 359 

Oa a fait de nombreuses expériences sur les hélices ; 
celles qui ont eu les résultats les plus extraordinaires 
sont dues à Spallanzani, qui a coupé entièrement la 
tête de ces animaux , laquelle, au bout d’un certain 
teipps, est reproduite; mais si l’on fait disparaître 
en entier cette tête, l’animal meurt, tandis qu’en en 
laissant une partie tout le reste repousse. 


Les coquilles qui suivent, vivent toutes 
dans les eaux ; mais comme les colimaçons 
elle sont encore des poumons pour respirer, 
etelles sont nommées pulmonées aquatiques . 
Les genres planorbe, ly innée s , physe, auri - 
cule j sont très nombreux ; nous en possé- 
dons dans nos eaux douces quelques espèces. 

C’est après ces coquilles que seront pla- 
cées celles nommées carinaires ; une espèce 
que possède le Muséum, nommée carinaire 
vitrée , est sans contredit , la plus rare de 
toutes celles qui existent dans les collec- 
tions. On n’en connaît que trois individus 
en Europe ; celui du Muséum est le plus 
grand de tous et le mieux conservé, il vient 
de l’Océan austral et a été donné par de 
la Réveillère - Lepaux , de la part de 
M. Huon, qui, -après la v mort d’Entre- 
castaux, commanda l’expédition envoyée 
à la recherche de La Peyrouse. M. Huon, 


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360 SIXIÈME PROMENADE. 

avant de mourir, recommanda soigneuse- 
ment la conservation de cette coquille, 
destinée au cabinet d’ Histoire naturelle de 

i 

Paris. 

Après les carinaires, seront rangées, dans 
le second meuble, les coquilles classées 
dans la' famille des trochoïdes ; les genres 
turboytroque, monodonte, etc. ; l’animal de la 
coquille qu’on nomme frippière, ou troque 
agglutinant y est remarquable parce qu’il a 
l’habitude de coller et d’incorporer même 
à sa coquille , à mesure qu’elle s’accroît , 
divers corps étrangers et souvent un grand 
nombre de petites coquilles. 

Les cyclostomes , les valvées , les paludi- 
nes et les phasianelles viennent après ; 
dans ces divers genres, les espèces sont très 
nombreuses et souvent très rares, les pha- 
sianellcs , qui sont de très jolies coquilles 
fort communes aujourd’hui , ont été long- 
temps très recherchées. 

Avant la révolution de q3 , un militaire 
qui avait une de ces coquilles (la seule qui 
fut connue) la portait constamment avec 
lui ; elle était estimée plus de quinze cents 
francs. Le troisième meuble contiendra la 
famille des buccinoïdes , qui renferme les 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 36 1 

genres cône, porcelaine , olive, volute , fu- 
seau , mitre , rocher , etc. ces genres sont très 
nombreux et très recherchés , il est certai- 
nes espèces qui sont payées jusqu’à près de 
mille francs, ainsi le cône gloire de mer 
dont on connaît seulement deux coquilles, 
est estimé cette somme. L econe doma qu’on 
voit ici , a une valeur de près de cinq cents 
francs. Dans le genre porcelaine , la porce- 
laine aurore est celle qui a le plus de 
prix ; une coquille parfaite de cette espèce 
vaut jusqu’à cinq cents francs. Les ro- 
chers , les pourpres, les concholepas , sui- 
vront ces genres; l’animal de ces coquilles 
possède une matière colorante employée 
autrefois chez les Romains comme teinture. 
La pourpre à teinture qu’on voit ici, en est 
une espèce très commune sur nos côtes, et 
elle a été principalement employée à cet 
usage. Les haliotides, les patelles , les osca - 
Irions , terminent la série des coquilles uni- 
valves. 

En tournant de l'autre côté du meuble , ■ 
on aperçoit le commencement de la suite des 
coquilles qui ont deux pièces , on les nom- 
me bivalves : M. Cuvier les appelait acé- 
phales , parce que l’animal n’a jamais de 

3i 


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36a SIXIEME PROMENADE. 

tête : la première famille est celle des os- 
tracés. En première ligne, sont les /mitres , 
les peignes ou pèlerines. Les huitres si ré- 
pandues sur nos côtes , et qui fournissent 
une nourriture si abondante et si saine , 
sont des coquilles qui aiment à vivre sur 
les bords de la mer , à peu de profondeur 
et dans une eau sans courans et tranquille. 
Lorsqu’elles sont favorablement placées, 
elles s’accumulent et forment ce qu’on 
nomme un banc d'huîtres ; il est de ces 
bancs qui ont plusieurs lieues d’étendue et 
qui sont inépuisables et môme ne dimi- 
nuent pas , quoique chaque année on en 
enlève un nombre considérable. Les côtes 
de la Manche sont enrichies par le produit 
de ces mollusques qui y sont très abondans 
et très agréables au goût. Les anciens 
ont établi des parcs où on les déposait 
pour les laisser grossir. De nos jours , 
on emploie le même moyen pour les con- 
server. Le nombre des espèces d’huîtres 
est très considérable et peu facile à dé- 
terminer, tant ces animaux varient de for- 
mes. Après ces coquilles on voit celles 
qu’on nomme peignes. Ce genre est sans 
contredit celui qui est paré des plus belles 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 363 

couleurs. Après lui sont les limes , coquil- 
les, dont une espèce vit dans nos mers; l’ani- 
mal qui la forpie nage facilement en ouvrant 
et fermant subitement ses valves. Les mar- 
teaux , les vulsclles , les avicules sont ran- 
gées à la suit®. Le genre marteau est ainsi 
nommé, parce que le haut de la coquille a 
deux parties étendues qui forment comme 
une tête de marteau , tandis que la partie 
transverse paraît former le manche. Les 
vulselles sont d’assez petites coquilles qu’on 
trouve le plus ordinairement dans les épon- 
ges. Le genre aviculc est celui , parmi les 
coquilles bivalves , qui mérite le plus notre 
attention ; parce que ce sont les coquilles 
de ce genre qui fournissent les perles . 

Ces produits sont dus à une maladie de l’animal ; 
aussi, dès qu’un corps étranger s’est introduit dans 
Fintérieur de la coquille, il irrite le mollusque, qui pro- 
duit alors une substance nacrée qui entoure ce corps. 
Ces animaux étant peu susceptibles de changer de place, 
ne peuvent se débarrasser du corps qui les irrite con- 
tinuellement et qu’ils entourent toujours de cette 
matière de la même nature que la coquille elle-même. 
Ainsi, on comprend comment une coquille qui a reçu 
dans son intérieur un grain de sable presque imper- 
ceptible, produit , au bout de six années, des perles 
de la grosseur d’une noisette. 

Lorsqu’on peut examiner Fintérieur d’une perle. 


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364 SIXIÈME PROMENADE. 

on reconnaît qu’elle est formée de couches concen- 
triques au milieu desquelles est toujours un corps 
étranger qui en a déterminé la formation. 

Les avicules nommées aussi mères-perles se trou- 
vent principalement en grande abondance àCeylanet 
dans le golfe Persique. Les pécheurs se rendent dans 
ces parages à des époques déterminées, et n'ont qu’un 
certain point à explorer pour qu’ils ne détruisent pas 
le banc de ces coquilles, auxquelles il faut au moins 
dix ans pour croître. Des plongeurs, attachés à de 
grosses cordes et pourvus de sacs, se laissent couler 
au fond de l’eau; d’une main ils ramassent les co- 
quilles et de l’autre ils tiennent la corde. Dès qu’ils 
ont recueilli les coquilles qu’ils veulent , ils donnent 
le signal de les remonter , et plusieurs hommes les 
hissent , tandis que d’autres font le contre-poids de 
l’autre côté de la barque; ces plongeurs restent jus- 
qu’à six minutes dans l’eau, et souvent, dans la 
même journée, plongent plus de cinquante fois. Lors- 
qu’on a recueilli un grand nombre d’avicules , on les 
dépose sur de grandes nattes, et, quand l’animal est 
mort, la coquille s’ouvre; c’est seulement alors qu’on 
va chercher dans l’intérieur de son corps les grosses 
perles qui peuvent s’y trouver; ensuite on dépose ces 
animaux déjà en putréfaction dans de grands bassins 
remplis d’eau , où en se putréfiant ils sont séparés 
des plus petites perles qui avaient échappé à la vue. 
Les coquilles des avicules fournissent, comme on le 
sait, cette belle nacre de perle si généralement em- 
ployée. Plusieurs autres acéphales produisent aussi 
des perles. 

Les coquilles qu’on voit ensuite , sont 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 365 

les mulet tes. Parmi celles qui produisent 
le plus de perles, on distingue la mu- 
Jette margaritfère qu’on trouve dans le 
nord et qui en fournit quelquefois de très 
belles. 

Linné ayant eu l’idée d’établir des perlières arti- 
ficielles dans la Suède, sa patrie, avait réuni dans 
de grandes pièces d’eau de ces coquilles , et avait fait 
à chacune des trous; l'animal irrité répandait une 
plus grande quantité de matière nacrée et formait 
à cet endroit ce que nous nommons une perle; 
mais les produits n’excédant pas les dépenses , il fut 
forcé d’abandonner son projet. C’est principalement 
en Écosse que la coquille que nous venons de citer 
fournit les plus belles perles; il en est même qui ser- 
vent d’ornement aux couronnes de certains souverains 
et qui ont une valeur considérable. Les Romains 
connaissaient aussi les perles d’Écosse , et les consi- 
déraient comme très précieuses. 

Les jambonneaux seront placés après les 
mulettes : ce sont des coquilles très lon- 
gues et qui ont en quelque sorte la forme 
d’un jambon. Elles ont cela de particulier; 
que la partie à laquelle elles sont attachées 
et qui est nommée byssus est munie de fils 
assez fins et assez longs pour être filés et 
employés à la confection de vêtemens très 
souples, très chauds et inaltérables dans 
leurs couleurs. 

3i. 


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3 66 SIXIÈME PROMENADE. 

La Méditerranée est de toutes les mers celle qui 
renferme les jambonneaux en plus grande abondance; 
aussi, sur certaines parties de son littoral lesliabitans 
les pêchent autant pour leur nourriture que pour 
leur byssus. Il y a quelques siècles , le commerce des 
objets filés avec cette laine, était beaucoup plus con- 
sidérable que maintenant. C’était surtout en Sicile et 
en Calabre qu’on trouvait ces étoffes. Cependant au- 
jourd’hui on en voit chez plusieurs marchands de draps. 
On peut remarquer dans la galerie d’Orléans, au Pa- 
lais-Royal , un marchand qui en possède de très bien 
travaillées. 

C'est près des arches et des pétoncles que 
se trouve le genre trigonie. La plus grande 
de ces coquilles est un des objets précieux 
de la collection. Ou ne connaît que cet in- 
dividu qui ait atteint à une aussi grande 
dimension ; il a été rapporté par l’expédition 
du capitaine Baudin. À la suite de ce genre, 
seront placées les moules , coquilles dont 
certaines espèces sont répandues, avec une 
abondance extraordinaire, le long de toutes 
nos côtes où elles se suspendent en belles 
grappes aux rochers, aux pieux, aux vais- 
seaux , etc. Elles forment un article assez 
important de nourriture , mais souvent 
elles sont dangereuses lorsqu’on en mange 
trop. 

Le genre lithodome qui suit est composé 


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CABINET d’hISTOIHE NATURELLE. 36-J 

de coquilles perforantes qui d’abord se 
suspendent aux pierres comme les moules, 
mais qui ensuite les percent pour s’y in- 
troduire, et y creusent des cavités dont 
elles ne sortent plus. Le mytilus lilfiopha- 
gus qu’on voit ici dans une pierre est 
commun dans la Méditerranée, où il four- 
nit une nourriture assez agréable, à cause 
de son goût poivré. Les tridacnes , nom- 
mées aussi bénitiers , sont, parmi les co- 
quilles bivalves, les plus grandes de toutes. 
Leur poids est quelquefois considérable , 
puisqu’il en est qui pèsent jusqu’à cinq 

cents livres. 

*. 

La pins grande coquille de ce genre que nous 
connaissions en France, est celle qui sert de bénitier 
à l'église St.-Sqlpice. Elle a été donnée à Frapçois I eif 
par la république de Venise. Quoique d’une di- 
mension considérable, on en connaît en Italie de 
plus grandes encore. 

Les corbeilles , les tellines , les lucines, 
les venus, les mactres , forment une suite 
de genres très recherchés par les conchy* 
liologistes, non-seulement pour la beauté 
de leurs couleurs , mais encore pour la va- 
riété de leurs formes , et la rareté de cer- 
taines d’entre elles. 


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368 SIXIÈME PROMENADE. 

Les coquilles qui suivent vivent presque 
toutes ou enfoncées dans la vase , ou dans 
l’intérieur des bois et des pierres. Les gran- 
des coquilles que l’on voit ici , les panopes , 
viennent dans la Méditerranée ; elles se 
trouvent à de grandes profondeurs et sont 
très difficiles à obtenir : elles sont encore très 
rares. Après elles sont les solens vulgaire- 
ment manches de couteau; iis sont toujours 
enfoncés dans le sable, nous en avons sur 
nos côtes plusieurs espèces. 

Lorsqu’on a reconnu un trou de solen, on prend 
une petite baguette qu’on y introduit; dès que l’ani- 
mal se sent loucher , il ferme les parties de sa coquille 
qu’il ouvre ordinairement ; et saisit ainsi la baguette ; 
alors il est facile de l’extraire de la demeuré qu’il 
habite. 

Les pholades que l’on voit en suivant, 
sont des coquilles, qui, quoique très fra- 
giles, percent les pierres les plus dures ; 
on les trouve toujours sur les bords de la 
mer, enfoncées dans le calcaire; nous en 
possédons sur les côtes de France plu- 
sieurs i espèces. Les tarels qui viennent 
ensuite sont les plus nuisibles de tous 
les animaux mollusques; ils vivent dans 
les bois sous-marins qu’ils criblent de trous 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 369 

et les meilleurs pilotis ne résistent pas 
long-temps à leurs attaques réitérées; les 
plus grosses pièces de bois, les vaisseaux ' 
mêmes, sont quelquefois détruits par ces 
animaux. Ils sont un véritable fléau pour 
la Hollande , toujours menacée de voir 
ses digues minées et rompues par leurs tra- 
vaux. 

Les clavagcUes et les arrosoirs termi- 
nent la série des coquilles vivantes. Ces 
deux genres ont encore une très grande 
valeur et sont très recherchés. En voyant 
un tube semblable à celui des arrosoirs, on 
serait tenté de croire que ce n’est point 
une coquille; mais si l’on examine avec 
soin, on aperçoit, sur la partie supérieure 
près de la couronne, deux petites valves 
enchâssées dans ce tube. 

La collection de coquilles que l’on vient 
de visiter doit être classée d’une toute au- 
tre manière; le peu d’espace qu’on a pour 
disposer ces objets n’a permis d’en réunir 
qu’une partie; des tiroirs placés sous les 
meubles contiennent toutes les coquilles 
fossiles. Des magasins où sont classés les 
objets acquis ou donnés, renferment plus 
de soixante boîtes pleines d’échantillons très 


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37O SIXIÈME PROMENADE. 

précieux, tant par leur variété que par leur 
belle conservation. Lorsque les collections 
de minéralogie et de géologie auront été 
rangées dans les galeries nouvelles , ou 
placera au premier étage de la galerie 
d’histoire naturelle plusieurs meubles nou- 
veaux, destinés à contenir les coquilles 
qui ne peuvent être encore exposées à la 
vue. O11 mettra aussi à la disposition de M. 
le professeur de conchyliologie plusieurs 
grandes armoires dans lesquelles les collec- 
tions d’objets conservés dans l’alcool seront 
classées. Les annélides , les vers intestinaux , 
les animaux mollusques , les zoophytes , se- 
ront seulement alors placés dans ces ar- 
moires. 


COLLECTION DE ZOOFHTTES. 

Cette collection, dont la plupart des ani- 
maux sont conservés dans l’alcool , est très 
incomplète ; nous ne possédons dans les 
cadres qui sont au milieu du deuxième 
meuble , que quelques genres desséchés. 
Les cadres du troisième meuble renferment 
une belle suite d’ éponges , et après elles, 


f 


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CABI.NET D’HISTOIRE NATURELLE. 3^1 

une collection très nombreuse d'étoiles de 
mer qui bientôt seront nommées ; le qua- 
trième meubie contient la suite des étoiles 
de mer. On peut voir, dans les armoires qui 
sont sous ces coquilles, la nombreuse col- 
lection des oursins , qui bientôt doit être 
en vue comme le sont les coquilles. Les 
grandes gorgones et les éponges, qui n’ont 
pu tenir dans les cadres, sont rangées dans 
les armoires du deuxième et troisième meu- 
ble. 

Dans la salle du rez-de-chaussée, on 
verra en face des grands mammifères , des 
madrépores , de la plus grande beauté, et 
en suivant (1) on remarquera Ja série com- 
plète de ces animaux, nommés et classés. Le 
plus curieux, parmi eux, est le corail qu’on 
regarde presque généralement comme une 
plante, mais qui est le produit d’animaux ré- 
nnis en société. On peut voir dans lesarmoi- 
res où il est contenu, des échantillons qui 
sont recouverts de l’écorce qui renfermait 


(x) Les polypiers que l’ou voit ici viennent d’étre 
nommés et classés. Cette collection n’avait jamais été 
faite, et c’est seulement depuis quelques mois qu’il est 
possible de l’examiner ; avant , tous les objets qui la 
composent avaient été déposés dans des magasins. 


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SIXIÈME PROMENADE. 


372 

les animaux, tandis que d’autres en sont 
iout-à-fait dégagés. 

La mer Méditerranée produit seule le 
corail, et Marseille entretient chaque an- 
née un grand nombre d'ouvriers pour le 
travailler. 


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CABINET JDHISTOIRE NÀTÜRELLE. 3^3 


ôqrttànf JjJromcnaîtf. 

' \ 


CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 

H 

I 

COLLECTIONS DE GÉOLOGIE. 

( Professeur M. Cordier; Conservateur M. Kimm.) 

Ces collections occupent les trois salles 
nord du premier étage : la première ren- 
ferme les végétaux et les animaux inverté- 
brés, fossiles ; la seconde, les animaux ver- 
tébrés fossiles ; la troisième, enfin, la clas- 
sification des terrains. 

La salle d’entrée, à laquelle on donne 
aussi le nom de petite salle des fossiles ren- 
ferme les débris de végétaux et dé animaux 
invertébrés que l’on trouve enfouis dam 
une grande partie des couches de la terre. 
Ces débris qui appartiennent presque tous 

3a 


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3^4 SEPTIÈME PROMENADE. 

à des espèces perdues, sont classées géologi- 
quement, c’est-à-dire d’après l’ancienneté 
des terrains au milieu desquels on les ren- 
contre : la plupart sont accompagnés de la 
roche qui leur servait de matrice. 

Les végétaux fossiles sont placés dans les 
armoires qu’on voit à gauche en face de soi 
lorsqu’on entre dans la salle ; ils se présen- 
tent rangés dans l’ordre des terrains aux- 
quels ils appartiennent et dont ils concou- 
rent à caractériser l’époque. Parmi les 
échantillons les plus intéressans , on doit 
remarquer : 

io La série des gi'ands végétaux herbacés 
qu’on trouve exclusivement dans les an- 
ciennes couches de grès , de schiste gros- 
sier, qui accompagnent lahouille ou char- 
bon de terre proprement dit; 

2* Un gros tronc provenant d’un arbre 
de l’embranchement des dicotylédons et 
qui a été changé en silex , après avoir été 
' criblé de trous de tarets, dont les vides ont 
été également remplis de substance siliceu- 
se: il vient de Maestricht; 

3° Une grande plaque de grès couverte 
de diverses empreintes de feuilles . Elle est 
due à M. Ménard de la Groye qui l’a trou- 


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CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 3?5 

, * 

vée auprès du Mans et l’a donnée au Mu- 
séum ; 

4° Un énorme tronc de palmier , parfaite- 
ment reconnaissable aux écailles dont il est 
environné et qui sont les restes des feuilles. 
Il a été trouvé à Vailly, près de Soissons , 
par M. Ménat, pharmacien, qui en a fait 
don à l’établissement : cette pièce curieuse 
est placée au dessus de l’armoire ; 

5° Deux belles empreintes de feuilles de 
chamœrops , données par M. A. Brougniartet 
provenant des carrières des environs d’Aix, 
dans le département des Bouches-du- 
Rhône ; 

6° Enfin une suite nombreuse à’ emprein- 
tes de feuilles sur le calcaire moderne , qu’on 
trouve à Monle-Bolca sur les confins du 
Véronais et du Vicentin en Italie. 

7 ° Entre les deux croisées , les bois fossi- 
les siliceux et au bas de l’armoire , les bois 
fossiles bitumineux. 

Les animaux in vertébrés fossiles sont pla- 
cés dans les armoires que l’on voit à droite 
en entrant dans la salle. Ils sont divisés en 
trois section^, savoir : celle des mollusques , 
celle des articules , enfin celle des zoophytes 
ou rayonnés . Parmi les mollusques on re- 


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3j6 SEPTIÈME PROMENA.DE. 

marque plusieurs hippurites et orthocera - 
tites d’un gros volume, provenant des an- 
ciennes couches calcaires , soit du lac Erié 
dans les Etats-Unis d’Amérique, soit du 
revers septentrional des Pyrénées ; des 
radiolifhesy en partie silicifiées, etdes/ftce- 
rates recueillis dans les couches calcaires 
peu anciennes de l'île d’Aix, département 
de la Charente-Inférieure , par M. Dorbi- 
gny ; des nautilithes et des ammonites dont 
le test a conservé son éclat nacré. Ils pro- 
viennent des terrains argilo-sablonneux. 
antérieurs à la craie; la plupart ont été 
donnés, par M. Crow et viennent de l'île 
de Sheppy, en Angleterre; un moule d’une 
ammonite gigantesque dont on ignore la lo- 
calité, mais qui provient probablement de 
la partie inférieure des terrains de craie. 
Parmi les animaux articulés, on doit remar- 
quer : plusieurs beaux échantillons de tri - 
lobites , venant des ardoisières d’Angers ; 
un individu complet de trilobite , venant 
de Dudley, en Angleterre , et donné par 
M. A. de Humboldt ; plusieurs individus de 
trilobite s , trouvés dans le schiste intermé- 
diaire de la Hunaudière , dans le départe- 
ment delà Loire-Inférieure parM.Regley 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. Z*]*] 

et donnes par lui ; une hmule très recon- 
naissais! e 7 échantillon précieux, trouvé 
dans le calcaire secondaire de Pappenheim; 
une grande langouste contenue dans le cal- 
caire tabulaire de Monte-Bolca. 

Parmi les zoophjrtes , on remarque : une 
belle tige d'encrinites , provenant du cal- 
caire secondaire des environs de Bruns- 
wick ; plusieurs polypiers et plusieurs échi- 
uites des terrains de craie des environs de 
Maestricht. 

GRANDE SALLE DES FOSSILES. 

Pour visiter cette salle , on commencera 
a 1 extrémité située à la droite d’une per- 


(0 Ici, comme dans quelques parties de ce petit ouvrage» 
nous avons, après réflexion, renoncé à suivre l'ordre scien- 
tifique pour suivre celui des armoires, qui du reste est à*peu- 
près conforme à la marche observée par Cuvier dans son 
immortel ouvrage des Ossement fossiles. Cette note servira, 
nous 1 espérons , à guider les personnes qui voudraient prendre 
une connaissance superficielle de la science. 

Presque tous les animaux que l’on voit ici ont existé anté- 
rieurement à la dernière révolution qui a changé la surface 
du globe. La plupart d’entre eux sont des espèces perdues; 
plusieurs ne peuvent se rapporter à aucun des genres que 
nous connaissons; ils appartiennent à différentes époques, et 
plus ces époques sont reculées , moins ils ressemblent à ceux 
qui existent aujourd'hui. C’est la superposition des terrains 
qui, conjointement avec les corps organisés fossiles, dé- 
montre 1 ancienneté des couches formant l’enveloppe solide de 
notre globe. La théorie de la terre repose sur ce* deux ordres 

3a. 


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SEPTIÈME PROMENADE. 


sonne qui sortirait de la petite salle des fos- 
siles , on verra les débris d’un grand èlè- 


de faits -, il n’y n point d’ctrps organises dans les terrains pri- 
mitifs, les madrépores , quelques crustacés , quelques poissons , 
paraissent d’abord dans les terrains intermédiaires, avec des 
débris ou des impressions de végétaux très simples. 

D’autres coquilles, d'autres poissons et des reptiles appar- 
tiennent, ainsi que des plantes plus compliquées , à une seconde 
période de formation. 

La troisième période offre non-seulement de nouvelles fa- 
milles de coquilles, de poissons, de reptiles, mais encore des oi- 
seaux et des mammifères dont les genres «ont perdus. Les plantes 
offrent aussi eu plus grand nombre les formes les plus éle- 
vées en organisation; enfin , les mammifères dont les espèces 
sont voisines des espèces vivantes , comme les èlcp/ians , les 
rhinocéros, les ours, etc., ne se trouvent que dans les terrains 
d'alluvion anciens , formés par le dernier cataclysme diluvien. 
On ne voit dans toutes les formations dont nous venons de 
parler aucan squelette humain; ce qui ne prouve pas que 
ï'homtne n’existait pas sur la terre lors de la dernière cata- 
strophe qui a donne leur forme actuelle aux continens , mais 
qu’il n’habituit pas les lieux qui ont clé engloutis par les 
eaux , ou que sa prévoyance ou son industrie lui ont fourni 
les moyens de chercher ailleurs une retraite. 

Si nous eussions suivi dans la description drs fossiles un 
ordre chronologique , nous les eussions étudies dans l’ordre 
^ui suit : 

i° Zoophytes ; mollusques ; crustacés ; grandes couches <le 
bouille; troncs de palmiers et de fougères. 

3° Poissons ; monilors ; tortues ; empreintes végétales de grandes 
arondinacces ; de bambous ; de palmiers. 

3° Reptiles gigantesques, ichtyosawus , plcsiosaurus , mega - 
losaurus ; crocodiles ; ptérodactyles ; tortues d'eau douce. 

4® Palœotherium ; lophiodous ; anoplot/ieriuru ; cheropotames f 
adapis ; quelques carnassiers et quelques oiseaux ; des crocodiles ; 
des tortues d’eau douce , quelques poissons et quelques coquilles 
inconnus dans les eaux actuelles ; des palmiers et d’autres 
plantes tropicales. 

5® Me» cétacés presque semblables à ceux de nos jonrs ; de 
grands pachydermes , cléphans , r/unoceros , hippopotames , che- 
vaux ; grands ruminons ; carnassiers de la tuiile du lion , dtt 
tigre, de l'hyène ; gigantesques édentés , mégathérium , vtégalrtùit. 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 

phcuU fossile , nommé mammouth , par les 
Russes. 

La découverte d’un de ces animaux entier fut faite 
en 1799 P ar un pêcheur tongouse. Celui-ci remar- 
qua sur les bords de la mer Glaciale près de l'em- 
bouchure de la Léna, au milieu des glaçons, un 
bloc informe qu’il ne put reconnaître. L’année d'a- 
près, il s’aperçut que cette masse était un peu déga- 
gée , mais ne devinait pas encore ce que ce pouvait 
être. Vers la fin de l’été suivant , le flanc entier de 
l’animal et une de ses défenses étaient distinctement 
sortis des glaçons. Ce ne fut que la cinquième année 
que, les glaces ayant fondu plus vite que de coutume , 
cette masse énorme vint échouer à la côte , sur un 
banc de sable, au mois de mars 1804. Le pêcheur 
enleva les défenses , dont il se défit pour une valeur 
de cinquante roubles. Ce ne fut que sept ans après 
la découverte , que Adams adjoint de l’académie de 
Pétersbourg , se rendit sur les lieux. Il trouva l’ani- 
mal mutilé ; déjà les jacoutes du voisinage en avaient 
dépecé les chairs pour nourrir leurs chiens. Des bêtes 
féroces en avaient aussi mangé. Cependant le sque- 
lette était encore entier , à l’exception d’un pied de 
devant. Une partie même était recouverte par la 
peau. Une des oreilles bien conservée était garnie 
d’une touffe de crins. On distinguait encore la pru- 
nelle de l’œil ; le cerveau se trouvait dans le crâne, 
mais desséché: le cou était garni d’une longue cri- 
nière , la peau était couverte de crins noirs et d’un 
poil ou laine rougeâtre. Ce qui en restait était si 
lourd , que dix personnes eurent beaucoup de peine 
à le transporter. Ou retira plus de trente livres pe- 


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380 SEPTIÈME PROMENADE. 

sant de poil et de crins que les ours blancs avaient 
enfoncés daus le sol humide en dévorant les chairs. 
Ses défenses avaient plus de neuf pieds de longueur 
en suivant les courbures. La tête, sans les défenses, 
pesait plus de 400 livres. Cette espèce haute de 
i 5 à 18 pieds ressemblait beaucoup à l’éléphant ac- 
tuel des Indes, seulement ses énormes défenses 
étaient implantées daus des alvéoles plus longs. 

d’armoire qui nous occupe renferme 
des mâchelières de cet éléphant fossile 
déterrées en diverses contrées du globe, 
surtout en France. Les plus remarquables 
par leur grandeur sont peut-être celles 
que l’on a trouvées en creusant le canal de 
Lourcq dans la forêt de Bondy et qui ont 
été données au Muséum par Girard ingé- 
nieur des ponts - et - chaussées. On doit 
aussi remarquer celles de l’Amérique du 
Nord, envoyées par M. Jefferson, et celles 
du Mexique, données par M. de Hum- 
boldt. 

L’armoire suivante contient des défenses , 
des portions de mâchoires et des os longs 
d’ éléphàns fossiles , provenant de divers 
pays. 

Le morceau le plus étonnant est , sans 
contredit, la portion de défense trouvée 
près de Rome par MM. le duc de Laro- 


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CABINET D’HISTOIBE NATURELLE. 38 1 

i 

chefoucauld et Desmarest , que l’on est 
tenté de prendre , au premier coup -d’œil, 
pour un tronc d’arbre. On remarque aussi, 
le bocal qui renferme des poi/s et de la peau 
des maînmouth envoyés par Tilésius à Blu- 
menbach , et dont M. Targé, ancien cen- 
seur du collège Charlemagne, rapporta en 
France la petite quantité que possède le 
Muséum. 

Viennent ensuite les débris de Y animal 
de V Ohio. 

Ainsi appelé, de ce que en 1739 un officier fran- 
çais nommé Longueil , naviguant dans l’Ohio pour 
se rendre sur le Mississipi , recueillit des os et des 
défenses que quelques sauvages de sa troupe avaient 
découverts sur le bord d’un marais. Ce même officier 
rapporta, l’année d’après, à Paris, trois mdchelièrcs , 
un fémur et une extrémité de défense. 

Ces os, que l’on aperçoit ici, sont les plus 
anciens que l’on ait vus en Europe. Le 
plus grand nombre des autres morceaux, 
sont dus à la libéralité de M. Jefferson, an- 
cien président des Etats-Unis. 

Cet éléphant fossile , nommé par Cuvier grand 
mastodonte à cause de la forme aiguë de ses mâche- 
lières et de sa taille haute d’environ neuf pieds , 
est particulier à des terrains meubles et très superfi- 
ciels de l’Amérique du Nord. C’est auprès de William- 
bourg en Virginie, qu’on l’a trouvé avec un sque- 


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382 SEPTIÈME PROMENADE. 


Jette presque entier et une niasse comme broyée 
de diverses substances végétales enveloppées dans 
une sorte de sac que l’on a considéré comme l'esto- 
mac de l’animal. Cette dernière découverte, jointe à 
des considérations anatomiques et physiologiques non 
moins concluantes , a totalement détruit Popinion 
long-temps soutenue que cet animai était carnivore. 

Il faut aussi remarquer le tibia du masto- 
donte à dents étroites , rapporté du camp des 
géans par M. de Humboldt. 

Cette seconde espèce est moindre que la précé- 
dente. On en trouve des débris assez communs dans 
l’Europe tempérée et l’Amérique du Sud. Dans 
quelques endroits , ses dents teintes par le fer, devien- 
nent d’un assez beau bleu et donnent ce que l’on ap- 
pelle des turquoises occidentales. 

Puis vient une collection d’ossemens 
fossiles du grand hippopotame , provenant 
presque tous du val d’Arno supérieur, et 
rapportés en 1810 et 181 3 par G. Cuvier. 
Les deux fémurs sont très remarquables par 
leur belle conservation. Ce qui ne l’est pas 
moins, ce sont les débris de plusieurs espè- 
ces d ’ hippopotames beaucoup plus petits 
que le précédent, que Ton voit dans deux 
boîtes vitrées à la suite des os dont nous 
venons de parler. Une partie de ces restes, 
fut tirée par G. Cuvier, d’un bloc de grès 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 383 

v 

calcaire donl on ignorait l’origine ef <[ui 
depuis long - temps était déposé dans 
un des magasins du Muséum. G. Cuvier 
fut frappé de la grande quantité de frag- 
mens d’os et de dents dont il était comme 
lardé. Il lui fallut, ainsi qu’à sesaides, un 
temps considérable et une grande patience, 
pour dégager une partie des os qui incrus- 
taient ce grès. Ils employèrent à cela, pen- 
dant plusieurs jours , le ciseau , la lime et 
le burin , et furent obligés de sacrifier plu- 
sieurs os pour en conserver d’autres en- 
tiers. Mais ils se trouvèrent largement 
récompensés de leurs peines, lorsqu’ils eu- 
rent mis au jour les débris d’un animal 
dont personne n’avait eu jusqu’à ce jour la 
moindre idée. Ces débris ont constitué le 
petit hippopotame Jossile , et l’on a su de- 
puis que le bloc de grès calcaire , prove- 
nait des environs de Dax et de Tartas, 
dans le département des Landes. Une au- 
tre espèce , Y hippopotame moyen, a été trou- 
vée dans le tuf calcaire qui a toute l’appa- 
rence d’un produit d’eau douce, à Saint- 
Michel de Chaisme, départemen t de Maine- 
et-Loire. Enfin quelques dents , indiquant 
une espèce voisine de l’hippopotame et 


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384 SEPTIEME PROMENADE. 

plus petite que le cochon , proviennent 
d’un banc calcaire, près de Blaye et ont 
été données par M. Dubuisson conserva-* 
leur du cabinet de Nantes. 

On voit ensuite des dents et des ossemens 
de chevaux , la plupart trouvés en France , 
avec des os d'éléphans et de rhinocéros. 

A la suite de ces os de chevaux sont 
placés ceux de rhinocéros , dont plusieurs 
ont été également déterrés en France, tels 
sont : une portion considérable de crâne 
trouvée dans les environs de Figeac et don- 
née par M. Delpon ; différens os des envi- 
rons d’Abbeville, que l’on doit à M. Traullé 
et à M. Bâillon ; la tête entière , et qui vient 
de Sibérie, est un don de M. Buckland, 
professeur à l’université d’Oxford. 

Ce qu’il y a surtout à remarquer , c’est 
une boîte vitrée contenant des os de rhino- 
céros d’une très petite taille qui ont été 
trouvés à une assez grande profondeur • on 
les doit à M. le baron de Tours maire de 
Moissac. Deux dessins de têtes de rhinocéros 
de Sibérie envoyés par l’académie dePéters- 
bourg, sont placés sur les premières armoi- 
res des poissons à côté de ceux de l’élé- 
phant. 


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CABINET D’HISTOIRE WATÜRELLE. 385 

On voit ensuite des ossemens d’un genre 
voisin des tapir^, et auquel Cuvier a 
donné le nom de lophiedon j ils sont dans 
plusieurs boîtes vitrées dont chacune con- 
tient les diverses espèces provenant d’un 
même lieu. 

Cuvier qui n’avait pu déterminer la 
forme de leur museau et le nombre de 
leurs doigts , dit cependant que la plus 
grande ressemblance existait entre ces /o- 
phiodons et les tapirs. Il en a découvert 
jusqu’à douze espèces, toutes de France, 
ensevelies dans des pierres marneuses for- 
mées dans l’eau douce, et remplies de lym- 
nées et de planorbes qui sont des coquilles 
d’étangs et de marais. C’est à M. Bollinat 
que l‘on doit les débris de ces animaux , 
déterrés aux environs d’Argenton , dans le 
département de l’Indre, et à M. Haramer, 
professeur d’histoire naturelle à la faculté 
de Strasbourg , celles de Buchsweiler^ dé- 
partement du Bas- Rhin, 1 e fémur et les co- 
tes , encore incrustrés dans la pierre cal- 
caire que l’on voit dans une boîte vitrée , 
placée au-dessus des armoires, ont été donnés 
par M. Boirot-Desservier , médecin des 
eaux de Néris; ils viennent de Gannat en 

33 


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386 SEPTIÈME PROMENADE. 


Bourbonnais, et sont probablement cl’un 
très grand lophiodon , ainsi qu’un autre Jé- 
mur trouvé en Auvergne et donné par M. 
Lacoste. 

Ap rès ces lophiodons, on voit dans trois 
boîtes vitrées, des dents et autres os de ta- 
pirs gigantesques , trouvés également en 
France: les uns viennent de Chevilly près 
d’Orléans, et ont été donnés par M. Rous- 
seau d’Etampes ; les autres recueillis au 
Carlat-le-Comle, département de l’Arriège, 
parM. Lourde-Seillans , ont été envoyés 
par le baron Mortarieu préfet du dépar- 
tement. Ensuite sont les débris des antra- 
cotheriums découverts dans les 1 i gni tes 
de Cadibona près de Savone. La première 
espèce approchait du rhinocéros pour la 
taille; la seconde était beaucoup moindre, 
le nom que leur a imposé Cuvier pro- 
vient de la substance du milieu de laquelle 
ils ont été tirés ; ils ont été envoyés par M. 
Laffin et parM. Borson de Turin. 

C’est ici que commence la série extrê- 
mement curieuse des ossemens fossiles 
que l’on rencontre dans les carrières à plâ- 
tre des environs de Paris, et que Cu- 
vier a reconnu provenir d'animaux de gen- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 387 

res perdus, et différens de tous ceux que 
l’on conuaît vivant actuellement sur la sur- 
face de la terre. Cette série, contenue dans 
plusieurs armoires, se continue encore 
dans des boîtes vitrées placées au-dessus 
d’elles, on voit d’abord : des têtes ou des 
fragtnens de têtes ou de mâchoires , des di- 
verses espèces de palœotherium y d’ anoplothe- 
rium, d'ad/ipis, et de chéropotame ; ensuite 
les morceaux qui contiennent les os des 
pieds de ces mêmes genres, puis leurs os 
longs , et enfin les os de leur tronc. On doit 
remarquer au-dessus des armoires, des por- 
tions considérables de squelettes d’anoplo - 
therium commune, du palœothcrium magnum 
et du palœothenum minus, encore incrustés 
dans le plâtre qui leur sert de gangue. 

Le squelette de l’anoplo therium commune, 
fut pour Cuvier, le sujet d’un exemple 
de prévision admirable et qui mit dans tout 
son jour, non-seulement le génie du grand 
naturaliste, mais encore l’excellence de la 
méthode par lui inventée ; en effet, en 1 806, 
la découverte d’un squelette presque entier 
que l’on voit au-dessus des armoires, vint 
démontrer la justesse et l’admirable prévi- 
sion avec lesquelles cet illustre anatomiste, 


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388 SEPTIÈME PROMENADE. 

basé sur la loi de la corrélation des formes 
qu’il avait introduite dans l’anatomiecompa- 
rée, avait sur l’inspection de quelques débris 
épars, déterminé la forme générale et les ca- 
ractères distinctifs des animaux auxquels ils 
avaient appartenu. Dans la grande carrière 
de Montmartre, au milieu de la couche dite 
des hauts- piliers , les ouvriers découvrirent 
le squelette presque entier d’un animal de 
la grandeur d’un petit cheval. Ils recueil- 
lirent et apportèrent à Cuvier, cinq 
grosses pierres qui se rapprochaient encore 
par leurs jointures naturelles, et qui com- 
prenaient une grande partie de la queue , 
le bassin, les cotes et les deux tiers du fémur, 
et quelques os épars du pied de derrière ; ils 
apportèrent aussi deux autres pierres qui 
contenaient les deux mâchoires , mais la 
partie qui joignait cette tète au tronc étant 
tombée en petits éclats, ils négligèrent de 
la recueillir. Ce squelette comme celui de 
nos grandes carrières ne conservait les os 
que d’un seul côté, celui sur lequel le ca- 
davre était tombé ; le côté opposé ayant été 
enlevé avant que la pierre à plâtre ait pu 
l’incruster. Il paraît aussi que, pendant 
cet intervalle , une cause quelconque , 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 389 

peut-être des animaux voraces , avait 
fait disparaître l’extrémité antérieure 
et enlevé et rongé une partie de la posté- 
rieure , car il fut aisé de voir , que le bas 
du fémur avait été emporté avant d’être 
incrusté. La même cause avait probable- 
ment détaché la jambe et séparé les os du 
pied. Ce squelette fut confirmé et complété 
par un autre de la même espèce , décou- 
vert à Antony , bourg situé à deux lieues 
au midi de Paris. En 1807 Cadet de Gas- 
sicourt et M. Ducler , alors professeut 
de cosmographie à l’athénée de Paris, 
ayant eu connaissance des os que l’on ve- 
nait de trouver, engagèrent les ouvriers à 
retirer avec soin et voulurent bien remet- 
tre à Cuvier, tous ceux qu’on leur rap- 
porta; d’autres morceaux furent encore en- 
voyés à Cuvier par M. Defrance , babile 
naturaliste. 

Cet animal , anoplotherium commune , était de la 
hauteur d’un ânon, mais ce qui le distinguait le plus 
était son énorme queue , elle lui donnait quelque 
chose de la stature de la loutre, et il est probable qu’il 
se portait comme ce carnassier surtout dans les lieux 
marécageux , mais ce n’était sans doute pas pour y 
pêcher. Comme le rat d’eau , comme l’hippopotame, 
comme tout le genre des sangliers et des rhinocéros 

33 . 


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3gO SEPTIEME PROMENADE. 

notre pachyderme fossile était herbivore ; il allait 
donc chercher les racines et les liges succulentes des 
plantes aquatiques. D’après ses habitudes de nageur 
et de plongeur, il devait avoir le poil lisse, comme 
la loutre, peut-être même la peau était-elle à demi 
nue , comme celles des pachydermes dont nous ve- 
nons de parler. Il n’est pas vraisemblable qu’il ait eu 
de longues oreilles qui l’auraient gêné dans son genre 
de vie aquatique. Il devait, à cet égard, ressembler à 
l’hippopotame et aux autres quadrupèdes qui fré- 
quent beaucoup les eaux. La longueur totale du corps 
était de huit pieds au moins, sur lesquels la queue, à 
elle seule, fournissait cinq pieds et quelques pouces. 

L ’anoplotkerium medium était de la gran- 
deur d’une gazelle; il devait, courir autour 
des marais, ou nageait le premier; sa queue 
était courte, il avait sans doute de grandes 
oreilles, son poil était ras, il devait brou- 
ter les sommités des herbes aromatiques et 
les jeunes pousses des arbrisseaux. 

Le petit anoplotherium ( anoplotherinm 
minus) était grand et proportionné à-peu- 
près comme le lièvre , avec deux doigts ru- 
dimentaires aux côtés des pieds de derrière. 

Les palœotherium dont le nom signifie 
animal antique , tenaient le milieu pour les 
formes entre le tapir et le rhinocéros, et il 
y en avait des espèces, depuis la taille d’un 
cheval jusqu’à celle d’un lièvre. Celle nom- 


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CABINET D’HISTOIRE WÀTURELLE. 3<)I 

mèe P. magnum avait le corps plus trapu que 
le cheval dont elle égalait à-peu-près la 
taille, la tête plus massive, les jambes plus 
grosses et plus courtes. Trois autres sont de 
la taille d’un cochon; une avec des pieds 
étroits et longs; une avec des pieds fort 
larges ; une autre avec des pieds encore plus 
larges et plus courts à proportion. Une 
sixième (/?. minus) de la taille d’un petit 
mouton a été trouvée presque en entier à 
Pantin. Enfin la septième était grande 
comme lin lièvre. 

Lesossemens de ses sept espèces de palæo- 
therium ont été trouvés ensemble à Sanois, 
Montmorency, Triel, et dans un grand 
nombre de localités , avec des portions de 
squelettes de beaucoup d’autres animaux 
mammifères, pachydermes, et aussi avec 
ceux de quelques carnassiers, d’oiseaux, de 
reptiles et de poissons , dont les races éga- 
lement perdues rappellent des animaux 
des eaux douces particuliers aux climats 
plus chauds que le nôtre. 

Ce sont ces ossemens de carnassiers, d’oi- 
seaux , etc. , que l’on voit à la suite , et pour 
ne pas séparer les fossiles de nos carrières 
à plâtre. 


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3p2 SEPTIÈME PROMENADE. 

* 

Viennent ensuite les palœotherium étran- 
gers au sol de Paris , et dont la plupart sont 
des environs d’Orléans. Tous ces débris sont 
surmontés de couches immenses presque 
toutes formées de coquilles marines ; ce qui 
prouve que c’est quelque grande irruption 
de lames qui a détruit ces espèces, aujour- 
d’hui inconnues. 

Après ces os des carrières des environs de 
Paris, se voient les ossemens de ruminons 
et de rongeurs que l’on rencontre, soit dans 
les terrains meubles, soit dans les brèches 
osseuses des bords de la Méditerranée. 

Parmi ceux des terrains meubles, plu- 
sieurs viennent des environs d’Abbeville , 
et ont été recueillis par M. Traullé et par 
M. Bâillon correspondant du Muséum. 
D’autres viennent d’Amérique; parmi ces 
derniers , on doit remarquer le modèle en 
plâtre d’une partie du crâne d’un aurochs qui 
devait être d’une grandeur prodigieuse : 
ce modèle a été envoyé au Muséum par 
M. Peale. C’est ici le lieu de parler des deux 
têtes d’élan gigantesque des tourbières d’Ir- 
lande, que l’on voit au-dessus de chaque 
porte de cette salle ; l’une a été don- 
née par l’administration du Muséum bri- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 

tannique, l’autre par M. le colonel Thor- 
ton , et de la tête d’un grand bœuf placée 
au-dessus des dernières armoires , et qui’ a 
été trouvée dans les tourbières d’Arpajon , 
et donnée par M. Dumanoir. 

On remarquera comme un fait très cu- 
rieux, que les brèches osseuses de Gibraltar, 
de Celle, de Nice, de Corse, de Pise, de 
Naples , de Romagnano dans Vicentin , 
de Dalmatie, de l’île de Cerigo, contien- 
nent toutes les mômes ossemens et ont tou- 
tes le même aspect; ce qui fait présumer, 
qu’elles ont été formées en même temps et 
de la même manière , quoiqu’à de grandes 
distances l’une de l’autre. 

Ces brèches osseuses sont constituées par un ci- 
ment rouge et dur, qui enveloppe des fragmens de 
rocher et des cqquilies d’eau douce avec beaucoup 
d’os de quadrupèdes la plupart fracturés. Ces os of- 
frent quelquefois des caractères suffisans pour prouver 
qu’ils viennent d’animaux inconnus, au moins en 
Europe. On y trouve, par exemple, quatre espèces 
de cerfs, dont trois ont à leurs dents des caractères 
qui ne s’observent que dans les cerfs de l’Archipel 
Indien. 

Plus loin sont les ossemens fossiles des carm 
nassiers que l’on rencontre gisant par terre , 
etrecouverts quelquefois seulement par une 



SEPTIÈME PROMENADE. 

* 

couche mince de stalactites, dans les ca- 
vernes d’Allemagne , de Hongrie et d’An- 
gleterre. Ces os sont pour la plupart du 
genre ours , et on peut remarquer que l’es- 
pèce était, plus grande que celles vivant 
actuellement ; les autres carnassiers de ces 
cavernes sont moins nombreux et appar- 
tiennent aux genres chat , hyène , loup , etc. 

On voit aussi près de ces os, deux canines 
de tigre trouvées l’une à Paris en creusant 
un puits, et données par M. de Bourienne 
et l’autre à Abbeville , envoyée par M. 
Bâillon. Ce qui démontre qu’au temps où 
les éléphans et les rhinocéros habitaient 
nos contrées, les grandes espèces de carnas- 
siers qui empêchent leur trop rapide pro- 
pagation, y vivaient également, comme 
aujourd’hui les tigres et les lions accom- 
pagnent ces énormes animaux , en Asie et 
Afrique. ' > 

Viennent ensuite, les modèles en plâtre 
de divers os des extrémités de ce grand ani- 
mal y du genre des paresseux que l’on 
trouve en Amérique, dans des cavernes de 
la Virginie, analogues à celle d’Allemagne 
et auquel M. Jefferson qui l’a fait con- 
naître le premier a imposé le nom du mè - 


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CA.BINET DHISTOIRE NATURELLE. 

* 

galonix. On les doit àM. Pealede Philadel- 
phie. 

Cet animal, dont la découverte date de 1797, fut 
pris d’abord , à cause deses>>ngles longs et trancha ns, 
pour un carnassier, mais Cuvier flt voir que le méga- 
îonix se rapprochait plutôt des paresseux et donna 
pour preuve de cette présomption , non-seulement les 
formes et les rapports des divers os des membres , 
mais encore une dent qui lui a présenté une'sorte 
de cylindre d’émail dont la couronne était creusée 
dans son milieu. Dans cette hypothèse, le mégalunix 
aurait été un herbivore, mais dont une taille aussi 
considérable que celle d’un bœuf s’opposait proba- 
blement à ce que, comme les espèces de ce genre, 
il montât fréquemment aux arbres. 

Puis, sont des ossemens de lamantins at de 
phoques , trouvés presque tous dans le dé- 
partement de Maine-et-Loire et dus à 
M. Renou. Plusieurs viennent de Hle 
d’Aix, et ont été donnés par M. Fleuriau 
de Bellevue. 

Plus loin, on voit des os de cétacés, re- 
cueillis en divers endroits. Les morceaux 
les plus remarquables sont: i° une tête 
ctitne petite espèce de baleine qui paraît dif- 
férer beaucoup de celles qui existent actuel- 
lement et qui a été trouvée sur la plage de 
Sos, département des Bouches- du- Rhône : 
onia doit à M. Raimond-Gorse, ingénieur 


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396 SEPTIÈME PROMENADE. 

des ponts-et-chaussées. 2 0 Une autre petite 
tête de baleine , différente de la précédente 
et déterrée dans les fouilles faites pour le 
bassin d’Anvers et qui fut envoyée par 
M. le comte Dejean , alors sénateur. 3° Un 
énorme radius de baleine , ou de cachalot ± 
trouvé en creusant le canal de Caen , et 
envoyé par M. Roussel. Plusieurs des ver - 
tèbres ont été recueillies dans le bassin 
d’Anvers et données par M. Lechanteur et 
M. Ducos ; celle qui se fait remarquer par 
le plus grand diamètre a été trouvée à 
Paris en creusant les fondations d’une mai- 
son : on la doit à M. de Férussac. 

En finissant la description des mammi- 
fères fossiles, nous ferons remarquer un 
squelette humaine , placé au-dessus des ar- 
moires voisines des fenêtres de droite. 

Ce squelette provient de la Guadeloupe et a été 
retiré d’une roche formée de parcelles de madrépores , 
rejetées par la mer et unies par un suc calcaire. 
•M. Moreau de Jonnès, cité par Cuvier, pense que les 
cadavres de la plage du Moule à la Guadeloupe, pro- 
viennent de personnes noyées. Ils furent découverts 
en i8o5 par M. Manuel Cortès y Campomanès, alors 
officier d’état-major de service dans la colonie; le gé- 
néral Ernouf , gouverneur , en fit extraire un auquel 
il manquait la tête , presque toutes les extrémités su- 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 3 QJ 

périeures. Tombé au pouvoir de lord Cochrane lors 
de la prise de l’ile, il fut envoyé en Angleterre et . 
déposé au Musée britannique, où M. Cuvier le vit 
en x 8 x 8. Plus nouvellement, M. le général Douzelot 
a fait extraire celui que l’ou voit ici; il a les genoux 
reployés; il reste quelque pen de la mâchoire supé- 
rieure, la moitié gauche de l’inférieure , presque tout 
un côté du tronc et du bassin , et une grande partie 
de l’extrémité supérieure et de l’extrémité inférieure 
gauches. On voit enfouies avec lui des coquilles de la 
mer voisine , et des coquilles terrestres qui vivent 
encore aujourd’hui dans l’ile , nommément le bu/imiis 
Guadalupensis. 

Ici se terminent les mammifères; lasérie 
des autres vertébrés commence par quel- 
ques ossemens d’oiscaux trouvés clans les 
carrières de pierre calcaire de Chaptuzat 
et de Gannat,dus, les uns, à M. le comte de 
Chabrol, préfet de la Seine, et les autres à 
M. Boirot, médecin. Plus loin , on voit les 
ossemens de tortues que l’on rencontre dans 
les carrières de calcaire de Maëstricht, une 
partie est due à M. Faujas, ancien profes- 
seur degéologieau Muséum, et l’autre a été 
acquise à la vente de son cabinet. 

Viennent ensuite des vertèbres de diffé- 
rentes espèces de crocodiles que l’on trouve 
dans les roches des bords de la Manche ap- 
pelées vaches-noires et qui appartiennent à 

34 ' 


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398 SEPTIÈME PROMENADE. 

des espèces à museau étroit, semblables à* 
peu-près au crocodile du Gange , enfin des 
débris du grand animal de Maastricht , de- 
venu célèbre par les recherches de Cam- 
per et par les figures, que Faugas a données 
de ses os dans son histoire de la montagne 
St-Pierre. Ce lézard était long de 25 pieds, 
ses grandes mâchoires étaient armées de 
dents très fortes, coniques, sa queue haute 
et plate formait une large rame. 

A la suite de ces ossemens, nous remar- 
querons les restes de reptiles tellement gi- 
gantesques, que leurs dimensions surpas- 
sent tout ce que la zone torride nous offre 
maintenant de plus développé, et dont les 
autres nous présentent des formes si diffé- 
rentes de ce que nous voyons autour de 
nous, que si des squelettes presque entiers 
n’étaient venus confirmer les prévisions 
des anatomistes, on croirait encore que des 
imaginations malades pouvaient seules con- 
cevoir l’existence de semblables êtres. Ce 
sont d’abord : le mégalausaurc , 

Ainsi nommé ajuste titre; car il a les formes 
des lézards et particulièrement des monitors. Il était 
d'une taille si énorme, qu’enjui supposant les pro- 
portions des monitors , il devait passer soixaulc-dix 


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CABINET DH1STOIBE NATURELLE. 899 

pieds de longueur ; c’était un lézard grand comme une 
baleine, M. Buckland l’a découvert en Angleterre , 
mais la France en possède ainsi que l’Allemagne. 

Ensuite vient le plésiosaure (voyez page 
i36); puis l’ ichtyosaure découvert par M.- 
Everard Home. 

Il a la tète d’un lézard, mais prolongée en un museau 
effilé , armé de dents coniques et pointues ; d’énormes 
yeux dont la sclérotique est renforcée d’un cadre de 
pièces osseuses ; une épine dorsale composée de ver- 
tèbres plates comme des daines à jouer et- concaves 
par leurs deux faces , comme celles des poissons ; des 
côtes grêles , un sternum et des os d’épaule sembla» 
Lies à ceux des lézards et des ornithorynques , un 
bassin petit et faible, et quatre membres dont les 
Lumérus et les fémurs sont courts et gros, et dont 
les autres os aplatis et rapprochés les uns des autres 
comme dos pavés , composent , enveloppés de la peau, 
des nageoires d’une pièce, à-peu-près sans inflexion, 
analogues en un mot, pour l’usage comme pour l’or- 
ganisation, à celles des cétacés. Ce reptile vivait 
dans la mer; à terre il' ne pouvait tout au plus 
que ramper à la manière des phoques; toutefois, il 
respirait l’air élastique. 

La plupart des morceaux qui appartien- 
nent aux genres que nous venons, à cause 
de leur imporiance, de décrire avec détail ' 
ont été acquis à. Londres, à la vente de M. 
Bulioch. Quelques-uns ont été donnés par 
M. Buckland. 


1 


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4ûO SEPTIÈME PROMENADE. 

Enfin , dans deux petites boîtes vitrées, 
sont des modèles en plâtre des reptiles volans } 
appelés par M. Cuvier ptérodactyles et que 
l’on n’a encore trouvés que dans les carrières 
d’Aichslaedt, et qui tenaient parmi les rep- 
tiles la place que les chauves-souris occu- 
pent parmi les mammifères : ils ont été en- 
voyés de Munich par M. Sœmmering. 

Les ptérodactyles sont des reptiles à queue très cour- 
te, à cou très long , à museau fort allongé et armé de 
dents aiguës. Ils sont portés sur de hautes jambes et 
leur extrémité antérieure a un doigt excessivement 
allongé qui était vraisemblablement muni d’une mem- 
brane propre à les soutenir en l’air. Il est accompagné de 
quatre autres doigts de dimension oïdinaire terminés 
par des oncles crochus. L’un de ces animaux, dont l’as- 
pect serait effrayant si on le voyait aujourd’hui, pouvait 
être de la taille d’une grive, l’autre de celle d’une 
chauve-souris commune; mais il paraît, par quelques 
fragmens , qu’il en existait des espèces plus grandes. 

La collection de poissons fossiles occupe 
toutes les armoires qui sont situées con- 
tre les croisées. Ils sont rangés d’après l’an- 
cienneté des terrains auxquels leur gise- 
ment se rapporte. On remarquera d’a- 
bord : i° plusieurs poissons fossiles des 
schistes - ardoises intermédiaires du Plat- 
tenberg , dans les environs de Glaris en 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 4 01 

Suisse. Ce sont les plus anciens vestiges de 
cette classe que l’on ait encore découverts. 

2 ° Plusieurs poissons dont le squelette 
est rempli de mercure sulfuré. Ils provien- 
nent des grès houillers qui renferment les 
mines de mercure du Palatinat. 

3° Des iclhyolith.es des mines de Saar- 
brück. Leur gangue est formée de ce fer 
carbonalé compacte argilifère qu’on ex- 
ploite dans le pays de Saarbriick et surtout 
en Angleterre pour le service des hauts 
fourneaux. 

5° Quelques poissons d’un gros volume , 
découverts en France dans le calcaire à 
gryphites; on remarquera une espèce d’o- 
lops venant de Grammont , près de Beaune 
et une espèce de carpe envoyée d’Elbe, 
département de l’Aveyron. 

6° ,Des dents de squales (requins); des 
portions de palais de raies provenant des 
terrains de craie. 

7 ° Des empreintes diverses venant d’Aich- 
staedt en Francouie, du Mont-Liban en 
Syrie, et des terrains tertiaires des envi- 
rons de Paris. 

8° Des empreintes sur un bitume feuilleté 
qu’on nomme dusodile. Elles ont été don- 

, 34. 



402 SEPTIÈME PROMEIîADE. 

néespar M.de Humboldt, et ont été recueil- 
lies près de Rott à 3 lieues de Bonn , sur la 
rive droite du Rhin. 

9° La suite magnifique des poissons fos- 
siles de Monte-Bolca rassemblée par les soins 
de M. le comte Gazola, de qui le gouver- 
nement l'acquit pour le Muséum, en 1798 : 
elle est composée de plus de 4oo individus, 
parmi lesquels on compte un grand nom- 
bre d’espèces différentes. 

Les meubles qui sont placés au milieu de 
la salle renferment la collection des ter- 
rains destinée à représenter la structure de 
la croûte solide du globe, telle que les 
connaissances actuelles nous permettent 
de la concevoir. Elle ne date que de 1821. 
L’espace ayant manqué pour la développer, 
il a fallu la /enfermer dans des tiroirs, et 
se contenter de placer dans les cages vitrées 
qui couvrent les deux meubles, un petit 
nombre d’échantillons d’un gros volume^ 
et dont la réunion peut être considérée 
comme une table des matières indiquant 
les objets qui sont au-dessous, et qu’on ne 
peut pas voir habituellement, (i) 

( 1 ) lie nombre fies échantillons placés dans les ti- 
roirs s’élève à pL«e de 5o,ooo. 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 4<>3 

Les terrains, ou en d’autres termes les 
différentes tranches qui par leur superposi- 
tion constituent la croûte solide de la terre, 
figurent, dans les collections dont il s’agit, 
dans l’ordre que leur assigne leur ancien- 
neté relative : chacun d’eux est représenté 
par sa roche dominante , et par ses princi- 
pales roches subordonnées, auxquelles on 
a réuni quelques-uns des débris organi- 
ques fossiles les plus abondans et les plus 
remarquables, lorsque le terrain en ren- 
ferme. On a ensuite placé à la suite de cha- 
que roche susceptible de contenir des 
débris organiques, tous les individus de 
végétaux , d’animaux articulés et de mol- 
lusques fossiles, qui étaient trop petits pour 
figurer avec avantage sur les tablettes des 
armoires de la salle d’entrée. Enfin on n’a 
pas négligé de compléter le tableau de cha- 
que terrain, en ajoutant à ceux qui en 
étaient susceptibles, les échantillons de 
filons métallifères ou stériles qu'on y ren- 
contre le plus fréquemment. 

On voit d’abord : les matériaux des ter- 
rains primitifs ; ensuite ceux des terrains 
intermédiaires ; des terrains secondaires ; des 
terrains tertiaires ; enfin les matériaux et les 


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4°4 SEPTIÈME PROMENADE. 

débris fossiles du grand attêrissement dilu- 
vien; puis les terrains d! alluvion modernes 
qui se forment tous les jours sous nos yeux. 

Une belle masse de fer météorique se voit 
à l’extrémité de ce meuble. 

Dans les armoires situées en face de cel- 
les qui renferment les débris de reptiles et 
de cette masse de fer météorique, est une 
collection des terrains des environs de Paris , 
avec les différons corps organisés fossiles 
qu’oii y rencontre. 

TROISIÈME SALLE. 

Cette salle, nommée salle des roches , est 
surtout destinée à contenir une collection 
méthodique des roches classées d’après leur 
composition et leur contexture. 

Cette collection est aujourd’hui rangée 
d’après la méthode de M. Cordier, ainsi 
qu’il suit : 

i re Famille : roches feldspalhiques aux- 
quelles appartiennent \e granité dont la du- 
reté brave la main du temps, et transmet à 
tous les âges l’histoire et les mœurs de l’an- 
tique Egypte, et l’éclatante syènite, dont ont 
été taillés : la colonne de Pompée , les ai- 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 4 O 5 

guilîes d’Alexandrie et l’obélisque de Louq- 
sor. (1) 

2 e Famille : roches pyroxcniqu.es qui four- 
nissent les dalles avec lesquelles on pave 
nos trottoirs. 

3 e Famille : roches amphiholiques . 

4 c Famille : roches épidotiques . 

5 e Famille : roches grenatiques . 

6 e Famille : roches hyper sthéniques . 

7* Famille : roches diallagiques . 

8 e Famille : roches talqueuses; renfermant 
les ardoises et le talc ollaire qui sert à la 
fabrication de dilférens vases pour les usa- 
ges domestiques. 

9 e Famille : roches micacées. 

io e Famille : roches quarzeuses , fournis- 
sant la pierre de touche , dont se servent les 
bijoutiers. 

11 e Famille : roches vitreuses; renfermant 
toutes les laves et le kaolin employé dans 
la fabrication de la porcelaine. 

12 e Famille : roches argileuses. 

i 3 c Famille : roches calcaires , fournis- 

(i) Un chambranle de cheminée en syénite a été 
payé jusqu’à m,ooo francs; à ce prix l’obélisque de 
Louqsor, abstraction faite de son importance histo- 
rique , serait encore d’une valeur immense. 


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40 6 SEPTIÈME PEOMEHA.DE. 

sant les différens marbres , la pierre litho- 
graphique, etc. 

i4 c Famille : roches gypseuscs ; fournis- 
sant la pierre à plâtre de Montmartre, etc. 

1 5 e Famille : roches à base de sous- suif ale 
d’alumine, 

16 e Famille ; roches à base de sous-car- 
bonate de soude. 

17 e Famille ; roches à base de muriatc de 
soude, renfermant le set gemme. 

18 e Famille : roches à base de carbonate 
de fer ; donnant presque tout le fer qu’on 
exploite. 

19% 20c, 21 e , 22 e , 23 e , 24 e familles : ro- 
ches à base de soufre. 

2 5 e , 26 e , 27 e , 28% 29% 3o e familles : ro- 
ches infiammables , renfermant la houille , 
la lignite , la tourbe , etc. 

32 e Famille : roches météoriques ou pierres 
tombées du ciel . 

33 e Famille : roches amoncelées ; roches 
à filons ; roches des grottes et des cavernes. 

Enfin , au bas de l’armoire qui est entre 
les croisées et qui renferme la 33e famille, 
se trouvent les différentes eaux minérales. 

On remarquera , avant de sortir de cette 
salle , dans les armoires de gauche : quatre 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 407 

grands vases en lave du Vésuve ; une grande 
et belle coupe en cristal de roche limpide; 
un grand plat en serpentine et un miroir 
en obsidienne noire : ce miroir est analogue 
a ceux dont se servaient les Péruviens avant 
la conquête par les Espagnols. 

On voit aussi : diverses coupes en agathe, 
en calcédoine , et en jaspe de différentes 
couleurs; une coupe en cristal de roche 
limpide; une autre en fluale de chaux vio- 
lot; deux autres en jade verdâtre; un vase 
en jade de même couleur; enfin un petit 
vase en lapis-lazuli ; une colonnade en 
' améthyste ; de petites coupes en agathe , 
en chrysoprase et plusieurs pierres fines 
taillées, telles que diamans, rubis d’Orient 
ou corindon rouge, saphir d’Orient ou co- 
rindon bleu, etc., etc. On remarquera 
aussi de grandes plaques de marbre ruini- 
forme de Florence ; différens casse-têtes 
de sauvages ; une coupe en jaspe rouge 
et une grande cuiller en jade verdâtre qui 
est un morceau fort précieux. 


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4o8 HUITIÈME PROMENADE, 


Ijttitimc fJronrntaîrr. 


CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 

COLLECTIONS DE MINÉRALOGIE . 

(Professeur M. Bsokcxiaht; Conservateur M. Kiexee.) 

La nombreuse collection |de minéralogie 
est renfermée dans les deux salles qui précè- 
dent celles des poissons ; la première série 
renferme les deux premières classes de mi- 
néraux, les sels et les pierres; nous commen- 
cerons par les armoires qui sont à droite en 
suivant l’ordre des numéros. La série des 
espèces nous offre en premier lieu, les sub- 
stances calcaires, c’est-à-dire celles qui con- 
tiennent une quantité plus ou moins consi- 
dérable de chaux. A leur tète est le calcaire 
spathique , dont les nombreuses modifica- 
tions occupent presque en entier les cinq 
premières armoires. 


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CABINET D'HISTOIRE NATURELLE. 4®9 

Bans la i re armoire, les regards sont 
attirés par un gros cristal transparent 
nommé spath d* Islande , qui a la propriété 
de faire paraître doubles les objets qu’on 
regarde à travers; on a placé derrière lui 
un papier sur lequel est son nom que l’on 
voit double , comme s’il avait été écrit une 
seconde fois au dessous de lui-même. 

Dans la 4 e armoire, on voit la série 
des corps irréguliers, parmi lesquels nous 
distinguerons: 

Le calcaire carbonate fibreux, dont le fond est satiné 
et présente des reflets ondés, analogues à ceux des 
étoffes moirées ; la variété lamellaire } connue sous le 
nom de marbre de Paros ; la variété saccharoïde dont 
on voit ici deux échantillons des mines de Carrare ; la 
variété pulvérulente vulgairement farine fossile; la 
pierre lithographique découverte il y a quelques années 
à Châteanroux, département de l’Indre ; enfin la chaux 
carbonatée se termine par les concrétions résultant de 
l’infiltration d’un liquide chargé de particules calcaires 
à travers les voûtes des cavités souterraines; ce li- 
quide en suintant de la voûte y forme des masses 
pendantes, comme des glaçons, que l'on nomme sta- 
lactites. Lorsqu’il est assez abondant pour que les 
gouttes tombent jusqu’à terre , la matière calcaire s’y 
accumule en pyramidôs qu’ou nomme stalagmites. 
Ces stalagmites peuvent dans quelques circonstances 
rencontrer les stalactites, et alors il se forme de belles 
colonnes d’albâtre , comme on en voit dans la grotte 
d’Auxelle, département du Doubs, d’ou l’on a tiré la 

35 


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HUITIEME PROMENADE. 


4lO 

magniGquc stalactite qui est placée entre le9 deux 
croisées. Quelquefois le liquide dépose les particules 
qu’il tient suspendues à la surface de différons corps 
organiques , et les revêt d’une enveloppe pierreuse , 
sous laquelle ils conservent les traits principaux qui les 
caractérisent. C’est cette variété de chaux carbonatée 
nommée concrétionnée incrustante, qui nous présente 
ces branchages, ces nids d’oiseaux, que l’on a placés 
dans le bas de la cinquième armoire. On voit à côté 
d’eux une incrustation d’un blanc de lait , offrant le 
portrait de Galilée , et qui provient des bains de 
Saint-Philippe en Toscane. 

En reportant les yeux sur le gradin d’étude , nous 
remarquerons la variété nommée quarzifère inverse, 
que l’on nomme vulgairement grès cristallisé de Fon- 
tainebleau , mais tjuî n’est en réalité qu’une chaux 
carbonatée, mélangée de particules sablonneuses. Ces 
cristaux forment souveut des groupes d’un volume 
très considérable , tels que nous eu voyous sur les ta- 
blettes de cette armoire. 

La chaux carbonatée bituminifère , c’csl-à-dire 
mêlée deintume, est celle qui fournit les marbres 
appelés marbre noir de Binant, de Namur et que 
l’on emploie pour le carrelage des églises. Dans la 
sixième armoire est une autre espèce , nommée arra- 
gonitc, dont on voit dans le bas un bloc considérable. 
La plus remarquable de ces variétés est celle qui est 
désignée sous le nom de coralloïde et dont la blan- 
cheur égale souvent celle de la neige; c’est une stalac- 
tite dont les rameaux contournés s’entrelacent et qui 
était connue anciennement sous la dénomination im- 
propre de fias ferri On en voit de très beaux grou- 
pes venant d’Eisenerz en Styrie. 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 4*1 

Armoires 7 et 8. 

La troisième espèce est la chaux phos- 
phatée y on distinguera dans la 7 e 
armoire, la variété terreuse, venant de 
FEs tram ad ure , où elle est employée dans 
la construction , et dont la poussière proje- 
tée sur un charbon ardent, répand unebelle 
lueur pliosphorique. On voit ensuite, dans 
la 8 e armoire, la chaux fluatéc, sub- 
stance généralement connue dans les arts, 
sous le nom de spath fluor, et . qui est re- 
marquable par la diversité des teintes dont 
les cristaux sont ornés ; les plus beaux 
échantillons proviennent du Derbyshire 
et du Northurnberland. 

Armoire 9. 

La chaux sulfatée, que l’on voit dans l’ar- 
moire 9 e est le minéral appelé vulgaire- 
ment gypse ou pierre à plâtre ; la variété 
nommée lenticulaire peut-se laisser divi- 
ser en larmes transparentes appelées pier- 
res spéculaires ou miroirs d'ânes. Le tem- 
ple de la Fortune, au rapport de Pline, 
était bâti de cette pierre et privé de fenê- 
tres; la lumière parvenait* à travers les 


4b 


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HUITIEME PROMENADE. 


4 12 

murs. On l’emploie pour faire des statues 
et des vases d’ornement. 

Armoires 10 ei 11. 

La io e armoire renferme la chaux 
ankydro- sulfatée , qui ne nous offre qu’une 
variété remarquable, la lamellaire d’un 
bleu céleste , qui porte le nom de marbre 
de Wurtemberg ; on en voit une belle pla- 
que polie donnée au Muséum par S. M. le 
roi de Wurtemberg. 

La chaux nitratée ou alunite est cette 
matière qui se forme journellement sur les 
parois des murs humides , et qu’on obtient 
en lessivant les vieux plâtres pour la fa- 
brication du salpêlre. 

Enfin la chaux arséniatee , dont le nom in- 
dique la présence de l’arsenic est appelée 
pharmacolithe , c’est-à-dire pierre em- 
poisonnée. 

Armoires 12 et 13. 

La baryte sulfatée , qui occupe à elle seu- 
le, les armoires 12 et i3, est après la chaux 
carbonatée , l’espcce la plus abondante en 
formes régulières ; on en voit un assez grand 
nombre, dont la plupart viennent des dé- 
partemeus du Puy-de-Dôme et du Cantal. 

La baryte catbonaléc , qui occupe la 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 4*3 

i3 e armoire, se trouve principalement 
en Angleterre. C’est un poison pour les 
animaux : on la connaît sous le nom de 
pierre contre les rats. 

Armoires 14 et 15. 

Les 14 e et i5 e armoires contiennent la 
strontiane sulfatée et la strontianc carbona- 
tèc , cjui n’offrent d’intérêt qu’aux minéra- 
logistes. 

La magnésie su fatée qui suit, est employée 
dans la médecine comme purgatif’; elle 
a été désignée sous le nom de sel amer , sel 
d’Ep som , sel de Sedlitz , etc. La magnésie bo - 
ratée , qui vient après, est remarquable par- 
ce que les cristaux ont la propriété d’acqué- 
r*ir la vertu électrique, lorsqu’on les sou- 
met à l’action de la chaleur. 

Vient ensuite la soude muriatêe . 

Une quantité considérable de soude muriatêe est 
lenueen dissolution par les eaux de la mer et de cer- 
tains lacs , dont en l’extrait par -l’évaporation : on lui 
donne alors le nom de sel marin; mais il ne diffère 
point du sel gemme que l’on trouve à l’ctat de cristaux 
dans la nature. 

La soude boratée qu’on voit après est la 
substance appelée communément borax ou 
lin/cal , qui arrive des Indes-Orientales par 

3 $. 


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4 14 HUITIÈME PROMENADE, 

le commerce , et qu’on purifie avant de 
l’employer dans les arls, où elle sert pour 
les soudures de métaux , et l’application de 
l’or sur les bijoux. 

La soude carbonatée a été connue ancien- 
nement sous le nom de natron , et s’obte- 
nait par l’évaporation des eaux de certains 
fleuves ou lacs , surtout en Egypte , où elle 
existe en grande abondance. 

U ammoniaque mûri at ce , que l’on voit à 
la suite, est plus connue sous le nom d esel 
ammoniac ; on la trouve parmi les produits 
des volcans. On l’extrait aussi des ma- 
tières animales en putréfaction, et on l’em- 
ploie dans les arts pour l’étamage et la sou- 
dure des métaux. 

Enfin sous la dénomination d'alumine 
sulfatée alcaline, se trouve ici V alun si uti- 
le dans les arts. 

Armoire 16. 

Dans la 16 e armoire est la silice fluatce 
alumineuse , ou la substance appelée 
communément topaze , 

La potasse nitratée , qui se trouve dans 
cette même armoire , est ce sel appelé nitre 
ou salpêtre , que l’on emploie daus la fabri- 
cation de la poudre à tirer. 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 4*^ 

A la suite de la potasse nitratée , vien- 
nent des espèces qui ont pour base la sou- 
de, et dont la pins importante est la soude 
muriatée ou sel commun , si connu pour ses 
usages dans l'économie domestique. 

Au bas de l’armoire on aperçoit un bel échantil- 
lon de soude muriatée limpide provenant de la célè- 
bre mine de YVieliczka, en Pologne, (i) 

(i) «Ces mines sont vraiment étonnantes par leur 
immensité. On les exploite depuis 1201 : elles donnent 
chaque année 100,000 quintaux de sel, et cependant 
on n’a pu déterminer encore les dimensions de l’énorme 
masse de ce minéral où elles sont creusées. Elles ont 
quatre étages; l«*::r plus grande profondeur est de 900 
pieds, et leur étendue liorizontalc de plus de trois 
lieues on difiéreus seus. O11 a creusé quelques édifices 
dans les parois des galeries, et leurs ornemens sont en 
sel comme leurs murailles. Ainsi, le premier étage qui 
est à deux cents pieds sous terre, offre trois chapelles 
où l’on dit la messe à certaines époques et dont les 
statues et les autels sont ensel, et un bureau nommé 
chancellerie , où les tables et les sièges sont de la 
même mu'ière. Les ouvriers «c sont aussi pratiqué on 
différens endroits des cases fermées de portes de bois, 
pour y serrer leurs outils , et c’est do ces petites cham- 
bres que l’imagination un peu exaltée des voyageurs a 
fait des maisons et une ville. On a dit aossi qu'il existe 
des familles entières qui n’ont jamais vu le jour, un 
tribunal de justice, des prêtres, etc.; ce sont dos exa- 
gérations ridicules : les ouvriers entrent dans la mioe 
le matin et en sortent le soir; mais les chevaux, une 
fois descendu^, restent jusqu'à ce qu’ils soient hors 
de service ; leurs écuries sont creusées dans le sel, «t 
l’on a remarqué qu’ils y perdent la vue de fort bonne 
heure.» (G. Cdyieti.} 


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4l6 HUITIÈME PROMENADE. 


Armoires 17 , 18 ei 19. 

Ici commence la seconde classe des mi- 
néraux, celle des pierres ou des substances 
terreuses. Leurs produits sont générale- 
ment remarquables , par la beauté de leurs 
couleurs et la variété de leurs reflets. En pre- 
mier se présente le quarz une des espèces les 
plus répandues dans la nature, et dont les 
modifications sont les plus nombreuses et 
les plus diversifiées. 

La première variété qui est trauspareu te et cristal- 
lisée , est généralement conuue sous le nom de cristal 
de roche. On en voit de beaux échantillons dans cette 
armoire et dans celles qui l’avoisinent. La forme la 
plus commune de ces cristaux , est celle d’un solide 
à six pans, terminés par deux pyramides à six faces. 
Le Muséum possède un fragment d’une pareil cristal , 
qui pèse plus de huit cents livres. C’est celui qu’on 
voit près de la fenêtre dans la deuxième salle; il a 
été apporté du Valais. Cette substance n’est pas tou- 
jours limpide comme dans les cristaux que nous ve- 
nons d’observer; elle est souvent colorée par d’autres 
matières qui ne lui enlèvent pas entièrement sa trans- 
parence et elle reçoit des noms particuliers. A la suite 
du quarz hyalin incolore, ou voit le cristal de roche 
' violet , nommé vulgairement améthyste, le cristal rose 
ou rubis de Bohême; le quarz hyalin bleu; le quarz 
hyalin jaune , ou topaze d'Inde ; le quarz hyalin 
hemathoide , d’un rouge sombre, ou l'hyacinthe de 
Compostelle. 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 

Armoires 20 et 21. 

Ici commence la série des échantillons 
qui présentent le matière du quarz ou du 
cristal de roche diversement modifiée : on 
leur donne en général de nom d 'agalhes. 

On remarque : la calcédoine , qui est d’un blanc lai- 
teux , avec une transparence nébuleuse; la cornaline 
d’un rouge-cerise; la saphirine , d’un bleu ten- 
dre , etc. 

Armoire 22. 

Dans cette armoire on doit remarquer : 
le quarz- ré sinite opalin , ou opale ordinaire , 
qui est si recherché , tant pour la beauté 
que pour la diversité de ses couleurs ; les 
variétés de jaspes , qui reçoivent, comme 
les agathes , des dénominations variées , 
en raison de leurs teintes. 

On voit dans cette meme armoire plu- 
sieurs échantillons de quarz-pseudomorphi - 
que xyloide , ou vulgairement bois pétrifié. 
On remarquera au bas de l’armoire un 
magnifique tronçon originaire du bois de 
palmier. 

Armoire 23. 

Les substances qui viennent à la suite 
du quarz, sont celles qui fournissent les 


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4l8 HUITIÈME PROMENADE. 

, pierres les plus rares après le diamant, 
et les plus recherchées pour leur éclat et 
pour leur dureté : la première est le zircon, 
dont le gradin d’étude offre une belle série 
de cristaux. 

Les pierres précieuses, dont ce minéral fournit la 
matière sont : le jargon de Ceylan, qui est d’un jaune 
verdâtre ou d’un jaune souci , et l'hyacinthe, d’un 
rouge ponceau mêlé de brun. 

Dans cette armoire se trouve aussi le 
corindon , qui, de toutes les espèces miné- 
rales, est la plus féconde en piepes pré- 
cieuses. ' 

Les lapidaires donnent aux variétés de' cette sub- 
stance les noms de rubis, topaze et de saphir d’ Orient. 

Armoire 24. 


Ici se trouve V émeraude , substance très 
recherchée comme objet d’ornement. 

Les pierres les plus précieuses de cette espèce sont: 
Y émeraude dite du Pérou, et le béryl ou aigue-ma- 
rine ; l’émeraude du Pérou est très estimée : elle est 
d’un vert pur et foncé. Le béryl est bleu-verdâtre. 

On voit , 'au-dessous du gradin, de longs cristaux 
eylindroïdes qui se rapportent à cette variété , et qui 
viennent de Sibérie. On trouve en France des éme- 
raudes opaques, d’un volume considérable, mais qui 
n’ont aucun prix aux yeux des amateurs : tel est cet 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. /[IC) 

énorme cristal, placé dans l’armoire du bas , et qui a 
été tiré de la colline de Barat , près de Limoges. 

A la suite de l’émeraude vient la cor- 
dicrite , dans laquelle le saphir d'eau des 
lapidaires est compris. La première descrip- 
tion exacte de cette substance est due à M. 
Cordier, auquel on l’a dédiée. 

Le grenal est dans cette môme armoire ; 
il fournit au commerce différentes pierres 
précieuses, savoir : le grenat syrien , qui est 
d’un rouge mêlé de violet ; le^ grenal de 
Bohême, d’un rouge vineux, môle d’orangé, 
et la vermeille , dont la couleur est le 
rouge ponceau. 

' Armoires 25 et 26. 

Les substances qui sont dans cette ar- 
moire étant très peu connues, et n’étant 
pas en usage dans les arts, nous passons à 
la 26 e armoire qui renferme le feldspath. 

Il présente de belles variétés, au nombre desquelles 
est la pierre de Labrador, ou feldspath opalin , dont 
les reflets sont irisés et peuvent être comparés à ceux 
qui ornent les ailes des plus beaux papillons ; la pierre 
de lune , ou le feldspath nacré , qui présente un fond 
blanchâtre, d’un beau bleu céleste; Va vent urine , 
parsemée de points jaunâtres sur un fond incarnat , 
ou de points blanchâtres sur un fond vert ; la pierre 
des Amazones, ou feldspath vert, dont la surface of- 


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420 HUITIÈME PROMENADE. 

fre,sous certains aspects, des reflets satinés , et enfin 
le kaolin ou feldspath décomposé , qui est d’un grand 
usage pour la fabrication de la porcelaine. 

lu amphibole ei 1 epyroxcne, dont les nom- 
breuses modifications garnissent cette ar- 
moire, n’offrent d’intérêt qu’aux minéralo- 
gistes. 

Armoire 29, 

La 29 e armoire contient la lazulite , plus 
connue sous le nom de lapis lazuli ou sim- 
plement lapis. 

Cèlui qui est d’un bleu pourpré est recherché par 
les artistes, qui le travaillent en forme de plaques. On 
en extrait aussi cette belle couleur nommée bleu 
d'ontre-mev , qui produit de si grands effets sur la 
toile, et qui est peu susceptible d’altération. 

Armoire 30. 

Celte armoire renferme le mica dont on 
voit de grandes lames dans le bas ; il a été 
nommé verre de Moscovie, parce qu’on l’em- 
ploie en Russie au lieu de verre pour 
garnir les fenêtres. A côté du mica est l’as- 
beste , dont Ja variété filamenteuse a été 
connue des anciens s.ous les noms à! amian- 
te ou de lin incombustible . 

On remarquera ensuite le talc , qui offre ' 
plusieurs variétés intéressantes. 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 4^1 

Le talc ollaire , ou pierre de Corne , dont on fait des 
vases que l’on façonne au tour; la terre de Vérone, 
d’une couleur verte qui est employée dans les pein- 
turesà l’huile pour les paysages, et le talc lamellaire 
ou talc de Venise , dont la poudre a la propriété de 
rendre la peau lisse et luisante. 

Armoire 31. 

\ 

La 3 i e armoire renferme plusieurs ou- 
vrages faits, par les Chinois, avec une 
substance nommée agahnatholite. On voit 
aussi deux vases de serpentine , et uue sou- 
coupe et une cuiller en jade . A coté de 
cette armoire, sur le mur, est une plaque dte 
calcaire ruiniforme , venant de Florence, 
et plus bas une agathe rougeâtre en plaques 
polies. 

On remarque aussi, entre les croisées, 
un superbe vase de porphyre fragmentaire 
des Vosges , et deux groupes énormes de 
cristaux prismés de quarz incolore. 

SECONDE SALLE DE MINERALOGIE. 

Pour visiter commodément cette seconde 
salle , on commencera par l’armoire placée 
à l’autre extrémité près des fenêtres. 


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1 


I 


422 HUITIÈME PROMENADE. 

Armoires 32 et 33. 

Les premières substances qui s’offre ut à 
nous sont : les combustible. r non métalliques ; 
d’abord Je soufre. On remarquera de su- 
perbes groupes de cristaux translucides. 

Armoire 34. 

Ensuite vient le diamant , placé près de 
Ja houille et de l’anthracite, parce que 
les expériences les plus exactes ont prou- 
vé, qu'ii n’était formé que de carbone pur, 
et en outre qu’il brûle sans laisser de 
résidu. 

Les diamans viennent principalement de F Améri- 
que équatoriale , de l’Inde et de Bornéo. L’Europe 
n’en possède de gisemens que depuis peu d’années 
sur le versant occidental des monts Ouraliens. Le gi- 
sement indiqué par les anciens dans l’Afrique, a été 
retrouve dans la régence d’Alger , mais il ne paraît 
pas que cette découverte soit d’une grande importance. 
Les diamans sont cherchés au Brésil par des Nègres 
placés sous un hangar et surveillés par des inspec- 
teurs assis de chaque côté sur des bancs élevés. L’es- 
pèce de sable ferrugineux qui renfermé les diamans , 
se nomme dans le pays carcalho. Le carcalho , avant 
d’être lavé par les Nègres, l’a déjà été dans les ri- 
vières du fond desquelles on l’extrait. Le second la- 
vage se fait sur des tables inclinées, à la partie supé- 
rieure desquelles on fait arriver un cours d’eau qui 


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CABINET d’KÎSTOIRE NATURELLE. 4 2 3 

enlève les parties terreuses. La masse , pour faciliter 
l’action du liquide , est remuée avec des râteaux. On 
fait le triage du gravier avec la main. Afin d’év iter la 
contrebande, on accorde des primes aux uègres sui- 
vant la grosseur du diamant qu’ils découvrent. Lors 
même que ce diamant pèse dix-sept carats et demi , 
l’esclave qui l’a découvert est solennellement mis en 
liberté : c’est assez dire que les diamans de cette taille 
sont fort rares au Brésil. Les plus beaux échantillons 
que l’on connaisse de ce riche minéral , sont : celui 
du grand Mogol , pesant 379 carats etdemi • celui de 
l’empereur de Russie, pesaut 190 carats, celui de 
l’empereur d’Autriche, de 139 carats ; celui de la 
couronne de France, de i 36 carats , a été acheté au 
commencement du i8« siècle 3,a5o,ooo francs, par 
le Régent dont il a pris le nom. Il est actuellement 
estimé le double de cette somme. 

Vient ensuite la houille, ce levier si puis- 
sant de la civilisation moderne , et à la re- 
cherche de laquelle l'Angleterre emploie 
environ quatre-vingt mille hommes. 

On remarque le succin ou ambre jaune , 
qui est une résine fossile qui découlait jadis 
des troncs des arbres aujourd’hui convertis 
en charbon. 

M. Becquerel a trouvé dernièrement quelque^ 
morceaux de cette substance, au fond d’un puits 
d’environ i 3 o pieds qu’il fit ouvrir à Auteuil. 
L’ambre est travaillé avec beaucoup de goût dans 
le nord de l’Allemagne où on eu fait nue infinité de 


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424 HUITIÈME PROMENADE. 

petits meubles , était recueilli en grande abondance 
par les Romains sur les bords de la Baltique , et fai- 
sait un des principaux objets d’échange entre le nord 
et le midi. Tout ie monde sait que c’est dans Cette 
substance, que, 600 ans avant l’ère chrétienne fut 
découverte par les philosophes grecs du temps de 
Tbaiès, la propriété d’attirer les corps légers que pos- 
sèdent certains corps ; et que le mot d'électricité vient 
du mol électron donné par les Grecs à l’ambre jaune. 


Armoires 35, 38 ei 37. 

» I 

Ici commencent les substances métalli- 
ques . D'abord nous voyons le platine , aussi 
infusible que le fer, aussi malléable et aussi 
inaltérable que l’or, et le moins susceptible 
de changer de volume par la chaleur. Son 
gisement est le même que celui de l’or, et 
comme lui il est fort rare. 

Vient ensuite l’or, qui ne s’est encore 
rencontré dans la nature, qu’à l’état natif 
comme le platine. 

Le Muséum possède une énorme pépite 
d’or, donnée par M. le comtede Lacépède : 
elle pèse une livre quatre gros. Cette pièce 
est digne de fixer l’attention par la rareté 
d’un morceau si volumineux. 

A la suite est l 'argent que l’on trouve à 
l’état natif et à l’état de combinaison avec 


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CABINET DHISTOIRE NATURELLE. 4^5 

diverses substances, telles que le soufre, 
l’antimoine, etc. 


Armoires 33 et 39. 


Nous remarquons ensuite le mercure , 
vulgairement vif-ardent , que l’on trouve 
rarement dans la nature à l’état de pureté. 
H est plus ordinaire de le rencontrer à 
l’état de cinabre ou de combinaison avec le 
soufre. On voit une suite de morceaux de 
mercure sulfuré, provenant des fameuses 
mines d’Almaden en Espagne, et d’Idria 
en Frioul , qui fournissent presqu’à elles 
seules, la quantité immense de mercure 
qu’absorbent les travaux des mines d’or et 
d’argent du Nouveau-Monde. 


Armoires 40, 41 et 4L 


Le plomb , ce métal docile où Ponde s'em- 
prisonne , nous offre à considérer de beaux 
groupes de cristaux cubiques de plomb sul- 
furé , et qui ont été donnés au cabinet par 
M. Henlaud ; et une variété de plomb car- 
bonate en cristaux aciculaires d’un blanc 
éclatant. 

36 . 


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4a(5 HUITIÈME PROMENADE. 


Armoire A3. 


Wous ne jetterons qu’un coup-d’œil sur 
les échantillons de mines de nickel , métal 
qui n’est nullement employé dans les 
arts. 

Armoires A4, A3 et 48, 


Mais nous examinerons avec attention: 
plusieurs morceaux de cuivre natif ramu- 
teux , des monts Ourals en Sibérie ; les 
belles pyrites de cuivre de Bannat ; et par- 
dessus tout, ces magnifiques concrétions de 
cuivre carbonate vert, connues vulgaire- 
ment sous le nom de malachite , que l’on 
polit, et dont on fait des tables, etc. 

Armoires A7, A8 , A9 , 50 , 51 , 52 cl 53. 

Ici, commence la série des mines de fer. 
On aperçoit une nombreuse collection de 
niasses de fer, dont l’origine sera encore 
long-temps un sujet de discussion pour les 
savans. Ce sont les aérolithes ou pierres tom- 
bées de r atmosphère. 

Tout indique que ces masses proviennent d’autres 


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CABINET D HISTOIRE NATURELLE. 

régions du ciel. En effet, outre qu’il est bien constaté 
aujourd’hui qu’elles tombent véritablement, leur com- 
position semble aussi indiquer une origine différente 
des matériaux qui composent notre planète. Il existe 
de ces masses de fer qui pèsent jusqua 3oo et 400 
quinfaux. Elles ne sont pas communes, mais on en 
trouve cependant dans toutes les régions du globe, à 
la surface du sol , dans un isolement parfait et sans 
aucune relation avec les terrains ciroouvoisins, comme 
cela doit être si elles sont en effet d’une origine 
étrangère. On a signalé des peuples sauvages qui 
prennent sur de semblables masses tout le fer dont 
ils ont besoin. 

Parmi les nombreux échantillons de fer 
que l’on voit ici, nous distinguerons de 
grosses masses de fer oxidulc compacte, 

t son | l es corps que l’on appelle improprement 
pierres d aimant (1) et qui fournissent les aimans 
naturels que l’on débite dans le commerce. Ce minerai 
se rencontre principalement dans les régions septen- 
trionales , et. en amas assez puissans pour former des 
montagnes entières dans la Norwègc et la Laponie. 

„ ^ esl bti qui fournit à la Suède son excellente qualité 
de fer. De belles variétés de fer oligiste méritent 
d’attirer les regards, par les reflets irisés et les teintes 
vives qui décorent leur surface. Elles viennent des 
fameuses mines de l’ile d’Elbe , célèbres déjà du temps 
de la république Romaine. 

(1) On Voit ici an aimant tout monté. 


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42 8 HUITIÈME PROMENADE 


Armoires 54 , 55 , 56 et 57. 

Viennent ensuite le zinc et M étain > le 
bismuth et Je cobalt , qui ne nous arrêterons 
point. 

Enfin l’arsenic, qui se trouve dans la 
nature à 1 état natif et quelquefois à l’état 
d’oxide, 

Et Y antimoine , cufin, utile aux animaux. 

Proscrit par des arrêts, ordonné pour nos maux , 

Et qui, de vingt débats source long-temps féconde. 
Avant de le guérir scandalisa le monde. 

(Delille.) 

Le manganèse y qui sert dans la fonte des 
caractères d’imprimerie et la fabrication 
des verres blancs et des glaces. Uurane, le 
molybdène , le titane, le tellure et le chrome , 
sont des métaux peu connus; ce dernier a 
été découvert par M. Vauquelin. ( 1 ) 

(i) Pcintic des minéraux , de nos plus belles fleurs, 

1) distribue entre eux les brillantes couleurs ; 

L'éraeiaude par lui d’un beau vert se colore , 

Il transmet au rubis la pourpre de l’Aurore. 

Quelquefois , du plomb vil fidèle associé. 

Teint d’un vif incarnat son obscur allié ; 

Tantôt, rival heureux des couleur^ japonaises. 

Avant qu’elles aient de Sèvres enduré les fournaises 
Il peint la porcelaine et lui prête à nos yeux 
Ces fonds verts et brillans qui résistent aux feux. 

Notre siècle en est fier et, par un juste hommage. 

Un jour de Vauquvlin y gravera l’image. 

1 (Diuub.) 


i 


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CABINET D’HISTOIRE NATURELLE. 4 2 9 

La dernière armoire renferme le gonio- 
mètre , qui sert à mesurer rinclinaison mu- 
tuelle des faces des cristaux. Entre les croi- 
sées, on voit renfermées dans plusieurs 
châssis, de petits modèles en bois; les uns 
servant à expliquer la structure des cris- 
taux, d’après la théorie d’Haüy ; les au- 
tres , représentant toutes les formes de va- 
riétés régulières, observées dans la nature. 


Explication de la collection contenue dans le 
meuble de la première salle de minéralogie . 

Le meuble qui est placé dans cette salle, 
contient une nombreuse collection, re- 
présentant les divers caractères chimiques 
et physiques des minéraux. Cette collection, 
toute nouvelle , a été formée par M. Bron- 
gniart. Elle est employée chaque année 
pour les cours que fait ce savant professeur. 

Elle renferme deux grandes divisions : 
i° les caractères chimiques; 2 0 les caractères 
physiques. 

Les six premières cages contiennent les 
formes géométriques de la cristallographie . 


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430 HUITIÈME PROMENADE. 

On a souvent joint aux modèles en bois, 
des cristaux naturels. 

La 7 e cage contient des exemples du grou- 
pement et de la pénétration des cristaux. 

La 8 e , des exemples de divers phénomè- 
nes de la cristallisation. 

La 9 e l ’ altération des formes cristallines , 

Ja formation et Y accroissement des cristaux. 

La io e des exemples de formes irrégu - 
Mères causées par retrait. 

Les n e , 12 e et i 3 e cages contiennent les 
formes empruntées ou épigénies. En pre- 
mier sont : ‘ > 

Les épigénies minérales ; en deuxième, 
les épigénies organiques . 

La i 4 c cage renferme une série de miné- 
raux , montrant les divers degrés de dureté : 
en premier est le talc le plus tendre de 
tous ; et en dernier , le diamant le plus dur. v 
Dans cette cage sont aussi des exemples de 
densité , ou pesanteur spécifique. 

La i5 e comprend des exemples de Yac- 
tion des minéraux sur la lumière: i° la 
réfraction et la polarisation ; 2° la' réflexion 
et la couleur. 

La 16 e cage montrer i° des exemples 


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CABINET D* HISTOIRE NATURELLE. 4$I 

de X électricité des minéraux , comprenant 
les minéraux pyro-clectriques ; 2° le magné- 
tisme des minéraux . 

Les cages 17,18 et 19 renferment de nom- 
breux exemples de la structure, de la texture , 
du touché , de la solidité , de la ténacité , de 
la cassure et de Y élasticité des minéraux. 

Les 20 e et 21 e cages contiennent di- 
verses concrétions j divisées en concrétions 
cj'istallines et concrétions compactes. 

La 22t; des exemples de dcndrites et infil- 
trations que l’on observe dans les roches et 
les minéraux: i° les dendrite s superficielles ; 
2° les dendrilcs profondes . 

Et la 23 e i° des exemples de l'altération 
des minéraux dans le sein de la terre , résul- 
tant , soit de r infiltration , soit de la décom- 
position. 2 0 Des échantillons 'contenant des 
fluides et gaz engagés. 

Les 24? 25 et 26 e cages renferment une 
collection de minéralogie géologique , don- 
nant des exemples : 

i° de diverses associations minéralogiques 
dans le inc me échantillon ; 

2 0 Des échantillons de cristaux implantés 
dans des cavités (ou druses) j 


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4^2 HUITIEME PROMENADE. 

3° Des minéraux disposés en filons, en 
veines et en nodules ; 

4 ° Des minéraux disséminés en cristaux 
et en grains. 

La 27 0 cage contient : 

i° Des masses minérales polies naturelle- 
ment; 

2 0 Des échantillons de diversesyractare.? 
géologiques. 

Enün les cages 28, 29, 3 o , 3 i et 32 ren- 
- ferment une collection de minéraux dl espè- 
ces incertaines , disposés par ordre alpha- 
bétique. 


/ 


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SERRES. 


433 


tlcmnhue |Jramcmtïrf. 


SERRES, JARDIN DES SEKIS , 

JARDIN DE DJATUILAXiXS ATXQ37. 

% 

(Professeur M. de Miebe'l ; Jardinier en chef M. ïUché.) 

V 

On divise les serres , en chaudes et en 
tempérées. Dans les premières qui sont des- 
tinées aux plantes équatoriales, on est 
obligé d’élever la température au moyen 
de fourneaux. Les secondes servent d’abri 
aux végétaux pendant l’hiver seulement; 
et on n’y fait de feu que lorsque le ther- 
momètre descend au dehors à 4 degrés au- 
dessous de zéro. 

serre tempérée : chefM. Philippart. 

Celte serre, adossée à la partie occiden- 
tale et méridionale de la ménagerie, au- 

3 7 


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I 

434 NEUVIÈME PROMENADE. 

près des fossés des ours, a été commencée 
en 1795 et achevée en 1800; elle a 200 
pieds de longueur sur 24 de large 1 1 27 de 
hauteur. Elle est divisée en deux parties 
sur sa longueur : celle au midi contient 
les arbres et arbustes; celle au nord est dis- 
posée au rez-de-chaussée, en ateliers pour 
les travaux du jardin et au-dessus sont des 
Jogemens de jardiniers et un laboratoire 
de graines (1). Les arbres qu’on y abrite sont 
originaires des diverses contrées de l'hé- 
misphère boréal dont la température est 
à-peu-près celle du midi de l'Espagne; 
d’autres viennent de la terre de Diémen,de 
la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle- 
Zélande. On y place les caisses au mois 
d’octobre et on les retire au mois d’avril ou 
de mai, et on les distribue dans le rond qui 
est en face de l’amphithéâtre et dans les 
aîléés du jardin. Vers le mois de mars elle 
offre uncoup-d’œil admirable parce que la 
plupart des arbres qu’elle renfermé sont 
alors en fleurs. On ne saurait se faire une 


( 1 ) M. de Mirbel fait chaque année distribuer des 
graines., du mois de janvier au mois de mars , aux per- 
sonnes et aux étabUssenrens qui en adressent la de- 
mande. 


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3gle 


SERRES. 


435 

idée de la beauté des mimoses ou sensitives 
de Fa Nouvelle-Hollande , dont les unes 
sont couvertes de longs épis et les autres de 
houppes de fleurs diversement colorées. A 
ces mimoses se mêlent les sophora micro- 
phylla et tetraptcra ) charmans arbrisseaux 
de la famille des légumineuses et originaires • 
de la Nouvelle-Zélande; des casses à fleurs 
jaunes; des pittosporum , dont un, Yundu- 
latum est un arbrisseau dont les fleurs ont 
l’odeur du jasmin et qui a été apporté de 
Ténériffe par Riedlé. Puis , viennent des 
camphriers , des lauriers de Madère , Yarau* 
caria ou pin du Chili élevé des graines en- 
voyées parM. de Saint-Hilaire ; des banksia , 
des hahea , des eucalyptus aux feuilles par- 
seméesdepoints translucides ; d’aromatiques 
mclalcuca (1); des mocanères dont les fruits 
servaient à la nourriture de la race éteinte 
des guanches. Au .devant de ces arbres, qui 

(i) Le melaleuca leucadencîron est un arbre des Molu« 
ques, dont le tronc, de la grosseur d’un homme, paraît 
toujours vers sa base noir comme du charbon, tandis 
que le feuillage se fait remarquer par sa couleur blan» 
châtre. Le mot melaleuca , formé de deux racines 
grecques, signifie noir et blanc; le mot leucadendron , 
egalement tiré du grec, veut dire arbre noir. L’écorcn 
est , dit Rumpliius , la meilleure matière qu’on puisse 
employer pour calfeutrer les vaisseaux. 


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436 NEUVIÈME PROMENADE. 

déploient librement leurs branches à 20 
pieds au-dessus du sol, sont des plantes li- 
gneuses , telles que : coronilles orientales , 
indigotiers , géranium et pélargonium aux 
vives couleurs , et de magnifiques amaryl- 
lis , telles que la belladone et la grenésienne. 

JARDIN DES SEMIS. 

C’est ici le lieu de parler du jardin des 
semis situé au devant de la serre tempérée , 
il n’existe que depuis 1786; il est à 10 
pieds au-dessous du sol de l’allée des mar- 
ronniers et abrité des vents du nord et de 
l’ouest par le bâtiment de la serre et la 
petite butte. La porte d’entrée est au bout 
de la terrasse de 200 pieds de long qui s’é- 
tend au devant de la serre tempérée. Au 
mur qui la soutient, est adossée une ligne 
de châssis dans lesquels sont encaissées des 
couches où l’on place les semis des graines 
venues des pays chauds. 

JARDIN DE NATURALISATION. 

L’enclos du jardin de naturalisation est 
sur le môme niveau que le précédent dont 


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SERRES. 


437 

il n’est séparé que par un mur. Sa longueur 
est de 22 toises. Sa largeur va en se rétré- 
cissant à mesure qu’il s’approche davan- 
tage des fossés des ours. Il reçoit pendant 
l’été une partie des arbres de la Nouvelle- 
Hollande qui ont passé l’hiver dans la serre 
tempérée et d’autres arbustes qui ont be- 
soin d’une exposition particulière. Près du 
puits est un mûrier à papier qui est un 
rejeton de celui envoyé par sir Joseph 
Banks. Le reste du jardin est divisé en 
plates-bandes destinées à la culture des 
plantes vivaces les moins connues. 

serres chaudes : chef M. Neuman. 

Les serres chaudes sont au nombre de 
cinq, en y comprenant les nouvellesélevées 
avec tant de goût et de magnificence sur 
les plans de M. Roliaut qui a bien voulu 
nous donner le modèle de Ja vue que nous 
offrons ici à nos lecteurs. (1) 

(1) M. Charles Rohaut, architecte, chargé de la di- 
rection des travaux que l’ou vient d’exécuter au Jardin 
des Plantes, public actuellement sur ces travaux une 
notice accompagnée de quinze planches très étendues. 

37 . 


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438 NEUVIÈME PROMENADE. 


SERRES BUFFON , BAUDIN , PHILIBERT î 

chef M. Neuman. 

Ces trois serres sont renfermées dans un 
môme bâtiment placé à la suite et à la 
gauche de la serre tempérée, et adossé à la 
petite butte; elles sont disposées l’une au 
devant de l’autre. La supérieure ou celle 
du fond, à laquelle on monte par un escalier 
placé en dehors , est fermée de deux portes 
entre lesquelles est un tambour. Elle fut 
construite par BufFon en 1788, et porte son 
nom. Elle a 125 pieds de long sur 12 de 
large et i 5 de haut. On a soin que dans 
* cette serre, le thermomètre marque tou- 
jours au moins 12 degrés; elle est partagée 
en deux par une cloison vitrée. Elle fut 
d’abord destinée à recevoir une centaine 
d’arbres fruitiers des tropiques qui avaient 
été envoyés au jardin ; ces arbres devaient 
y être placés , non dans des caisses , mais sur 
le sol même , dans l’intention de les faire 
fructifier et d’en recueillir les graines pour 
propager et naturaliser les espèces qui 
pourraient être cultivées dans le midi de 
la France. Depuis cette époque, 011 a re- 
noncé à y cultiver des arbres .en pleine 


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SERRES. 


4?p 

terre, et maintenant, on n’y voit plus que 
de jeunes arbres qui, lorsque leur taille 
devient considérable, sont transportés dans 
les pavillons des nouvelles serres. 

SERRE BAUDIN. 

La serre située au-dessous porte le nom 
du capitaine Baudin , parce qu’elle fut 
construite en 1798 pour loger les plantes 
apportées par le jardinier du Muséum 
Riedlé, qui avait accompagné ce capitaine 
dans son voyage à Porto-Rico , à Saint- 
Thomas, etc. Elle estdestinée à des arbustes 
et à des plantes des tropiques ; on y fait des 
boutures sous châ$'sis;on y cultive les 
plantes herbacées les plus curieuses, et l’on 
y soigne dans leur première jeunesse beau- 
coup d’arbrisseaux qu’on transporte dans 
la serre supérieure lorsqu’ils sont parvenus 
à une certaine grandeur. Elle dépasse un 
peu celle qui est au-dessus, elle a i 5 o pieds % 
de long sur 9 de large et 1 1 de hauteur. 
On entretient dans cette serre une chaleur 
de i 5 degrés. 

SERRE PHILIBERT. 

La troisième partie a été construite en 


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440 NEUVIÈME PROMENADE. 

1822, el nommée serre Philibert, parce que 
ce capitaine ramena de l’Inde etde Cayenne 
• la plupart des plantes dont elle est garnie , 
lesquelles ont été récoltées par Perrotet , 
jardinier du Muséum . Cette serre a soixante- 
quinze pieds de long sur douze de large, et 
seize de haut. Elle est destinée à la culture 
des grands arbrisseaux des tropiques, qui y 
sont plantés dans des cases rangées sur des 
gradins, les unes au-devant des autres. On 
y entretient pendant l’hiverune chaleur de 
8 degrés. 

Ces diverses serres renferment parmi 
les végétaux monocotylédonés : dans la 
famille des graminées ,» la canne à sucre de 
l’Inde transportée à Saint - Domingue en 
i5o6; la canne à sucre violette à’ Otahiti , 
espèce beaucoup plus hâtive que la précé- 
dente j dans celle des cypéracées, plusieurs 
pieds de papyrus, œgyptiacus originaire des 
marécages de l’Egypte et de l’Abyssinie, et 
dont les tiges battues et collées formaient le 
papier des anciens (i); dans celle des pitéri- 

(1) Son abondance dans le Nil et dans ses canaux 
facilita aux Ptolémées la création de la bibliothèque 
d’Alexandrie. On trouve encore à présent des rouleaux 
de papyrus dans les cercueils des momies. , . . 


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SERRES. 44 1 

nées ; le bétel (piper betel), masticatoire fort 
en usage chez les Indiens; celle des talmiers 
offre : le cocotier au faisceau de palmes en pa- 
rasol; le corypha umbraculifera de l’archipel 
Indien, dont les branches en éventail cou- 
vrent les cases des indigènes; le raphia de 
Madagascar qui donne le sagou, et dont 
les feuilles sont employées à la confection 
de tissus ; la famille des liliacées offre de 
plus remarquable X aletris fragrans de l’A- 
Irique, dont la tige s’élève à trente pieds. 
Celle des balisiers : Xalpinia nutans très re- 
cherchée , à cause de ses belles grappes de 
fleurs. Parmi les orchidées , on remarque 
ia vanille (vanilla aromatica). 

Arbuste dont les rameaux sarmenteux et flexibles 
s’élèvent très haut en s'enroulant autour des arbres 
voisins qu’ils couronnent de belles fleurs odorantes. 
Le fruit, qui a la forme d’une silique un peu com- 
primée, la grosseur d’une plume de cygne, et une 
longueur de cinq à dix pouces, renferme une pulpe 
noire où sont nichées les graines. C’est à cette pulpe 
que le fruit, qui est la vanille du commerce , doit 
ses propriétés balsamiques et sa saveur chaude. Cette 
plante croît spontanément dans les localités chaudes 
et marécageuses du Brési 1. 

Parmi les dicotylédones on remarque : 
dans la famille des aristolociiiées , Varis- 
tobchia labiosa du Brésil, dont la fleur plus 


44^ NEUVIÈME PROMENADE. 

singulière encore que celle des autres es- 
pèces du même genre, est piquetée de noir 
et de cramoisi sur un fond blanc, et exhale 
- une odeur de corps mort ; le ncpcntlies • 
distillaloria de Madagascar, dont les feuilles 
sont terminées à leur sommet par un long 
filament, qui porte une sorte d’urne creuse, 
où sourde une eau limpide. Les imiotéa- 
cées présentent le protèc argenté, du cap 
de Bonne-Espérance, dont les belles feuilles 
en fer de lance, soyeuses et’d’un éclat pres- 
que métallique, brillent au soleii comme 
des James d’argent. 

Dans la famille des laurinées, remarquez 
le virola sebifera de Cayenne , dont les grai- 
nes contiennent une substance dont on fait 
des chandelles, et plusieurs variétés de can- 
nellier , dont une envo) T ée de Ceylan à Ma- 
nille, où M. Perrolet l’a prise, est par sa 
saveur et par son parfum très supérieure à 
celle qu’on cultivait à Cavenne. La famille 
des inyctaginées nous offre de remarqua- 
ble, le bougainvillée a spectabilis , dédié par 
Commerson , au célèbre navigateur fran- 
çais de Bougainville , commandant de l’ex- 
pédition dont Commerson faisait partie. 
Cet arbuste, de l’Amérique méridionale, 


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SERRES, 


443 

forme des haies au Brésil, et donne des ra- 
meaux de fleurs de deux pieds de long. 
Da ns la famille des vereénacÉ£S, on trouve 
le citharexylum ou bois guitare , ainsi nom- 
mé, parce qu’on prétend que son bois est 
excellent pour la fabrication des instru- 
mens de musique. Dans celle des jasminées, 
l ’ olivier à feuilles échancrées , qui atteint 
une taille énorme dans l’Inde et à Mada- 
gascar. La famille des apgcynées offre le 
pheophrasta, vulgairement coquemollier , aux 
grandes feuilles coriaces et profondément 
dentées ; le stephanotis floribuncla et des 
plumeria ou franc hipaniers. 

Les composées possèdent le fameux mika- 
Tiia guaco, - ' 

Dont le suc des feuilles pourrait, suivant l’opinion 
de MM. de Humboldt et Bonpland, donner à la peau 
line odeur qui éloigne les serpens venimeux. Les In- 
diens de l’Amérique du Sud assurent , que la seule 
application des feuilles de guaco sur la morsure pré- 
vient tout effet délétère , et que l’inoculation du Stic 
de cette plante empêche ces animaux de mordre la 
personne ainsi préparée. 

La famille des rubiacéés offre de plus re- 
marquable le cafer , ou cafeyer » 

Élégant arbrisseau , originaire de l’Afrique-Orien- 
tale et de l’Yémen , d’où les Hollandais en introdui* 


444 NEUVIÈME PROMENADE. 

sirent plusieurs pieds à Batavia. Le premier pied qui 
fut envoyé à Louis XIV, des serres de Leyde, lut 
soigné ici (i), et ce fureut trois jeunes pieds nés des 
graines du précédent , que le brave Duclieux fut 
chargé de transporter à la Martinique. Un seul de ces 
jeunes eafiers put résister à la sécheresse des vents 
qui régnèrent pendant la traversée, grâce à la priva- 
tion d’eau que Duclieux s’imposait; car il partageait 
la moitié de sa ration avec le jeune arbrisseau objet 
de tous scs soins; ce troisième pied arriva sain et 
sauf, se multiplia avec une grande rapidité et fut 
la source première des plantations des Antilles, et 
contribua à rendre plus commune l’usage de cette 
aimable liqueur, qui, comme l’a dit Delille, 

Sans altérer la tête épanouit le cœur. 

On voit aussi le sideroxylon ou argan , 
dont une variété est le bois de lettres , ainsi 
nommé de ses taches imitant des lettres; le 
siderodendron ou bois de fer qui croît par- 
ticulièrement aux Antilles, et est le plus 
dur de tous les bois connus. 

Dans la famille des sapindacées , on 
trouve , le nephelium litchi. 

* 

(i) La serre où fut élevé le premier caficr existe 
encore et est nommée serre du cafier, en souvenir du 
jeune arbrisseau qu’elle a vu croître. Elle est adossée 
et enfoncée à la montagne du labyrinthe; elle a été 
construite en 1714, du temps de Vaillant; c’est la plus 
ancienne du jardin. 


( 


SERRES. 


445 

Originaire de la partie australe de la Chine , et qui 
passe parmi les habitans de ee pays pour donner les 
fruits les plus délicieux. L’on fait venir tous les ans des 
transports d’arbres vivans, de C anton jusqu’à Pékin , 
afin d’avoir des fruits dans toute leur perfection, à 
l’usage dë l’empereur. Le litchi a été transporté aux 
îles de France et de Bourbon ainsi qu’aux Antilles. 

La famille des hespéridées possède de re- 
marquable, le coolda anisaia qui, pour l’o- 
deur de toutes ses parties , est analogue à la 
badiane ou anis étoilé. 

LesTHÉACÉES nous présentent trois espèces 
de thés / le thé vert, Je thé hou et le thé des 
charlatans. 

La première de ces espèces , est employée de pré- 
férence pour la fabrication du thé vert, la seconde 
pour celle du thé noir; cependant l’une et l’autre 
peuvent indifféremment donner les deux sortes de 
thés. La différence qui existe entre le thé noir et le 
thé vert du commerce, tenant aux différens modes 
de préparation que l’on fait subir aux feuilles, le 
sol , la culture et les différentes parties de l’arbrisseau 
* sur lequel ont été cueillies les feuilles, sont aussi autant 
de causes qui modifient la nature de cette précieuse 
denrée. Chaque année, il se fait trois récoltes sur le 
même individu ; la première donne les sortes les plus 
estimées, le pou-chong et le péko ; la première cueil- 
lette se fait en juin, la seconde en juillet et la troi- 
sième en août. Ces plantes croissent dans les régions 
tempérées de la Chine et du Japon. Dans le premier 
de ces pays, on commerce par tremper les feuilles dans 

38 


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446 NEUVIÈME PROMENADE. 

l’eau bouillante pendant une demi-minute, ensuite 
on les torréfie dans une poclc de fer mince, large et 
chauffée au moyen d’un fourneau destiné à cet usage; 
on les agite et on les retourne avec la main jusqu’à ce 
qu’elles fassent entendre un petit craquement sur la 
plaque de fer. On les retire alors avec une spatule de 
bois, et on les fait passer à des personnes chargées 
spécialement de les rouler*. Ou les j oule rapidement 
avec la paume de la main sur des tables recouvertes 
de tapis de jonc fort unis. Pour qu’elles ne se dérou- 
lent pas, il est essentiel qu’elles se retroütlissent sous 
la main et le plus promptement possible; on parvient 
a ce but en établissant , des couraus d’air froid, au 
moyen de gi antls éventails. Ce ne fut que daus les pre- 
mières années du xvn e siècle qu’on commença à goûter 
le thé en Europe. Les Hollandais, les premiers, en 
tirent le commerce. Vers l'année r 666 , deux lords 
rapportèrent de la Hollande une certaine quantité 
de thé, qui se vendit plus de 70 lrancs la livre. La 
consommation de la Grau de- Bretagne monte aujour- 
d’hui à 08,000,000 de livres. Le pays qui en con- 
somme le plus ensuite est la Russie, qui en achète 
25,000,000 de livres par an. 

La famille des meliacées nous offre le ^ 
smetenia mahogoni ou acajou ma ho go n , un 
des plus. grands arbres qui existent dans ia 
région équatoriale de l’Amérique. 

On en trouve, dont le tronc sert à construire des 
canots d’une seule pièce pour passer les rivières, et 
qui sont quelquefois assez grands pour contenir une 
trentaine de personnes. C’est Te meme arbre dont le 


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, SERRES. 447 

bois, d’un grain serré et fin, est si recherché dans 
rébénislcrie pour la confection des meubles. 

Dans la famille des malvàcées , on re- 
marque Y adansonia digitata , vulgairement 
baobab ou calcbassier , dont la grosseur est 
telle, que, suivant l’expression d’Àdanson, 
il ressemble plutôt, de loin, à une forêt 
qu’à un seul arbre. 

Son tronc n’est pas fort haut, il n’a que dix ou 
douze pieds environ , mais sa circonférence va jusqu’à 
soixante quinze pieds. Ce tronc, que la carie creuse 
souvent, fournit aux nègres de vastes cavernes qu’ils 
destinent à être le tombeau des gens qu’ils jugent in- 
dignes des honneurs ordinaires de la sépulture. Cet 
arbre vit très long-temps et peut-être plus qu’aucun 
autre. Il résulte des calculs d’Adanson que, quelques- 
uns de ces baobabs existeraient depuis environ 4000 
ans. Il croît dans la Sénégambie, le Soudan, le Dar- 
four et l’Abyssinie. 

Nous ne passerons pas sous silence , le 
carolinca racemosa , queM. Bonpland arap- 
porté de Schœnbrunn et qui a fleuri pour 
la première fois en i83o; l’abondance de 
ses belles fleurs tricolores de 8 pouces de 
long l’a épuisé , et il est mort ; le carolinea 
insignis aux belles fleurs pourpres, est venu 
de graines envoyées du Brésil par M. Au- 
guste de St-Hilaire. 



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448 NEUVIÈME PROMENADE. 

La famille des myrtèes présente : le goya- 
vier , arbre américain qui produit les fruits 
nommes goyaves f de la forme d’une poire, et 
d’un parfum exquis ; le batonic (barringtonia 
speciosa ), arbre des Indes orientales, remar- 
quable par la grandeur et par la beauté de 
ses fleurs : ses fruits sont connus dans les 
cabinets sous le nom de bonnets carrés. 

La famille des légumineuses contient : 
l’ acacia très odorant, originaire du Malabar, 
dont les fleurs en panicules très amples, ré- 
pandent rôdeur la plus suave; l’acacia ar- 
borescent de la Jamaïque, cultivé pour la 
beauté de ses fleurs d’un vif incarnat; Yhe- 
dysarum gyrans des bords du Gange , qui 
présente un phénomène d’irritabilité fort 
curieux; des trois folioles qui composent 
la feuille, les deux latérales s’abaissent et se 
relèvent en oscillant autour de celle du 
milieu. 

Dans la famille des euphorbiacées, on re- 
marque, 1 esapium des An tilles presque aussi 
vénéneux que l’arbre suivant, le manccni- 
lier, dont l’aspect ressemble à celui d’un 
poirier, et dont le fruit d’un jaune verdâ- 
tre et luisant, cache, dans sa pulpe dou- 
ceâtre, un poison atrocement mortifère. 


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SERRES. 


449 

Le suc propre de ce redoutable -végétal est telle- 
ment actif, qu’une goutte reçue sur la peau, y fait 
naître sur-le-champ une ampoule; c’est dans ce suc 
que les Caraïbes trempent la pointe de leurs flèches , 
qui conservent leurs propriétés vénéneuses pendant 
plus d’un siècle. L’opinion de Jacquin et d’autres 
voyageurs qui racontent avoir dormi , sans éprouver 
aucun malaise, à l’ombre de cet arbre, est contraire 
à l’opinion commune qui veut que les émanations 
mêmes de l’arbre puissent donner la mort. 

« 

Toujours dans la même famille, on trouve: 
le sablier ( hura crépitons), dont le fruit fort 
élégant ressemble assez bien au meuble dont 
il partage le nom ; Vompkalea diandra , ar- 
brisseau dont les rameaux gri mpans s’élèvent - 
au-dessus des plus grands arbres , et retom- 
bent ensuite jusqu’à terre, etdont les fruits, 
nommés noisettes de Saint-Domingue , ren- 
ferment des amandes bonnes à manger. 
Dans la famille desuRTicÉEs, on doit remar- 
quer plusieurs figuiers , tels que le beau 
figuier de Madagascar qui a des feuilles de 
trois pieds de long , et porte le nom du sa- 
vant jardinier Neuman ; le ficus brasiliensis , 
vulgairement arbre de la vache fpalode 
rvaccaj , parce qu’il fournit, dit-on, un suc 
laiteux analogue au lait de vache j ce suc 
dont nous avons goûté, nous a paru seule- 

38 . 


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45o NEUVIÈME PAOilENADE. 

ment posséder moins d’âereté que dans les 
aulresespèces ; le ficus elasùca de l’I nde, qui 
donne de la gomme élastique ; le ficus ma - 
crophylla , qui rappelle le souvenir du jar- 
dinier lliedlé, l'un des voyageurs qui ont 
procuré au Muséun le plus de plantes vi- 
vantes; une des dernières pensées deRiedlé 
en mourant fut pour cet arbre qu’il avait 
trouvé à Timor. À cette mémo famille ap- 
partiennent, Yartocarpus incisa , vulgaire- 
ment arbre à-pain , dont une variété sans 
graines offre un fiuit savoureux nourriture 
ordinaire des habitans des îles de la mer du 
Sud , et Yartocarpus i ni ep ri folia dont le fruit 
tuberculeux a la forme d’un melon et jus- 
qu’à deux pieds de longueur : comme il est 
rempli de grosses graines, il n’est pas aussi 
bon que celui de l’arbre-à-pain , mais on 
le mange dans les Moluques. 

Sortant par l’extrémité ouest des serres 
que l’on vient de visiter, on suit un couloir, 
' et l’ou arrive à l'un des pavillons nouvelle- 
ment construits, mais qui n’a point encore 
reçu de destination. Traversant l’allée qui 
sépare les deux pa vil Ions, on entrera dans 
le grand paviHon adossé au labyrinthe. 


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SERRES. 


45i 


nouvelles serres : directeur, M. Neuman. 

Les nouvelles serres élevées, comme nous 
l’avons dit, sur les dessins de l’habile M. Ro- 
Raut, architecte , se composent de deux 
grands pavillons situés l’un à l’extrémité 
ouest de la serre Buffon, Baudin et Phili- 
bert, l’autre à l’extrémité est, des serres* 
courbes, et séparé du précédent par l’allée 
qui conduit du cabinet d’histoire naturelle 
aux laboratoires de zoologie et de botani- 
que.. Ces pavillons, entièrement composés 
de fer et de vitres, ont chacun une éléva- 
tion de 60 pieds une largeur de 40 et une 
longueur de 5 o. Une belle terrasse règne 
au devant. 

Au dessous et sur le derrière du pavillon 
de l’ouest et des serres courbes également 
construites uniquement en fer et en vitres, 
se trouve un calorifère à la vapeur, au 
moyen duquel on peut, en condensant de 
l’air chaud dans une salle basse, donner une 
température égale à toutes les parties des 
serres. Un eouioir situé en arrière du grand 
pavillon permet de communiquer de L’in- 
térieur de juecalmi&re avec Je jardin,. 


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452 NEUVIÈME PROMENADE. 


GRAND PAVILLON DE L’OUEST. 


Il possède un grand nombre de végétaux 
appartenant à la famille des palmiers : tels 
sont, des lataniers élancés comme des flé- 
chés de verdure ; puis, ie caryota urens , ar- 
bre rare et dont le nom vient de Fâcreté 
que possède Ja pulpe de son fruit; Yarecci 
rubra des îles de France et de Bourbon , 
vulgairement palmiste rouge ou chou pal- 
miste. 

Le chou n’est autre chose que la partie la plus cen- 
trale de la pyramide , et est d’un blanc de neige. Il 
contient une substance huileuse, agréable, et qui par- 
ticipe à la saveur de l’amande ; il est regardé comme 
un comestible délicat et sain ; on le mange cru, iri 
cassé ou bouilli. Ce dernier procédé le rend tout-à- 
fait analogue à notre chou. C’est un fait bien connu, 
que la destruction du chou entraîne , celle de 1 arbre; 
aussi est-on avare de celte sorte de mets. 

On voit aussi le cycas circinahs de l’Inde; 
le cycas rejlexa du Japon, arbres élégans 
de la famille des cycadées , dont le port 
pittoresque et les longues feuilles ailées, 
rappellent les palmiers , dont ils diffèrent 
sous le rapport de l’organisation intérieure 


V. 


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SERRES. 


453 

qui les place près des conifères : leurs fruits 
sont doux à manger, et leur tronc fournit 
un excellent sagou. Le zamia pungens qui 
appartient à celte famille, diffère des eycas 
par sa tige ramassée en une espèce de gros 
tubercule arrondi et écailleux. La famille 
des bananiers nous offre le ravelana de 
Madagascar, 

Dont le tronc est surmonté d’une gerbe aplatie, de 
grandes feuilles longuesde six à dix pieds et larges de 
deux; le support de ces feuilles est enveloppé d’une 
sorte de gaine où sourde une eau limpide et fraîche 
qui désaltère le voyageur brûlé par les rayons d’un so- 
leil vertical. Les Madécasses emploient ces feuilles à 
couvrir leurs cabanes, et font de la farine avec les 
graines, dont la pellicule bleue leur fournit de l’huile. 

Le strelilzia reginœ de la meme fa- 
mille , est une magnifique plante du Cap , 
remarquable par sa fleur mi-partie jaune 
safran , mi-partie d’un beau bleu , dont la 
forme est des plus singulières. Le dracœna 
draco et le dracœna umlraculifera , appar- 
tiennent à la famille des asparaginées . 

Le premier de ces arbres est originaire des Cana- 
ries, où il atteint des proportions énormes; M. Bo- 
ry-Saint-Vincent rapporte en avoir mesuré un près 
delà ville d’Orotova , aü pied du pic de Ténériffe, 
qui offrait 55 pieds de circonférence au dessus de sa 


454 NEUVIÈME BRQMENADE. 

racine. Des fenles de ce colosse végétal découle une 
résine connue en médecine et dans les arts sous le 
nom de sang-dragon. Le second de ces arbres vient 
de l’ile Bourbon , i! a pour la première fois donné 
des fleurs et des fruits en i83<i. 

- La famille des pandankes offre plusieurs 
pandanus ou vaquais , dont les feuilles 
longues quelquefois d’une dizaine de 
pieds , sont disposées en spirale autour 
de la lige, et forment à son sommet une 
touffe du milieu de laquelle s’élèvent des 
fleurs disposées en grappes. On remarque 
le pandanus odorantissima , 

Dont les feuilles étroites et bordées de rouge, 
sont tressées eu nattes par les indigènes des iles de 
l’océan Pacifique, et par les nègres des îles Masca- 
reignes; le sucre et le café de ces dernières nous sont 
expédiés sous une semblable enveloppe. Lfes colons 
l’emploient aussi à faire des baies impénétrables , et 
expédient en Egypte la fleur mâle dont le parfum est 
délicieux et la fait payer un prix élevé. 

On y voit aussi : le sideroxylon atrovirens ; 
le schotia speciosa arbrisseau du cap de 
Bonne-Espérance, d’un très bel effet quand 
il est couvert de ses grappes de fleurs écar- 
lates qui naissent sur le bois comme celles 
de l’arbre de Judée : V erithryna corallo - 
dendron ou arbre du corail des Antilles , 


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SETTRES. 


455 

auquel on a donné ce nom à cause du 
rouge éclatant de ses fleurs et de ses graines. 

. C’est là, enfin , que $e trouve le grand 
cierge du Pérou , envoyé en 1 C90 à Fagon, 
par Iiolton, .professeur de botanique à 
Leyde. 

Il fat planté nu jardin (les Plantes n'ayant que 
quatre pouces de hauteur et deux pouces de diamè- 
tre. Il devint bientôt si grand, qu’eu 1713, sa lige 
s’élevant au-dessus de la serre dans laquelle il était 
placé , 011 fut obligé d’en brûler le sommet avec un fer 
rouge pour arrêter son accroissement. En 17 17 M. de 
Jussieu en donna la description et la figure dans les 
mémoires de l’Académie des sciences ; il avait alors 
»3 pieds de bailleur et 7 pouces de diamètre. On prit 
ensuite le parti de construire autour de lui une cage 
vitrée qu’on exhausse à mesure qu’il grandit. Il a au- 
jourd'hui plus de 40 pieds d’élévation. Il se couvre 
tous les ans de fleurs qui se fanent en vingt-quatre 
lieures, mais qui se succèdent pendant un mois. 

En sortant ou pavilion, on entre dans 
un tambour qui sert d’entrée à ce bâlimefit 
et aux serres courbes. 

seivkes cociiBEs : directeur M. Neuman. 

% 

Les serres courbes formées d’uu rez^de- 
cbaussée et a’un étage , sont divisées , 
chaque étage en trois salles : la première 


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NEUVIÈME PROMENADE. 


456 

en bas , contient les plantes exotiques cul- 
tivées dans la tannée \ on y remarque un 
beau caladium odorum ; la seconde salle est 
partagée par un tambour qui communique 
par une porte avec la terrasse. Les végétaux 
que l’on y voit sont à-peu-près les mêmes 
que ceux delasalle précédente ; la troisième 
salle renferme, l’hiver, les végétaux qui, 
pendant l’été, sont dispersés dans l’inté- 
rieur du jardin , ils y sont placés dans une 
bâche de trenle-et-un pieds et demi de 
profondeur. A l’extrémité de ce rez-de- 
chaussée est un tambour semblable à celui 
qui sépare le grand pavillon des serres ; un 
couloir en longe tout le derrière et ne sert 
que pour l’usage de cette serre. Près de 
l’entrée du couloir est un escalier tournant 
qui conduit au premier étage où l’on re- 
trouve la meme distribution que dans le 
bas. Les deux premières salles qui font 
suite au tambour du fond, renferment les 
plantes grasses telles que : ficoïies , a ga- 
vées , cactées , etc. On remarque un cactus 
jnonstruosusy d’une grosseur et d’une hau- 
teur considérables et dont la lige verte et 
mamelonnée ressemble par sa forme à 
une masse de stalactites j V euphorbe d es Ca-< 


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SERRES. 4^7 

-I 

naries dont on est obligé de soutenir avec 
des cordes les rameaux étalés et dépourvus 
de feuilles ; V alocs à bords rouges de l’ile 
Bourbon et le cactus speciosissimus y dont la 
fleur d’une couleur changeante et glacée 
d’or, est par sa forme et son éclat une des 
plus belles que l’on connaisse. La troisième , 

salle n’a point encore de destination spé- 
ciale ; à son extrémité on se retrouve dans 
un tambour placé au dessus de celui qui 
fait communiquer le grand pavillon avec 
les serres courbes du rez-de-chaussée. Un 
escalier semblable à celui qui se trouve à 
l’extrémité de la serre conduit dans ce 
tambour. 



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458 


DIXIÈME PROMENADE. 


jpinnnc |Jramcmtô-c. 


ÉCOÎiE ET CfAI»E25JE2î 35E BOTASîZ^üE. 

(Professeur M. Adolphe Beonoriart.) 

i 

école de botanique : chef M. Pépin. 

Le jardin des plantes possède aujour- 
d’hui plus de 1 4 ? o o o espèces de plantes sans 
compter les variétés. Celles qui périssent 
sont remplacées par des acquisitions nou- 
velles, et comme on en reçoit beaucoup 
plus qu’on n’en perd, le nombre en aug- 
mente chaque année. 

Toutes ces plantes ne peuvent être pla- 
cées constammentdans l’école de botanique, 
quelques-uûes sont trop délicates pour 
qu’on les expose en plein air, d’autres 
sont trop rares pour qu'on ne les garde 


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GALERIE DE BOTANIQUE. 4^9 

pas avec précaution lorsqu’on n’en a qu’un 
seul individu; mais s’il en est un certain 
nombre qui ne peuvent rester à l’école , 
toutes y sont portées les jours de leçon, 
lorsque le professeur traite de la famille à 
laquelle elles appartiennent. 

.Les plantes annuelles ne se voient pas 
toujours à l’école, parce qu’il en est plusieurs 
dont la durée est très courte. On tâche 
cependant de remédier à cet inconvénient 
en les semant dans diverses saisons , ce qui 
fait qu’on les y trouve quelquefois lors- 
qu’elles ne sont plus dans les champs. Il est 
aussi des plantes qui croissent naturelle- 
ment dans les marais , dans les bois ou sur 
les coteaux , et qui se montrent rebelles à 
la culture et périssent promptement dans 
les jardins, telles sont plusieurs pédiculaires 
et plusieurs orchidées : on a soin de les re- 
nouveler quand elles disparaissent : un 
jardinier étant chargé d’aller les recueillir 
à la campagne. Toutes les plantes sont 
étiquetées. Des étiquettes plus grandes et de 
couleur ro use, indiquentd’abord les classes, 
une seconde moins grande , de couleur 
jaune y les ordres ou familles ; ensuite vient 
l’étiquette du genre qui est placée au-dessus 


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460 dixième promenade. 

de celle de la première espèce dont cha- 
cune porte sur la première ligne Ja lettre 
initiale du genre et le nom classique latin ; 
sur la seconde, le nom français et sur une 
troisième , l’indication du pays où la plante 
croît naturellement etdesj^/jej qui mar- 
quent si elle estannuelle f bisannuelle , vivace 
ou ligneuse , si elle est de pleine- terre , d’o- 
rangerie ou de serre. Au-dessous de ces 
signes, on voit sur plusieurs étiquettes , 
une bande colorée en rouge , ou en vert , en 
jaune , en bleu } ou en noir, et destinée à 
indiquer si la plante est médicinale , em- 
ployée dans l’économie domestique ou dans 
les arts , si elle est recherchée pour l’orne- 
ment des jardins, enfin si elle est vénéneuse. 

Nous ne décrirons pas l’ordre suivant 
lequel les plantes sont rangées dans les pla- 
tes-bandes, nous nous contenterons de dire 
que c’est la méthode naturelle qui préside 
à la disposition générale , et que l’on peut 
passer d'une famille à l’autre comme on le 
ferait en lisant un livre. 

Parmi les végétaux les plus remarqua- 
bles, nous citerons seulement : un superbe 
liquidambar (C Orient , dont le port ressem- 
ble à celui d’un érable ou d’un sycomore ; 


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GALERIE DE BOTANIQUE. 4^>I 

un bel assortiment de gledilchia aux longues 
épines ; parmi eux on remarque le gledilchia 
de la mer Caspienne dont le feuillage est 
très élégant, et dont les épines atteignent 
40 à ta pouces de longueur; un mimosa 
julibrissima , espèce magnifique , originaire 
de Perse et fort répandue dans les jardins 
d’Orient; ses branches s’élalent comme 
celles du cèdre du Liban ; le feuillage lé- 
ger et d’une grande élégance se marie bien 
à ses innombrables faisceaux de fleurs res- 
semblant à des aigrettes de soie rose. 

On voit aussi: un magnifique pin lariccio^ 
de 80 pieds de haut, et qui était à cette place ' 
lorsque l’on a agrandi l’école et que l’on n’a 
point osé déplacer; un pacanierijuglans o/i- 
vœformis') originaire de l’Amérique-septen- 
trionale, dont les feuilles sont composées de 
i3 à i5 folioles; le fruit contient une noix 
très douce connue -en Amérique sous le 
nom de no\x pacanc ; deux espèces de su- 
macs C rhus toxicodendron et rhus radicansj 
dont le suc est si caustique, qu’une seule 
goutte tombée sur la main suffit pour cau- 
ser une inflammation qui s’étend bientôt à 
toute la surface du corps. 

On cultive aussi dans un des bassins, le 

39. 


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46a DIXIÈME PROMENADE. 

vallisneria spiralis, qui a inspiré à M. Castel 
les vers suivans : - 

Le Rhône impétueux, sous sou onde écuinante. 
Durant dix mois entiers , nous dérobe une plante 
Dont la tige s’allonge en la saison d'amour. 

Monte au-dessus des flots, et brille aux yeux du jour. 
Les mâles, jusqu’alors daus le fond immobiles. 

De leurs liens trop courts brisent les nœuds débiles. 
Voguent vers leur amante, et libres dans leurs feux. 
Lui forment sur le fleuve un cortège nombreux : 

Ou dirait d’une fête où le dieu d’hyménéc 
Promène sur les flots sa pompe fortunée : 

Mais les temps de Vénus une lois accomplis, 

La tige se retire en rapprochant ses plis , 

Et va mûrir sous l’eau sa semence féconde. 


GALERIE DE BOTANIQUE. 


Au-dessus de la salle d’administration et 
au premier étage , sont les galeries de bota- 
nique. On voit dans l’escalier un tronc de pal- 
mier parfaitement cylindrique, de 12 pieds 
de hauteur sur 10 pouces de diamètre. Il 
est entouré d’une liane très forte que Ton 
présume être une espèce de figuier, et 
dont les tiges aplaties, épaisses de deux pou- 
ces, sont naturellement entregreffées de 
manière, à envelopper. l’arbre d’une sorte 
de réseau à larges mailles. 


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GALERIE DE BOTANIQUE. 4^3 

Plus haut, à côté de la porte d’enlrée, 
on remarque, entre autres tiges, celle d’un 
chamœrops garnie de la base à la cime de 
larges écailles provenant des débris des 
feuilles dont la base est restée adhérente 
au tronc. 

» 

Une fois entré, on trouve trois salles qui 
communiquent Tune à l’autre par une ou- 
verture cintrée, pratiquée dans le milieu . 
La première , est la salle des bois , la secon- 
de, celle des herbiers , la troisième, celle 
des fruits . 


SALLE DES LOIS. 

Les armoires qui sont les plus rappro- 
chées de la fenêtre à droite, contiennent 
des échantillons qu’on a plus particulière- 
ment choisis pour le cours de botanique : 
ce sont divers exemples d’ épiderme , d’écor- 
ce , de racines, de tiges , de vaisscaux-tra - 
' chées, de moelles, de greffes, etc. On y re- 
marque : i° une racine ou base de la tige , 
d’une sorte de fougère fpolypodium haro- 
metzj qui s’élève au dessus de terre, et prend 
l’apparence d’un petit agneau, d’autant 
qu’elle est revêtue d’une sorte de duvet 


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464 DIXIÈME PROMENADE. 

soyeux fort épais ; on nomme vulgairement 
la plante, agneau de Scythie. Les échantil- 
lons du Muséum viennent tous du nord de 
la Chine ; a 0 de beaux échantillons de liber 
(partie la plus intérieure de l’écorce), de bois 
dentelle , les uns en rubans tenant au bois, 
les autres séparés; un tronc de deux pieds » 
de long, offert par M. Ramon de la Sagra, 
qui l’a rapporté des parties montueuses de 
Cuba , et que l’on croit le daphne lagetto 
vulgairement bois dentelle ; 3 ° des tiges de 
bauhinia anguina , dont la forme sinueuse 
ressemble à une sui te dV , placés bout à bout, 
et qui couronnent de leurs bandes larges 
de 6 pouces sur 3 ou 12 lignes d’épaisseur, 
le faite des arbres lesplus élevés. Des troncs 
de hura crépi tans et de zanthoxrlum, munis 
de très gros aiguillons;4°des tiges de cierges 
de 8 pouces de diamètre, hérissées de leurs 
faisceaux d’épines; 5 ° un morceau de bois, 
dans l’intérieur duquel on trouve l’impres- 
sion de ce qui avait été écrit sur l’écorce 
en 1750; les lettres et les chiffres se voient 
encore sur l’écorce , mais il n’y en a pas la 
moindre trace sur les couches intermédiai- 
res qui se sont organisées entre l’écorce et 
le bois; 6° une corne de cerf sortant d’un 


L . 

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GALERIE DE BOTANIQUE. 



ti onc d arbre j dans lequel elle a été enve- 
loppée lorsqu’il était encore jeune. 

Les armoires placées vis-à-vis, et toutes 
celles qui s’étendent jusqu’à l’autre fenêtre 
de cette meme salle, renferment une col- 
lection de bois rangés par familles naturelles. 
Cette collection se compose de la plupart 
des échantillons d’arbres de l’Amérique 
septentrionale, rapportés par M. Michaux 
fils. Presque tous ces arbres pourraient être 
cultivés en France, et plusieurs seraient 
précieux pour la menuiserie et l’ébéniste- 
rie : le bois du noyer noir, de l* érable rouge , 
de l érable à sucre, sont susceptibles de 
recevoir un aussi beau poli que ceux de 
l’Inde. 

De l’autre côté de l’entrée, jusqu’à la fe- 
netre au couchant , sont quatre armoires 
réservées pour les végétaux monocotylédo- 
nés , elles renferment des troncs et des 
coupes de palmiers , de baquois , d 'yucca ^ 
de fougères arborescentes , de bambous , de 
rotangs , de papyrus , etc., destinés à mon- 
trer la différence d’organisation qui existe 
entre eux et les arbres dont la graine a 
deux cotylédons. 


dixième .promenade. 

SALLE DES HERBIERS. 

Cotte salle est garnie d’une boiserie , for* 
niant des cases de io pouces de hauteur sur 
il de largeur, et 17 à 18 de profondeur. 
Ces cases sont au nombre de 344 dans la 
partie tleia salle qui est à droite de l’entrée; 
et de 256 dans la partie gauche. Des stores 
qu’on élève et baisse à volonté , les garan- 
tissent de la poussière. 

Celles de droite renferment l’herbier gé- 
néral, on a rapproché de chaque espèce 
bien déterminée celles qui ne sont pas en- 
core assez bien distinguées pour qu’elles 
soient décidément considérées comme es- 
pèces particulières. 

Le fonds de cet herbier, est composé de l’ancien her- 
biev de Vaillant, où toutes les plantes étaient étique- 
tées de sa main avec la synonymiedes auteurs connus 
de son temps et l’indication du lieu où la plante 
avait été recueillie. Il y avait aussi dans cet herbier 
plusieurs plantes envoyées à Vaillant par des botanis- 
tes et étiquetées de leur main; les écritures étant 
connues, lorsque ceux qui ont envoyé des plantes les 
ont publiées dans leurs écrits, on en a un synonyme in- 
contestable. M. Desfontaines a joint à chacune de ces 
plantes, sur une étiquette particulière, le nom systé- 
matique moderne le plus sur et le plus connu. Les 
échantillons ont été comparés avee ceux des herbiers 
de MM. de Lamarck et de Jussieu. 


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GALERIE DE BOTANIQUE. 4^7 

L’herbier de Vaillant, étant autrefois ar- 
rangé selon la méthode de Tournefort, et 
renfermé dans des boîtes , n’était pas d’un 
usage commode ; M. Desfonlaines entreprit 
en 1797 de le disposer dans l’ordre des fa- 
milles naturelles avec des étiquettes de 
genre, et d’y intercaler les autres plantes 
que possédait le Muséum. 

Comme il est essentiel que l’herbier gé- 
néral ne soit pas très volumineux, on a ré- 
servé les doubles pour faire des herbiers 
particuliers , lois sont ceux : de la Nouvelle- 
Hollande , de Cayenne, des Antilles , du 
Cap , de VInde , des îles de France et de 
Bourbon , à 1 Egypte , du Levant. 

Il y a encore d’autres herbiers spéciaux 
desquels on n’a pris quel es doubles pour les 
joindre à l’herbier générai : ce sont ceux 
qui servent de type à un ouvrage imprimé. 

Tel est celui de Michaux père où l’on, voit toutes les 
espèces décrites dans sa flora borcalis aniericana ; celui 
de Michaux üls qui offre les échantillons des arbres de 
l’Amérique septentrionale don t il a donné l’histoire ; 
celui des plantes de !a Taur l cle et du Caucase dé- 
crites par Marshall, et qui a été apporté au Muséum 
par son collaborateur M. Stevens. Celui des moûts 
Altaï dont la flore a été publiée par MM Ledebour, 
C. A. Meyer et Bunge ; une superbe collection de 1 a 


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468 DIXIÈME PROMENADE. 

Daourie envoyée par M. Fischer et formant avec les 
deux précédentes l’herbier de l 'empire russe; celui 
des plantes de France par M. de Candolle, servant 
de type à la seconde édition de la Flore française. 

Destinée à former l’herbier national, cette collection 
de France s’enrichit tous les jours par les dons des 
botanistes habitant les départemens. C’est ainsi que 
MM. Haurey et Fleurot ont envoyé les plantes de la 
Bourgogne , dont ils ont publié la Flore ; MM. Le- 
normand et Dubuisson , celles de la Normandie; 
M. Léon Dufour les végétaux les plus remarquables 
des Landes ; M. Goupil, député de la Sarthe, celles 
de son département; MM. Prost et Eoivin les plantes 
de la Lozère. 

Celles de Montpellier et des Pyrénées sont dues à 
M. Routham; celles de l’Alsace à M. Buchinger, etc. 
Enfin, celles des environs de Paris , sont chaque année 
recueillies aux herborisations de M. de Jussieu qui , 
le premier, a commencé cette importante collection. 

Nous devons encore citer: le bel herbier des Molu- 
ques et principalement de Java, donné par M. le 
professeur Blum à Leyde et qui a servi de type aux 
Bijdvagen, à la Flora Javœ et à la Rumphia ; les collec- 
tions de Dupetit-Thouars;cesmagnifiques herbiersjdes 
possessions indo-anglaises distribuées par l’honora- 
ble compagnie des Indes, auxquels sont jointes les 
collections de MM. Wigl et Arnott, de M. Perro- 
tet etc. ; une magnifique collection du Brésil donnée 
par M. Gaudichaud ; du Chili par M. Gay. N’ou- 
blions pas la collection la plus nombreuse et la plus 
belle qui ait été faite dans ces derniers temps et qui 
fut recueillie dans la chaîne de l’Himalaya, par 
l’infortuné Victor Jacquemont, etc. etc. 


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GALERIE DE BOTANIQUE. 



Les plantes uniques de ces divers her- 
biers réunies à celles de l’herbier général, 
forment pour le moins une -collection de 
5o,ooo végétaux, décrits et suffisamment 
connus. 

L’ancien herbier de Tournefort a été 
conservé avec soin dans l’ordre où il était 
disposé, par respect pour la mémoire du 
fondateur de la botanique en France, et 
parce qu’on trouve étiquetées de sa main 
ou de celle de Gundelsheimer, presque tou- 
tes les plantes qu’il avait recueillies dans 
son voyage du Levant. 

Deux meubles occupent le milieu de 
cette salle. 

Ils renferment l’herbier de la Flore du 
Sénégal que publient MM. Guillemin, 
Àch. Richard et Perrotet; ceux de Mada- 
gascar et celui de Vile Timor décrits par 
M. Deeaisne aide-naturaliste de botanique. 

Chacun de ces meubles estsurmonté d’ar- 
moires vitrées renfermant une collection 
nombreuse de champignons, parfaitement 
exécutés en cire par Pinçon ; ainsi qu’un 
autre non moins remarquable des espèces 
comestibles, donnée au Muséum par l’em- 
pereur d’Autriche. 

40 



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fyo DIXIÈME PROMENADE. 

Au-dessus des armoires sont des cages en 
verre contenant les modèles des champi- 
gnons les plus volumineux , qui ne pour- 
raient être placés dans les armoires sans 
nuire à la disposition générale. Cette col- 
lection est rangée d’après la classification 
de Fries, et la synonymie est en concor- 
dance avec celle de Bulliard. 

TROISIÈME SAL1Æ. 

Cette salle a vingt-quatre armoires vi- 
trées, dont quatre dans les trumeaux. Douze 
renferment des fruits desséchés ou conser- 
vés dans l’esprit-de-vin , les autres contien- 
nent diverses productions du règne végétal 
dont on fait usage dans la médecine ou dans 
les arts. 

Pour visiter convenablement cette salle, 
on se dirigera eü entrant à droite, vers 
l’angle de la fenêtre. 

Les trois premières armoires sont desti- 
nées aux fruits des palmiers et d’autres vé- 
gétaux monocotilédonés . On y remarque de 
beaux cocos des Maldives , dont un a qua- 
tre lobes, et un est enveloppé de son brou , 
chose assez rare dans les cabinets, et les 


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GALERIE DE BOTANIQUE. ^ t 

< chatons mâles de cet arbre qui ‘sont de la 
grosseur du bras ; le doum ou palmier de la 
Thèbaïde dont les fleurs ont été rapportées 
par M. Bové ; diverses espèces de cocos , de 
très bçaux pandanus de l’Inde. » 

L’armoire suivante offre à considérer une 
collection des céréales cultivées en France 
et envoyées par M. Seringe. Dans celle 
qui fait l’angle de la salle, on- remarque : ' 
une collection de cônes de pins et de 
sapins , dont la plupart ont été recueillis 
dans l’Amérique par M. Michaux; puis de 
beaux échantillons de l’araucaria chilensis f 
ou pin du Chili rapportés par M. Dombey; 
enfin les beaux cônes des pinus excelsa et 
longifolia du Népaul cueillis par Jacque- 
mont. Viennent ensuite : des fruits de bao- 
bab. ou pain de singe ; le fruit du genre me- 
lia sur lequel M'. Blume a appelé l’attention 
des. botanistes; des gousses de courbaril , 
dont, l’intérieur du légume a le goût de pain 
d’épices et sert d’alimens. aux Indiens des 
Antilles ; les gousses à trois valves du mo- 
ringa , celles du mimosa scandens et du mi- 
mosa entada "qui ont de 4 à 5 pieds de lon- 
gueur, quoiqu’elles soient sorties d’une 
fleur extrêmement petite; enfin diverses 


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472 DIXIÈME PROMENADE. 

graines de couleur éclatante, et qu’on em- 
ploie pour faire des colliers et d’autres or- 
nemens. 

Au milieu de cette salle se trouvent six 
meubles placés en face de chacun des tru- 
meaux des croisées, ils contiennent la col- 
lection des végétaux fossiles donnée au 
Muséum par M. le professeur Adolphe Bron- 
gniart; cette collection est la plus riche et 
la plus précieuse qui soit en Europe. 

On commencera par la première armoire au fond 
de la salle à gauche. Ce sont d'abord les familles du 
bas dei’échelle végétale: les agames, puis les cryptoga- 
mes celluleuses , les cryptogames vasculaires , les fou- 
gères constituant un des plus vastes groupes de végé- 
taux fossiles; près d’elles sont les sigillaires voisines 
des lépidodendroriSy lycopodiacées ou fougères arbo- 
rescentes dont il ne reste plus de représentant sur 
aaotre globe. Les autresarmoires du côte droit , outre 
la suite des sigillaires , contiennent encore les végé- 
taux fossiles des terrains tertiaires et ceux propres 
aux terrains marins supérieurs encore fort peu nom- 
breux. On y remarque des cônes d'un pin voisin du 
pin du nord y provenant des environs de Plaisance; 
des noix ressemblant à celles du noyer noir et trou- 
vées dans les environs de Turin. 

Enfin cette maguifique collection se termine par 
quantités de végétaux propres aux terrains lacustres 
supérieurs. Ses richesses augmentent tous les jours, soit 
par des voyages spéciaux faits par M. Adolphe Bron- 
gniart, soit par des dons particuliers. 


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BIBLIOTHÈQUE. 


/ 


47a 


©njicmf flrcmmtaîrr. 


BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉUM. 

( M. J. Dessotehs, Bibliothécaire.) 


Fondée seulement en Juin 1793, par le décret de 
réorganisation du Muséum, la Bibliothèque est exclusi- 
vement consacrée aux ouvrages relatifs aux sciences 
physiques et naturelles , et se trouve ainsi destinée à 
compléter, avec les cours et les collections, les moyens 
d’études offerts an public pour cette branche des con- 
naissances humaines. Elle forme donc un de ces éta— 
blissemens spéciaux dont le besoin est enfin reconnu, 
la nécessité proclamée généralement, et qu’il est en 
meme temps si important de compléter par tous les 
ouvrages anciens qui lui manquent et par les publi- 
cations nouvelles. Mais , par malheur, les livres 
d’histoire naturelle, où les planches jouent un si 
grand rôle, étant > pour la plupart, d’un prix fort 
élevé, les fonds consacrés annuellement à son déve- 
loppement , trop; bornés encore, quoique récemment 
augmentés, n’ont pas permis qu’elle répondît aux 
désirs de l’administration et des travailleurs. 

/ 40. 


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ONZIÈME PROMENADE. 


Quelques accroissemens notables sont venus néan* 
moins depuis plusieurs années ajouter au nombre et 
à la valeur des précieux documens qu’elle possède, 
surtout le magnifique don de toute la partie scien- 
tifique de la bibliothèque de G. Cuvier, fait en 1 83 a, 
par le Gouvernement. Si, d’une part, celui-ci continue 
à lui donner chaque année des ga^es de sa protec- 
tion, les dons des particuliers contribuent également à 
l’enrichir, ainsi que ses rapports avec les diverses 
académies et sociétés savantes françaises et étrangères, 
dont elle cherche incessamment à compléter les actes, 
de même que les recueils périodiques consacrés aux 
différentes parties des sciences naturelles. 

Persuadée de toute l’importance que présente leur 
réunion, impossible aujourd’hui dans les bibliothè- 
ques particulières, l’Administration du Muscupi a, 
dans ces dernières années, multiplié ses relations et 
fait un appel au monde savant entier pour l’engager 
à continuer à cette partie si utile de sou établissement 
l’intérêt dont il l’a honoré jusqu’à présent et à en 
multiplier les preuves. Riche actuellement de 27028 
mille volumes ou dissertations particulières, dont le 
nombre s’élève' chaque jour, la Bibliothèque mettra 
le plus grand prix à augmenter dans ses portefeuilles 
la quantité déjà fort considérable de travaux parti- 
culiers, extraits ou non de recueils plus étendus , par- 
fois bornés à quelques pages , tirés à un petit nombre 
d’exemplaires et souvent n’existant pas dans le com- 
merce. Réunis et classés méthodiquement, ils con- 
stituent un fonds précieux pour les savons qui s’oc- 
cupent d’une matière spéciale, et leur augmentation 
ne peut que le faire fructifier encore. 

La Bibliothèque existe dopuis 1823^011* le pavillon 


BIBLIOTHEQUE. 


4?5 

habité autrefois par Buffon, et en occupe le premier 
étage divisé en cinq pièces (i). Là sont rangés dans 
l’ordre le plus méthodique tous les ouvrages relatifs 
à chacune des divisions des sciences physiques et na- 
turelles, et le plus souvent sans égard au format, afin 
de pouvoir, d’un coup-d’œil, saisir-l’ensemble des ma- 
tières relatives à une même partie. 

Voici l’ordre que la disposition du local a néces- 
sité pour l'arrangement des matières : 

Première Salle : Histoire naturelle générale f 
Botanique , Agriculture . 

Deuxième Salle : Histoire naturelle générale , 
Physique , Chimie, Minéralogie , Géologie , Paléonto- 
logie, Anatomie et Physiologie humaine et compa- 
rée, Zoologie. v 

Troisième Salle : Actes des Académies et Socié- 
tés savantes . 

Quatrième Salle : Géographie et Voyages, His- 
toire naturelle topographique. 

Cinquième Salle : Journaux et recueils périodi- 
ques , collections des monographies et dissertations 
particulières . 

Ne pouvant entrer ici dans le détail des ouvrages 
compris dans chacune des parties dont se compose 
cette riche collection, nous nous bornerons, en in- 
diquant la classification méthodique des matières , à 

(i)'Ce local étant devenu aujourd’hui insuffisant, la 
Bibliothèque sera prochainement transférée dans un 
des pavillons latéraux de la nouvelle galerie de Géolo* 
gie et de Minéralogie* 


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ONZIÈME PROMENADE. 


mentionner le nom des principaux auteurs qui s’en 
sont occupés et nous suivrons les divisions adop- 
tées dans le catalogue général , auquel correspond un 
Répertoire par. ordre alphabétique du nom de cha- 
que auteur. 


HISTOIRE NATURELLE, GÉNÉRALE BT 
TOPOGRAPHIQUE. 

Histoire et philosophie de l'histoire naturelle. Link, 
Beckmann , Blumenbach, Burkardt, Hollmann, 
Deluc , etc. ... 

Histoire naturelle générale. Aristote , Pline , Al- 
drovaude, Albert, îSieremberg, Kircher, Swam- 
merdam, Scheuchzer, Buffon el Lacépèdle, Sonnini, 
Pluche, Bonnet, Bernardin de Saint-Pierre, Hum— 
boldt, Wilbrand, Ritgen, Haussmann, etc. 

Ouvrages élémentaires. Erxleben, Voigt, Blumen- 
bacli, Cotte, Forster, Fabricius, Millin, Oken, Du- 
méril , Brugnatelli , Uelafosse , etc. , etc. 

I 

Mélanges et histoire naturelle. P. Belon , F. Co- * 
lunina , Boccone , Rédi, Perrault Baster, C. Linné, 
Jacquin, Guettard, Thunberg , Alleon-Dulac, Lud- 
wig, Vandelli, Langguth, Roucher de Ratte, Du- 
pont de Nemours, Toscan, Tautini , Dutrochet, etc. 

Micrographie. Hooke, Leuwenhoeck, Bouanni, Jo- 
blot , Needham, Ledermuller, etc. 

Dictionnaires. Sigaud de Lafond, Martini, Val- 
mont de Bomare. — Nouv. Dict. d’hist.nat. appliquée. 


BIBLIOTHÈQUE. 477 

publié par Dét er ville , première et deuxième édition, 
24 et 36 vol. in-S°; Dict. des Sc. naturelles, 60 vol. 
in-8° ; Dict. classiq. d’hist. naturelle , 1 7 vol. in-8° ; 
Dict. polyglotte de Nkmnich ; Dict. étymologique et 
technique, par Jourdan. 

Muséums d’histoire naturelle. Jacobœus, Wormius, 
Lochner, Hebenstreit, Levin-Vincent, Seba , Bo- 
îianni, Grew, Fischer, Deleuze, etc. 

Recueils de planches. Ray, Menlzel , Dicquemare , 
Blumenbacli , etc. 

Histoire naturelle de l’Europe. Pontoppidan , An- 
derson, Horebow, Eggede, Georgi, Galitzin, Gilibert, 
Rzaczynsky, Dubois, Berkeley, Borch, Kramer,Merret, 
Childrey, Caius, Siebold, Borlase, Plot, Defay, Girod 
deCbantrans, AlléonduLac, Risso, Astruc, Giraud- 
soulavie, Palassou, Barrai, Bowles, Fischer, Arm- 
strong, Wagner, Cappeller, Razoumowsky, Scopoli , 
Boccone, Raiinesque, Azuni.Ginnani, Donati.., etc. 

Afrique. P. Alpin, Adanson, Daniel I , Bory de 
Saint-Vincent , L. de Buch, Webb et Berthelot, etc. 

Asie. P. Belou , Russel , Kœmpfer, etc. 

Amérique. Catesby, Volney, Hernandez, Mare- 
grave, Davies, Acosta, Rochetort, Duterlre, Niehol- 
son, Browne, Sloane, Hugues, Bajon, Fermin, 
Pison, New-wied , Molina. 

BOTANIQUE. 

Histçire delà Botanique. Sprengel , Linné , 'Hal- 
’ 1er, etc. 

. Botanique générale. Théophraste, Dioscoride , 
Brunfels, Ruel, Fuchs, Matlhiole, Dodonée, Lobel, 


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4 j8 ONZIÈMB PROMENADE. 

Césalp’ra , Trew , Closius , Dalechamp , Louieer, G. 
€ t|J. Bauhin, Parkiuson, Ray, Morison , H-. Ill, etc* 

T raités élémentaires. Schkuhp , Nees d’Esenbeck , 
Willdenow, Sprengel , Richard , Lindiey, etc. 

Anatomie et physiologie végétales. Grew, Burkardf, 
Linné , Haies, Bonnet , Gærtner, Senebier, Huber» 
Kieser, Link, Rudolphi, Treviranus, Yiviani, Mir- 
bel , Dupetit ïhouars , Richard , Decandolle , Th. de 
Saussure, Schultz, Meyen, Raspail, Lindiey, etc. 

Classification botanique. Linné, Link, Ray, Ma- 
gnol, Sauvages, Ludwig, Adanson, de Jussieu (A. L.), 
Yahl , Yitman, Willdeuow, Ventenat, Jaume-Saint- 
Hilaire, Petsoon, Decandolle, Bartling, Wilbrand, 
Schultz, Endlicher, etc. 

Familles et genres phanérogames. Cavanilles, Lhé- 
ritier, R. Brow r n , A. P. et A. pecandolle, L. C. et 
A. Richard, P. L. et Ad. de Jussieu., Dunal, Leh- 
man», Ad. Brongniart , Rœper, Chavannes, Kunth , 
A. Lambert, Pallas, Humboldt et Bonpland, Kerner, 
Jacquiu, Martius et Mokl , Andrew, Delaroche, 
Lindiey, etc. 

Cryptogames. Hoffmann, Acharius, Gmelin, Dil- 
lenius, Bischoff, Vaucher, Hedwig et Schwaegri- 
chen, Bridel, Nees d’Esenbeck, Swarta, Agardh , 
D. Turner, Lyngbye, Holmskiold, Paulet, Scbœffer, 
Persoon, Bulliard, Albertini, Fries, Viviani, etc. 

Géographie botanique. Stromeyer, Humboldt , 
Schow, De Candolle, Mirbel, Auguste Saint-Hilaire, 
Ramond,etc. 


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BIBLIOTHÈQUE, 



479 


Flores et plantes de divers pays. 


i Europe. Ray, Clusius, Boccone, Barrelier, 

Linné, Wahlenberg, Retzius, CEder, Mülier, Vahl et 
Hornemaun , Paîtas, Marschal-Rieberstein , Roth, 

Mertens et Koch, Reicbenbach, Wallroth , Schrank , 

Xrocker, Jacquin, Weber, Crantz, Meyer, Waldstein 
et Kitaibel , Hermann, Kops et Vanball, Hudson, 

Smiib , Loudon , Liclilfoot , Hooker, Lamarck et 
Decandolle, Duby, Luiseleur Deslongcbamps , Map- 
pi, Bâtard , Devaux , Ralbis , Yillars , Picot-Lapey- 
rouse, baillant, Tournefort, Fabregou , Rulliard, 

Thuillier, Merat, Cavanilles, Brotero, P. Alpin, Hal- 
ler, Scheuchzer, Gaudin , Wahlenberg , Hagenbach , 

Secretan , -Pontedera, Allioni , Balbi, .Zaunoni, 

Mauri, Tenore,' Naccari, Bertoloni, Cyrillo, Cu- 
pani , Buxbaum , etc. , etc. 

t ^ i 

Afrique. Burmaun, Schousboe, Desfontaines, 

P . Alpin, Delile, Labillardière, Guillemin, Richard et 
Perrottet, Palisot de Beau vois, Roxburg, Tliunberg, 
Cambessèdes, Dupetit Thouars, etc. >; 

f 3° Asie. Gmelin, Ledebour, Blume, Wallich, 
y riglh et Arnott , Loureiro , Thunberg , etc. * ; ■ 

4 Amérique. R. Brown , Michaux, Cornuti, Hoo- 
ker, Swartz, Plumier, Jacquin ,Hamilton, Humboldt << 

et Bonpland, Kuntb, Aublet, Tussac, Descourtilz, 

A. Saint'-Hilaire , Ad. de Jussieu et Cambessèdes, 

Martius et Zuccarini , Endlicher et Poeppig, etc. , etc. 

5° Australie . Forster, Smith, R. Brown , La- 
billardière, Blume et Fischer, Rumphius, etc. 


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£8o ONZIÈME PROMENADE. 

\ 

PHYSIQUE. 

Histoire de la physique. Fischer (J. C). 

Philosophie physique . Ardant, Gruyer, etc. 

Ouvrages généraux. Rohault , S’Gravesande , 
follet, Lacépède, Hauy, Vecchi, Parrot, Beudant, 
Biot, Poli, Mollet, Pelletan, Despretz,Peclet, Pouil- 
let , Person , etc. 

Optique. K i relier , Newton, Petrini, Bourgeois, 
R. Smith, Venluri, Déal, Laplace, Arago, Fresnel, 
Hussey -Délavai, Opoix, Swiuderen, etc. 

Acoustique. Chladni, Bliu, Savart , Challis, Du- 
trochet, Morel, etc. 

Calorique. Rouvière, P. Prévost, Azaïs, Dulong 
et Petit, Poisson, Despretz, Humboldt, Laroche et 
Bérard, Larive et Marcet, Rumford, Davy (H.), 
I.ibri, etc. 

1 Electricité. Franklin , Priestley, Bertholon, Lacé- 
pède, Hauy, Follini , Veau-Delauuay, Becquerel, 
Gay-Lussac, Anselmi, Feburier, etc. 

Galvanisme. Sue, Hauff,Izarn, Deluc, Humboldt, 
Nysten, Aldini, etc.' 

Electricité dynamique. Monferrand , Ampère , 
Davy , Larive , Babbage , etc. 

Magnétisme. Morrichini, Freycinet, Duperrey, 
Quetelet, etc. 

Electro- chimie, Davy , Mollet ,' Larive (Aug.) 

Traités spéciaux. Otto de Guericke, Pascal, 
Muschenbroeck , Mariotte, Martine, Papin, La- 


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BIBLIOTHEQUE. 


48i 

naarck, Roucher de Ratte, Thouvenel, Bournon, 
Biot , Laplace , Petit , Poisson , etc. 

Météorologie. Duhamel , R. Boyle, Deluc, Cotte , 
Lampadius, Th. de Saussure , Mairan, Sage, Leslie , 
Arago, Raïuond, Prony, Caréna, etc. 

' I 

CHIMIE. 

Histoire de la chimie. Manget, Joyant, etc. 

Dictionnaires. Macquer, Klaproth, Pelletan, etc. 

Philosophie chimique. Fourcroy, Davy, Van Mons, 
Lamarck, Dalton, Guy ton de Morveau, Lavoisier,.. 
Berlhollet, OErsled, Chereau , Beral, Veit , Ampère, 
Baudrimont. 

Traités généraux. Glaser, Béguin, Lemery, Et- 
muller, Juncker, Boerhaave, Macquer, Malonin, 
Lemery, Shaw , Wallerius, Spielmann, Baumé, Guy- 
ton - Morveau , Maret et Durande , Lavoisier , 
Gren , Fourcroy, Adet, Bonvoisin , Mojon , Orfila, 
Thomson, Thénard, Peclet, Lassaigne, Berzelius, etc. 

Mélanges de chimie et de physique. Boyle , Van- 
helmont, Stahl, Hoffmann, Guy ton-Mor veau, Pott, 
Scheele, Priestley, Bergmann , Fontana , Margraff, 
Macbride, Bosc d’Antic , Pelletier, Lavoisier, La- 
marck, Gay-Lussac et Thénard, etc.. 

Traités particulier de chimie. Gellert, Bucquet, 
Lagaraye, Ray, Pott, Meyer, d’Arcet, Valentin, Stahl, 
Kuuckel, Jacquiu, Scheele, Cavendish, Lavoisier, etc. 

Dissertations diverses. Gay. Lus sac, Davy, VogeI ? 

* 


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482 ONZIÈME PROMENADE. 

Curaudeau, Gaultier de Gkaubry, Longèhamp, Boullay , 
Cbevreul, Despretz, Soubeirttn,<etc. 

Chimie animale . Cbevreul, Raspail, Kaicbett, 
Henry et Plisson, Lassaigne, etc. 

Chimie végétale . Kleynhoff, Vogel , Henry, Rohi- 
quet, Cbarlard, Bouliay, Lassaigne, Pelletier, etc. 

Arts chimiques.. Garriga , Chaptal, Duportal, Cossi- 
gny, Dandolo, Poggi , Parmentier, Proust, D’Arcet, 

* Vauquelin.Masuyer, Payen, Chevallier, etc. 

, t 

MINÉR A LOGIE. 

♦ 

Dictionnaires. Bertrand, Hartmann, Pansner , 

' Beurard. 

;* philosophie minéralogique. Dolomien , Retzius. 

Classification minéralogique. Linné, Wallerius, Ber- 
gmanu, Daubenton, Lucas, ILarsten, Haiiy, Fischer, 

< Berzelius, Mohs, Léonhard, Suckow. 

Traités généraux Théophraste , Encelius , Léo- 
«. nardus, Césalpin, Kœnig, Agricola, Ccesius, Hen- 

ckel, Cronstedt, Lehmann, Werner, Bergmann, Val- 
mont de Boraare, Vogel, Sage, Monnet, Buffon, Kir- 
' wan, Patrin, Haüy, Brochant, Alex. Brongniart, La- 

métberie, Beudant, Lucas, Necker, Léonhard, Brard. 

Cristallographie. Marx , Bourguet , Romé-Belisle, 
Haüy , Brochant , Bosc, Naumann , Bacci , Boyle 

iBoet, Brard, 

Analyse des minéraux. Cramer, Orschaall, PottJ 
Gellert, Monnet, Lampadius, Klaproth, Berlhier, etc. 

Minéralogie appliquée et métallurgie. Héronde Vil- 


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BIBLIOTHÈQUE. 483> 

fefosse, Délius, Jars, Dietrich, Hassenfralz’ Réaumur, 
d’Arcet, Karsle», etc. 

Eaux minérales. Bertrand, Colizzi, Bouillon La- 
grauge, Alibert, Anglada, Longchamp, Fourcroy, 
Henry, Opoix, Bauhin, Attuiuonelli, Cantu, etc. 

GÉOLOGIE. 

Histoire de la géologie. Léonhard. 

Physique générale du globe. Desmarest , Bory de 
Saint-Vincent et Huot, Saury, Baumer, Kant, Nesi, 
Lamouroux, Lecoq, Cou lier, etc. 

Ouvrages généraux. Kirwan , Bertrand , Faujas de 
Saint-Fond , Delue , (J.-A.), Breislak , Lametherie, 
D’aubuisson de Voisins et Burat, Bakewell, Omalius 
d’Halioy, Rouet, — de Saussure, Léonhard, Boué, etc. 

Théorie de la terre. Woodvrard, Berker, Leibnitz, 
Buffon, Whislon,Raspe, Wallerius, Royou, Playfair, 
Kriiger, Burtin, Pougens, Lametherie, Bertrand, An- 
dré Gy, Lenglet, G. Cuvier, Bertrand (A.), etc. 

Géologie théologique. Burnet, Rambert , Berthier , 
Deluc,Gervaisdela Prise, Buckland, Frossard, Chau- 
Bard, etc. 

Mélanges géologiques. Kircher, Buttner, Monti, 
Chabrier , Demaillet , Patrin, Prévost (C.) Niccolini, 
Belpaire, etc. 

Terrains. Bonnard, Jobert, etc. 

Oryctognosie.’Werncr , Léonhard, Humboldt,Huof, 
Dolomieu, Brongniard (Alex.), Studer, Steininger, 
Kefersteiu, Razoumousky,Oeluc (J.-A.), Hausmann. 


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484 ONZIÈME PROMENADE. 

Montagnes. Pallas, de Beaumont, Labèche, Cony- 
beare, etc. 

Volcans. Ordinaire, Sickler, Humboldt , Fanjas de 
Saint-Fond, Dellatorre, etc. 

Tremblemens de terre. Dolomieu , Ferrara, etc. 
Aréolites. Chladni, Schreibers, Izarn , etc. 

Puits artésiens. Héricart de Thury, Marcel de Ser- 
res, etc. 


Géologie de divers pays. 

Europe. Pallas, Born, Beudant, Boue, GolJfuss, 
L. de Ëucli, Broun, Faujas de Saint-Fond, Steiuiu- 
ger , d’Aubuissun , Haussmann , Bonnard, Buckiand , 
Sedwick et Murchison, C. Prévost, I)e Buch, Andrea, 
Bourrit, H.-B. de Saussure , Ebel , Hamel , Rengger , 
Thurmann, Studer, Greenough, Conybeare et Phi- 
lipps , Martin , Mantell, Labèche, Young et Bird , 
Berger , Webster, Boué, Lyell, Hamilton, Weaver, 
Omalius dTialloy , Bory de Saint-Vincent , Drapiez , 
Ilazoumousky, Dufrenoy et El. de Beaumont, Garnier, 
G. Cuvier et Brougniart, Opoix, Caumont, Hérault, 
Desnoyers, Fleuriau de Bellevue, Billaudel, Ober- 
lin , Graffenaucr, Guettard, Bournon, Bertrand- 
Roux, Lacoste, Devèze de Cbabriol et Bouillet , 
. Lecoq , Lyell , Montlosier, Giraud-Soulavie, Marcel 
de Serres, Astruc, Bertrand Geslin, Pasumot, Palas- 
sou, Ramond, Barrai, Bowles, Haussmann, Leplay , 
Ferber, Fortis, Mojou , Marzari. — Pencati ,Cortesi, 
Dellatorre, HamilloD, Valenziani, Gioeni, Ménard 
delaGroye, Monticelli et Covelli, Abich, Ferrara, 
Dolomieu , etc. 


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BIBLIOTHÈQUE. 485 

Asie. Humboldt (Alex.) 

Afrique. Bureau Delamalle, Dolomieu , Rozière 
Giraud, L. De Buch, etc. 

Amérique. Eaton, Akerly, Morton, Yan Resselaer, 
Labêche, Rivero, etc. 

PALÉONTOLOGIE. 

Ouvrages généraux. Bourguet , Scilla, Yailisnieri, 
Moro, J. Gesner, Kuorr et Walch, Dargenville, Par- 
kinson, Schlotheim, Tilesius, De France, L. De Buch, 
etc. 

Fossiles d Europe. Fischer, G. Baier, Wahlenberg, 
Silsson, Lachmapn, Mylius, Liebkneckt Wolfart, 
Klein, Hucber, Rueppell , Scheuchzer , Bluraenbach , 
Brugmans, Bruckmann , Burtin , Faujas s de Saint- 
Fond, Luidius , Woodward, Kirby, Mautell, Buck- 
land, Dargenville, Beaumont, Torrubia, Catullo, etc. 

Asie. Buckland, etc. ' 

Amérique. Morton, etc. 

Fossiles humains. Cassanio , Habicot , Riolan , 
Marcel de Serres, Christol, Huot, Barruel , Kœnig , 
etc. 

Mamijeres. Soemmering (S.-T.) , Rosen , Muller, 
Goldfuss , Murchison, Cuvier, Spadoni et Conali, 
,Van Marum , Adams , Turner, Peale, Karsten, Bonn , 
Âmoretti, Borson, Godmann, Nesti, Merck, Cortesi, 
Fischer (G.), Billuudel, Faujas de Saint-Fond, Hart , 
Fremery. 

Oiseaux. G. Cuvier, Goret, etc. 

4i. 


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48& ONZIÈMH PROMENADE. 

Reptiles. Sœmmering, Scortignana, Munster, BucL* 
land, Haukins, Jieger, Conybeare, Mautell, etc. 

Poissons. Scheuchzer, Blainville,Agassiz. Volta (S.), 
Scortignana, Gazzola, Faujas de Saint-Fond, Bourdet 
delà Nièvre, Munster, etc. 

Mollusques. Solander, Lamarck,Desliayes,Basteror, 
Soldani, Broechi, Reineke, DeBuch, Eichwald, Blain- 
ville, Yoltz, Raspa il, Fischer (G.), Picot-Lapeyrouse, 
Dehaan , Cli. Des moulius , De France, Hœuing- 
hauss, etc. 

Crustacés. Major, Erongniart et Desmarest, Au- 
douin, etc. 

Insectes. Sendelius, etc. 

Zoophytes. Broun, Schultz, Quov et Gaymard, Fis- 
cher, Webster, Buckland , etc. 

Végétaux fossiles. Erongniart (Ad.), Jæger, Scbeu- 
chzer°Mantell , Buckland , Patin , Lefebvre , Poiret , 
Brongniart (Alex.), etc. 

PHYSIOLOGIE HUMAINE ET COMPARÉE. 

Histoire et enseignement de la physiologie. Hal- 
ler, Lordat, Bouillaud, Gerdy, Velpeau, Le Pel- 
letier, etc. 

Économie des corps vivons. Maupertuis, N eckcr, 
Ackermann, Seheker, Lamarck, Lamélherie, Fray r ; 
Morren , Fourcaud, Brès, etc. 

Histologie. Gnilloirtet , Hœdvig, Heusinger, Du- 
trochet, Raspail, Edwards (H. M.)j Carus, Beudant, 
Hatcliett , etc. 


BIBLIOTHÈQUE. 



Vie et forces 'vitales. Yeit, Yrolik, Bickat, Dra- 
parnaud, Rolando,Canaveri, Guilloutet, Camper (P.), 
Runge, Krauss , Abernethy, Morgan, Prost, Yirey, 
Dntrochet, etc. 


Ouvrages généraux. Neraesius, Charleton, Des— 
cartes', Duhamel, Wedel, Bellini, Bohn , Teich- 
meier, Fizes, Berger, BoerLaave, Li«utaud, Ham- 
berger, Haller, Sauvages, Sigaud-Lafond, Albinus, Cal- 
dani, Ludwig’, Cullen, Blumenbach, Dumas, Àuten- 
J*ieth, Barthez, Richerand, Prochaska, Mojon, Spren- 
gel, Magendie, Grimaud, Adelon, Bourdon, Muller (J.). 

Physiologie psychologique. Platner, Itb, Cabanis, 
Bérard, James, Bories, Girou de Buzareiugues, Blaud 
Bepelletier, etc. 

Physiologie pathologique. Pfaff, Kulinholtz, Tom- 
masini, Rolando, Broussais, Nysten, etc. 

Physiologie comparée. Blumenbach , Presciani , 
Darwin , Tréviranus , Gorres, Oken , Walther, Ja- 
copi, Wilbraud, Abernethy, Roget, Burdach, Bour- 
don, Tiedemann, — Dehaan, Caréna, Héroldt, etc. 


ANATOMIE HUMAINE? 

Histoire de l’Anatomie. Gœîicke, Portai, Lassus, 
Lauth, Haller, Douglas, etc. 

Traités et ouvrages généraux. Bérenger, Gontier, 
Yesale, Étienne, Fallope, Tassée, Columbus, Coiter, 
Yalverde, Yarole, Plater, Bauhin(C.), Yidius, Spigel, 
Riolan, Highmore, Marchettis, Habicot, Yesling, Bla- 
sius, Bartholin (Th), Gelée, Diemerbroeck, Saint- 
Hilaire, Blancard, Bidloo, Bartholin (G.), Munnick, 


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I 


488 ONZIÈME PROMENADE. 

Dionis, Manget, Chéselden , Verheyen , Lieutaud, 
Deidicr, Heister, Cowper (G.), Petit, Winslow, Sa- 
batier, Caldani, Plenck, Sœmmering, Boyer, Bichat, 
Malacarne, Portai, Léveillé, Meckel, Rolando, Mas- 
cagni , Béclard , Cloquet (J.), Lauth, Cloquet (H.), 
Eourgery et Jacob. 

Anatomie pathologique. Bichat, Lobstein, Cru- 
Teilbier, etc. 

Planches anatomiques. Kulmus, Martini , Haller, 
Albinus, Santorini, Ludwig, Loder, Sandifort, Àn- 
tommarchi, Salvage, etc. 

Cabinets et muséums anatomiques. Sandifort, "Wal- 
ter, Searpa, Osiander, Mayer, üwcn, etc. 

Ouvrages généraux d’anatomie, de physiologie et 
de pathologie médicale et chirurgicale. Dictionnaire 
des sciences médicales ; Hippocrate, Galien, Paré (A.) 
Naldius, Bartholin (Th.), Botal , Yesling, Tulpius, 
Molinetti, Blasius, Peyer et Harder, Ruysch, Helvé- 
tius, Boerhaave, Baglivi, Pitcairn, Albinus, Mor- 
gagni, Willis, Sandifort, Camper (P.), Prochaska, Ca- 
uaveri, Broussais, Gerdy, etc. 

Ouvrages d'anatomie et de physiologie humaine . 
Manget, Petit, Séverin, Bartholin, Divlincourt,'Heide, 
Fautoni, Eustache, Yieussens, Keil, Santorini, Val- 
salva. Haller, Monro , Walter, Neubauer, Munnick, 
Weber (E. H.), etc. 

Ouvrages d’anatomie , de physiologie et d’histoire 
naturelle. Fabri , Malpighi , Leuwenhoeck , Cocchi , 
Camper (P.), Spallanzani, Yicq-D’Azir, Tréviranu9 
(G. R.). 


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~ - 


BIBLIOTHÈQUE. 


489 


ANATOMI3 ET PHYSIOLOGIE COMPARÉE. 

Histoire de l’anatomie comparée. Ludwig, Crai— 
gie , etc. 

Traités et ouvrages généraux. Séverin , Blasius , 
Moaro, Cuvier (G.) , Blumenbach, Home, Carus, 
Meckel, Blainville, Cloquet (H.), Graut, 

Philosophie anatomique. Geoffroy Saint-Hilaire (E.). 
Flourens, Serres, etc. 

Ulélanges d’anatomie , de physiologie comparée 
et de zoologie. Ilunter, Dumcril , Blumenbach, Ru- 
dolphi, Albcrs, Meckel (J. F.), Oken et Kieser, Isen- 
flamm etKosenmulIer, Kuhl, Delle Chiaje, Heusinger, 
Jacobson, Bertliold, etc. 

Recueils de descriptions anatomiques d’animaux • 
Blasius, Perrault, Valentin, etc. 

Anatomie d’animaux de certaines classes. Fischer 
(G.), Blainville, Camper (P.), Tiedemann, Cuvier (G.), 
Jacobœus, Steffens, Mertens, Aliéna, Monro, Buniva, 
Lister, Dugcs, Comparetti, Savigny, Straus, Robineau, 
Geoffroy Saint - Hilaire (E.), Audouin et Edwards, 
LatreilIe,Trévirauus,Suckow,Gaede, Dufour, Schmalz, 
Cloquet (J.). 

* > 

Monographies anatomiques <? animaux. 

Mammifères. Tyson , Lordat , Himly , Rcimann , 
. Lohstein, Bonn, Riegels, Freuler, Home, Meckel, 
Knox , Camper, Leigh, Ruini, Garsault, Brunot, etc. 

Reptiles. Caldesi, Bojanus, Tiedemann , Micheli , 


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490 ONZIÈME. PROMENADE. 

Huebner, Retzius (A ), Schreibers, Breyer, Klœtzke, 
Mitchill, etc. 

Poissons. Lorenzini, Home, Blainvillc, etc. 

Crustacés et Insectes. Comparotti, Straus, Dufour, 
Eschscholtz, Posselt, Lyonnet, Audouiu, Edwards, etc. 

Mollusques. Cuvier (G.), Desbayes, Rang, etc. 

Ostèologie. 

Ostéologle générale et comparée. Guillemeau, 
paaw, Cbeselden, Monro, Tarin, Bertin, Albinus,’ 
Disdier, Walters, Blumenbach, Sœmmering, Catel- 
lacci, Canaveri, "Van-Dyk, Hermann, Weber, Lau- 
rent , Geoffroy-Sainl-Hilaire (E.), Pander et d Alton r 
Pommeresche , Dubar, "Vanderlinden, Rudolphi , 
Nitzsch, Fremery, Yander-Hœven, Bakker, ltosenthal, 
Yrolik, Oken, Spix, Home, Meckel, Ulrich, Arendt, 
Fischer (G.), Lorenz, Mayer, Lherminier , Girou de 
Buzareingues, Duméril, etc. 

Structure et développement des os. Fougeroux, Tro- 
ja, Albinus, Searpa, Kerckringius , Béclard, Serres, 
Bailly, Steinmuller, etc. 

Syndcsmologie. Monro, Schreger, Ilg, etc. 

Myologic. 

Myologie humaine et comparée. Browue, Cowper, 
Gautier et Duverney, Tarin, Cbaussier, Habicot, Cour- 
celles, Stenon, Garengeol, Douglas, Sels, Himly , 
Huebner, Houston, Petit, — Astruc, Borelli , Whytt, 
Vrolik, Barthez, Chabrier , Hauch, Muller, etc. 


Digiti; 


BIBLIOTHÈQUE. 4g 1 

Nèvrologie. 

Nécrologie humaine et comparée. Harles, Ludwig. 
Vieussens, Gautier, Mouro, Andersch, Gall et Spurz- 
lieim, Cuvier (G.), Bell (Ch.). Rolando, Bailly, Des- 
moulinsTet Magendie, Tréviranus [G. R.), Roth, Man- 
gili, Audouiu et Edwards (H. M.) 

Cerveau , cervelet et moelle épinière. Relovius, 
Stenon, Vicq-d’Azir, Sœmmering, Bell, Malacarae, 
Osiander, Chaussier, Wenzel, Gordon, Burdach, Fo- 
uille, Rolando, Manec, Willis, Ebel, Tiedemann, 
Serres, Geoffroy-Saint-HÙaire (E.), Sommé, Lau- 
rencet, Arsaky , Fenner , Viraont, Reil, Flourens, 
Blasius, Keussel, Bellingeri. 

Nerfs de l’homme et des animaux. Scarpa, Nie- 
ïüeyer, Langeirbeck, Bock, Jacobson, Boehmer, Ki- 
lian, Asch, Schmidt, Driessen, Walter, Wutzer, Rei- 
chel , Arnold t, Girard, Lobstein , Hirzel , Manec, 
Weber, Vander Bonmesch, Muck, Lucæ, etc. 

Structure et propriété des nerfs. Reil, Jau, Raspail 
et Brescheî, Home, Canaveri, Prost , etc. ' 

Fonctions du système nerveux. Delaroehe, Desmou- 
lins, Pinel (P.), Flourens, Foville, Magendie, Bouil- 
Jaud, Gall et Spurzheim,DeViilers (Ch.), Friedlander, 
Malacarne, Demangeon, Adelon, Bailly, Girou de 
Buzareingnes, Dupuy, Brachet, Willis, Glisson, Clari- 
guy, Hartley, Lecat, Alibert, Spurzheiin, Georget, 
Voisin, Dupleix-Davidson, Chabert, Mangili, Saissv, 
Puysegur, Montègre, Bailly, Jussieu (A. L,) Parro't’ 
Deleuze, Hénin de Cuvilliers, etc. 

Organes des Sens.—- Traites généraux, Casserius, 
Huschke , Schelver , Fabricius, Monro , Scarpa, etc- 


ONZIÈME PROMENADE. 


49 2 

Vue. Lipstorpius, Besser, Briggs, Bidloo , Taylor, 
Zinn,T. Young, Sœmmeriog, Moeller, Léveillé, Mau- 
noir, Cloquet (J.), Doellinger, Ilihes, Henle, Kieser, 
Rosenmuller, Knox, Rlumenthal, Àlbers, Massalieu, 
Puget, Marcel de Serres, Dugès, etc. 

Ouïe. Eichhorn, Duverney, Cassebon, Cotunni, 
Buchanan, Deleau, Heusiuger, Dupin (Ch.), Geoffroy, 
Comparelti, Autenrielh, Pchl, Weber, Arnold, Esser, 
Elourens, Wiudisclimann, Geoffroy-Saint-Hilaire (E.) 
Brescbet, etc. 

Odorat. Schneider, Bartholin, Scarpa, Sœmmering, 
Cloquet (H.), Harwood, Home, Geoffroy -Saint-lii- 
laire, (E.) Durnéril, etc. 

Goût. Plohr, Ilome, Sœmmering, Froriep, Houston. 

Toucher. Metzger, Lecat, Gautier, Wilbrand, Gi- 
rou , Wenzel , Cuvier (F.), Bailly, Geoffroy-Saint- 
Hilaire (E.), Lehmaun, etc. 

Nutrition. 

Nutrition en général. Bruyerin, Etienne, Schmid- 
lapp, Licétus, Deusing, Duncan, Mutwill, .Grimaud, 
Leroy (Aplionse), Dliéré, etc. 

Digestion. Hecquet, Astruc, Montègre, Spallanzani, 
Neergard, Tiedemann et Gmeliu, Leuret et Lassaigne. 

Dents. Hunter, Blàke , Cuvier (F.), Rousseau (E), 
Oudet, Neergard, Knox, Geoffroy-Saint-Hilaire (E.) 

Estomac et organes divers. Bleuland, Savi, Glisson, 
Neergard, Home, Knox, Lieberkunn, Eccard, Lund, 
Ramdohr, Marcel de Serres, Thilus, Ubersaal,Mappes, 
Nesterus, Burger, Ussleber, Tilingius, Stukeley, Mo- 


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BIBLIOTHÈQUE. 4g3 

resclii, Heusinger, Erunner, Schmiderus,’ Ludwig, 
Sandifort, Dugès, l’Homme, Bourdon (I.), Peyer, 
Poggia, Reider. 

Circulation. 

Ouvrages généraux et particuliers. Primerose, Har- 
vey, Mery, Glossius, Haller, Spallanzani, Tend, Wil- 
brand, Mayer, Barry, Poiseulle, Marshall , Rusconi, 
Bojantis, Audouin et Edwards (H. M.), Carus, 
Lower, Tieussens, Lancisi, Senac , Haies, Crantz, 
Young (Th.), Legallois , Tiedemann, Albers, Mayer, 
Arlliaud, Kramp, Carlisle, Barkow, Nilzsch, Laülh , 
Doellinger, Meckel, Jacohson, Blumenbacli, etc. 

Sang. Parmentier, Hunter, Legallois, Home, Pré- 
vost et Dumas, Schullz, Lecanu, Donné, Wilson, 
Kaltenbrunuer, etc. 

Absorption. 

Ouvrages gêner, et particul. Asellius , Pecquet , 
Bartholin (Th.), Monro , Meckel, Scheldon , Bleu- 
land, Hewson , Cruikshauk, Mascagni, Brugmans 
Jacopi, Magendie, Tiedemann et Gmelin, Fohmann(T.), 
Fodera, Lauth, Lippi, Panizza, Antomarchi, etc. 

Respiration, 

Ouvrages généraux et particuliers Fischer (G.), 
Bartholin, Reisseisen, Mayow, Swammerdam , Mau- 
rocordato, Hamberger, David, Goodwin, Ackermann, 
Blainville, Tander Boomesch , Bourdon , Wilhrand , 
Fouquet, Rathke, Spallanzani, Nitzsch , Mehes , 
Geolfroy Saint-Hilaire (E.), Muller, Severin (M. A.), 

4 a 


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494 ONZIÈME PROMENADE. 

Flourens, Tüesius, Audouin et Edwards ( H. M. ) , 
Martinet , Haussniann, etc. 

Action des agens extérieurs sur la vie. WUbraftd , 
Edwards (W.), Delaroche, Bourdon, Dalton(J.), 
Flourens, Graaf, Rossi , Leroy (d’Etiolle), Martine 
et Douglas, Chossat, Despretz , etc. 

Voix et parole. Wolff, Brandt, Brun, Secliaud, 
Amman, Slorr, Ram pont , Dutrochet , Liskovius , 
Beunati, etc. 

Sécrétions et excrétions. 

Ouvrages génér. et particul. Cole, Miclieiotti, 
Bordeu , Muller (J.), Bicliat, Eysenhardt, Gme- 
lin , Parsons , Bell (Th.), Fischer (G.) , Configliaehi , 
Brugmans, Kaau,'Cruikshank,etc. 

Génération. 

90 

Ouvrages généraux. Rueff, Harvey, Schrader, 
Houppeville, Bartuolin, Tauvry, Nigrisoli, Mauper- 
tuis, Haller, Grasmeyer , Tinchant, Girou de Ruza- 
reingues, Deniangeon,etc. 

Organes génitaux. Graaff , Hanter, Haase, Home, 
Moreschi, Geoffroy Saint-Hilaire (E.) , Morgan, Tan- 
nenberg, Spangenberg, Geoffroy Saint-Hilaire (I), 
et Martin Saint- Ange, Rathke, Prévost (J. B.). 

Fœtus et dépendances. Arantius, Nymman, Auten- 
rietli , Scemmeriug, Léveillé, Lobstein , Richard, Bé- 
clard, Burdach,Hoboken, Drelincourt, Schell, O ken, 
Dzondi, Samuel, Breschet et Raspail, Sekreger, 
Baer, Lauth , etc. 

Incubation. Jan, Haller, Tredern, Pauder, Pur- 
kinje , Geoffroy Saint-Hilaire (Et.). 


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BIBLIOTHÈQUE. 



Génération dans la série animale. Muller, Geoffroy 
Saint-Hilaire ( Et. ) , Barton, Herold , Cavolini, Ti- 
1 ins , Redi , Prévost (J. B.). Gleiehen, etc. 

Développement et métamorphoses. Neesd, Esenbeck, 
(Ch. G.) et Goldfuss, Baer, Carus, Zanders, Tiedemann, 
Steinheim, Van-Hasselt , Rathke , Blainville , Herold , 
Ackennann , Wolff , Kieser , Muller (J.) , Lobstein , 
Jacob sou, Hcusinger, etc. 


Tératologie. 

Tératologie. — Ouvrages généraux. Sorbinus , 
Schenekius , Plancus , Licetus , Suringar , Mec..el , 
Geoffroy Saint-Hilaire (Et.), Serres, Geoffroy Saint- 
Hilaire (I.) , etc. 

Monstres doubles et simples. Barkow, Himly, 
Meckel , Delle Chiaje, Serres, Castel, Geoffroy Saint- 
Hilaire (Et.) , Antomarchi , Otto, Elben, Verniere, 
Burkardt , Herold , etc. 

Hermaphrodisme et hémilérie. Bauhin (G.), Jacobi, 
Mayer, Ackermann, Sanctis, Stellati, Harlan, Huschke, 
Stampini , Eisenmann , Martin Saint-Ange, Weese, 
Nicati , etc. 

Monstruosités par inclusion, Capadoce,;Lesanvagc , 
Himly, Breschet et Geoffroy, Orth, Walter, Al- 
kosius , etc. 


SOOZ.OG2S. 

Zoologie générale, Lachenaye des Bois, Ray, Bo- 
chart, — Aristote, Ælien, Gyllius , Pline, Wotton, 
Phile,Fransius, Jonston, Gesner, Arnaud de Nobleville , 
et Salerne, Brandi et Ratzeburg , H. Cloquct, etc. 


496 ONZIÈME PROMENADE. 

Philos, zoologique. Larnarck, Fleming, Geoffroy- 
Saint-Hilaire (Et.),Hermanp, Charleton. 

Classification des animaux. Cuvier (G.), Shaw , 
Duméril, Renier, Tiedemann, Spix, Ficher (G.), 
Wilbrand, Oken, Griffith, Bonaparte, Yoigt, Ran- 
zani , Goldfuss, Laireille, Vander Hoeven, etc. 

Instinct des animaux. Lachambre, Reymar, Foucher 
d’Obsonville, Leroy (Cb.), Virey, Cuvier (F.), Pougens. 

Chasse et pêche. Oppien , Xénophou , Leroy, Du- 
fouilloux, Frédéric II, Noël, Duhamel et Lamarre, 
Tiphaigne, Wallon et Co'.lon, Reider, H. Davy , 
Marée. 

Géographie loolng, Jauffret. 

Faunes de divers pays. Fabrieius, Linné, Mùiler, 
Eichwald, Sehwenekfeld , Penuanl , Lister, Turion , 
Desmarest, Vieillot , Blainyille , Walckenaer et Ser- 
ville, Buchuz, Holandre, Millet, Delarbre, Marcel 
de Serres, Risso, Olivi, Horslield, Richardson et 
Swainson, Newwied, Quoy et Gaymard. 

Ménageries. Bonnet , Lacépède et Cuvier. 

Muséums zoologiqucs. Balk et Linné, Lichtens- 
tein, Grouovius. 

Mélanges et illustrations zoologiqucs. Edwards, 
Pallas , Vosmaer, Brown , Forskal , Hermann, Shaw, 
Leach , Wilson, Swainson, Gray, Lesson, Wiede- 
man, Iconographie du règne animal } de G. Cuvier , 
par Guérin, etc. 

Homme. Buffon , Zimmermann, Blumenbaeh , 
Lacépède, Virey, Bory de Saint-Vincent, Edwards, 
3vno.\, Lesson. — Roussel, Moreau de la Sarthe, etc. 


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BIBLIOTHÈQUE. ^97 

Mammifères. Daubenton, Gesner, Àldrovande , 
Johnston, Schreber , Goldfuss et Wagner, Pennant, 
Geoffroy et Cuvier (F.), Temminck (F.) , Alexandri çt 
Scataglia, Ray, Klein, Brisson, Boddaert, Erxleben, 
Storr,Illiger, Helhvig, Desmarest, Bowdicb, Rilgen, 
Fischer, Lesson, Zimmermann, Minding, Harlan, 
Spix, Azara, Rengger, Geoffroy (E.), Lichtens- 
tein, Audebert, Latreille, F. Cuvier, Fischer, Savi, 
Paullini, Vrolik, Marius, Brandt, Pallas, Nicati, 
Bellerman, Tupputi , Tiedemann, Vanderhoeven, 
Hartenfelz, Cuper, Zimmermann, Houel, Bergen, 
Roulin, Graba, Sachs, Bartholin, Bonnaterre , La- 
cépède, Sonnini, Lesson, etc. 

Oiseaux. Mauduit. — Turner, Johnston, Belon, 
Gesner, Aldrovande, Willughby, Albin, Buffon , 
Kuhl , Buchoz, Latbam , Vieillot et Oudart, Spar- 
mann , Merrem , Ginnani , Manesse , Schinz , 
Thiennemann, Ray, Salerne, Klein , Brisson , Dau- 
din, Gérard in , Temminck , Werner, Wagler, Les- 
son, Faber, Brunnich , Nilsson, Meyer et Wolff, 
Brehem , Naumann, Frisch, Nozemann, Selby, 
Guillemeau , Roux (P.), Bonelli , Savi, Hahn, 
Gould, Savigny, Levaillant, Vieillot, Wilson, 
Bonaparte, Audubon, Spix, Desmarest', Levail- 
lant, Vieillot et Audebert, Kuhl , Th. Bartho- 
lin , etc. 

Reptiles. Daubenton, Bonnaterre, Bustamente, Ges- 
ner, Lacépède, Merrem, Schneider, Sonnini, Dau- 
din , Bory , Klein , Laurenti , Brongniard , Oppel , 
Filzinger, Wagler, Gray. — Harlan, Geoffroy Saint- 
Hilaire (E. et I.), Vanlier, Frivaldsky, Wyder, 
Metaxa , Russel et Wiegmann, Schweigger, Schœpff, 

4 *. 


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ONZIÈME PROMENADE. 


Schneider, Bell (Th.), Tiedemann , Oppel et Li- 
boschitz , Geoffroy Saint-Hilaire (E.) , Vallisuieri, 
Vander Hoeven , Baldus , Paulet, Fontana, Charas, 
Oliger , Rusconi, Fink, Goufigliachi, Barton . 

Poissons. Pline, Reion , Salviani , Rondelet, 
Boussuet , Gesner, Aldrovande, Johnston , ‘Willugh- 
by, Ray, Artedi , Klein, Gouan , Bloch, Ret- 
zius , Lacépède , Cuvier (G.) et Valenciennes , Gro- 
novius, Faber , Ekstrom , Reisinger, Wtilff , Leske, 
Schaeffer, Hartmann, Jurine, Schonevelde , Douo- 
van , Bowdich, Risso, Brunnicb, Corinde, Jove, 
Spinola , Iiamilton, Bennet, Ru-sel, Geoffroy Saint- 
Hilaire (lit. et I.) Rueppell , Lesueur , Valen- 
ciennes, Spi.v et Agassiz , lîrousounet, Grant, Noël, 
Neucrantz , Paullini, Eichwald, Duméril, Rathke. 

Animaux sans 'vertèbres. Lamarck , Bruguière , 
Bosc, Bohadsch, Millier, Uelle Chiaje,Graveuliorst, etc. 

Insectes. — Ouvrages généraux et élémentaires. 
Cesser, Moufet, Jonston, Swammerdam, Goddært, 
Ray, Scbæffer, Réaumur, Dégeer, Rocsel, Sulzer, La- 
treille, Kirby et Spcnce, Duméril, Samouelle, etc. 

Philosophie entomologique. Fabricius, Degeer, St- 
Amand. 

Insectes de divers ordres , genres , etc. Fabricius, 
Latreille , Hermann , Lepellelier de St.-Fargeau , 
Kock, Hahn, Gravenhorst , Déjean , Boisduval, Oli- 
vier, Jablonski , Jurine , Hubcr, Nees d’Esenbeck ; 
Schirak, Walckenaer, Kirby Hubuer , Engramelle, 
Esper, Boisduval, Godart et Dupouchel, Treitschke* 
Meigeu, Macquart, Schellenberg, etc. 

Insectes de difjérens pajs m Fischer (G.), Paykull, 
Pallas^Frisch, Pauzer, Scbrank, Seep, Schaffer, Berg- 


BIBLIOTHÈQUE. 499 

strasser, Martin, Harris, Albin, Geoffroy, Fourcroy, 
Walckenaer, Boisduval et Lacordaire, Amoreux, Spi- 
nola, Rossi, Brullé et Guérin, Palisot de Beau vois, Say, 
Smitli^J. E.) Mérian, etc. 

Crustacés. Sachs, Bosc , Millier, Desmarest , 
Edwards, Risso, Rueppell, Schaeffer, Leach, Audouin, 
Edwards, Burmeisler, Martin, Saint-Ange, etc. 

Arachnides. Walckenaer , Grube, Hermann, Mul- 
ler (O.), Ehrenberg, Maccary, etc. 

Annélides. Muller, Audouin et Edwards, Mon- 
tègre, Thomas, Jonhson, Caréna, Moquin-Tandon, 
Blaiuville , etc. 

Mollusques. — - Dictionnaire. Favart Dherbigny , 
Bruguière, Lamarck et Deshayes. 

Ouvrages généraux. Lesser, Langius, Dargenville, 
Klein , Bergen, Lister, Murray, Chemnitz , Bosc , 
Denis de Montfort, Férussac, Bowdich, Latreille , 
Blainville, Delapylaie, Rang, Bonanni, Gualtieri, Re- 
genfuss, Kuoit, Boni, Martini, Chemnitz et Wagner, 
Sowerby, Kiener, etc. 

Ordres , genres et espèces. Cuvier (G), Férussac, 
tDOrbigny, Gwen, FichteletMoll, Schaffer, Rang, etc. 

Mollusq. de divers pays. Nilssun, Pfeiffer, Donovan, 
Turton , Payraudeau , Férussac, Drapai naud, Mil- 
let, Geoffroy, Poiret, Poli, Say , Conrad , etc. 

Zoophytes. — Ouvrages généraux. Bruguière, La- 
mouroux, Bory-Saint-Vinceul et Deslongchamp , Pal- 
las, EUis et Solander, Nord manu, etc. 

Ordres , genres et espèces. Lenkrus , Spix , 
Klein, Tiedemann , De Gols , Redi, Leclerc, Andry, 


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5oo 


ONZIÈME PROMENADE. 


Bloch, Gœze, Werner, Rudolphi, Bremser, Créplin, 
Nitzsch, Cloquet (J.), Jassoy, Mehlis, Johnson, Du- 
gès; Eschscholtz, Péron , Lesueur, Eisenhardt , 
Rang ; Diquemare , Rapp, Lamouroux , Baker , < 

Trembley, Ellis, Schweigger, Thomson, Moll, Dutro- 
chetj Muller,' Bory-Saint-Vincent , Ehrenberg, 
Morren, Gaillon, etc. 

MÉMOIRES DES SOCIÉTÉS SAVAlTTES. 

! 

France. Académie Royale des Sciences , Paris , 
1666 à 1790. Institut , Sociétés Philomatique, Lin- 
néenne, d’Histoire naturelle, Géologique, Enlomo- 
logique, d’ Agriculture, d’Horticulture, de Géogra- 
phie. — Académie Royale de Médecine. — So- 
ciétés départementales d’Abbeville, Angers, Ar- 
cueil , Arras , Besançon , Bordeaux, [Boulogne-sur- 
Mer, Caen, Cambrai, Châlons-sur-Marne, Dijon, Fa- 
laise, Lille, Lons-le-Saulnier , Lyon , Maçon, Mar- 
seille, Metz, Montpellier, Nancy, Niort, Nismes, Or- 
léans, Puy, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Versailles. 

Angleterre. Association britannique. Société royale 
de Cambridge, Cornouailles, Durham, Edimbourg , 
Londres (Soc. Roy. Linnéenne, Géologique, Zoolo- 
gique, Entcmologique, d’Horticulture). 

Allemagne. Acad, et Soc. de Berlin, Erlang, Got- 
tingue, Manheim, Francfort, Hambourg, Hanau, 
Mayence, Munich, Prague, Ratisbonne. 

Belgique. Anvers, Bruxelles. 

Danemark et Suède. Copenhague , — Stockholm , 
Upsal. s 


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BIBLIOTHÈQUE. 5ûl 

Hollande. Amsterdam, Groningue, Harlem, La- 
Haye, Rotterdam, Utrecht. 

Italie. Bologne, Catane, Cortone, Florence, Gênes, 
Mantoue, Modène, Naples, Padoue, Rome, Sienne, 
Turin, "Vérone. 

Portugal. Lisbonne. 

Russie. Moscou, Saint-Pétersbourg. 

Suisse. Bâle, Berne, Genève, Lausanne, Neuchâtel, 
Zurich. 

Inde. Batavia, Calcutta. 

Amérique. Philadelphie, New-York. 

JOURNAUX ET RECUEILS SCIENTIFIQUES 
ET LITTÉRAIRES. 

Recueils généraux , scientifiques et littéraires. Bi- 
bliothèque physico-économique, — de Beckmann, — 
de Genève, — Italienne de Milan, — Magasins de Ham- 
bourg, de Lichtenberg, de Voigt, — d'Histoire natu- 
relle de Christiania, — Journal des Savans, Mercure de 
France, Journal de Trévoux, de Lahaye, année Litté- 
raire de Fréron, Décade philosophique, Bibliothèque 
de Leclerc, Bibliothèque germanique, Magasin ency- 
clopédique de Millin, Annales et Revue encyclopédi- 
ques, Monthly-Review, Annales maritimes et des Voya- 
ges, Bulletin de Fcrussac, etc. 

Histoire naturelle et physique. Gaultier d’Agoty, 
Journal dePhysique, Chimie, Histoire naturelle, etc., 
dirigé par Rosier, Delaméthrie et Blainville, Annales 
des Sciences naturelles , Annales des Sciences d’ob- 
servation, Annales des Sciences physiques de Bruxel- 
les, Journal de l’Ecole polytechnique, Littéraire, 
Çommercium Norimbergæ, Naturforsclier , Archives 


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J 


002 ONZIÈME PROMENADE. 

de Bernoullli, de Kœnisberg, de Wiegmann, Isis, 
Journal deHeidelberg, d’Amsterdam par Vander Hoc- 
ven, The magazine of natural history de London, Fdin- 
burgh Phiiosophical journal, de Brewster et Jameson, 
American Journal of Sciences, de Silliman, etc. 

Chimie, Physique, Minéralogie. Annales de Chi- 
mie, — de Physique et de Chimie, Journal de chimie 
de Van-Mous, Journal de chimie médicale, Journal de 
chimie de Scherer, Gehler, Tromsdorlf, Gilbert , Pog- 
gendorf. — Annales des Arts et Manufactures, Annales 
de l’Industrie par Moléon, Journal et Anuales des 
Mines, Journal de Minéralogie et de géologie deLeo- 
nliard et Broun, etc. 

Physiologie, Anatomie, Zoologie. Archives de Reil; 
Meckel, Muller, Wiedmann, Journaux de Tiedemann, 
Tréviranus, Heusinger, Magendie, journal Zoologique 
de Londres, Magaziu de zoologie de Guérin , Revue 
entomologique de Silbermann, etc. 

Botanique. Botanical magazine, register, and Mis- 
cellany , Flora Linuea, Journal de Botanique de 
Hoppe, Usteri, Spreugel, Rœmer, Hooker, Desvaux, 
Guillemin, etc. 

Agriculture. Annales de l’agriculture française, 
Feuille du Cultivateur par C. Dubois, Calvel, l’Agro- 
nome, Annales d’agriculture de Roville, de Fromont, 
d’Edinbourg. 

VOYAGES. 

Hist. des Voyages et collection des Voyages. Richard 
de la Richarderie, — Ramusio, Hackluyt, Thévenot, 
Th. de Bry , Camus, Prévost, Earrow , Laharpe, etc. 

Voyages autour du monde. Pigafetta, Spilberg, Le-: 


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BIBLIOTHÈQUE, 


5o3 


imure, Leblanc, Woodes-Roger , Dampiar, Anson 
Bougainville, Cook, Marchand, Lapérouse Dnper- 
rey, Freycinet, Durville, Kotzebue, Ermann, ete.^ 

Voyages au nord dd globe. El«s, Phipps,Heârn e 
Scoresby , Parry, Franklin, Ross /fiai e Lan. y!’ 
rere , Maliens, Troil, Olaisen et Pôveîsen, etc. 

Voyages en différentes parties du monde . Tkévenot 
Lucas, Lamotraye, Pockocke, Mackinstock, Olivier etc’ 

° la ï'r S ’ ° U,hier> B, ’ 0nn ’ Fablici ^, Schefl 
fer, Acerbi , Haussmann, Graba, Pallas , Fortis 

eu ant , Seheuehzer, Coxe, Srtussure, Englefiejd’ 

Webster A. Youog , Laborde, (Alex.) Misse» Ri 
chard, Lalande, Marlens, Arnorel li, Spallaozam.Borcb 
Cliandter, Sarary, Sonnini, Pnaqueville, etc. 

Afrique. lion, Mnrmol, Daper, Dan, Raailly Des- 

S.varv e Sn,n, MCt « Abda ' !alif ' le “'> Dan A, 
Savary, Soniiiüi, Brown, Volney, Denon Alvaro 

Lobo, Bruce, Sait, Caillaud, Levraut, Hortmnvn 
k ’ Tuckey ’ Bo »dich, Mollien, Bosman^ 

Labat K.dbe,Sparaiann, Lichtenstein, Clavijo Ben- 
tley Bory-Saant- Vincent , Webb et Berthelot Fia 
court, Bernardin-Saint-Pierre, etc. ’ 

Asie. Barres, Pinto, Stochove, Thevenot Taver 

JE » Toa " leforl • Lebrun, Hasselquist, Foitfanier 
Chandler, Laroqne, Niebukr, Figuera (ïiardin T»! ’ 
bert, Nearque, Mafté, Rennefort, Schôu v£“ 

Del. on, Jacquemont, SoMeraL^^" 

ber^,^;7n', T T h ï d ’ Mendosa’^: 

ClaAe M.rt’ S , i l 0m ’ De S m 'S“ es - Anderson, 
Maîeha r S Rubru< I»is, Pillas, Meyendorff 
MarschaH, Gmehn, Chappe, Steller, Kracheninnikow 
Gmebn, Georgi, Guldénsted, Lesseps , etc. ? 


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504 ONZIÈME PROMENADE. 

Amérique. Laet, Herrera, Lascasas, Bissélius, Na- 
varette, Kalms, Bossu, Carver, Bartram, Mackenzie, 
Champlain, Hennepin , Charlevoix, Chastellux , Jef- 
ferson, Volney, Thierry, Huniboldt et Bonpland , Bel- 
trami, Dutertre, Labat, Feuillée, Descourtitz, Belin, 
Fermin, Stedman, Ulloa, Gumilla, Lewis et Clark, La* 
condamine, Léry, Neuwied, Auguste Saint-Hilaire, 
Spix et Martius, Longsdorff, Frézier, Azara, d’Orbi- 
gny, Thévet, etc. 

Australie. Scliouten, Léguât, Dalrymple, Legentil, 
Marsden, Argensola, Pérou et Lesueur, King, Phillip, 
Sonnerat, Forrest, Fleurieu, Keate, etc. 


COLLECTION DES PEINTURES SUE VÉLINS. 

Commencée vers 1640, par les ordres de Gaston 
d’Orléans , pour la description des plantes rares et 
les plus remarquables de son jardin de Blois, cette 
riche collection , acquise à sa mort par Louis XIV, 
fut d’abord placée à la bibliothèque royale , et passa 
en 1794 dans celle du Muséum, dont elle forme un 
des plus précieux ornemens. Due primitivement au - 
talent remarquable de N. Robert , elle fut continuée 
par Joubert, Aubriet, M lle Basseporte, s’est enrichie 
successivement par les dessins de Yan Spaendonck , 

„ Maréchal, Oudinot, Redouté, Turpin, (P. et H. ), 
Wailly, Huet, Bessa, Meunier, Chazal, Werner, 
Prêtre, M ,le Riché,- etc., et constitue un monument uni- 
que et inappréciable , non seulement par son intérêt 
•' scientifique, mais encore pour l’histoire de l’art. 

Distribués en 91 porte-feuilles, les 5 ooo dessins 


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BIBLIOTHÈQUE. 5o5 

environ qui forment cette collection, peuvent être ré- 
partis dans l’ordre suivant : 

Anatomie comparée. . — a vol. 

Zoologie. — Mammif. — 5 

Oiseaux — 8 

Reptiles — i 
Poissons — 5 

Insectes — 2 

Crustacés — 

Arachnides — 

Mollusques — 2 

' , 1 Zoophytes — c 

Botanique — 64 



Total. 91 

Manuscrits . Les seuls documens que possède sous 
cette forme la bibliothèque , appartiennent aux 
voyages du père Plumier aux Antilles, et de Com- 
mlrson dans les mers des Indes. Trente volumes iu- 
folio, contiennent les dessins et descriptions des objets 
relatifs aif voyage de Plumier. Ceux de Commerson 
sont distribués en cinq porte-feuilles, qui ont été sou- 
vent mis à contribution pour les ouvrages d’histoire na- 
turelle publiés dans ces derniers temps. Parmi les autres 
manuscrits dont l’intérêt se rattache plutôt aux noms 
de leurs auteurs , qu’à la nature de leurs travaux , 
nous citerons quelques fragmens de Tournefort et 
de Vaillant , relatifs à leurs cours de botanique au 
Jardin du Roi , et la description de quelques plantes 
particulières, les matériaux recueillis et rédigés par 

43 


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5o6 


ONZIÈME PROMENADE. 


Norona pendant sou voyage dans l’Inde et spéciale- 
ment à Java , enfin quelques fragmens dénotés deBAu- 
dim, recueillis lors de son expédition autour du monde 
illustré depuis par les travaux de Péron, Lesueur 
et Freycinet. 


TABLE 


\ 


UES Alors CONTENUS DANS l’oUVRAGE (l). 


A 


Abajoues. 

■ 148 

A bleu. 

310 

Ablettes. 

ib. 

Acacia arborescent. 

m 

Acacia très odorant. 

ib. 

Acajou mahogon. ' 

446 

Acntuhoplérygicus. A eau t hop • 

térvgiens labyrintbiformes. 301 

Aeantbure chirurgien. 

30ti 

Acéphales. 

361 

Adapis. 

38 1 

Adausonia. 

4 47 

Addax. 

191 

Adjudant. 

250 

Ægaçre. 

194 

Æroliîhes. 

4M 

Agami. 

248 

Agate. 

124 

A gavées. 

456 

Agneau de Scytbie. 

4KT 

Agouti. 

il et 174 

Agua. 

294 

AS. 

175 

Aigles. 

43 et 200 

Aigle à tête blanche. 

44 

Aigle commun. 

44 et 201 

Aigle variable. 

44 

Aigle criard. 

20Î 


Aigle des Malais. 

ib. 

Aigle Bunnelli. 

ib. 

Aigle Jean Le Lllauc. 

202 

Aigle couronné. 

ib. 

Aigle bateleur. 

it>. 

Aigles autours. 

202 

Aigles pécheurs. 

44 

Aiguilles de mer. 

330 

Aimant. 

427 

Albatros. 

255 

Alectors. 

flû 

Aletris. 

441 

Algazel. 

, 190 

Alligators. 

274 

Aloès. 

457 

Alouattcs. 

149 et 92 

Alouette. 

226 

Alpaca- 

Sûct 184 

Alpiuia. 

432 

Altération de, formes 

cristal- 

Unes. 

430 

Alumine. 

414 

Alun. 

ib. 

AIxinger. 

104 

Amaryllis. 

436 

Ambre. 

423 

Auiétbyite. 

416 

Amiante. 

420 

Amitié (sentiment de) 

103 

Ammoniaque. 

. 4M 


( 1 ) Celle table ne comprend point les mots de la promenade , 
dont le nombre aurait, sans grande utilité, augmenté de bcaucouu 
I ouvrage, r 


! 


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5o8 


TABLE DES MOTS 


Ammonite*. 357 

et 376 

Amour de l’aulorilé. 

112 

Amour de l’approbation. 

m 

Amour physique. 

102 

Amour des enfans. 

ib. 

Amphiboliques (roches). 

. 4fl5 

Amphibole. 

420 

Ananas. 

301 

Anacotido. 

284 

Anarrbiques. 

307 

Anatomie comparée. 

£3 

Anatomie de la poule. 

üil 

Anguille. 

. 318 

An». 

211 

Animal de l'Ohio. 

381 

Annelides- 

354 

Anoplotherium eoumuinc. 387 

Anoplotherium medium. 

3*10 

Anoplotherium minus. 

ib. 

Anthie. 

344 

Autracothcrium. 

386 

Antilopes. 

18» 

Antilope bleue. 

192 

Antilope à bourse. 

189 

Antilope de sait. 

188 

Antilope griesbock. 

ib. 

Antilope laineuse. 

ih. 

Antilope plongeante. 

ib. 

Antimoine. 

428 

Apocjnécs. 

“ 443 

Aptines. 

343 

Aras. » 

- 208 

Arachnides. 

3M 

Arachnides pulmonaires 

fi. _ 

leuses. 

ib • 

Archnidr-s trachéennes. 

340 

Araignée domestique. 

338 

Araignée diadème. 

,339 

Arbre à pain. 

450 

Arbre de la vache. 

449 

Arbre du corail . 

454 

Archer. 

301 

Areca. 

452 

Argent. 

523 

Argent (vil)- 

425 

Argonaute. 

455 

Argus. 

240 

Aristolochiées. 

4M 

» ' • X" 

- ■ 


Argy rancir. 

733 

Arrugonite. 

410 

Arrosoirs. 

369 

Arsenic. 

427 

Articulés. 

329 

Arlocarpes. 

450 

Araucaria. 

435 

Asparaginées. 

453 

Aspic. 

290 

As'racan. 

25 

Altuchrmcut. 

103 

Aurochs. 

196 et 392 

Auricule. 

359 

Autour. 

202 

Autruche. 

55 

Avculutiue. 

419 

Avicule. 

363 

Avocette. 

247 

Axis. 

69 

Axolotl. 

295 

- B 

Baboin. 

149 

Bacon. 

129 

Baleine. 

HO, 84 et 395 

Baleiuous. 

182 

Balisiers. 

441 

Balisle. 

322 

Bambou. 

465 

Bananiers. 

458 

Banc d’huîtres. 

362 

Bandoulière. 

SOI 

Baobab. 

447 

Baquois- 

454 

Barbacou*. 

213 

Barbeau. 

310 

Barbus. 

213 

Barge. 

245 

Barilli (madame). 

122 

Baryte sulfatée. 

412 

Balonic. 

448 

Batraciens. 

292 

Baudroie. 

308 

Bébc. 

86 

lîec-en-ciseaiix. 

256 

Bécasse. 

246 

Bécassiue. 

ik. 


Digitizedby 


Bec-figue. 

■Belladone. 
Beleinuiie. 

Uele lie. 

B«oga/Î9. 

Beniri ors 

Be^gerout-iie. 

Boruache. 

Bibliothèque. 

bicéphale. 

Bicbir. 

BieriTei|j ance 

Bimaueg, 

Bipèdes, 

Bismuib 

Bison. 

Bisalvc. 

Blaireau 

S” J * 

Blcunle. 

Bons. 

pSûiï. '*-•» 

uoiquira. 

Bois «le rumiuaus. 

Bois (salle des) 

Bois de f er . 

Bois pétrifié. 

Bois fossiles. 

B°is guitare. 

B»'» do lettres. 

Boonel chinois. 

IWasT® galeries de). 

Boucher. 

Bougainville. 

«oulereaii. 

Bouquetin. 

Bouisouflus. 

Braohinca. 

Bradjpej. 

Bieguct. 

Brèves. 

Brochet. 

Bruanj. 

Buocînoldea. 

üub.'iic. 


COiVT EiVUS DANS t V 

S L OOVHAGe. 5oo 

222 1 Rnm... ^ 


I Bu files. 

I Buffle du Can. 

f Burdach. ^ 

, Buse. 

Busards, 
i Butor. 

| Bossus. 


c. 


196 

125 

/. 221 

41 ei 204 

ii, 

248 

365 


(-‘aidai*. 

Cabinet Ë 

rée. u,,e compa* 83 


rée. 

Cacatoès. 

Cachalot. ... 5f 

lactées. 3£ji 

Cailles. 

Cailles ( roj de.,. 
dTef” à " 1Usca u de Lro. 
e aI i,nan « lunettes. 
se7“ “ B a,, piùre* 0SS eu 

âir 

Calcaire* (roches;. 

ars"-. 

g&ïSaïr 

asar*-» 

'-aïeul. 

Caicbassicr. 

CaUit riche. 

Calosonies. 

Caméièoniens. 

Bonte/opardalis. 

Campagnol ordinaire 

Canard?. 0 *^ écononi( - 
^aulnes. 

Çauuc à sucre du l’Inde 

! Sai)"'- "*«'■ ‘ 

Capucin de l’Orénom,. 


457 

44i 

2 à? 

251 

274 

22 


275 
olfi 

23fi 

4M 

408 

Î 5 m 

ihj 

ib. 

ib. 

421 

412 

132 

447 


S 44 


394 

440 

ii. 

442 


TABLE DES MOTS 


5 I O 


Carabe. 

Carcullio. 

Cêrel. 

Carinaires. 
Carinaire vitrée. 
Carolinea. 

Carpe. 

Carlouclic. 
Carynta. 
t iaso.it à casque. 
Cagoar de la Nouv- 
Cassc. 

Casse-noix 

Cassicanl. 

Cassiques. 

Castor. 

Castoreiiiu. 

Cavernes. 

Caviar. 

Cantal. 

Caustique (esprit). 


344 

422 
à I et 272 

m 

ib. 

447 

MO 

i:’.9 

452 

fil 

Uoilaude. 62 
435 

•)30 
ri 6 
228 

£71 

177 

374 

328 

249 

128 


Cèdre. ** 

Céphaloptère. *127 

Ceracbi. Ü2 

Céraste. *9 J 

Cerf. 35 «» 84 

Cerfs de la Caroline. 26 

Cerf-cochon. 28 

Cerveaux. 98 

Cétacés (têtes de;. 21 

Chacal. 5. 

Chalcidicns. — 282 

Chameaux. 27 et l i lU 

Cbamterops. 463 

Chamois. 192 

Client (insectes). 351_ 

Chapolel. 124 

^Chardonneret. 229 

Chats. 158 et 394 

Chat sauvage. 158 

Chat cervier. ‘b. 

Chat-tigre. ^ _ 19 

Chaux carbuuatée. 410 

Chaux phosphatée. 411 

Chaux sulfatée. 411 

Chaux anhydro-sulfatéc. 4T2 
Chaux nilrutéc. ib. 

Chaux arsiitialéc. ib. 


Chélonieus. 

2M 

CIȎropoianie5. 

_382 

Cheval. 128 et 384 

Chevalier. 

247 

Chevêches. 

207 

( lièvres. 

194 

Chevreuil. 

186 

Cltevrotains. 

183 

Chinchillas. 

174 

Chiens. 

152 

Chien des Esquinte aux. 

21 

Chien-loup. 

ib. 

Chien liyénoïdc. 

1f>0 

Chien chasseur des llottculots. ib. 

Chinois (tètes de). 

82 

~Chirocenlre. 

315 

Chirurgien. 

252 

Chouettes. 

- 

Chondiopt érygiens. 

332 

Chrome. 

428 

C.icindèles. 

341 

Cicindèle champêtre. 

ih . 

Ciguë- 

259 

Cigogne à poche. 


Cigogne blanche. 

70 

Cinabre. 

425 

Circonspection. 

115 

-Circulation (organes dé jà) 

22 

Classification des terrains. 

403 

Clavagelle. 

■S HQ 

Clavicornes. 

347 

Cléadores- 

353 

Clio. 

357 

dupes. 

314 

Coati. 

16 

Cobalt. 

428 

Coffres. 

322 

Cierge. 

464 

Cobra-capello. 

?.yo 

Cocotier. 

441 

Colborn. 

123 

Coloéoptères, 

341 

Colibris. 

234 

Colimaçons. 

358 

Colious. 

223 

Collection des terrains. 

402 

Coiombars. 

236 

t lolombcs. 

•>:‘.6 


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- — ' 4 


CONTENUS DANS L OUVRAGE 


non métal • 


VJ et 

124, 123 et 
239el 


Colombi gallines. 

Coloris (sens du). 
Combattant. 

Combustibles 
li que*. 

Comparaison. 

Concrétions. 

Condoma. 

Condor, 
t’.ônes. 

Construction. 

Cookia. 

Coq de bruyère. 

Coqs de roche. 

Corail. 

Corbeau. 

Corbeille. 

Corindon. 

Cormorans. 

Corucs. 

Coronille*. 

Corypba. 

Corypbènes. 

Coucous. 

Cou doue. 

Cougar. 

Couleuvre. 

Courlan. 

Courli. 

Couroucous. 

Civette. 

Courtilière- 

Crnnologique (collection). 
Crapauds. 

Criquet. 

Crocodiles. _üü et 

Crocodile du Nil. 

Crocodile à museau ellilé. 
Crocodiliens. 

Crotales. 

Crustacés .129 et 

Cuivre. 

G. Cuvier. 

Cycas. 

Cycloptcrcs. 

Cyclost ornes. 

Cyclostomes (mollusques,. 
Cynocéphales. 


il. 

120 

246 

422 

126 

431 

191 
204 
361 
126 
445 
241 
225 

m 

232 

367 

418 

258 

95 

436 

441 

305 

211 

192 
159 
285 
248 
244 
213 
159 
351 
100 
293 
350 
275 
274 
277 
274 
287 
332 
426 

85 

452 

313 

196 

360 

148 


5i i 


Cypéracées. 

Cyprinoïdes. 

Cytharexylum. 

D. 

Dactyloptèrei. 

Daims. 

Damans 

Daphné (lagetto) . 
Dasynre ours. 
Dauphins. 
Daurades. 

Dauns. 

David. 

Défenses. 
Deflasfaut goswiu. 
Dclillc' (ahbè). 
Dents. 

Dermeste. 

Deseartes. 

Desbayes. 

Desman. 

Diamant. 

Dicerale. 
Dicotylédones. 
Dindon sauvage. 
Dindon ocellé. 
Diptères. 

Doue. 

Dracæna. 

Draïs (baron de). 

Drenue. 

Dromadaire. 

Ducs. 

Dugong. 

Dytique. 

E. 

s 

Eaux minérales. 

Echassiers. 

Ecbénéis. 

Echenilleurs. 

Echidnc. 

Ecureuils. 

Edentés. 

Edenté (têtes d’]. 


440 

311 

443 


298 

25 et 185 
178 
464 

18 

84 et IM 
300 
39 
123 
580 
414 
129 
386 
348 
113 
134 
155 

422 ' 

376 
441 
67 
238 
352 
146 . 
453 
125 
21fi 
26 
207 
91 
345 


406 

242 

313 

223 

133 

165 

135 

20 


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f)I2 


TABLE DES MOTS 


Edredon. 

7f.O 

Edriopbtlialmiens. 

333 

Educabilllé. 

117 

Effraie. 

2 52 

Egé rie ‘ arachnoïde. 

333 

Ëider. 

2ÜÛ 

Elan du Cap. 

ISS 

Elan. 

1116 

Elasticité des minéraux. 4M 

Ëléphati». M, 137, 

US et 328 

Elephans (télés d'). 

üü 

Elévation. 

112 

Emeraude (oiseau}. 

2M 

Emeraude. 

■y] 8 

Kmyde de Récris. 

267 

Etnydc ocellée. 

ib. 

Empreintes. 

374 et 375 

Encrinites. 

377 

Engoulevent . 

21:. 

Enlelle. 

142 

Epcrlan. 

314 

Eperonniers. 

' 23 1 

Epervier. 

IM 

Épcrvicr chanteur. 

2ÛÜ 

Epidotiques (roches}. 

405 

Epimaque. 

m 

Epinoche. 

2M 

Erables à sucre 

465 

Escarbots. 

313 

Escargots. 

358 

Esnccs. 

321 

Espadon. 

304 

Esprit caustique. 

128 

Esturgeon, • 

328 

Etain. 

428 

Eucalyptus. 

435 

Eva-catlrl. 

134 

Exocet. 

Ml 

F. 

Faliaca. 

m 

Faisans. _ 

fill et 232 

Faisan argus. 

24Q 

Farlouse. 

221 

Faucheur. 

340 

Faucon 

100 

Fauconnerie. 

ib. 


Fauvettes. 

221 

Fauvette de roseaux. 

ib. 

Fauvette d’hiver. 

ib. 

Fegaro. 

• 299 

Feldspath! <|ucs (roches). 

404 

Feidspatli. 

4M 

Femme supiol. 

82 

Fennec. • 

- lfiû 

Fer. 

426 — 

Fer (bois de). 

444 

Fer do lance (vipère). 

289 

Fermeté. 

135 

Feuille sèche (insecte). 

353 

Feuilles (empreintes de). 

325 

Figuier de Neumann. 

449 

Figuiers. 

ib. 

Pileuses. 

334 

Filou. 

310 

Flammant. 

253 

Flétan. 

312 

Fluor. 

411 

Fœtus. 

100 

Forficule. 

349 

Formes cristallines. 

429 

Fossiles. 

m 

Fossoyeurs. 

349 

Fou. 

258 

Fourmilier. 

176 

Fougère. 

463 

Fouine. 

152 

François. 

130 

Frégate. 

257 

Frippièrc. 

360 

Furet. 

158 

Fuseau. 

361 

G. 

" 

GadfiS. 

316 

Galago. 

Ï59 

Galéophithèque. 

154 

Gallinacés. 

236 

Gaulthier (abbé). 

112 

Gazelle. 

M 

Gaymard. 

115 

Gcekotirns. 

>25 

Gerboises. 

Üi2 

Gcrfault. 

199 


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CONTENUS 

DANS LOUVIIAGE. 

5 l3 

Germons. 

324 

Herbier de Cayenne. 1 


462 

Gibbons. 

142 

Herbier des Antilles. 


ib. 

Giraf** • 21) el 

195 

Herbier des îles de brauee el 


Glouton. 

155 

de Bourbon. 


462 

Gluck. 

121 

Herbier de la Tauridc et du 


Gnou. 

193 

Caucase. w 


467 

Goélands. 

256 

Herbier deO’empire russe. 

468 

Goethe. 

127 

herbier des plantes 

de 


Gorgones. 

371 

France. 


468 

Goujôu*. 

310 

Derbier de Java, 


ib. 

Grèbe». 

254 

Herbier des environs de Pa« 


Grenat (oiseau). 

234 

ris. 


ib 

Grenat. _ 

412 

Hérisson. 


153 

Gresset. 

128 

Hérisson de mer. 


321 

Gretry. 

121 

Hermine. 


4M 

Grimpereaux. 

233 

Hérons. 


447 

Grondins. 

298 

Hespéridées. 


445 

Guaxoupita 

186 

nibou 


207 

Guenon», 

146 

Hedysarum. 


448 

Guenon nasique. 

142 

Ilippelapbe. 


185 

Guêpiers. 

234 

Hippocampe. 


320 

Guevei. 

188 

Hippopotame. 

122 ci 

382 

Gytnnètre. 

305 

Ilippurite. 


376 

Gyuinoduntcs. 

321 

Hirondelle. 


214 

Gymnotes. 

312 

Hirondelle salangane. 


215 

Gypaètes. 

45 

Hirondelles de mer. 


256 



Hobereau moineau. 


200 



Hocco. 

60 et 

240 

H. 


norace Vemet. 


133 



Hottentots (têtes de). 


32 

llakea . 

435 

Houille. 


423 

Hajé. 

290 

Huître. 


362 

llaiyotides. 

361 

Huppe. 


254 

Hamster. 

162 

Hurleurs. 

92 et 

149 

Hareng. 

M4 

Hyacinthe. 


418 

Harlc. 

259 

Hydres. 


222 

Harpie. 

205 

Hydrocantbares. 


345 

Hélant y s. 

174 

Hydrophile. 


346 

llelt. 

116 

Hyène rayée. 


8 

fléluiu. 

103 

Hyène du Cap. 


ib. 

Hémioue. 

32 

Hyménoptères. 


352 

Hémiptères. 

352 

Hyoïdes (os)- 


92 

Henry iv. 

IW 

Hypersthéuiques (roches). 

405 

Herbiers (salle des). 

466 




Herbier général. 

466 

L 



Herbier de Vaillant. 

462 




Herbier de la Nouvelle Uol- 


Ibis. 

244 et 26 

lande. 

ib. 

ïchneumou. 


20 


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TABLE DES MOTS 


5 1 4 


IchlIiyoUtlie.s. 

401 

Iclitliyosaure. 

399 

lituaniens. 

281 

Indicateur. 

212 

Indri. 

152 

Insectes. 

340 

Intestins. 

99 

Isatis. 

12 

J. 

Jabiru. 

Jacamar. 

211 

Jackie. 

Jade. 

43 

Jaguars. 

12 

Jambonneaux. 

365 

Jarretières. 

305 

J asp es. 

412 

Joseph n* 

131 

K. 

Kakatoès. 

207 

Kakkerlac. 

i 350 

Kaiuiclil. 

252 

Kangutoo. 

52 et 163 

s L. 

Labre. 

307 

Laclûture. 

113 

Lafond. 

122 

Lachésis. 

289 

Lagopèdes. 

241 

Lama- 

184 

Lamantin (têtes de). 

91 

Lamantins. 

181 

Lamproie. 

325 

Langouste. 

377 

Langues. 

98 

Lapis latuli. 

420 

Lapin. 

174 

Larynx. 

92 

Lcgouvé. 

IM 

Lemmer-geyer. 

45 

Leniniing. 

170 

Leniot. 

132 

Lépidoptères. 

352 

Lcpisostés. 

315 


K 


Lcptopodir. 

333 

L Axa rds. 

280 

Licoruc de mer. 

306 

Lierre 6aulcur. 

174 

Lièvres. 

•h 

Limace. 

358 

Lime. 

363 

Limule. 

377 

Lion. 

42 

Lion d'Amérique. 

159 

Lion marin. 

161 

Lionnes. 

13 cl 9 

Lithodoinc. 

366 

Litz. 

122 

Lophiodons. 

385 

Lori. 

207 

Loriot. 

222 

Lopkobranches. 

320 

Lophoplio.es. 

239 

Loup. 

22 et 160 

Loup de mer. 

307 

Louve. 

21 

Lymnées. 

359 

Lynx. 

158 

Lyres. 

220 


M. 


Macaque & crinière. 
Mâchoire» de baleine 
Madrépore». 

Magot (le). 

Maigre (le 1 . 

Maki. 

Malaplérure. 

M allées. 

Mammifères. 

Mammouth. 

Manaquin. 

Manccnillirr. 

Mainala. 

Manchots. 

Manche de couteau. 
Mandrill, 

Mangouste. 

Mante. 

Manticore. 

Manucodc. 

Manuscrits. 


52 

140 
371 

54 

232 l 

55 ei 151 j 

315 J 

309 J 

141 1 

328 1 

225 | 

448 j 

230 ] 

254 5 

368 j 

148 ) 

20 ! 

352 j 

345 ; 

231 i 

504 j 


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Maquereau. 

Marmotte. 

Maroufle. 

Marsouin. 

Marsupiaux. 

Marte. 

Martins. 

Marteau. 

Martinet. 

Manios pêcheurs. 
Marins chasseurs. 
Martre de palmier. 
Mastodontes. 

Mécaniques (sens des). 
Mégathérium. 

Mefaleuca. 

Menides. 

Mercure. 

Merlan. 

Merle. 

Merveilleux (penchant au). 
Mésange. ' 

Messager. 

Mélaphys.que. 

Métis. 

Meurtre (instinct du) 

Mica. ' 

Milan. 

Mimique. 

Mococo. 

Moineaux. 

Mollusques. 

Monitors. 

Mormolyce. 

Morse- 

Moucheroles. 

Mouflons de Corse. 

Mouflons d’Afrique. 

Moulons d’Islande. 

Moulons d’Asiraran. 

Moutons d’ALyssinie. 

Mulet de mer- 
Mullites. 

Muqtjak. 

Murènes. 

Musaraigne. j 

Musc. 

Musiqne (sens de l„). 


OOWTEKUS DANS L'ooVBAGr.. 


I Mygale pionnière. 
I îî^ôole maronne. 
Mygale OTiculaire 
Myrtées. 



Ocelot. 

Oies sauvages. 
Oiseaux. 

Oiseau Saint-Martin. 

O ” e e au * de paradis. 

Ondatras. 

Ophidiens. 

Ophisaure. 

Or. 

Orangs. 

l'impératrie, 
O' an g de Buffon. 

Orang du Muséum. 

Orchidée*. 

Orphie. 

J Osanne. 

Qi . de * ea rrières des en 
«e Paris. 

J Ouandemu. 

| Ouaran. 


*-> p, 

D l 5 

335 

m 

ib. 

m 


86 

68 

23 

306 

414 

357 

82 

230 

m 

m 

352 

123 

426 

122 

227 

461 

m 


152 


. 20 
197 
204 
231 
231 


121 

283 


ib. 

424 

132 

142 

148 

441 

441 

312 

te 


\ 


322 

62 

280 


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TABLE DES MOTS 


5 16 


Ours. 

155 

Perdrix. 

241 

Ours blanc. 

14S 

Périnphtalnies. 

308 

Ours jongleur. 

là 

Perles d’Orient. 

363 

Outarde. 

244 

Perroquet*. 

50 e| 202 

Oxyrhinq tirs. 

asr» 

Perruches. 

208 



Pétard. 

343 

P. 


Pétaurisies. 

644 



Pétoncles. 

366 

Paca. 

19 

Pétrel. 

255 

Pachydermes. 

177 

Phalangirs. 

, iM 

Pugonias. 

‘298 

Pbasianeiles. 

360 

Paille en queue. 

358 

Pihlédons. 

220 

Palœotheriuni. 

MO 

Pbiloptéres. 

' 340 

Palmiers. 

452 

Phtcniroptèrc. 

255 

Palmipèdes. 

253 

Pbolade. 

365 

Palmiste. 

452 

Phoque. 

51 c, 161 

Palpicornes. 

346 

Puces. 

340 

Paludines. 

360 

Phyllie. 

342 

Papou (tête;. 

IM 

Phÿse. 

359 

Pandanées. 

454 

Picarel. 

300 

Pangolins. 

176 

Picucqle. 

232 

Pauopes. 

368 

Pies-grièches. 

216 

Panthère. 

il 

Pierres. 

416 

Paons. 

21 

Pierres tombées du 

ciel. 426 

Paons blancs. 

51 

Pierre de Côme. 

491 

Papavoine. 

105 

Pierre de Labrador. 

419- 

Papion. 

52 

Pierres spéeulairrt. 

411 

Papyrus. 

440 

Pierre à plâtre. 

4M 

Paradis (oiseaux de,. 

231 

Pierre <e touclie. 

405 

Paradoxure. 

121 

Pigeons. 

236 

Paresseux. 

ljâ 

Pilote. 

304 

Paris (M. Aimé). 

118 

Pins à pignons. 

xï 

Passereaux, 

214 

Pins du lord. 

XX 

l’atas. 

148 

Pinla ricin. 

XX 

Patelle. 

361 

Pinguin*. 

254 

Pauxi. 

341 

Pintades. 

51 

Peaux. 

08 

Pintades blanrhcs. 

51 

Pécari. 

40 

Piper. 

444 

Pédipalpes. 

340 

Pique-btruf. 

229 

Pégaxcs. 

321 

Pipa. 

“ 2H4 

Peignes. 

362 

Pistolet . 

343 

Pèlerines. 

ib. 

Piltosporutn. 

453 

Pélargonium. 

436 

Planorbe. 

359 

Pélican. 

252 

Plantes grasses. 

- 456 

Pendu line. 

222 

Platine. 

424 

Pèrarn clés. 

164 

Plésiosaure. 

136 

Percnnptères. 

41 

Pleuronectes. 

317 

Percoïdes. 

297 

Plies. 

SU 


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J 


CONTENUS DANS LOUVRAGE. 


Plomb. 

Pin mes. 

Pluvier. 

Podargci. 

Poésie. 

Poils. 

Poils de mammouth. 
Poisson lune. 

Poissons fossiles. 

Poissons Tolans . 
Polatouche. 

Porcelaines. 

Porc-épics. 

Porte-écuclle. 

Porphyre. 

Potasse. 

Pou-eliong. 

Poule d'eau. 

Poule suliant. 

Pourpre. 

Propagation (instinct de la). 
Progéniture (amour de la). 
Propriétés des minéraux. 
Propriétés chimiques. 
Propriétés physiques. 
Protée. 

Ptéropodes . 

Pulmonaires ■'arachnides). 
Putois. 

Pygorgne- 

Pygméc 'chevrotait! !. 
Pygmée ' perruche ). • 
Pyroxène. 


! Rainette. 

Rapaces . 

Rapaces diurnes. 

Rapaces nocturnes. 
Raphaël. 

Raphia. 

Rascasse. 

Raton. 

Rayonnes. 

Rémora. 

Renards blancs d'Islande. 
Renard d'Alger. 

Renard de l’Amérique du 
Renard bleu. 

Rennes. 

Reptiles. 

Requin. 

Rhinocéros. 

Rhinocéros fossile. 

Khos. 

Uilta Christina. 

Rixe (instinct de la;. 
Roitelets. 222 

Rollier. 

Rongeurs. 

Rossignol. 

Kubiaeées. 

Rubis de Rohéme. 

Rubis d'Orient. 
Rutninans. 

Ruse t instinct delà). 


29» 
*99 
ly«j 
2 07 
124 

441 
302 
155 
»54 
318 
16 
17 
sud 16 
17 
76 
261 
325 
179 
284 
461 
91 
103 
et 218 
230 
165 
221 
443 
416 
418 
183 
109 


* 

Sablier. 

448 


Sajou. 

53 et 150 

Q- 

Sak.1. 

151 


Salamandres 

294 

Quart 

416 Salangane. 

215 

Quant résinite. 

417 Solinours. 

313 

Quarz speudo-morphique. 

417 Sang-dragon. 

453 


Saphir d'eau. 

419 

R. 

Saphir d'Orient. 

418 

V. 

Saphirine. 

417 

Raasch . 

Sapium. 

448 

Raie pécheresse. 

368 j Saluth. 

313 

Raie céphaloplère. 

324 ! Sansonnets. 

228 

Raie grise. 

327 1 Sareoramplie*. 

47 


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5i8 


TABLE DES MOTS 


Sarigue. 

Saunions, . 

Sauriens. 

Savacous. 

Scies. 

Sciénoïdes. 

Scincoîdiens. 

Scinque. 

ScoinliéroSdcs. 

S'holia. 

Scorpènes. 

Scorpions. 

Sélaciens. 

Secrétaire. 

Sel commun. 

Senmopithcquc. 

Senegalis. 

Sephen. ( raie ) 

Serin. 

Serpens. 

Serpent jaune. 

Serpens à sonnettes. 
Serpens d’eau. 
Serpentine. 

Serval. 

Serrans. 

Sialnang. 

Siderodendron. 

Sidcroxylon. 

Silure. 

Silnroïdes. 

Singes. 

Singe noir. 

Sirène. 

Siphonoplères. 

Sittelles. 

* Socrate. 

Solcns. 

Soude murialée. 
Soude boratée. 
Soufre. 

Souimangas. 

Sparoïdes. 

Spath-fluor. 

Spatules. 

Squales. 

Squammipenncs. 
Squelette de baleines. 


163 | 
314 1 
274 
247 

326 
299 
282 

282 j 
302 1 
454 | 
299 : 
340 
323 | 
203 | 
415 
147 
229 

327 
229 

283 
289 
287 
292 
421 

19 

297 

146 

444 

444 

313 

ib. 

142 

149 

296 

340 

232 
.133 
368 
413 
413 
421 

233 
300 
411 
251 
325 
300 

8q 


Squelette humain prétendu 
fossile. 

Squelettes humains. 
Squelette des grands qua- 
drupèdes. 

Squelette de cachalot. 
Siciliens. 

Stepbanolis. 

Slrelilzia reginæ. 

Sucre, (canne à) 

Sumac. 

Supiot femme. 

Scytrops. 

Syngnathes. 

T. 

Talc. 

Talèvc. 

Talqueuse. (roches) 
Tamalias. 

Tambour. 

Tangara. 

Tapir. 

Tarentule. 

Tarel. 

Tarsier. 

Tassard des Antilles. 
Taupe. 

Taureau cerf des Indes. 
Taureau de la Camargue. 
Talèves. 

Tchicarra. 

Tellincs. 

Tenioîdes. 

Tenrec. 

Tentalcs. 

Terrains. 

Terrains des environs de Ta- 
ris. 

Télragonurc. 

Tetrodon. 

The. 

Tbeuthies. 

Thon. 

Tigre. 

Tinamons. 

Topaze. 


396 

85 

137 

84 

281 

443 

453 

440 

461 

87 

210 

320 


420 

252 

405 

213 

299 

225 

177 

336 

368 

152 
315 
155 
192 
197 
252 
189 
367 

305 

153 
250 
402 

404 

307 

321 

445 

306 
302 

8 

242 

415 


i 


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CONTENUS DANS LOUVRAGE. 5 [g 


Toucan. 

210 

Torcol. 

211 

Torpille. 

324 

Tortues. 

266 

Tortues de terre. 

266 

Tortues d'eau douce. 

ik. 

Tortues molles. 

268 

Tortues de mer. 

ib. 

Touraco. 

213 

Tourne-picrre. 

246 

Traîne buisson». 

221 

221 

Traquet. 

Tridacnt. 

$b7 

Trigle. 

298 

Trigonie. 

366 

Trigonocéphales. 

289 

Trilobites. 

333 

Trochoïdes. 

360 

Troglodite. 

217 

Troque. 

360 

Troupiale. 

228 

Tuillée. 

272 

U. 

Unau. 

175 

Unterbergcr. 

119, 

Cuterbergcr. (père) 

145 

Urodèles. 

294 

Urticées. 

449 

Urubu. 

206 


v. 

Vache sans cornps. 

197 

Vache Marine. 

162 

Vallisneria. 

462 

Vanille. 

441 

Vanneau. 

240 

Vautours, 

56 et 205 

Veau marin. 

161 

Vernet 'Horace). 

133 

Vieille de iner. 

309 

Vif argent. 

425 

Vigogne, 

114 

Vipère. 

289 

Viscères. 

99 

Voirie. 

105 

Vol. ( instinct du ) 

109 

w. 

Weilamann. 

125 

Wurmser. 

104 

Z. 

Zèbre. 

178 

Zèbre. 

30 

Zeus saber. 

504 

Zibeline. 

357 

Zibelli. 

18 

Zinc. 

428 

Zoophyles. 

390 

Zorilles. 

158 


FIN DE LA TARER. 


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I 


e 



v»